Vendredi 27 mai 2022

Editorial

L’excellence qui divise

21/01/2022 1

Il a fallu l’intervention du Centre national de dialogue social pour que la Cossesona annule son projet de déclencher un mouvement de grève général. Cette coalition des enseignants s’insurgeait contre la décision du ministère de l’Education d’organiser un test de niveau des enseignants du fondamental.

Cette controverse a été une occasion pour l’opinion de soulever les défis qui hantent le système éducatif burundais. Les experts pointent notamment le manque d’enseignants qualifiés, de matériels didactiques et de produits de laboratoire, les effectifs pléthoriques, la carrière enseignante non revalorisée… La liste n’est pas exhaustive. Ces défis ne sont pas nouveaux et les décideurs comptent organiser les états généraux de l’éducation cette année.

Un défi relativement nouveau a attiré mon attention. Il s’agit de certains parents et élèves qui dénoncent le favoritisme envers les écoles dites d’excellence. Des avantages excessifs sont accordés à ceux qui fréquentent ces établissements publics alors que d’autres étudient dans des conditions déplorables. « Ils ont droit à trois repas, des matelas neufs au moment où ailleurs, on dort à même le sol. Les classes des écoles d’excellence ne dépassent pas 45 élèves, avec un livre pour chacun et des enseignants triés sur volet. En comparaison, dans certaines écoles fondamentales, les effectifs par classe oscillent autour de 150 élèves, avec un livre pour dix apprenants », dénonce un parent.

Logiquement, il devrait y avoir une université d’excellence pour accueillir les lauréats des écoles d’excellence. A défaut de cette dernière, l’Université du Burundi a créé « des pôles d’excellence » dans quatre facultés et instituts : la faculté de médecine, la faculté des sciences de l’ingénierie, la faculté d’agronomie et de bio-ingénierie et l’institut des statistiques appliquées. « Tous les lauréats des cinq écoles d’excellence sont admissibles au concours sans autres considérations, à condition d’avoir le profil requis pour la filière souhaitée ».

Quid des lauréats des autres écoles qui souhaiteraient fréquenter les mêmes pôles alors que les places sont limitées ? « Les pôles d’excellence accueilleront en moyenne 100 étudiants ».
Les parents crient, à juste titre, à la discrimination dans ces filières universitaires considérées comme une chasse gardée des lauréats des écoles d’excellence.

Les états généraux de l’éducation en vue devraient mettre en place un système éducatif équitable qui garantit le droit à l’accès à une éducation de qualité à tous les enfants du pays.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Mvuyekure

    C’est l’inégalité qui divise et non l’excellence je pense.

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Online Users

Total 1 817 users online