Elections 2020

Campagne électorale 2020 : Trois semaines pour convaincre !

04/05/2020 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur Campagne électorale 2020 : Trois semaines pour convaincre !
Campagne électorale 2020 : Trois semaines pour convaincre !
Les militants du Cndd-Fdd ont massivement répondu au rendez-vous.

Ce lundi 27 avril, s’ouvrait la campagne électorale pour les scrutins du 20 mai. Dans des ambiances souvent survoltées, les candidats des partis politiques et des indépendants à la présidentielle ont laissé entrevoir le Burundi de leurs rêves. Iwacu vous fait revivre quelques moments forts de cette première journée de propagande.

Evariste Ndayishimiye : le changement dans la continuité

Lors du lancement officiel de la campagne électorale du parti Cndd-Fdd en commune Bugendana, le candidat de cette formation politique à la présidentielle, Evariste Ndayishimiye, a promis de poursuivre l’œuvre de son mentor. Quant à  ce dernier, il lui a réaffirmé son soutien inébranlable.

Lundi 27 avril, la capitale politique vibre au rythme du Cndd-Fdd. Il est 7h du matin. Tout près du «Bar Ku Ngoma» au centre-ville, la place grouille du monde. Les hommes et des femmes portent des chemises et pagnes du parti. Des slogans comme “Tora Evariste Ndayishimiye” (Votez Evariste Ndayishimiye) ou «Turi kumwe twese birashoboka» (Ensemble, tout est possible) sont visibles sur ces habits.

Des voitures avec des drapeaux du parti de l’aigle, des ballons aux effigies du Cndd-Fdd, des autocollants portant la photo de «Samuragwa Evariste Ndayishimiye» (l’héritier), circulent en klaxonnant dans la ville de Gitega.

7 h 30, plusieurs véhicules convergent vers la commune Bugendana. Des minibus, des camions de marque Fuso, des pickups, des bus de transport et des camionnettes, tous arborant les couleurs du Cndd-Fdd sont t bondés. On remarque également plusieurs véhicules de l’Etat.

De part et d’autre de la route Gitega-Bugendana, des troncs de bananiers ont été plantés. Certains Bagumyabanga font de l’auto-stop tout le long de la route. «Nous sommes épuisés», crient-ils à chaque passage d’un véhicule.  D’autres, impatients, se dirigent à petits pas vers le lieu des festivités. Des badauds, amusés, observent la scène.

«Le monde est confiné, mais le Burundi danse»

8 h 15, Bugendana est en vue. Plusieurs tentes ont été érigées. Les militants entonnent des chansons du parti. Certains sont là depuis l’aube. «Je suis arrivé à 3 heures du matin», confie un militant de Karusi. Les policiers ont du mal à réguler la circulation. Les véhicules de marque Fuso continuent de déposer des militants. Parfois une centaine de personnes agglutinées dans un même véhicule. Des bus de l’Otraco sont pleins à craquer. De même que les camionnettes et autres voitures. Aucune protection contre le coronavirus.

Isidore Mbayahaga (au milieu) prépare l’entrée de ses partisans.

Pour entrer dans la place, c’est un parcours de combattant. Les gens se bousculent. Les gens s’entassent sur les différentes entrées. Des agents de sécurité fouillent minutieusement les gens. C’est très difficile de surveiller toutes les entrées.  Des infirmiers de l’Hôpital de Mutaho ont été mobilisés. Gants et masques sur la bouche, ils sont postés sur les entrées avec des gels hydro-alcooliques.

A l’intérieur, les gens se tiennent dans un mouchoir de poche. Le Coronavirus qui fait trembler le monde a été oublié. “Le monde est confiné, mais le Burundi danse”, clame  sans cesse l’animateur. Certains Bagumyabanga se saluent t avec des coudes, mais d’autres s’embrassent carrément, sans se soucier de rien. Apparemment, Les gestes barrières sont le cadet de leurs soucis. «Dieu va nous protéger!». La distanciation sociale, inutile d’en parler.

Des «invités de marque»

La campagne commence sous haute sécurité. Les réseaux ont été brouillés. Impossible d’envoyer ou de recevoir des messages. Sur le rythme des chansons, les Bagumyabanga se dirigent vers les différentes tribunes. Ils s’installent selon leurs provinces d’origine. Les organisateurs sont  vite débordés. Les places assises prévues é saturées. Les retardataires sont obligés de s’asseoir par terre.

