Mercredi 29 mai 2024

Économie

Région Centre/Marché à bétail de Rutegama : Les clients ne se bousculent pas

15/04/2024 Commentaires fermés sur Région Centre/Marché à bétail de Rutegama : Les clients ne se bousculent pas
Région Centre/Marché à bétail de Rutegama : Les clients ne se bousculent pas
Un boeuf se négocie aujourd’hui entre 1 et 2 millions de francs burundais

Pour les bouchers, les vaches sont tellement chères qu’il est difficile de maintenir le prix de la viande à 15 000 FBu le kilo. La monnaie burundaise et les taxes qu’on donne à chaque barrière figurent parmi les raisons de cette cherté.

Le lundi 8 avril 2024, au marché à bétail de Rutegama, les vaches, les, chèvres et les moutons étaient nombreux jusqu’à ce que certains éleveurs et commerçants de bétail repartent sans avoir vendu leurs animaux.

Telle est la situation qui y prévaut depuis quelques jours. Le marché est en effet inondé par de gros et petits ruminants en provenance de toutes les autres provinces du pays voire de la Tanzanie alors que les clients deviennent de plus en plus rares.

Le constat de ce lundi 8 avril est que les acheteurs ne se bousculaient pas pour commencer le marchandage. Les commerçants venus de Bujumbura passaient les premiers en choisissant les bêtes les plus grasses au moment où les autres se rabattaient sur les moins grasses dans l’espoir d’acheter à bas prix.

Visiblement, les éleveurs étaient préparés pour vendre leurs bêtes à plus cher. Et pour cause, « Elever une vache aujourd’hui est un investissement. S’ils ne me donnent pas 1 500 000 FBu, je préfère la garder pendant au moins un mois et le prix sera plus élevé », fait savoir Aloys Kabura de Karoba à Makebuko qui avait amené une génisse pour la vendre à Gitega.

Pour beaucoup de connaisseurs du marché, le prix du bétail au Burundi, surtout à Gitega et à Cankuzo, varie en fonction des acheteurs et de la valeur de la monnaie burundaise par rapport au shilling tanzanien.

Les propriétaires de vaches et de petits ruminants se plaignent du manque de clients qui payent beaucoup. Selon eux, toutes les marchandises ont connu une montée fulgurante du prix sauf pour le bétail.

« Aujourd’hui , il n’y a pas de clientèle à cause des prix. Lundi passé, il y’avait beaucoup de clients mais peu de bétail. Ceux qui avaient apporté leurs bêtes ont vendu à des prix intéressants », déplore le prénommé Albert vendeur de bétail venu de Mubuga.

Et d’ajouter que certains vendeurs avaient misé sur la fin du ramadan pour vendre beaucoup. Malheureusement, seuls les clients venus de la capitale économique étaient plus visibles et plus dépensiers que les autres.

« Nous ne sommes pas ici à se disputer le marché. Les acheteurs venus de Bujumbura ont peut-être leurs clients dans les différentes boucheries de la capitale économique qui paient beaucoup. Il ne faut donc pas chercher à rivaliser avec eux. Nous les laissons terminer et nous prendrons la relève car ils ne vont pas tout acheter », se justifie le prénommé Innocent, un boucher de Gitega.

La monnaie burundaise indexée

A Gitega, le prix d’un bœuf se négocie aujourd’hui entre 1 et 2 millions de francs burundais. Quant au bélier ou à la chèvre, son prix approche les 200 000 FBu. Des prix décriés par les acheteurs qui pensent que l’État doit prendre ses responsabilités face à cet état de fait en réglementant les prix sur le marché du bétail.

La hausse du prix des animaux est, selon les vendeurs, liée notamment aux taxes qu’on donne sur tout le parcours qui mène vers le marché de Rutegama. « On dépense beaucoup d’argent dans le transport et les taxes sur chaque frontière des communes et provinces. », raconte par exemple un vendeur qui vient de Mishiha en province de Cankuzo.

« Comment on nous impose de vendre un kilo de viande à un prix X sans qu’ils parviennent à réguler le prix d’achat d’une vache ou d’une chèvre sur le marché », se demandent plus d’un boucher de Gitega. Ils font savoir qu’aujourd’hui, il serait difficile, voire impossible de maintenir le prix d’un kilo de viande sans os à 15 000FBu.

Non seulement les clients manquent mais il s’ajoute aussi une autre contrainte qui n’est pas des moindres : la monnaie burundaise qui est dépréciée par rapport au shilling tanzanien.

Le taux de change de la monnaie burundaise en monnaie tanzanienne varie très souvent pouvant passer du simple au double. Pour rappel, le gros du bétail vendu à Gitega est originaire de la Tanzanie.

Certains commerçants de bétail des provinces de Cankuzo et Ruyigi interrogés estiment aussi que l’augmentation du prix du bétail est dûe au faible taux de change de la monnaie burundaise. Là-bas, les vaches sont chères.

Beaucoup de Burundais frontaliers préfèrent alors le marché tanzanien qui est plus rentable. Le shilling est de loin supérieur au franc burundais.

Cher les consommateurs, la viande reste très chère. Ils demandent que les prix baissent au lieu de continuer à monter.

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