Mardi 21 avril 2026

Editorial

Carême pour le carburant

06/03/2026 3

Au moment où le Moyen-Orient s’embrase, avec d’une part, des bombes et des missiles larguées par les Américains et les Israéliens sur l’Iran et au Pays du cèdre, et de l’autre, la riposte tous azimuts de Téhéran se soldant par des salves d’explosions en Terres saintes, et dans la plupart des pays du Golfe, le reste du monde semble médusé.

Quelques condamnations commencent timidement à sortir mais ces paroles du registre des tenants du droit international et de la morale universelle, tant de fois piétinées, sont vite balayées par des discours va-t-en-guerre. Pas de répit, pas de quartier.

Face aux frappes israélo-américaines avec ses ravages, le Pays des Mollahs envoie ses missiles hypersoniques et son essaim de drones fissurer voire trouer le Dôme de fer et autre système sophistiqué de défense antiaérien.

Des raffineries des pétromonarchies, des ports gigantesques d’où partent du fret destiné au monde entier en feu, des bases militaires américaines ou en connexion avec cette superpuissance, des infrastructures publiques, des résidences, … sont touchés, des colonnes de fumée s’élèvent et obscurcissent des villes comme Dubaï. C’est inouï.

Le Moyen-Orient bascule plongeant le monde entier dans l’incertitude ce qui fait craindre un embrasement si les alliances prévisibles venaient à entrer en phase active. Les conséquences sont incalculables, cette situation d’enlisement que personne n’avait anticipée ou vue venir, fait flamber le prix du baril.

Et c’est là où nous autres qui croyons être loin, très loin des éclaboussures, des déflagrations et autres éclats de missiles hypersoniques ou de drones interceptés, allons comprendre que le Détroit d’Ormuz entre l’Iran et les pays du Golfe aujourd’hui obstrué alors qu’il sert de passage obligé à d’énormes quantités de marchandises dont le pétrole, le gaz, est tout proche de nous. Il va falloir un miracle pour ne pas être touché de plein fouet.

Questions : Pouvons-nous esquiver ? Avons-nous anticipé en constituant un stock stratégique, le rêve de Bagaza ? Ou allons-nous subir cette conjoncture ? Nous n’étions pas encore sortis de l’ornière, la situation déjà déplorable risque de s’empirer si ce conflit venait à perdurer.

En attendant, prions, le temps est propice pour une union de prière, c’est le Carême chez les catholiques, et c’est le Ramadan chez les musulmans, dommage que ces deux événements tombés presque à la même période de l’année ne correspondent pas au jeûne de Yom-Kippour, le « Jour du Grand Pardon », chez les juifs.

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    Soyons réalistes Monsieur Abbas Mbazumutima, le prix du pétrole peut aller jusqu’à zéro ou à l’infini, cela ne fera aucune différence pour les consommateurs burundais réguliers. Il semble y avoir d’autres forces inexplicables en jeu au Burundi.

    En fait, tu sais quelque chose ? À bien y réfléchir, peut-être que si cette augmentation pourrait être une bonne chose pour les Burundais : les gros chats commenceront à marcher les pompes des citoyens burundais.

    Parfois, les choses doivent empirer avant de s’améliorer. Il serait ironique que la bulle actuelle de la classe dirigeante heurte l’aiguille du Moyen-Orient !

    Les miracles existent. Il faut y croire.

  2. Riraniga

    Une question existentielle
    Où est le droit International?
    Qui est l’agresseur?
    Qui est l agressé?
    Où est la morale?
    Those are the existential questions?

  3. Jereve

    La majorité de nos populations est dans le carême depuis des dizaines d’années. Car il faut distinguer le carême choisi pour pendant une période appauvrir le corps avec l’objectif d’enrichir l’âme. C’est ce que l’Eglise nous demande aujourd’hui pour juste 40 jours. Donc distinguer ce dernier du carême qui nous a été imposé depuis des dizaines d’années. Je veux dire les années de privations et diverses pénuries qui nous ont été imposées. Mais celui-là, ce n’est pas l’Eglise qui nous l’impose. Nous connaissons les deux carêmes et espérons que Dieu en prendra compte dans sa miséricorde.
    J’irais encore plus loin en disant que les grands de ce monde, c’est-à-dire les grandes puissances financières et militaires nous imposent un carême plus dur, plus sanglant avec son lot de centaines de milliers de morts en Ukraine, Palestine, Iran, Soudan, Rdc…. Il n’y a plus de grand-frère pour jouer les médiateurs. Celui qui a les muscles en use sans limite. L’ONU, la médiatrice reconnue jusque récemment, a été affaiblie; le Tribunal pénale internationale a été mis hors jeu alors que nous comptions sur elle pour demander des comptes aux dirigeants qui se croient tout permis. Bref c’est le chaos mondial, et je ne vois pas comment nous allons nous en sortir.

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