Certains ambassadeurs accrédités au Burundi sont là. De même que certains activistes de la société civile. Plusieurs représentants des partis alliés du Cndd-Fdd à savoir la Coalition Copa, FNL, ADR, APDR, Sahwanya Frodebu Nyakuri, RPB Nturenganywe, FPN Imboneza, …  a ont  fait le déplacement.

Une centaine d’Upronistes, opposés à la candidature de Gaston Sindimwo, sont venus soutenir le Cndd-Fdd.

La présence à Bugendana d’Isidore Mbayahaga, chef de file d’un groupe de militants de l’Uprona opposés à Gaston Sindimwo, candidat de ce parti à la présidentielle, fait sensation. Habillé aux couleurs de l’Uprona, la photo du Prince Louis Rwagasore est bien visible sur ses habits. Isidore Mbayahaga parle constamment au téléphone. Il discute énormément avec ceux qui sont chargés de l’organisation de l’événement.

Et d’un coup, un groupe d’une soixantaine de personnes fait  son  t entrée. Ils sont habillés aux couleurs de l’Uprona, ils avancent timidement au milieu de la foule. Certains se cachent le visage avec un foulard de l’Uprona. La plupart  sont des jeunes, d’autres, des personnes âgées. Un tumulte s’élève au sein de la foule des Bagumyabanga. Certains applaudissent timidement. D’autres laissent passer un petit sourire. Les arrivants sont «exposés» devant la tribune des hauts dignitaires. Durant les cérémonies, deux autres vagues des Upronistes, opposés à Gaston Sindimwo, font leur entrée. Timidement, ils dansent au rythme des chansons du parti au pouvoir.

«Nous sommes un!»

Les ténors du parti de l’Aigle commencent à arriver aux environs de 10h10. L’Ombudsman de la République, Edouard Nduwimana, le 2ème vice-président de la République, Joseph Butore, le président du Sénat, Révérien Ndikuriyo et Pascal Nyabenda, président de l’Assemblée nationale.

Aux environs de 11h, un brouhaha.. Les tambours résonnent Les Bagumyabanga brandissent les drapeaux et les ballons. La chanson «Nguyo   Samurarwa» (voici l’héritier)  déchire le ciel. Le candidat du Cndd-Fdd, le Général Major Ndayishimiye arrivé accompagné par le chef de l’Etat et président du conseil des sages au parti Cndd-Fdd, Pierre Nkurunziza.

Dans son discours, le président de la République va expliquer le choix de la commune Bugendana. «C’est dans cette commune que nous avons commencé la campagne pour la nouvelle constitution de 2018. Cette dernière est spéciale, car elle a été organisée et financée par les Burundais eux-mêmes».

Selon lui, cette constitution n’a pas été amendée afin que Pierre Nkurunziza puisse se présenter aux élections. «Ce jour-là, beaucoup n’étaient contents en rentrant. Cela ne fait rien, car on ne peut pas changer la volonté de Dieu». Il va souligner qu’il avait promis de ne pas se représenter et que c’est chose faite.

Le président Pierre Nkurunziza va vanter les mérites de son dauphin. Ses qualités de négociateur lorsque le Cndd-Fdd était encore un mouvement rebelle, son travail dans le mécanisme de la mise en application de l’Accord de cessez-le-feu, son travail dans la mise sur pied de l’armée, de la police et du service national de renseignement (SNR) issus de cet Accord, son travail en tant que ministre de l’Intérieur et par après chef de cabinet civil à la présidence de la République. «Il a toujours été à mes côtés. Nous sommes un! En tant que président de la République, je le soutiens à 100%. Je vais voter pour lui sans sourciller. Vous avez remarqué que je porte une chemise avec sa photo et lui porte une chemise avec ma photo. Nous sommes un!». Il exhorte les Burundais à voter pour le candidat du Cndd-Fdd. D’après lui, élire le Général Major Ndayishimiye lui ferait plaisir, car il viendra poursuivre les travaux de développement déjà entamés depuis 2005.

Dans la foulée, le président Nkurunziza va remercier Pascal Nyabenda, ancien Secrétaire général du parti au pouvoir et actuel président de l’Assemblée nationale. « Il a fait un travail remarquable malgré beaucoup de difficultés. Il ne se passait pas 2 ans sans qu’il y ait des problèmes au sein de notre parti. Il a su faire face à tous ces problèmes».

Poursuivre les programmes du gouvernement

«Cette journée est mémorable. Notre visionnaire permanent avait promis de venir me soutenir. Aujourd’hui, il l’a fait, car nous nous connaissons. Nous avons appris de lui beaucoup de choses. Il a témoigné que je suis un bon élève et c’est pourquoi vous avez placé votre confiance en moi. Je suis prêt à prendre le volant, car j’ai un excellent coach», lance le candidat choisi.

