Politique

Gabriel Rufyiri étonne ses collègues

28/11/2017 Antoine Kaburahe 15

Par Antoine Kaburahe

Déception, tristesse, colère… La société civile burundaise en exil vit mal la présence de Gabriel Rufyiri à Arusha. Certains n’hésitent même pas à parler de « trahison ».

Quelques leaders de la société civile burundaise en exil, initiateurs du mouvement ’’Halte au 3ème mandat’’

Après l’invitation du médiateur, les leaders de la société civile en exil avaient tenu une réunion pour demander notamment une plus grande inclusivité et la sécurité des participants. « Gabriel Rufyiri était présent », disent-ils en chœur.

De tout cela rien n’a été acquis, « à part un communiqué vague du facilitateur sur la sécurité garantie des participants », regrette Maître Armel Niyongere . A l’unanimité, ils avaient donc décidé de boycotter la rencontre d’Arusha. Pierre-Claver Mbonimpa, confirme.

Fin du week-end, leur surprise a été totale d’apprendre que leur collègue, le leader de l’Olucome , s’était envolé pour Arusha.

« Dimanche, Gabriel Rufyiri m’a dit qu’il n’allait pas être joignable, car il allait à la messe » raconte Pierre-Claver Mbonimpa. Mais en vieux sage, il ne veut pas jeter de l’huile sur le feu . « Il faut constater le fait tout simplement et tirer les conclusions ». Armel Niyongere est moins diplomate. « C’est dommage qu’un leader de la société civile viole avec préméditation un principe auquel il est engagé avec ses collègues. »

Pacifique Nininahazwe, un autre ancien ami de lutte de Gabriel Rufyiri est plus pragmatique. Pour lui, désormais il faut faire avec. « Je constate que Gabriel Rufyiri a une vision différente de la nôtre et je respecte son choix. La facilitation doit simplement savoir que Gabriel Rufyiri ne représente pas les organisations directement en conflit avec le régime Nkurunziza ».

D’autres membres de la société civile en exil se disent « soulagés » que les choses soient désormais claires ». Par le passé, des frictions ont existé, mais Il semble que la société civile burundaise en exil avait toujours voulu laver son linge en famille. Mais cette fois « la coupe est pleine ». Une activiste des droits de l’homme fulmine : «  Yaduhanye na Rujongo » (expression en kirundi presque intraduisible qui dit que Rufyiri les a pris pour moins que rien) . Dans la soirée de ce lundi, interrogé par Iwacu, Gabriel Rufyiri a dit qu’il « était en train de travailler et qu’il va nous envoyer sa réaction ».

Forum des lecteurs d'Iwacu

15 réactions
  1. Mayugi

    Un dialogue dans des conditions «idéales» pour tout le monde, ce n’est pas réaliste connaissant toutes les difficultés du monde que connaît ce dialogue à se mettre en marche. Et pour une fois que le gouvernement accepte de s’asseoir à la table et à dialoguer pour les uns ou négocier pour les autres, je ne vois pas le péché mortel qu’a commis M. Rufyiri en se rendant à Arusha. Quant à ceux qui le voient ministre de machin-truc, je ne crois pas qu’il soit aussi myope pour s’engager dans cette voie. Je crois qu’il est mieux là où il est aujourd’hui, à tous les points de vue.

