Santé

Cibitoke : Virus d’Ebola, le Burundi n’est pas à l’abri

27/06/2019 Felix Haburiyakira Commentaires fermés sur Cibitoke : Virus d’Ebola, le Burundi n’est pas à l’abri
Cibitoke : Virus d’Ebola, le Burundi n’est pas à l’abri
Des Congolais en train de traverser la Rusizi vers le Burundi à bord d’une pirogue.

Malgré les mesures prises par le Burundi pour faire face à cette épidémie, la population résidant sur la frontière burundo-congolaise dans la province Cibitoke s’inquiète de la perméabilité sur cette frontière. De son côté, le ministre de la Santé publique tranquillise.

« Il existe plusieurs postes d’entrée et de sortie qui échappent au contrôle des agents de santé », alertent les habitants de la commune Buganda rencontrés sur la frontière Burundi-Congo. Ces habitants s’inquiètent des mouvements des voyageurs burundais et congolais qui empruntent des chemins non contrôlés. Ils traversent la Rusizi à bord des pirogues. « Notre pays est potentiellement menacé, même si jusqu’ici aucun cas d’infection au virus Ebola n’a jamais été signalé dans le pays. Ces Congolais risquent de nous contaminer », craignent-ils.

La situation s’observe surtout dans les localités de Nyamitanga, Ndava, Gasenyi, Kasenga en commune Buganda,  Rusiga et Kigazuro en commune Rugombo. Des va-et-vient des commerçants s’observent  sur ces chemins surtout les mercredis et dimanches,  jours des marchés.

Selon nos sources interrogées,  ces commerçants  congolais empruntent ces chemins pour trois raisons. Il y en a qui veulent échapper à la taxe communale. D’autres disent que les postes frontaliers sous surveillance sont loin et qu’ils sont obligés de faire de longs trajets. Certains encore veulent éviter les files d’attente qui s’observent sur les postes frontaliers autorisés.

Cette situation suscite la peur parmi la population résidant à la frontière. Elle demande aux responsables sanitaires à Cibitoke d’être toujours aux aguets pour que cette maladie ne soit pas introduite au Burundi.

Matériel et personnel médicaux insuffisants

Des infirmiers effectuent régulièrement des contrôles des personnes entrant au Burundi par la frontière de Ruhwa, Mparambo et celle de la 6e transversale à Buganda. Ils disposent de matériel médical dont le thermo-flash pour détecter celui qui aurait ce virus. Selon ces infirmiers, la fièvre étant le symptôme de base, la température d’alerte est de 38°.

Le constat fait sur la frontière de Mparambo n’est pas rassurant. Un seul infirmier est affecté à cette frontière. Il est surchargé au regard du nombre de voyageurs qui traversent cette frontière.  Selon lui, plus de 100 passagers franchissent  chaque jour cette frontière. D’où les lamentations de certains voyageurs qui sont obligés de faire de longues files d’attente. Ils jugent insuffisant qu’un seul infirmier soit affecté sur chaque poste frontalier.

Par ailleurs, hormis le thermoflash, aucun matériel, aucun médicament pour les soins de base. Un container qui servira de bureau est en place, mais n’est pas fonctionnel. Il est installé à un jet de pierre de la frontière. Des robinets d’eau sont déjà installés, mais ne sont pas encore fonctionnels. Pas de place pour isoler ni d’ambulance pour évacuer les cas suspects vers d’autres structures sanitaires appropriées. La route menant sur cette frontière est impraticable.

Cela inquiète davantage les voyageurs et la population environnante. « L’infirmier est directement en contact avec les voyageurs. Il devrait  avoir du matériel de protection comme des gants et des masques », estime une vendeuse des produits Brarudi sur ce poste frontalier.

En outre, des mesures de précaution et de prévention sont affichées.  Mais elles sont écrites en français alors que tous les voyageurs ne comprennent pas cette langue.

Un léger mieux sur la frontière Burundi-Congo à la 6e transversale de la commune Buganda. Un bureau d’un agent de santé est fonctionnel.

Le ministre tranquillise

S’exprimant sur la situation sur le virus d’Ebola au Burundi, vendredi dernier,  Dr Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé publique, se veut rassurant. D’emblée, il reconnaît l’existence des postes frontaliers non contrôlés qui sont utilisés à la fois par les Burundais et les Congolais. Et de tranquilliser : « Nous avons des agents de santé qui effectuent des contrôles au jour le jour. » Il souligne que même la personne qui est passée par le quartier Nyabugete en zone urbaine de Kanyosha a été identifiée.

Dr Thaddée Ndikumana : « Nous sommes aux aguets. Que la population ne cède pas à la panique. »

Cette autorité gouvernementale demande aux administratifs et chefs de districts sanitaires d’identifier tout poste frontalier qui nécessite un infirmier pour que ce dernier y soit affecté.

Il interpelle également la population d’utiliser les voies qui sont sécurisées pour éviter tout problème même celui qui ne serait pas lié au virus d’Ebola.

Il y a des Burundais, fait-il remarquer, qui pratiquent l’agriculture au Congo. C’est leur droit le plus absolu. Ils empruntent des raccourcis. « Nous ne pouvons pas fermer les frontières. Burundais et Congolais risquent d’emprunter les voies clandestines, ce qui serait plus dangereux ».

Pour Dr Ndikumana, le rôle de son ministère est de contrôler tous les postes frontaliers pour protéger la population. «Nous sommes toujours aux aguets. Que la population ne cède pas à la panique ».

A propos des pêcheurs, Dr Ndikumana indique qu’ils ont été sensibilisés. Et de préciser que la même activité a été faite à l’endroit des pêcheurs congolais. Selon lui, il y a des contrôles sur tous les ports.

Quant à la protection des infirmiers et médecins, Dr Thaddée indique qu’il est à l’œuvre. Selon lui, dix mille vaccins ont été commandés. Un comité chargé de vacciner ces prestataires est déjà en place. « Nous allons commencer par ceux-là qui sont sur le terrain pour qu’ils prestent et  traitent les cas suspects d’Ebola sans peur.» 

Enfin, il rappelle les mesures préventives instaurées dans toutes les structures de soins. D’après lui, un système de lavage des mains pour toute personne qui entre dans une structure de soins est en vigueur. Toute personne en provenance du Congo ayant une fièvre d’une température élevée,  poursuit-il, est considérée comme un cas suspect. « Nous l’isolons avant de procéder aux examens ».

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