D’après lui, le visionnaire permanent, Pierre Nkurunziza, est comme Moïse. «Dieu lui a parlé et il nous a guidés. Ceux qui se sont opposés à lui sont maintenant très loin. Nous le respecterons éternellement».

Evariste va indiquer qu’il est temps de travailler dur en se basant sur les programmes déjà fixés par le gouvernement. «Je connais les défis qui hantent la société burundaise. Nous allons nous atteler à trouver une solution à ces problèmes. Je ne m’arrêterai pas tant qu’il y aura des Burundais qui ne mangent pas à leur faim ou qui vivent dans des habitats indécents. Moins encore des enfants qui manquent des frais de scolarité».  Il met en garde ceux qui veulent manger sans avoir travaillé.

Evariste Ndayishimiye : «Je vous promets d’être votre serviteur.»

Evariste Ndayishimiye  focaliser  ses efforts dans le développement des secteurs clés : la santé, l’agriculture, l’éducation, le commerce, le secteur minier, le tourisme, la télécommunication, la sécurité sociale, etc.

Le candidat du parti de l’aigle se  réjouit que 80% des partis politiques agréés soient derrière le Cndd-Fdd. «Ceux qui vont voter sont des Burundais. S’ils votent massivement pour moi, que personne ne vienne crier à la fraude».

Il demande aux Bagumyabanga d’aller dans toutes les provinces, de sillonner toutes les collines, de frapper sur chaque maison afin de récolter des voix pour leur candidat.  Et de souligner qu’en cas de victoire, il sera le président de tous les Burundais. «Je vous promets d’être votre serviteur». Aucun mot sur le Coronavirus dans les discours ni du chef de l’’État ni de son dauphin.

A la fin du meeting, les Bagumyabanga se précipitent au chef-lieu de la commune pour partager une bière. Difficile de trouver où mettre le pied. Les bars sont bondés. Les gens s’assoient e en petits groupes pour siroter leurs boissons. Certains n’hésitent pas à partager une bouteille à plusieurs. Le Covid-19 est t très loin…

Fabrice Manirakiza


Ngozi

Cap  sur le  changement pour le Cnl

Des dénonciations contre l’intolérance politique, des promesses… Agathon Rwasa, candidat du parti Cnl, tient  son premier meeting de campagne électorale, à Ngozi. L’occasion de  lancer son projet de société. Reportage.

                                                                                           

Ngozi, au stade Muremera. Lundi 27 avril, une matinée pas comme les autres. Vers 5h, les rues de la ville sont déjà remplies de militants. Des klaxons des voitures, des motos… réveillent les gens. Impossible de prolonger le sommeil.

C’est le début de la campagne électorale pour le triple scrutin du 20 mai prochain. Il va combiner  les présidentielles, les  législatives et les communales.

Vers 7h, des militants du Cnl commencent à installer quelques drapeaux aux bords des routes de la ville de Ngozi.

Entretemps, des membres du parti au pouvoir se rassemblent au rond-point devant le bureau provincial de Ngozi.

Certains de leurs véhicules, avec des haut-parleurs, sillonnent les rues de Ngozi, en balançant des chansons du parti de l’Aigle. « C’est une provocation », lance un jeune militant du Cnl, en train d’installer des bananiers. Avant d’ajouter : «  Normalement, aujourd’hui, c’est le Cnl qui est légalement autorisé à tenir le meeting ici à Ngozi. Mais nous n’allons pas céder à cette provocation. La retenue l’exige. »

Au Vers  9h, le cortège des véhicules des militants du parti de l’Aigle prend alors la route vers Bugendana, à Gitega.

Et les membres du Cnl poursuivent enfin les préparatifs plus sereins. Au stade Muremera, tout le pourtour est occupé par des drapeaux. Quelques pancartes et photos d’Agathon Rwasa.

Vue partielle des militants du Cnl au stade Muremera.

« Tora Agathon Rwasa yahariye ubuzima bwiwe bwose guharanira ubwigenge bw’Abarundi. Twubake Uburundi bwa bose » (« Votez Agathon Rwasa qui se dévoue depuis longtemps pour la liberté des Burundais. Bâtissons un Burundi pour tous »), lit-on sur une grande pancarte installée à la tribune d’honneur. Sur la même pancarte, une photo d’Agathon Rwasa jouxtant le drapeau de ce parti et le N° 23.

