Participer dans les associations, initier des activités génératrices de revenus, exécuter de petits métiers, …. Des femmes et des jeunes de Kayanza, province de Butanyerera sont à l’œuvre pour leur développement. Néanmoins, des obstacles ne manquent pas. Ils appellent les élus à plaider pour leur épanouissement.
Kayanza est l’une des trois anciennes communes qui composaient l’ancienne province du même nom. Nous sommes au nord du pays. La ville de Kayanza se trouve dans une zone montagneuse. Son panorama offre une image dominée par des maisons en tuiles et d’autres en tôles ondulées. Quelques constructions en étage se remarquent aussi. Les rues sont animées, surpeuplées. La circulation est dense. Il fait froid. Sur les montagnes environnantes, c’est la verdure : des bananeraies, de géants avocatiers, … entourent et dominent les maisons. Le thé, le café, … se font aussi remarquer.
Portant sur leurs têtes des régimes de bananes ; des corbeilles de patate douce, de pomme de terre, d’oignons, … des citoyens se rendent au marché. D’autres y vont pour s’approvisionner. Apparemment, ils sont contents. Mais, sournoisement, certains se plaignent. Ils subissent encore certaines violences, des injustices. Leurs droits ne sont pas totalement respectés.

Céline Maniratunga, originaire de la colline Myugariro de l’ancienne commune Muruta, raconte une histoire marquée par la violence conjugale. Mariée depuis plusieurs années, elle affirme que le comportement de son mari a radicalement changé après avoir trouvé un emploi.
« Mon mari m’aimait bien avant. Mais, depuis qu’il a obtenu un travail, il a changé. Je ne sais pas s’il a une maîtresse. Il a même essayé de me tuer. Regardez cette cicatrice sur mon front. J’ai beaucoup souffert.»
Hospitalisée à la suite des coups reçus, elle explique que son mari avait été emprisonné avant qu’elle ne soit contrainte de demander sa libération. « J’ai été obligée de le faire libérer parce qu’il n’y avait personne pour s’occuper de nos enfants. La famille m’a même félicitée pour ce geste. »
Selon elle, les abus ne se limitent pas aux violences physiques. Elle accuse également son mari d’avoir vendu des biens familiaux sans son consentement. « Il a vendu mes chèvres et même des terres sans mon accord. Aujourd’hui, il dit qu’il ne veut plus de moi. Il a même volé notre attestation de mariage. »
Elle souligne que plusieurs femmes de son entourage vivent des situations similaires.
Des conflits liés à l’héritage
Un autre témoignage, celui de Jovitte Ndayishimiye, de la colline Gahahe, met en lumière les conflits liés à l’héritage familial. Sa voix tremble lorsqu’elle évoque son exclusion après le décès de ses parents. « Quand nos parents étaient encore en vie, nous étions une famille unie. Mais, après leur mort, mes frères m’ont traitée comme une étrangère. Ils ont partagé les terres sans moi alors que j’avais contribué à en acheter certaines. »

Elle affirme que ses droits ont été totalement ignorés. « Ils ont tout vendu, même les parcelles qui m’appartenaient. Ils ne m’ont jamais consultée. » Elle appelle la justice à intervenir.
La question de l’accès à une justice équitable est également soulevée par Marthe Bandyatuyaga de la colline Kigeri. Veuve, elle se bat pour récupérer une parcelle que son défunt mari avait donnée en garantie.
