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Justice

Conditions carcérales : l’Aprodh donne du 6/10 à la province Ruyigi

02-12-2013

L’Aprodh trouve que la province Ruyigi a enregistré une légère amélioration. Elle passe de 3/10 en 2011 à 6/10 en 2013. La province Cankuzo s’en sort avec 7,5 sur 10. Toutefois, les conditions carcérales restent précaires dans les deux provinces.

Les participants de l'atelier sur l'état de la détention dans la province Ruyigi ©Iwacu

Les participants de l’atelier sur l’état de la détention dans la province Ruyigi ©Iwacu

« Les cas d’assassinat ont diminué par rapport à 2012», indique Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Aprodh, lors de l’atelier, ce vendredi 29 novembre 2013, sur l’état de la détention dans la province de Ruyigi. Cependant, l’Aprodh a recensé 48 personnes tuées, depuis janvier jusqu’à octobre 2013(58 personnes tuées en 2012). Pierre Claver Mbonimpa a félicité les officiers de la police judiciaire (OPJ), car dans les cachots des communes de Ruyigi, on ne parle plus de cas de torture. Selon lui, les seuls cas existants sont commis par les chefs de zone ou les chefs des positions militaires et policières. De plus, les cas de viol ont aussi diminué, d’après toujours l’Aprodh.

En province Cankuzo, 18 personnes ont été assassinées, ces 10 derniers mois. Un recul par rapport à 2012 où l’Aprodh avait dénombré 35 personnes tuées et 50 blessées. De janvier à octobre 2013, les chiffres de cette association signalent 7 cas de viol (contre 19 cas en 2012) et 0 cas de torture. Ce qui lui a valu la note de 7,5/10. Troisième place sur 17 provinces.

Des irrégularités dans les cachots

Lors des visites effectuées, du 25 au 29 novembre 2013, dans les lieux de détention de la province Ruyigi, cette association a relevé quelques irrégularités. Dans certains cachots, les registres de détention sont mal tenus : des rubriques comme la date de sortie ne sont pas complétées. Au cachot de la commune Butaganzwa, sur cinq personnes retenues, trois n’étaient pas enregistrées. Pour le président de l’Aprodh, cela constitue un grand danger pour les détenus. «Nous sommes très exigeants sur ça car parfois des personnes disparaissent des cachots sans laisser de traces.» Il a aussi déploré l’existence de cachots clandestins surtout en commune Butezi aux centres de santé de Sorero et Kwisumo. Le procureur de la République à Ruyigi, Isaac Sabuwanka, a procédé à la fermeture de ces deux cachots non reconnus. Que ce soit à Cankuzo ou à Ruyigi, les conditions d’hygiène sont lamentables dans les cachots où une odeur nauséabonde s’en dégage.

La situation carcérale de la prison de Ruyigi est aussi problématique. Cet établissement a une capacité d’accueil de 360 prisonniers. Aujourd’hui, ils sont au nombre de 611 prisonniers. 141 prisonniers de Ruyigi sont déjà condamnés tandis que 161 autres attendent leur jugement. Pierre Claver Mbonimpa se demande alors pourquoi ce nombre élevé de prévenus alors que le parquet et le tribunal sont à côté de la prison. «Cette situation empêche le prisonnier de bénéficier des avantages que lui accorde la loi.»

A Ruyigi, l’Aprodh a trouvé que les 0PJ manquent de matériel de bureau. A la fin de l’atelier, chaque OPJ est rentré avec une lame de papier, un registre et un paquet de papier carbone. Elle a aussi promis de fournir du carburant pour le transfert des prévenus de Cankuzo vers Ruyigi.

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