10 heures, des militants du Cnl en provenance d’autres communes de Ngozi telles Kiremba, Buhiga… commencent à arriver à bord des véhicules de type Fuso, des Probox et des bus. D’autres viennent à pied, à  motos ou à vélos. Des membres du Cnl en provenance d’autres provinces convergent aussi vers le stade

Le point de rassemblement est à l’entrée de la ville de Ngozi en provenance de Gashikanywa. L’endroit est communément appelé ‘’ Station Kalfan’’. Certains arborent des habits du parti, d’autres exhibent des photos de leur candidat, etc.

Quelques jeunes assurent la sécurité. Un petit nombre des policiers est aussi sur place.  Autour de 12h, la foule est déjà constituée. Une marche vers le stade Muremera est prévue après l’arrivée du candidat, la foule semble impatiente.

Les ‘’agents de sécurité’’ sont débordés. La circulation est paralysée. Entonnant des slogans, des chansons dénonçant l’injustice, la corruption, les militants prennent alors la route. Les commerçants du marché de Ngozi s’installent devant leurs kiosques pour voir le spectacle. Quelques personnes arborant les tenues du parti au pouvoir sont là aussi.

« Ubu twahinduye, nugutora Rwasa. Twikureko agatotezo. Baraduhemukiye » (« Maintenant, votons pour Rwasa. Libérons-nous de la persécution. Ils nous ont  trahis »), peut-on lire sur un des slogans lancés par les militants du Cnl. Des femmes, des jeunes, des adultes vont faire une marche d’environ 1 km. Et ce, après une pluie fine.

Vers 13h30 qu’Agathon Rwasa  arrive sur place. Il est accompagné par son épouse. Il est accueilli par des applaudissements et des tambours. Le stade Muremera est plein à claquer.

« Votez pour le changement »

Devant un parterre de militants certains arborant les couleurs du parti Cnl (noir, rouge et vert), Agathon Rwasa, ouvre sa campagne électorale en insistant sur l’éradication de l’intolérance politique : « Il  est temps que le Burundi redore son blason. Les Burundais doivent renouer avec le sens de l’humanité. »

Agathon Rwasa, candidat du Cnl.

Dans un discours ponctué par un tonnerre d’applaudissements, le candidat du  Cnl aux présidentielles du 20 mai  revient sur les événements qui ont terni l’image du pays. Il évoque les montages politiques qui, d’après lui, n’ont rien apporté au pays : « Les autorités administratives utilisent leurs positions pour violer les lois et piétiner la liberté des Burundais

M.Rwasa donnera  l’exemple de ses militants incarcérés dans la prison de Ngozi. Ils sont accusés  d’avoir participé dans les activités de son parti dans une commune dont ils ne sont pas natifs. Et de hausser le ton: « Nous voulons mettre fin à l’usage de la force.» Il dénonce ce qu’il appelle des adhésions fictives. Allusion faite à certains soi-disant ressortissants de la province Ngozi qui déclareraient avoir quitté le Cnl pour le  Cndd-Fdd. «Je connais ces gens. Personne n’est, ni membre du Cnl, ni ressortissant de la province Ngozi. Ce sont des montages ». Et de s’interroger : « Si quatre mille personnes ont déserté le parti, d’où est venue cette foule rassemblée ici ? »

A ses militants, M.Rwasa va leur demander de ne pas céder à l’intimidation : « Nous voulons un Burundi sans injustice, sans discrimination. Nous devons le construire ensemble en respectant les lois et en nous respectant mutuellement

Des mises en garde

M. Rwasa ne mâche pas ses mots. Il indexe les administratifs de la commune Busiga. D’après lui, ces derniers ont dit que la population ira dans les meetings après le travail. « Ils ont l’intention d’en faire une loi». Et de rappeler alors à ses militants que la campagne commence à 6h du matin pour se clôturer à 18h.  Il soutient que ces administratifs veulent désorienter les militants du Cnl : « Je le dis en connaissance de cause. Demain ils vont déployer les Imbonerakure arguant que vous avez violé la loi.»

Un message aussi est donné aux forces de l’ordre si d’aventure ces jeunes venaient à empêcher ses militants à battre campagne : « Je le dis et je l’assume. Mes militants ne vont pas se laisser faire. Et  n’allez  pas dire que les militants du Cnl sont fautifs.» Il exhorte les forces de l’ordre à appliquer équitablement la loi.

M.Rwasa va épingler le langage et le comportement de certains hauts gradés de l’armée et de la police. Selon lui, ces derniers jurent que vaincra celui qu’ils veulent. Il fait savoir qu’ils ne parviendront pas à remettre en cause la décision du peuple.  Et de leur rappeler que  «Vox populi, vox Dei » (« Voix du peuple, voix de Dieu »).

