Lundi 16 mai 2022

Économie

Pénurie du carburant : « Les taximen abusent »

30/04/2022 9
Pénurie du carburant : « Les taximen abusent »
Les taxis-voitures sur une file indienne à la station-service

Malgré la mesure de hausse du prix du carburant, il s’observe toujours une pénurie en mairie de Bujumbura, les citadins grognent, ils accusent les conducteurs de taxis voitures de profiter de la situation pour fixer des prix exorbitants. Pour ces conducteurs, la faute n’est pas à eux.

« Du quartier Rohero jusqu’au quartier Ngagara, je payais 5.000 francs burundais. Et en cas de pénurie du carburant, je pouvais payer 7.000 ou 8.000 francs burundais. Mais à me demander 15.000 francs burundais, ils exagèrent », se plaint, un citadin interrogé.

Une pénurie sans précédent. Les habitants de la capitale économique ne savent plus à quel saint se vouer. Ils passent plus de trois heures sur des files d’attente en espérant trouver un bus pour les déplacer, mais en vain.

Pour ceux qui veulent se rendre au travail ou faire différentes courses, se déplacer est devenu un vrai casse-tête. Pour d’autres qui ont des moyens, ils prennent les taxis mais c’est devenu le moyen de déplacement le plus coûteux en mairie de Bujumbura : « Seuls les nantis peuvent se déplacer en taxi », lâche B. I.

Cédric Hakizimana, habitant du quartier Ngagara Q9 en commune Ntahangwa se dit excédé par cette crise de carburant, il témoigne : « Normalement, je prends deux bus pour aller travailler. Si je suis en retard, je prends une moto ou un tuk-tuk. Aujourd’hui, je suis dans l’obligation de payer un taxi tous les cinq jours de la semaine à un prix élevé. Je donne 15.000 francs burundais par jour. Comment vais-je vivre et nourrir ma famille ? », s’interroge-t-il.

Selon lui, ces taximen abusent : « Avant cette pénurie, si je prenais un taxi, je payais 6.000 francs burundais. De nos jours, je quitte, seulement chez moi pour me rendre au travail, car je ne peux pas m’offrir ce luxe de payer un taxi tous les jours ou à chaque fois que je dois sortir ».

« La faute n’est pas à nous, veillez, nous comprendre »

Les conducteurs des taxis rejettent toute responsabilité. Selon eux, ils sont obligés d’augmenter les prix afin de compenser les pertes enregistrées : « Nous pouvons passer 3 jours voire 4 à faire la queue devant une station-service pour chercher le carburant. Si je ne suis pas servi, je dois me retirer de la ligne pour aller acheter du carburant au marché noir et à 10.000 francs burundais le litre. Nous avons des familles à nourrir nous aussi, nous avons des comptes à rendre à nos employeurs. Comment voulez-vous qu’on survive ? », demande un conducteur de taxi voiture.

Un autre fait des calculs : « Les prix du carburant ont été augmentés dernièrement. On n’observe aucun changement jusqu’aujourd’hui. Donc j’achète toujours le carburant au marché noir à un prix élevé. Bien sûr, si je veux travailler tous les jours. À la station-service, l’essence coûte 3.250 francs burundais actuellement, mais au marché noir, c’est toujours 10.000 francs burundais le litre. Donc je viens de perdre 6.750 francs burundais par litre. Sans oublier les heures et les jours que je passe à la station-service. Et vous voulez que je vous déplace à 5.000 ou 7.000 francs bu. Sans oublier les heures et les jours que je passe à la station-service. C’est inadmissible », déplore-t-il. « Comprenez-nous, cela n’est pas de notre faute », a-t-il ajouté.

Ce 28 avril, le ministère en charge de l’énergie et des mines a annoncé la hausse des prix du carburant. Les citadins et les conducteurs des taxis-voitures espèrent un changement d’ici quelques jours.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Ngowenubusa

    Pas de tarifs au km, pas de compteurs, … nos représentants ne légifèrent pas et voilà le résultat !
    Jusqu’à quand ce genre de fonctionnement va-t-il tenir ?

  2. Mutimutunganye

    La ville de bujumbura n’est aussi grande. Tous les quartiers se trouvent à un rayon de +- 5km du centre ville. Les gens doivent s’adapter. Le problème energetique est mondiale il faut investir dans le velo. Comme cela on gagnera pecunierement et on sera en bonne santé. Seulement les pouvoirs publics devraient sécuriser les cyclistes en amenageant les pistes pour velo

    • Yan

      @Mutimutunganye
      « Tous les quartiers se trouvent à un rayon de +- 5km du centre ville. »

      Je crois que vous parlez des quartiers des années 1980 et pas de 2022. En mesurant la distance entre le quartier Nyabugete et l’établissement Iwabo n’abantu je trouve une distance de 15 km exactement. La ville de Bujumbura a un diamètre qui dépasse facilement 20km.

    • Mafero

      Quelqu’un peut me donner des eclaircissements?
      A l’instar de ce Cedric du Quartier 9 a Ngagara qui depense BIF15000 par jour. Ne fut-ce que pour se deplacer par mois, il depense BIF 2.250.000 (15.000x5x30jours)
      Quel est son salaire menstruel? Quid d’autres depenses: loyer, nourriture, habillement, soins de sante…?
      Finalement les Burundais sont tres riches!

      • Stan Siyomana

        @Mafero
        Comme il y a quatre semaines par mois, il dépense à peu près
        BIF 15.000 x 5 x 4 = BIF 300.000 par mois

      • Muntu

        15 000×30=450 000 cher Mafero. Par ailleurs, je ne comprends pas ce que vous voulez dire par salaire menstruel.

      • Stan Siyomana

        @Mafero
        Aho niga Moscou (1971-1977) hariho abanyeshure batigera baja muri transport en commun kandi aho twari turi itari mbi cane, hanyuma bakaja hose muri taxi.
        Mugabo KGB (Komitiet Gosudarstnovaya Bizapasnosti = Commité de sécutité nationale) yaramenya iyo ayo ma roubles ava hanyuma bamwe muri abo banyeshure barirukanwa kw’ishure no mu gihugu.
        Muri ico gihe abanyeshure bava Rwanda, Uganda,Tanzania Reta zabo zarabongera nka dolari 50 ku kwezi ya supplément ya bourse ya 90 roubles Reta ya Union Soviétique yatanga.
        MUGABO RETA Y’UBURUNDI NTA SUPPLEMENT YIGEZE ITANGA.

      • Fiffi

        Cédric C’est un homme. Si tu demandais aux femmes elles pourraient te dire combien elles ont pour le salaire menstruel. Mais c’est vrmnt grave la situation d’aujourd’hui.

      • Douma

        S’il y a 150 jours dans un mois, tu as raison. C’est de l’inflation par tout.

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