Bien qu’elle ait gagné le procès au niveau du conseil collinaire, elle affirme que la procédure judiciaire a pris une autre tournure par la suite. « Je me suis présentée à Kayanza et mes témoins ont été emprisonnés. On leur a même infligé une amende de 50 000 francs burundais. »
Avec des larmes aux yeux, elle dit ne pas comprendre la décision des juges. « Quand j’ai demandé des explications, on m’a dit que j’avais perdu le procès. On m’a même demandé de signer des documents dont je ne comprenais pas la valeur. »
La liste est longue
Au-delà des conflits familiaux et judiciaires, les femmes de Kayanza font également face à des obstacles sociaux. Crestace Miburo, de la colline Bubezi, évoque les difficultés rencontrées par les femmes engagées dans des associations de développement. « Souvent, les femmes rejoignent des coopératives pour améliorer les conditions de vie de leurs familles. Mais, certains maris les en empêchent par peur qu’elles ne deviennent autonomes grâce à l’argent qu’elles pourraient gagner. »
Elle ajoute que la pression sociale joue également un rôle. « L’entourage critique souvent les hommes qui laissent leurs femmes participer dans ces activités. Il faut qu’il y ait un changement de mentalité. »
Malgré ces défis, nos sources affirment qu’à la suite des récentes élections, plusieurs femmes ont accédé à des postes de prise de décisions au niveau local. Ce qui est un signe d’une évolution progressive vers une meilleure représentation, se réjouit Mme Maniratunga.
L’entrepreneuriat pour échapper au chômage

Sur la colline Kirema, dans la commune Kayanza, Innocent Nyabenda, 37 ans, incarne cet esprit de résilience. Membre de la coopérative « Dushaze Mwihembe », spécialisée dans l’artisanat, il fabrique avec ses collègues divers objets à partir des cornes de vaches : gobelets, sous-tasses, boucles d’oreille, porte-clés, vases, assiettes et bagues.
Créée en 2014, la coopérative a progressivement élargi son marché au-delà des frontières burundaises, écoulant ses produits dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est. Mais, les débuts n’ont pas été faciles. « Trouver un financement était très difficile. La coopérative a failli disparaître à deux reprises. Grâce au leadership de certains membres, nous existons toujours. »
Au départ, ils étaient une vingtaine de jeunes. Avec le temps, beaucoup ont abandonné. « Certains sont partis à l’étranger, d’autres à Bujumbura ou ont repris leurs études. Nous sommes restés cinq pendant un moment. Aujourd’hui, nous sommes huit et d’autres souhaitent nous rejoindre. »
Le PAEEJ au secours
Un tournant décisif a été l’appui du Programme d’autonomisation économique et d’emploi des jeunes (PAEEJ), qui a financé leurs projets. « Avant ce soutien, la vie n’était pas facile. Aujourd’hui, nous sommes en train de rembourser progressivement. »
Face aux critiques de certains jeunes qui estiment ne pas bénéficier des financements du PAEEJ, Nyabenda appelle à la patience et à la persévérance. « Moi aussi, j’ai failli abandonner. Le PAEEJ analyse les projets et finance ceux qui sont viables. Nous étions près de 2 000 candidats, 600 ont été sélectionnés mais seulement une centaine a été financée. »
Il insiste également sur l’importance de bien structurer les projets. « Nous avions prévu un budget de 40 millions de francs burundais. Mais, après analyse, nous avons compris qu’il fallait le revoir à la baisse. » Il invite les jeunes à se faire accompagner par des experts en gestion de projets.
Peu de revenus
Alexis Masengesho, un jeune de 25 ans originaire de la colline Ngangwe, a terminé les Humanités générales. Faute de moyens financiers pour poursuivre ses études universitaires, il a choisi de se lancer dans une activité génératrice de revenus. Il a ainsi acheté un vélo pour travailler comme taxi-vélo. Un métier qui est loin d’être facile selon ses dires : « Parfois, les policiers nous accusent injustement d’enfreindre la loi et nous sommes obligés de payer des amendes sans recevoir de quittances. » Ce jeune déplore qu’après une journée de travail, il rentre mains vides suite à cette tracasserie.
Berchmans Niyimbona, 25 ans, originaire de la colline Kinzobe, fait partie de ces jeunes qui ont été contraints d’abandonner l’école très tôt. En raison des difficultés financières, il n’a pas pu dépasser la 8e année.