M. Rwasa fustige le langage du parti de l’Aigle affirmant haut et fort qu’il a déjà la victoire dans ses mains : « S’ils ont déjà la victoire pourquoi alors se battre bec et ongles pour faire adhérer de force des militants des autres formations politiques ?»

Priorité au secteur primaire

« Notre projet de société couvre tous les secteurs, mais la priorité sera donnée à l’agriculture, l’élevage et la pêche ». Au moins 11 millions de Burundais, explique-t-il, évoluent dans ce secteur. S’il faut développer un pays, il faut commencer par  les citoyens. « Si vous les ignorez et que vous haussez les salaires des gouvernants, bye bye le développement». Ainsi, M.Rwasa envisage redynamiser ce secteur et d’autres métiers pour augmenter la production.

Il met en garde ceux  qui s’enrichissent grâce à la corruption ou ne payent pas les taxes et impôts. Il dénonce les magistrats qui pratiquent un  deux poids deux mesures à l’endroit de certains justiciables.

Un camion de type Fuso transportant des militants du Cnl.

Concernant le réseau routier, il projette de doter chaque province d’une machine pour l’entretien et la réparation des routes pour que les échanges commerciaux  soient fructueux entre les citoyens.

M. Rwasa envisage construire un chemin de fer reliant le Burundi et les pays limitrophes pour redynamiser et faciliter les échanges commerciaux transfrontaliers. D’après lui, le secteur privé doit aussi être développé pour contribuer à la diminution du taux de chômage.

Dans le projet de société du Cnl, le domaine de la santé n’est pas en reste. « Le Cnl veut le réformer. Nous allons encourager les médecins qui sont restés à l’étranger  à rentrer en leur donnant un bon salaire. »

Agathon Rwasa n’oublie pas de développer le secteur touristique, potentiellement pourvoyeur des emplois. « Les lieux touristiques existent, mais ne sont pas exploités».

D’après le candidat du Cnl, ce domaine sera proposé à des investisseurs pour qu’il génère plus de revenus. Il avance même une proposition  d’instaurer un visa unique pour les touristes.

La diplomatie est aussi une préoccupation du Cnl. M. Rwasa fait savoir que le Burundi n’est pas un îlot : « Il faut  restaurer les relations amicales avec d’autres pays pour que le Burundi puisse en tirer profit. »

A cette occasion, les bulletins de vote (pour les présidentielles, législatives et communales) sont présentés à la foule. Et des dépliants détaillant le projet de société du Cnl distribués aux militants.

Les risques de la campagne

Alors que le Covid-19 est déjà présent au Burundi, on ne notera aucune référence à cette pandémie dans les discours prononcés au stade Muremera, ce lundi. Néanmoins, à l’entrée, quelques kits de lavage de mains étaient installés. Idem devant la tribune d’honneur. Et une personne procédait à la prise de température. Des mesures très insuffisantes. Le stade n’est pas clôturé et fermé, les entrées sont nombreuses. La distanciation sociale y est  quasiment  impossible. Ce qui est aussi valable pour la tribune d’honneur  même si certains disposent des flacons  de désinfectants.  Il y’a des bousculades,  Muremera est une fourmilière humaine.

Au risque de contamination au Covid-19 s’ajoute le problème du transport d’un très grand nombre de militants dans des camions de Type Fuso.

                                                                         Par Félix Haburiyakira & Rénovat Ndabashinze


Domitien Ndayizeye s’engage à faire fructifier l’économie burundaise

A l’occasion du lancement officiel de la campagne électorale ce 27 mai, Domitien Ndayizeye, candidat présidentiel de la coalition Kira-Burundi, indique qu’il va développer le secteur agro-pastoral et combattre les malversateurs économiques.

« Lorsque je compare le Burundi actuel à celui de notre époque et voir les conditions de vie dans lesquelles nous vivons, dans mon cœur  je ne suis pas de me tranquille», indique l’ancien président de la République, Domitien Ndayizeye, candidat de la coalition Kira-Burundi à la présidentielle de mai prochain.

Lors du lancement de sa campagne, il confie que les Burundais n’ont pas honoré leur promesse faite à Arusha de faire au mieux pour que leur pays soit développé.

Domitien Ndayizeye annonce que la coalition Kira-Burundi s’engage à développer l’économie nationale. Et de confier que le secteur agro-pastoral a été placé en priorité de la liste des programmes à réaliser. « Avec une population dont 80% sont des agriculteurs et des éleveurs, si rien n’est fait, l’économie ne pourra jamais se développer ».

