Editorial

Ô sacrilège !

Léandre Sikuyavuga

Léandre Sikuyavuga

Ce n’est pas une mauvaise blague… C’est sérieux. Des élèves sont renvoyés, d’autres emprisonnés.

Infraction : « avoir gribouillé des photos du président Nkurunziza dans les manuels scolaires. » Apparemment le mal se répand, malheureusement à la fin de l’année scolaire. C’est la politique qui s’invite dans la gestion de ces dossiers.

Il y a lieu de s’interroger. Pourquoi ce qui devait rester un fait divers est en train de prendre une dimension criminelle?

D’ailleurs, au Lycée de Muramvya comme à Ruziba, les établissements avaient pu régler ces cas de dégradation de manuels scolaires à l’interne. Mais le service national de renseignements s’en mêlera et l’affaire devient pénale, nationale.

La Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance au Burundi (Fenadeb) parle de montée de tensions en milieu scolaire entre groupes de jeunes affiliés à différents partis politiques . « Les uns et les autres rivalisent de messages agressifs, d’actions de diabolisation, de fanatisme politique, d’agressions physiques », constate
son président.

Par ailleurs, les parents ne sont pas épargnés. Réaction d’un internaute : « La faute revient aux parents qui ont inculqué
de l’extrémisme aux enfants. » Pour le gouverneur de Muramvya, ce que les enfants manifestent aujourd’hui serait l’image de ce qui se fait dans les ménages.

Il va même hausser le ton lors d’une réunion avec les parents: « Il ne faut pas minimiser les faits. Vos enfants ont commis
un sacrilège.»

En psychologie, la rivalité ne concerne que des gens de même rang. Un élève de la huitième année ne peut pas ravir la
vedette à un chef d’Etat.

Aux uns et aux autres, je les invite à laisser ces élèves préparer leur avenir. Ils n’ont pas encore développé la faculté de
discernement. Je parie que ceux qui ont maculé les photos du président Nkurunziza ne savaient pas qu’ils risquaient la
prison.

Au lieu de leur inoculer la haine, l’intolérance, la division, il faut plutôt leur inculquer des valeurs humaines, d’amour patriotique, de paix et de tolérance.

Et à ceux qui défendent que les photos d’une personnalité encore en exercice ne puissent pas figurer dans les manuels scolaires, le débat est amorcé…

Ces élèves méritaient tout au plus un rappel à l’ordre, une simple punition, mais surtout pas les prétoires des tribunaux
et la prison. C’est exagéré.

  23   Vos commentaires
  1. Maya

    Si c’était à l’époque du Feu Bagaza et de Buyoya, comment ces enfants et/ou leurs parents seraient-ils traités?? Peut être qu’ils seraient récompensés?

    • mon pays va mal

      heureusement que ces deux n’ont jamais pensé à mettre leurs photos sur les livres scolaires cela montre qu’ils n’étaient pas aussi dictateurs que nous le pensons.

      • Akabanga

        Bien dit kabisa.
        Je me demandes pourquoi cette affaire apparaît aujourd’hui??? De tous les présidents qui ont dirigé le Burundi, j’aimerais connaitre ceux dont leurs visages sont apparus dans les manuels scolaires quand ils étaient au pouvoir???

  2. Inyankamugayo

    Je pleure parce que je vois qu’il y a encore des parents qui inoculent toujours le venin de haine dans les cœurs de leurs enfants. Il doit y avoir des gens qui les ont incité à gribouiller les photo de Son Excellence. Ces enfants doivent mettre à la surface ceux qui les ont encourager à faire cet acte d’insolence.

    • mon pays va mal

      est ce toi tu n’as jamais commis des erreurs dans ta vie? est ce que tout ce que tu faisait de mauvais tu l’apprenais de tes parents? laisse les pauvres parents tranquilles et sèche tes larmes de crocodile.

  3. KANYANA Libérate

    Les élèves de la 8ème année n’ont commis aucune faute en gribouillant la photo du Président. Le président de la république burundaise est depuis Avril 2015 une personnalité controversée. Une partie de la population pense qu’il a transgressé la constitution burundaise en se présentant pour un 3ème mandant. Il a créé une guerre, il a créé son isolement diplomatique ( cela fait plus d’une année qu’il ne quitte pas le Burundi car indésirable), il a marqué l’histoire de sa façon et l’on se souviendra de lui comme celui qui a piétiné les accords d’ARUSHA. Ceux qui pensent qu’il est la 2ème personnalité après Dieu se repentiront le moment venu mais les actes causés sont indélébiles. Le jour où il quittera la présidence je parie que la page en question n’existera plus dans les manuels des enfants.