  2. RUGAMBA RUTAGANZWA

    @Jean-Pierre AYUHU,

    Nous n’en serions pas là si les Accords d’Arusha de Août 2000 avaient été respectés avec 2 mandats suivis d’un départ à la retraite anticipée par le concerné qu’on n’a plus besoin de nommer ici. En politique il y a des erreurs qui ne se commettent pas comme par exemple sous-estimer la maturité politique de son peuple et essayer de régler ses revendications justes et sûrement légitimes par une répression sauvage y compris en tirant à balles réelles en plein jour, au su et au vu de tout le monde quand ils essayent de manifester puis continuer à les harceler dans leurs quartiers respectifs, à les enlever, les faire disparaître de façon forcée et les assassiner de façon ciblée croyant qu’étant au pouvoir, vous êtes à l’abri de toutes justices mais heureusement les temps ont changé.. ! Je ne pouvais pas croire, jusqu’en décembre 2015 où des gens ont été massacrés de façon massive dans les quartiers dits contestataires, que nous allions nous retrouver dans les ténèbres des horreurs de la guerre civile des années quatre-vingt-dix par ceux-là mêmes qui la menaient au nom d’une soi-disante démocratie en faveur de la majorité ethnique Hutu maintenant tuées au même titre que leurs frères Tutsi, jetées sur les routes de l’exil par ceux qui étaient censés les protéger. L’histoire se répète donc sous nos yeux. Au lieu d’avancer nous reculons tous les jours depuis avril 2015 et tout cela à cause d’une minorité d’individus qui purement et simplement a pris le pays en otage pour protéger ses intérêts personnels. C’est triste, non ?

  3. Ayahu Jean Pierre

    De quoi?

  4. jean fiston bibas

    votre français?

  5. Casimir

    <>…tu dois te faire soigner mon cher ami!!!!

  6. Rugamba

    Je me rends surtout compte qu’ils ont introduit un dossier au sein de la CPI pour défendre les droits des victimes du pouvoir criminel dont tu defends et que ces crimes sont repertoriés (Ndondeza) pour des jugements futurs. Parlant de haine (ou excès de haine), c’est le pouvoir actuel qui utilise l’appareil étatique et les forces de sécurité pour tuer, violer, torturer et faire subir toutes sortes de sevices aux opposants. C’est ce club select (Nkurunziza, Bunyoni, Ndakugarika, Ntakarutimana et consorts) qu’il faut fuir comme la peste.

  7. Jesus

    Des traitres il y en a et il y en aura toujours. Visitez les espions qui font defection et se vendent a l’ennemi, visitez les pretres defroques, ou les menages divorces, prenez en de la graine…

  8. eric

    Tot ou tard bcp se rendront compte que CNARED est une idee totale venant de la belgique.
    c’est pas possible d’etre inviter particulierement et refuser pour 2ans mais voulir etre en group alors que les groups de bujumbura se presentent particulierment??!!
    Surely que CNARED a un objectif belge de detruire CNDD-FDD au lieu de negocier.
    L’accord d’arusha n’apas ete toucher et il leur reste rien en negocier sinon ils vont bcp perdre.

  9. Nkubaze

    @Source du Nil
    “Le régime DD est si fort qu’il parvient à diviser l’opposition dite radicale, y compris la societé civile opposé au 3ieme mandant.”

    Il y a une chanson qui tourne en boucle depuis un bon moment et qui dit que le CNDD-FDD est incompétent en tout; ce n’est plus le cas?

  10. Ayahu Jean Pierre

    Cher Antoine,

    Gabriel Rufyiri étonne ses collèges, peut-être. Mais qui n’étonne pas “ses collègues” dans le royaume de feu Mwezi Gisabo? Au CNARED, l’on jure que ses membres ne se rendront pas à Arasha si le rocher CNARED ne se déplace en bloc. Et voilà, une de ses composantes et pas des moindres, le FRODEBU s’y rend en force avec ses deux anciens chefs d’Etats, les vices et autres. Plus CNARED que le FRODEBU, tu meurs!
    On lit une déception immense sur les visages du trio ( disons en passant qu’ils ne respectent pas les accords d’Arusha avec 2 tutsi et un hutu sur le podium!). La même grise mine se lisait sur les visages des cardinaux du CNARED à la sortie de leur conclave. Il n y avait plus cette ferveur d’antan comme si les carottes étaient déjà cuite. Après le “habemus papam” du secrétaire exécutif sortant et entrant, l’éternel Anicet Nyonkuru, annonçant le retour aux affaires du Dr gynéco Minani Jean, secondé dans ses fonctions au CNARED par Madame Ndenzako ( aussi vice-presidente and International Delegate de la Maison Shalom; le cumul des foncions n’étant pas interdit ni à la Maison Shalom ni au CNARED).
    Resumons: Les invités d’Arusha en provenance de Bujumbura sont de mèche avec Nkurunziza. Ceux de l’extérieur sont des traitres à la cause. Mais quelle cause?