Le candidat  dit que dans un premier temps, ils vont utiliser les moyens qui sont déjà à la disposition des agriculteurs et les éleveurs. Il va faire de son mieux pour mettre à la disposition de tous les agriculteurs, l’engrais chimique dont ils  auront besoin.

Domitien Ndayizeye s’engage à faire fructifier l’économie nationale en développant le secteur agricole.

Pour y arriver, Domitien Ndayizeye assure qu’il va se concerter avec les agriculteurs ainsi que les éleveurs afin de voir ensemble comment les Burundais pourront augmenter leurs récoltes et avoir assez de terres à cultiver.

Par ailleurs, il déplore le comportement de certains dirigeants qui se cachent derrière leurs titres, pour s’accaparer les terrains publics.

Pour lui, ces dirigeants devraient donner ces terrains aux associations des agriculteurs pour qu’ils y mettent des cultures à exporter. Et d’encourager le gouvernement à prendre des initiatives pour construire des industries capables de transformer localement les différentes cultures.

Lutte contre les malversateurs des fonds publics

Dans son discours, l’ancien président s’en  prend aux malversateurs économiques. Il confie que pour que l’Etat puisse développer ses finances, il faut d’abord sanctionner toutes les personnes qui détournent les fonds publics. Et de souligner que le mauvais exemple vient des autorités.

Dans cette perspective, M. Ndayizeye indique qu’il va combattre la corruption qui s’observe dans les différentes institutions étatiques. « C’est vraiment incroyable de voir un fonctionnaire de l’Etat qui perçoit une salaire de 100 mille BIF, mais qui mène une vie de quelqu’un que l’on paie un million BIF. D’où trouve-t-il toute cette somme ?  C’est cela que nous allons combattre».

Le candidat de la coalition Kira-Burundi,  annonce qu’il va aussi lutter contre les magouilles dans le secteur minier : « L’on nous chante chaque fois que le Burundi regorge d’or, de nickel, de pétrole dans le lac. Mais on n’a jamais vu l’argent que l’on tire dans tous ces minerais. Où passe tout cet argent gagné dans la vente ? »

Pour Domitien Ndayizeye, il est temps pour les Burundais d’aller au-delà de leurs différences ethniques, afin de pouvoir œuvrer ensemble au développement de leurs pays. Et de les rassurer qu’avec leurs « contributions primordiales », il pourra assurer une bonne gestion et un suivi de tous les fonds publics.

Chômage et politique salariale ne sont pas en reste

Le candidat Ndayizeye n’oublie pas le chômage qui frappe en particulier les jeunes et la politique salariale : « Au Burundi, nous n’avons pas de problème de salaire ou de manque du travail. Nous ne savons pas comment exploiter le potentiel à notre disposition.»

Il annonce la création d’emplois pour les jeunes et assure que tout jeune engagé soit payé régulièrement.

Une fois élu, il promet de revoir la politique salariale : « On va se concerter avec tous les syndicats des travailleurs pour trouver une solution à ce problème.»

Néanmoins, Domitien Ndayizeye confie que tant que le Burundi  continuera de sous-estimer ses partenaires techniques et financiers ainsi que ses pays limitrophes, il sera toujours difficile d’assister au décollage de l’économie nationale.

M. Ndayizeye exhorte les Hutu, Tutsi, Twa et les Baganwa à préserver la paix et la sécurité, comme ce fut signé lors de l’Accord d’Arusha. Et de déplorer, toutefois, qu’il y a encore des gens qui pratiquent l’intolérance politique.

Domitien Ndayizeye reconnaît que pour tout projet, il y a toujours des opposants. Mais il met en garde : « Quiconque fera obstacle à ces projets sera sanctionné sévèrement.»

                                                                                                                                                Mariette Rigumye


 

Francis Rohero : « 1/10 du budget de l’Etat sera réservé à l’agriculture »

Francis Rohero, candidat indépendant à la présidentielle, a lancé sa campagne électorale, mardi 28 avril. Il projette de redresser les secteurs de la santé et l’agriculture.

« Chaque Burundais qui a fait des études doit avoir un emploi. Cessons de mentir, les postes sont disponibles, ceux qui ont étudié ne sont pas si nombreux. Que l’Etat cesse d’être égoïste. Il faut juste qu’il accroisse la production et adieu le chômage». C’est le message que donne la banderole de la campagne du candidat Francis Rohero.

C’est dans la soirée de mardi 28 avril que ce candidat indépendant a mené sa toute première campagne, au terrain tempête, en mairie de Bujumbura.