  4. Kagabo

    Monsieur Léandre, je t’apprécie bcp, Mais dans cet article je le trouver un peu banal et minimiser l’acte pose par ces enfants. Et quand est ce la politique est invité dans les établissement scolaires? Dis-moi pourquoi tu veux minimiser cette action? en disant que c’est un fait divers?,,,D’ailleurs, au Lycée de Muramvya comme à Ruziba, les établissements avaient pu régler ces cas de dégradation de manuels scolaires à l’interne. Mais le service national de renseignements s’en mêlera et l’affaire devient pénale, nationale. est ce que ça ce n,est un acte criminel? Est ce que dans les régimes passés, si tu fairais pareil, tu pourrais même écoper une peine à vie en prison ou la mort. Et puis comme c’est Nkurunziza, vous vous permettez de dire tous ce que vous voulez sans se soucier de rien!!!! He,, murave ibuzimu muje ibuntu. Une faute c’est une faute peut importe qui l’a commis. Nous dénonçons dès tel manipulation de minimisation, c’est ça qui a amener les Burundais à entre-déchire sans se rendre compte qu’ils sont entre de commettre des inflations gratuites gushika naho bica umuntu bakagira ngo bishe akanyegeri!! Barabandanya, Raba rero ico vyatanze?? nta kintu na kimwe batinya kiba kw’isi. Oh,birababaje.

    • Alpha

      Mr. Kagabo, igihe cose numvise canke nsomye ingereranyo de la sorte « les régimes passés étaient bien pires » nama nibaza ibibazo bibiri:
      1. Mbega uyu muntu arategera ko naho ibibi birutana gito muri vyo kidaca gicika iciza?
      2. Mbega uyu muntu arazi ko hariho inzira nziza zitandukanye n’iyo ariko arahagararira, canke izo mbi ziyiruta?
      Ibaze nawe!

      Dukwiye kugereranya Intwaro y’igihugu cacu na nziza ziruta izindi. Ni ho izoguma itera imbere, gushika aho natwe ducika ingereranyo nziza.
      Nk’akarorero, kuvyerekeye gucafuza izina canke ifoto y’umutegetsi, uragenda wihweze ukuntu abategetsi bo mu buganda canke mu bwongereza bigenza iyo bishitse. Kandi hoho biba uko bukeye uko bwije, biciye mu binyamakuru bita tabloids.

      • Akabanga

        @ Alpha
        Mes sincères remerciements pour vos remarques.

    • Theus Nahaga

      @Kagabo
      Vous croyez que c’est Nkurunziza qui nous permet de dire ce que nous voulons? Sans blague! Nkurunziza fait tout pour nous faire taire. Il utilise tous les moyens allant de manaces jusqu’à l’assassinat en passant par les intimidations, la faim et l’exil.
      Nous disons ce que nous voulons parce que nous savons que le Burundi est à nous tous et que nos paroles se valent. Ceux qui se veulent président comme le citoyen le plus petit du Burundi. Nous avons subi la guerre civile et nous sommes désormais convaincus que nous pouvons tout dire. Nous en avons acquis le droit et nous n’avons que faire d’une prmission de Nkurunziza.
      Nous disons ce que nous voulons, convaincus que c’est notre devoir de citoyen de dénoncer les abus dont se rendent coupables tous les gens qui gouvernent, surtout s’ils commencent à donner dans les abérration comme cette manie de se croire l’élu de Dieu.
      Notre parole prend désormais diverses formes; la parole scandée, la parole lancée à la face de Nkurunziza, la caricature et même des gribouillis sur la photo de Nkurunziza. Pour cela nous ne demandons aucune permission. Nkurunziza, sa clique et ses chantres devront s’y faire.

    • Niyonkuru

      Ewe KAGABO, tes idées sont du fanatisme pur. Je ne vois aucun crime dont ces enfants sont coupables.

      • Yves

        @Kagabo « Et quand est ce la politique est invité dans les établissement scolaires? ». Mais le politique s’était invité dès le moment où le président en exercice s’invite dans les manuels scolaires. Vous n’avez visiblement pas peur de la contradiction…

  5. Mbajebariko

    Abarundi turazi gusaba, nous sommes de vrais petits griots naturellement. A mon humble avis, ces enseignants et directeurs qui ont tente de resoudre ces cas a l’interne ont bien reflechi. Manipulations, on peut douter que ce la soit le cas. Un pays qui n’offre pas de travail a sa jeunesse ne manquera pas de tout politiser.
    Des fois, c’est possible de devenir victime de ce que nous avons cree. Scolarite gratuite, c’est tres excellent, car plus d’enfants partent a l’ecole et apprennent tout…. Quelle conscience d’un ado de la 8eme, dans un systeme fondamental, ou la culture de la profondeur d’esprit est surtout inexistant? N’est-ce pas meme que le redoublement est decourage ouvertement?
    « Uwanka agakura abaga umutavu »…chers parents, gardez les noms de ces personnes du snr et ces magistrats qui emprisonneront et jugeront des enfants pour un acte pareil. Je me dis qu’il faut les corriger, mais pas de cette facon.