Pour survivre, il s’est tourné lui aussi vers le métier de taxi-vélo qui peine à lui assurer un revenu stable. D’après lui, la dépréciation de la monnaie burundaise a considérablement réduit le pouvoir d’achat rendant les revenus presque insuffisants pour vivre décemment. « Dans ce contexte, beaucoup de jeunes choisissent de chercher du travail à l’étranger, notamment dans les pays voisins ou à Dubaï, là où les salaires sont plus élevés. »
Les jeunes filles interpellent leurs parents
M.N, une jeune fille de la localité, met en lumière les réalités que vivent aujourd’hui de nombreuses jeunes filles dans sa communauté. Selon elle, plusieurs d’entre elles s’organisent en associations afin d’améliorer leurs conditions de vie.
Ces groupements, souvent basés sur l’épargne et le crédit leur permettent de subvenir à certains besoins essentiels et de faire face aux urgences.
Cependant, elle déplore que certains parents constituent un obstacle à ces initiatives. En effet, certaines familles empêchent leurs filles de rejoindre ces groupements. « Ce qui freine notre autonomie et notre développement. »
Par ailleurs, M.N attire l’attention sur un problème préoccupant de la fréquence élevée des grossesses non désirées chez les jeunes filles. « Ces jeunes filles, ne pouvant pas s’occuper de leurs bébés, elles abandonnent l’école ou commettent l’infanticide. »
Elle lance alors un appel aux parents afin qu’ils soutiennent leurs filles dans leurs initiatives. Selon elle, l’intégration dans des associations représente une véritable opportunité pour elles leur permettant de s’entraider, de devenir plus autonomes et de mieux préparer leur avenir.
« Intégrer les jeunes dans les projets de développement »
Innocent Nyabenda adresse un message aux autorités. « Je remercie le président de la République pour ses initiatives visant à réveiller les consciences des jeunes. Mais, il faudrait davantage intégrer les jeunes dans les projets de développement et ouvrir le marché du travail. »
Il appelle également à plus de responsabilité de la part des élus. « Être élu est un honneur. Mais, les élus doivent représenter réellement la population. Aujourd’hui, je ne vois plus de véritables débats parlementaires. »
Pour lui, le développement local passe par des politiques concrètes, notamment en matière de logements sociaux, de développement humain et de gestion équitable des ressources nationales. « Il faut que les richesses profitent à tous et non à un groupe. » Il invite les jeunes à cultiver l’esprit de créativité et de persévérance.
Des signes d’espoir mais, …
Malgré ces difficultés, Alexis Masengesho reconnaît que tout n’est pas perdu. Il souligne que les jeunes de sa colline ne restent pas inactifs. Beaucoup s’impliquent dans des activités de développement comme l’agriculture, l’élevage et le commerce. Lui aussi s’investit dans l’agriculture, un secteur qu’il juge essentiel pour la communauté. Néanmoins, il signale que ce secteur reste confronté à de nombreux obstacles. « La production chute souvent à cause du retard des fertilisants alors que nous payons l’argent en avance. Et quand ils sont distribués, la quantité octroyée reste insuffisante. »

Selon lui, la majorité de la population dépend directement de l’agriculture pour se nourrir et subvenir aux besoins de la famille. Il trouve que la question des fertilisants devrait figurer parmi les priorités.
Toutefois, il apprécie le fait que certains projets d’infrastructures comme la construction d’écoles et d’un hôpital dans sa zone natale sont en cours. Il espère aussi que même la question des fertilisants trouvera une solution afin de permettre un meilleur rendement agricole. « Je demande aux autorités compétentes que nous puissions avoir des fertilisants suffisants et à temps pour pouvoir nourrir les familles et avoir quoi vendre afin d’avoir ce développement que nous voulons. »
Un autre jeune de Kayanza, quant à lui, revient sur la responsabilité des jeunes sur leur propre avenir. « Il faut que nous, les jeunes, saisissions les opportunités, fassions preuve de détermination et évitions la paresse », lance Sylvère Nyandwi, 23 ans, un jeune commerçant. Selon lui, travailler et s’engager activement dans la vie économique de la communauté permet non seulement de s’épanouir individuellement mais aussi de contribuer au développement collectif du pays.
Des promesses non tenues
Pour Berchmans Niyimbona, certaines promesses faites par les élus lors des campagnes électorales n’ont toujours pas été concrétisées. Selon lui, Ils faisaient beaucoup de promesses affirmant qu’ils allaient fournir un prêt de bétail pour l’élevage et réaliser des projets pour les jeunes. Mais, jusqu’à maintenant, ils n’ont encore rien vu.