Lancement de la campagne du candidat indépendant Francis Rohero, au terrain tempête.

16h, deux tribunes sont remplies de jeunes hommes et femmes, sur leur trente-et-un. Des conducteurs de taxis-vélos et d’autres jeunes sont debout, de part et d’autre des tribunes.

Le mot « Iteka » (dignité) sera le slogan de la campagne : « Votez Francis Rohero, votez votre dignité. »

Avant de commencer son discours, Francis Rohero demande au public de se lever et observer une minute de silence pour rendre hommage à la personne morte dans l’accident lors de la campagne électorale à Gitega.

Il explique ensuite pourquoi il n’a pas choisi de faire porter l’uniforme à son équipe: « Ce n’est pas les T-shirts ou les chapeaux qui votent. Mais le cœur. Si c’étaient les voitures décorées ou l’argent qui votaient, je serais incapable de me porter candidat.»

Accroître la production agricole, sa priorité

Francis Rohero affirme qu’il réservera 1/10 du budget national à l’agriculture, l’élevage et l’environnement. Ainsi que 1 milliard BIF à chaque commune pour soutenir les projets agricoles. Tout cela dans le but de donner la valeur aux agriculteurs et ainsi accroître la production. Il parle aussi de la distribution gratuite des engrais et du matériel pour cultiver aux agriculteurs.

Francis Rohero prévoit un budget de 1 milliard à chaque commune pour financer les projets agricoles de la population.

Ce candidat indépendant prévoit aussi un budget de 40 milliards de BIF pour offrir à toute la population un accès facile aux soins de santé. Un montant qui servira à redresser la Mutuelle de la fonction publique « qui ne sert presque plus rien aux fonctionnaires. »

Côté éducation, il affirme que le prêt-bourse mensuelle des étudiants ne va plus être remboursée. Il sera par contre augmenté.

Dans le secteur de l’environnement, il prévoit de rendre disponibles des décharges publiques pour toutes les communes rurales pour qu’elles exploitent les ordures provenant des villes. « Les ordures de la capitale ne seront plus un fardeau pour les citadins. Mais une manne pour les populations rurales qui vivent de l’agriculture. » Il faudra migrer dans le système de fertilisation naturelle des sols et en finir avec les engrais chimiques qui détruisent notre environnement».

M. Rohero indique qu’il va redorer l’image de la ville de Bujumbura. A la place de l’ancien marché central de Bujumbura, il y aura la « gare du centre » pour le transport vers l’intérieur du pays. Une gare digne, comparable à l’Aéroport internationale. Elle sera la référence de la ville de Bujumbura, promet ce candidat.

Démonstration de force vs ‘’démonstration de cœur’’

Ce candidat présidentiel s’engage aussi à tout faire pour faire réparer toutes les routes abîmées de la mairie, durant les 7 ans au pouvoir. Il juge, par ailleurs, déplorable qu’à l’intérieur du pays, les routes restent impraticables. Pas loin d’ici à Mutambu (Bujumbura rural), explique M. Rohero, un paysan ne peut plus transporter sa banane jusqu’à la route. Pourtant, ce sont des routes en terre battue qui ne nécessitent pas beaucoup de moyens pour être réparées. « Mais pourquoi ce n’est pas fait ? Parce que beaucoup d’argent est en train d’être gaspillé dans le charroi et la confection des T-shirts et chapeaux des partis politiques pour une démonstration de force, montrer qu’ils ont beaucoup plus de militants. Nous, nous faisons la démonstration de cœur », martèlera Francis Rohero, sous les vivats du public.

Des jeunes en train de danser dans la campagne du candidat indépendant Francis Rohero.

Ce candidat appelle ceux qui sont venus à son meeting d’aimer leur pays en votant pour quelqu’un qui donne à la population la valeur qu’elle mérite. « Je sais que tout le monde ici rêve d’un visa pour le Canada. C’est-à-dire  que vous êtes dirigés par des gens que vous ne voulez pas».

« Une autorité qui ne prévoit pas comment tu vas te faire soigner, qui ne sait pas comment tu vas étudier… ne mérite pas de gouverner ce pays. Jeunes, refusez cela. La dignité avant tout !»

Francis Rohero déplore que beaucoup de jeunes n’aient pas d’emploi. « Même plusieurs d’entre vous sont chômeurs. Quel pêché avez-vous commis ? C’est parce que vous ne connaissez pas Dieu? C’est parce que vous n’allez pas dans les prières organisées ici et là ? »

Il prévoit la création d’emploi pour les jeunes, budgétisé à hauteur de 5 milliards de BIF.