    • Bakari

      @Mbajebariko
       » N’est-ce pas meme que le redoublement est decourage ouvertement? »

      A bas le redoublement! Les meilleurs enseignements dans le monde ont déjà banni ce mot dans leur vocabulaire. Renseignez-vous bien!

  6. Yohani Petero

    Le Ministere de l’education qui a mis la photo du president a commis une erreur grave car il s’agit d’une provocation, non seulement parce qu’il s’agit d’un president en excercise mais aussi parce qu’il s’agit d’une personne controversee dont le 3eme mandat est conteste partout.
    Je crois que si on y mettait la photo de Buyoya les eleves allaient agir de la meme facon et si on y mettait la photo de Micombero je suis sur que les eleves allaient dechirer et bruler sa photo.
    Je soutiens ceux qui disent que ces eleves n’ont pas commis de crimes mais erreurs et fautes pouvant etre sanctionnees par des sanctions disciplinaires selon le reglement scolaire.

    • BURKA

      Pas même de faute ni d’erreur à mon avis. Pour deux raisons. Les livres ne sont plus distribués gratuitement comme dans le temps. Les élèves les achètent de leur propre sous parfois sous pression des directeurs et des enseignants qui en font un fond de commerce. Qu’un élève déchire ou gribouille la photo, pour moi ce n’est qu’un fait divers. Si comme si on allait visiter la bibliothèque personnelle des professeurs de l’Université Banyankimbona, Hakiza, Hatungimana , Ndayisaba, Ndirahisha. Il serait rare de ne pas trouver des passages soulignés, avec des commentaires. n’est -ce pas des gribouillis. A la place des mots mettez des pierres pour les géologues comme Hakiza, les sangsues pour les biologistes comme Banyankimbona, les plans de caféiers atteint de la mosaique!! , les enfants handicapés, mais vous trouverez les mêmes gribouillis!! La seule différence est que Nkurunziza n’a pas écrit un ouvrage, ils sont donc épargnés. mais ça aurait été la même chose. Je mets en garde les étudiants de l’IEPS, là il y a un mémoire déposé par Nkurunziza, fais pas gaffe, pas de gribouillis, hein!! Deuxièmement, il y a la liberté d’expression qui est un droit fondamental. Les élevés ont exprimé tout haut leur perceptions par rapport au troisième mandat. Une raison de plus que Nkurunziza est un sourd en phase avancé.
      je ne fais pas de gribouillis, juste un commentaire sur les gribouillis!!

      • Bakari

        @BURKA
        « Une raison de plus que Nkurunziza est un sourd en phase avancé. »
        @BURKA
        Lorsqu’on est face un bruit qu’on juge parasitaire, on a intérêt à fermer ses oreilles! Il n’a donc pas tout à fait tort de s’abstenir de prêter son oreille à des choses qu’il juge inutiles!
        Je joue à l’avocat du diable car j’adore!

  7. Lily

    Ils saisissent n’importe quelle occasion pour semer la crainte et la terreur! Et pas le respect.
    Ils voient de façon obsessionnelle des ennemis partout. Même un dessin d’un avocat avec des cornes est objet de courroux et d’inquiétude.

  8. mike

    Au delà du fait que gribouiller la photo du président de la part d’un adolescent constitue un fait divers, Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ce « fait divers » se répand, comme une épidémie? Pas un adolescent mais plusieurs, pas dans une école mais dans plusieurs, pas dans une région mais dans plusieurs géographiquement séparé……..

    J’ai l’impression qu’il y a manipulation de notre jeunesse dans ce dossier. Comme à une autre époque, il y a de cela une année, quand des gens confortablement assis derrière leurs écrans d’ordinateurs et de smartphones poussaient des jeunes vers des risques insensés et hypothéquaient leur avenir.

    Mbe abakuze barabananiye kuhura?

    • Yves

      Aucune manipulation, mais des jeunes lucides, contrairement à vous. Ils voient bien que le pays que va leur léguer sa Sérénissime sera un champ de ruines et qu’ils devront se battre dans un environnement hostile, sans aucune perspective d’avenir radieux. Eux savent. Et vous n’avez visiblement rien compris

      • Haruna

        Bien dit Monsieur Yves!

  9. Karabadogomba

    Je me demande si on avait maculé Mwambutsa l’affaire ferait le même bruit.
    Il faut que les présidents en exercice ne figurent pas dans les livres scolaires. Figurer dans ces livres alors que demain tu feras campagne, c’est un achat de conscience, une tricherie politique.

  10. Theus Nahaga

    Mr Sikuyavuga,
    Merci pour cet éditorial qui met les choses à leur place. Jouer les surenchères avec un adolescent quand on se veut Président de la République c’est n’avoir rien compris à cette fonction.

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