Innocent Nyabenda fait le même constat. « Sur les réseaux sociaux, ils promettaient des écoles, des routes et des hôpitaux. Mais, je ne vois pas de réalisations concrètes. Je ne les ai revus qu’une seule fois depuis leur élection. »
Concernant l’émigration des jeunes, M. Nyabenda y voit une opportunité pour le pays. « Les jeunes qui partent à l’étranger peuvent contribuer au développement du Burundi. Ils découvrent d’autres réalités et peuvent changer les mentalités à leur retour. »
Il encourage également les jeunes sans emploi à explorer toutes les opportunités. « Il faut chercher des moyens, même à l’étranger, pour ensuite contribuer au développement du pays. »
Entretien
Godefroid Niyonizigiye : « Souvent, les femmes s’excluent elles-mêmes.»
A quoi correspond la commune Kayanza avec le nouveau découpage administratif ?
Aujourd’hui, Kayanza est constituée des trois anciennes communes, à savoir Kayanza, Muruta et Kabarore. A cela, il faut ajouter une partie de la zone Mparamirundi qui était dans l’ancienne commune Busiga, à Ngozi. Notre commune comprend actuellement 12 zones et 111 collines.
De quoi vit la population ?
Elle vit principalement de l’agriculture. A Kayanza, on cultive des cultures vivrières et d’exportation. Pour ces dernières, il y a le café, le thé et ,actuellement, l’avocat. Pour les cultures vivrières, Kayanza est constituée de deux régions naturelles : Mugamba et Buyenzi. On y cultive la pomme de terre, le maïs, le blé, le haricot, etc. Mis à part le palmier à huile, toutes les cultures vivrières sont représentées à Kayanza.
Insistons sur l’avocat. Comment cette filière est-elle organisée ici ?
Je dois d’abord signaler qu’à Kayanza, la culture d’avocat n’est pas nouvelle. C’est depuis 2005 que les gens ont commencé à beaucoup s’y intéresser comme culture d’exportation. Par exemple, Kabuye est la première zone qui enregistre une grande production. Même aujourd’hui, on continue de planter. A bord de toutes les routes, nous avons décidé d’y planter des avocats. En deux ans, nous nous attendons à une forte production. Aujourd’hui, nous sommes en train d’y mettre de l’ordre.
Comment ? Nous avons entendu que le gouverneur a recommandé à la population de ne pas cueillir les avocats pour les vendre ?
La cueillette doit être organisée et bien contrôlée pour ne pas cueillir des avocats non encore murs. Mais, on n’empêche pas quelqu’un de cueillir quelques avocats à manger. La commune a d’ailleurs investi dans la production des plants en installant des pépinières.
Qu’en est-il du macadamia ?
Oui, il est cultivé aussi à Kayanza. Il est associé aux caféiers. Mais, il y a eu un petit souci concernant le marché d’écoulement. Ce qui a découragé les gens. En fait, l’initiateur n’a pas être capable de montrer le marché. Les gens ne l’ont pas néanmoins déraciné. Ils récoltent les fruits et font des stocks en attendant de probables acheteurs. Certains ont 50 kg, 100 kg voire plus dans leurs maisons. Nous demandons à ceux qui nous entendent de venir acheter cela.
Quels sont les projets de développement en cours et ceux déjà achevés ?
Nous avons planifié beaucoup de projets dont les principaux sont la construction d’un centre de santé à Maruri, dans la zone Kabuye. Car, les gens se lamentaient qu’ils font une longue distance pour se faire soigner. Nous pensons que dans quatre mois, l’infrastructure sera remise à la population.
Nous avons constaté que beaucoup d’écoles ne sont pas cimentées. Nous avons alors commencé ce travail dans les différentes écoles pour que les enfants apprennent dans de bonnes conditions.
Concrètement
A Nyange, Kibakwe et Songore, les travaux sont déjà terminés. La commune a aussi donné 100 bancs pupitres à Mparamirundi. L’Etat nous a donné l’autorisation d’utiliser nos plantations d’arbres pour fabriquer les bancs pupitres.