                                                                                                                                           Clarisse Shaka


 

Sahwanya Frodebu : « La dignité humaine avant tout»

Le parti de Ndadaye a démarré la campagne pour la présidentielle et les législatives ce lundi à Bujumbura. Un point fort du programme : restaurer l’Accord d’Arusha.

Le parti Sahwanya Frodebu a démarré sa campagne électorale dans l’après-midi de ce lundi 27 avril  sur le terrain de football de la zone de Kinama dans la commune de Ntahangwa, au nord de la  capitale économique.

Vers 14 heures,  les militants étaient déjà rassemblés  sur la place dite « Terminus » de Kamenge. Ils attendaient le candidat Léonce Ngendakumana, le président du parti et les candidats à l’élection législative.

Vêtus de vert et de blanc, des t-shirts à l’effigie de leur candidat à la présidentielle, ils ont effectué une marche vers un terrain à Kinama, en scandant des chansons  à  la gloire  du parti. Des tambourinaires,  deux troupes de danseuses traditionnelles, dont une de petits enfants agrémentait la rencontre.

Quid  du programme ?

Le président du parti, Pierre Claver Nahimana a présenté au public les candidats à la présidentielle et aux législatives. Il a également  présenté une nouvelle recrue, Festus Ntanyungu, ancien ministre de la Fonction publique, député du parti Cndd-Fdd.

S’il est élu président de la République, Léonce Ngendakumana révisera la nouvelle Constitution votée en 2018 pour réintégrer l’Accord d’Arusha.

L’ancien président de la République, Sylvestre Ntibantunganya, a indiqué que « la victoire de 1993 a légitimé la résistance armée qui s’est engagée après l’assassinat du président Melchior Ndadaye. »

Dans son discours, le candidat du Frodebu, Léonce Ngendakumana, a fait savoir qu’il veut que la population recouvre sa dignité : «Les droits du bas peuple avant tout.» Pour lui, il faut réviser la nouvelle Constitution votée en 2018 et réintégrer l’Accord d’Arusha. Le candidat veut aussi rendre la justice indépendante et renforcer la démocratie.

Pour rappel, le parti Sahwanya Frodebu avait remporté la présidentielle du 1er  juin 1993 à plus de 60% avec feu  président Melchior Ndadaye.

Dorine Niyungeko


Le Cdp rejoint le giron du candidat du Cndd-Fdd

Ce lundi 27 avril, à l’occasion du lancement de la campagne de son parti pour les législatives en mairie de Bujumbura, Anicet Niyonkuru, président du Conseil des Patriotes, à appeler ses militants et sympathisants à voter pour le candidat Evariste Ndayishimiye du Cndd-Fdd.

A l’issue d’un meeting tenu dans la zone Ngagara de la commune Muha, le président du Cdp a expliqué les raisons qui l’ont poussé à porter son choix sur le candidat Ndayishimiye. « Il m’a rassuré à notre retour de l’étranger que notre sécurité serait assurée. Jusqu’à présent, il a tenu parole », soutient Anicet Niyonkuru. La preuve de ‘’cette promesse’’ tenue, selon lui ? « Aucun membre de notre parti n’a été malmené nulle part ! Partout où nous sommes allés, nous n’avons eu aucun problème de sécurité».

Anicet Niyonkuru déclare allégeance au candidat du Cndd-Fdd.

Pour celui dont le dossier de candidature aux présidentielles a été rejeté par la Ceni et la cour constitutionnelle, pas question cependant que son parti soit associé au parti Cndd-Fdd. « Notre soutien en faveur du candidat Evariste Ndayishimiye est une position de recherche de la stabilité et traduit un dévouement pour notre pays, mais nous ne sommes pas une aile du Cndd-Fdd ! » Et d’ajouter à l’endroit du ‘’futur président’’. « Nous lui conseillerons de mettre en pratique certaines de nos idées en matière de stabilité et de développement pour notre pays »

Dans le cadre des élections législatives, le président du Cdp précise que son parti ne dispose des listes que dans deux provinces : Bujumbura-mairie et Bururi. « Ce que le Cdp compte faire pour tout le Burundi, nous allons le faire pour les populations qui vont voter pour nous »

M. Niyonkuru assure qu’une victoire aux législatives sera un tremplin pour les élections ultérieures : « En attendant que tout le pays vote pour nous pour les élections suivantes qui auront lieu en 2027, nous pensons que le Cdp aura bénéficié d’une assise assez large qui lui permettra d’engranger suffisamment de voix pour accéder au pouvoir.»

                                                                                                                              Alphonse Yikeze  

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