Vendredi 19 août 2022

Editorial

Une patrie ne proclame pas son patriotisme

10/06/2022 6

Par élan citoyen, quelques rares individus sans moyens et sans prédestination apparente, avec comme seule arme une volonté inébranlable, un engagement sans faille, parviennent à galvaniser des foules pour une noble cause, un changement radical que la postérité retiendra.

Il y a de ces hauts faits indiscutables, ces gestes inoubliables à jamais consignés dans les annales, dans la mémoire collective. Des actes héroïques qui marquent à jamais des générations.
Une Nation ne proclame pas son patriotisme. Mais il se défait de ses chaînes, lutte pour la bonne gouvernance, combat les malversations, les détournements, les injustices, le clientélisme, les crimes, exclusions et autres divisions.
Et ce n’est pas toute une nation qui se lève comme un seul homme pour agir. Ces Hommes ou ces Femmes au majuscule de la première lettre jusqu’à la dernière, ne sont pas légion pour impulser le changement.

Le patriotisme se conjugue au singulier, c’est un sursaut individuel rayonnant et propageant des ondes positives. « Il faut être un nombre impair de personnes et trois c’est déjà trop», disait l’homme d’Etat français, Georges Clemenceau.
Cet amour de la patrie, ce désir, cette volonté de se dévouer au péril de sa vie, de se sacrifier pour la défendre, n’est pas à confondre avec le civisme. Le patriotisme, c’est essentiellement en œuvres et moins en phrases.
Des appels ont été lancés, des séances de moralisation organisées, mais ce n’est pas une garantie que les bonnes paroles seront traduites dans les faits.

Certains seront là, feront semblant, assis aux premières loges, des pharisiens, juste pour être remarqués. Et ce sont ces derniers qui tirent vers le bas toute une nation, la tienne en otage, hypothéquant tout épanouissement, freinant son envol, son essor.

Une patrie ne proclame pas son patriotisme. Elle suit spontanément un leader, visionnaire, engagé, indifférent aux honneurs et richesses.
Le Burundi cherche, attend désespérément ce ‘’messie’’ rassembleur aimant et aimé par tous, transcendant tous les clivages. Pas sûr qu’il viendra de certaines campagnes ou certains rassemblements…

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Mugayo

    Tiens ! Tiens ! Dans tout cela si on s’inspirait de ce qui est bon venant d’ailleurs pour faire aimer encore plus notre chère patrie !
    https://www.lepoint.fr/afrique/maroc-branle-bas-de-combat-pour-accueillir-touristes-et-marocains-de-l-etranger-10-06-2022-2479033_3826.php

  2. balame

    Jevais faire un jeu de mots pendable. Un calembours facile.
    Qui était encore le puissant dignitaire qui a tiré bas le Mpanda Gates et englouti des milliards? Les 15 jours ntizirahera?
    Cher Journal Iwacu, je ne vous tiendrais pas rigueur si vous ne publiez pas mon sarcasme.

    • Barekebavuge

      Merci Iwacu
      Les chiens aboient et la caravane passe.
      Je parle pour Balame

  3. HARINGANJI

    Quel bel édito !!!
    Pour de vrai, des hommes intègres, des héros potentiels, ces hommes à la fibre spéciale, patriotique et dévoués pour leur pays existent. Mais à partir du moment que la peur bride la passion… vous voyez vous même. D’autres auraient pu en être mais se sont mués en dictateurs sanguinaires. Alors notre nation attend et espère et reste aux mains de médiocres courtisans qui sont devenus les vrais chefs du pays. Mais cette nation croit en Dieu, le messie naît tous les ans à Noël !
    Merci Monsieur pour cet Édito !!

  4. roger crettol

    Wow ! Si c’était le Canard Enchaîné, on ajouterait : et pan sur le bec.

    IWACU va se faire coller des heures de reternue, et copiera 500 fois « Je ne mettrai pas en doute la bonne foi de nos élites » – lesquelles livrent, reconnaissons-le, une performance-spectacle acceptable … ah ! les belles heures des campagnes de moralisation. Comment dit-on « jeter de la poudre aux yeux », en kirundi ?

    JerryCan, en manque sévère d’inspiration.

    • Bellum

      Cher Crettol,
      Votre humour est désopilant. L’expression « jeter de la poudre aux yeux » existe en Kirundi et c’est un mystère de la linguistique de voir deux langues aux antipodes de l’une et de l’autre avoir la même expression : Gusiga inkore ku maso. C’est comme Twitter traduit « Sya Twaturo » par notre grand Athanase Karayenga et qui dit la même chose en anglais. Il paraît qu’il y a une tribu ivoirienne dont la langue en alphabet latin a des ressemblances avec le japonais. Ou le finnois qui ressemble au hongrois. Bizzare! Bizarre !

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