Il nous a aussi accordé 40 millions BIF pour leur fabrication. Nous prévoyons qu’en mai ou juin, les enfants seront tous bien assis en classe.
Il y a aussi la réhabilitation des routes pour pouvoir écouler notre production agricole. Les zones sont en compétition d’abord en entretenant la voirie déjà existante et en traçant de nouvelles routes. Cela va de pair avec la construction des ponts.
C’est tout ?
Nous sensibilisons aussi la population aux questions d’assainissement et d’hygiène. Vous savez qu’il y a une loi qui fixe même des amendes. Nous allons l’appliquer. Il existe encore des gens qui partagent le même toit avec les animaux domestiques. Nous leur demandons de construire des étables dehors.
Il parle également d’un programme d’alimentation en eau potable. A Kayave par exemple, dans la zone Murima, nous venons de terminer ce travail. Il y a une adduction de 5 km dans la zone Nkonge au Centre de santé (CDS) Gishubi. Avant, les gens venaient se faire soigner avec des bidons d’eau. L’année passée, le même travail a été réalisé sur beaucoup de collines. Nous allons commencer une autre alimentation vers Kabarore exactement à Kiziba.
Nous octroyons aussi du ciment pour l’entretien des bornes fontaines. Chaque colline reçoit 4 ou 5 sacs de ciment. Nous sensibilisons aussi la population à lutter contre l’érosion en traçant des courbes de niveau.
Quelle est la part de la femme et des jeunes dans ces projets ?
Au Burundi, nous vivons à plus de 90 % de l’agriculture et de l’élevage. Et, ce sont principalement les femmes et les jeunes qui font ces activités. Quand nous faisons une adduction d’eau, cela facilite la tâche aux femmes. Ce sont elles qui puisent souvent l’eau. Nous voulons que les enfants et les jeunes ne perdent plus leur temps à aller puiser de l’eau au lieu d’aller à l’école.
Quand l’enfant tombe malade, c’est la femme qui l’amène à l’hôpital. Donc, si nous construisons des CDS, cela réduit le trajet à parcourir. La femme ne se fatigue plus. Les jeunes sont aussi concernés par nos projets.
Comment ?
Ils reçoivent du travail et ils sont payés. Lors des adductions d’eau, de l’installation des pépinières, et bien d’autres travaux ce sont les jeunes à qui on donne du travail. Ainsi, ils ont de l’argent.
Est-ce que sur les collines les femmes participent dans leur développement ?
Elles ont des coopératives, des associations. Elles font de l’épargne et s’accordent de petits crédits pour s’auto développer. Le constat est que les coopératives des femmes sont très bien organisées par rapport à celles des hommes. Il n’y a pas d’escroquerie. Souvent, les hommes les en veulent. Ils sont jaloux quand ils réalisent que des femmes ont plus d’argent que les hommes.
Qu’en est-il des violences basées sur le genre ? Les droits de la femme sont-ils respectés ?
C’est déplorable. Il existe encore des hommes qui profitent de l’absence de leurs femmes à la maison pour prendre des kilos de haricots, de maïs, … et les vendre clandestinement. Malheureusement, cet argent est utilisé pour boire et non pour l’intérêt du foyer. Nous continuons à sensibiliser de tels hommes à être plus responsables.
Le mauvais comportement de concubinage existe aussi. Il y a des hommes qui, lorsqu’ils ont de l’argent, deviennent presque troublés. Ils se lancent alors à la recherche d’un 2e bureau. Ils doivent savoir que les concubines ne sont jamais satisfaites. Ce sont des voleuses. Au lieu de gaspiller la richesse familiale, il faut plutôt faire éduquer les enfants, développer les familles, etc.
Qu’en est-il de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décisions ?
A mon avis, elles sont bien représentées. Dans le Conseil communal, il y a 30 % de femmes. Au niveau des conseillers, des départements, … les femmes sont là. Parmi les 12 chefs de zone, il y a 2 femmes. Au niveau des chefs collinaires, elles sont aussi présentes. En tout cas, leur degré de représentativité est satisfaisant.