  11. CLAUDIO

    Respectez l’idee de l’autre.

  12. Source du Nil

    Le régime DD est si fort qu’il parvient à diviser l’opposition dite radicale, y compris la societé civile opposé au 3ieme mandant.Et cela n’est que le début.Quand viendra le moment de partage des postes au sein du gouvernment de transition,ne soyez pas surpris de nouvelles défections car le mangeoire du CNDD-FDD est trop allechant.

  13. James

    Je pense que ce n’est pas le premier geste posé par Rufyiri. C’est peut-être le premier de cet éclat mais il y a eu beaucoup d’occasions qui ont montré que le leader d’OLUCOME ménageait les deux côtés. Maintenant qu’il croit que c’est la dernière session, il vient de dire à ceux auxquels il est vrai faux collègue que c’est peut-être le moment ou jamais d’atteindre le sommet de son parcours dans son ascension aux débuts incertains. En effet, Rufyiri a été président de l’OLUCOME par procuration sous Buyoya. Les fonctionnaires qui ont créé cette organisation avaient non seulement peur de perdre leurs postes s’ils avaient officiellement assumé leur engagement, mais aussi, ils avaient peur d’être locataires de Mpimba. Ainsi, ils ont désigné Rufyiri qui, disait-on, n’avait rien à perdre et qui était inconnu de Buyoya. “Petit à Petit, l’oiseau fait son nid”, disent les Français. Rufyiri a atteint un point de non retour et s’est vu obligé de s’imposer à la tête de son organisation et s’est taillé une place de choix au sein de la société civile. Et s’il lui était promis un porte-feuille au sein du prochain gouvernement? Peut-être un ministère à la Présidence en charge de la Société Civile. Qu’il soit chargé de restructurer la Société Civile ou de la mâter à jamais, peu importe, il aura le même CV que les précédents ministres. Ainsi, ce n’est pas aujourd’dhui qu’il va changer car son ascension est née et a grandi de l’effacement des collègues; et surtout, on ne change pas une stratégie qui gagne.

  14. Gacece

    @Duciryaninukuri
    C’est maintenant que vous vous en rendez compte? Vous êtes en retard! Essayez de scruter le fond de pensée de ces gens qui se sont appelés « défenseurs des droits de l’homme » et vous remarquerez que les seuls droits qu’ils défendent, ce sont les leurs et de ceux qui les soutiennent, d’en haut ou d’en bas.

    Vous vous rendrez également compte qu’ils sont les personnes les plus intolérants, les plus virulentes, les plus extrêmistes quand ils s’agit de s’en prendre à quelqu’un qui ne pensent pas ou n’agit pas comme eux.

    Ce n’est pas un excès de zèle comme tout le monde tendrait à qualifier leurs façons et manières de traiter les autres. Je dirais que c’est plutôt un excès de haine, qui a trouvé un canal plus subtil pour se diffuser. Il est évident qu’il en a parmi eux qui sont animés d’une bonne volonté, mais aussitôt qu’ils sont identifés, ils sont exclus du « club select »… comme s’ils avaient contracté la peste!

    Pourtant, c’est ce club select qu’il faut fuire… c’est la vrai peste!

  15. Duciryaninukuri

    Je regrette de cette société dit civile qui affiche encore son manque de tolérance et de réalisme. Pourquoi haïr jursqu’a ce point toute personne qui ne joue pas comme ils le veulent.
    Cette intolérance est tout simplement nuisible au retour à la paix.
    Da force est de détruire les autres pour prouver que c’est d’elle seule que viendra le salut.. hélas rêve et manipulation et bose versa…
    Mais demain cela n’empêchera qu’elle soit décorée.
    Je n’y comprends rien.

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