Néanmoins, souvent, les femmes s’excluent elles-mêmes. Elles ne se font pas souvent élire. Sur les listes électorales, on trouve une ou deux femmes seulement alors que nous aimerions les voir nombreuses.
Les jeunes sont majoritairement réunies dans les coopératives Sangwe. Certaines ont fait faillite. Quelle est la situation à Kayanza ?
Ces coopératives Sangwe existent. Je dirais qu’elles sont de trois types : il y en a qui se sont développées, d’autres qui boîtent et d’autres encore qui sont totalement tombées en faillite. Ce qui signifie qu’elles avaient de mauvais dirigeants qui, au lieu de monter des projets, se sont partagés le capital. Aujourd’hui, nous ssensibilisons les jeunes instruits d’intégrer les comités de ces coopératives. Le constat est qu’avec eux, les choses s’améliorent et reprennent le cours normal.
Quid des cas d’abandons scolaires ?
C’est déplorable. Ces cas existent. Vraiment, il y a une mentalité qui se développe chez la jeunesse. Les jeunes disent que même nos parents n’ont pas étudié, que nos grands frères n’ont pas de travail alors qu’ils ont étudié. Ils oublient qu’on étudie aussi pour créer du travail. Des enfants abandonnent l’école aussi pour aller travailler sur des unités de fabrication des briques.
Que faites-vous pour changer cela ?
Pour décourager cela, la commune a décidé de ne plus donner du travail aux enfants. Que ça soit pour les travaux champêtres, récolter du café, dans les unités de fabrication des briques, etc. Tout contrevenant est puni. C’est pour montrer aux enfants que leur place est à l’école.
Cette décision commence à donner des résultats. Les cas d’abandons actuels sont liés aux grossesses non désirées. Face à cela, nous sommes en train de mener des sensibilisations pour dire aux jeunes filles de ne plus se laisser tromper par des motards, des taxi-vélos, etc. Mais de terminer d’abord les études.
Est-ce que les jeunes comprennent la vision Burundi 2040-2060 ?
A mon avis, je vois que les jeunes sont en train d’ouvrir les yeux. Ils sont actifs dans les petits métiers comme la soudure, la maroquinerie, etc. Ils font le commerce des unités de recharge. Ils ont des secrétariats publics. Aujourd’hui, il n’y a plus de ligalas.
A Kirema, des travaux de pavage sont en cours. Sont-ils initiés par la commune ?
C’est un programme du gouvernement qui va faire le pavage sur une distance de 2 km. Seulement, ils ont eu des soucis au début. Mais, aujourd’hui, je vois qu’ils sont à l’œuvre et les travaux avancent normalement. Ils devaient avoir pris fin parce qu’ils ont débuté en 2023.
Y auraient –ils d’autres projets ?
Oui. Il y a d’autres projets de la Banque africaine de développement (BAD). Le 1er concerne le pavage d’une distance de 25 km dans cette ville. Les études ont commencé. Le 2e est la réhabilitation de la route de Kayanza jusqu’à Kanyaru haut. Le 3e va travailler sur la route de Rwegura jusqu’à la frontière avec le Rwanda. Ça sera sur 25 km. Il y a aussi un projet de construction de deux marchés : un à Mparamirundi et un autre à Songore en zone Jene. Pour tous ces projets, des études préliminaires sont déjà achevées.
Il y a un autre projet qui va construire une route reliant Kayanza à Kabarore via Kibingo. Ça sera une route en terre battue.
Lors des campagnes électorales, les candidats font des promesses. Est-ce qu’elles sont en train d’être honorées ?
Si on regarde comment les députés travaillent par exemple, durant leur vacance parlementaire, ils viennent ici sur le terrain. Ils s’entretiennent avec les électeurs et ils résolvent souvent certains problèmes qui leur sont soumis. Ils ont récemment visité toutes les zones de Kayanza. Les gens ont soulevé leurs problèmes. En tout cas, ils essaient d’être tout près de la population.








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