Editorial

Dernière chance ?

Léandre Sikuyavuga

Léandre Sikuyavuga

Un secrétaire général de l’ONU, « une délégation de très haut niveau » de cinq chefs d’Etat et de gouvernement africains en moins d’une semaine. Mission : obtenir de Bujumbura un engagement pour un dialogue inclusif entre Burundais.

Ban Ki-moon y a cru. « Je suis satisfait que mon invitation à un dialogue inclusif ait été accueillie favorablement par les acteurs politiques burundais de tous bords, ainsi que par le chef de l’Etat. » Par ailleurs, sa rencontre avec Rwasa et Nditije, opposants dont les partis ne sont pas reconnus par le gouvernement – légitimité l’emportant sur légalité -, avait comme message d’insister sur le caractère inclusif.

Pourtant, les protagonistes semblent comprendre un autre langage. Pour le président Nkurunziza « ce dialogue concerne tous les Burundais à l’exception de ceux qui sont engagés dans des actes de déstabilisation. »

Sur son compte Twitter, Willy Nyamitwe, chargé de la communication à la présidence de la République écrira que le dialogue en cours est inclusif. «Nul besoin de convaincre Pierre Nkurunziza, un homme de dialogue».

Toutefois, Léonard Nyangoma, président du Cnared ne l’entend pas de cette oreille : «Pierre Nkurunziza dit une chose et son contraire car le dialogue inclusif implique tous ceux qui sont concernés par la crise burundaise». Il appelle d’ailleurs la Communauté internationale à prendre des mesures appropriées pour l’y contraindre.

Pessimisme quand tu nous tiens ! Avant même la déclaration des chefs d’Etat, Pancrace Cimpaye, porte-parole adjoint du Cnared, a déjà qualifié la mission d’échec: « Cela relèverait du miracle qu’ils puissent obtenir ce que Ban Ki-moon n’a pas eu, ce que le Conseil de sécurité n’a pas eu, ce que le sommet d’Addis Abeba n’a pas pu avoir, le 31 janvier ». Et d’enfoncer le clou : «En l’absence d’une solidarité internationale, le peuple burundais n’aura qu’à se défendre lui-même et ce sera une guerre civile au Burundi’’.

Osons espérer que l’on n’arrivera pas là. Gardons tout simplement les conseils et l’optimisme de Ban Ki-moon : «Les responsables politiques burundais doivent être prêts à rassembler le courage et la confiance qui aboutiront à un processus politique crédible».

  8   Vos commentaires
  1. KARABONA Simon

    Ntaco uburundi bwokwitega kuri Zuma. Ni umunyamayeri akomeye.

  2. Kagabo

    Il ne jamais dire que c’est la dernière chance, car en regardant dans le mirroir le problème de ce pays est qu’il y a un réfus catégorique de certains Burundais d’être dirigés !!! Peut-être qui se croient toujours d’être supérieures aux autres Burundais. Voilà un réel problème. Le reste qui est au tour c’est un jeu musicale, ou de jeu d’intérrêt personnelle des gens. Quel pays de malheur et les paresseux!!!! Bagomba kurya abandi babicayeko!!!

  3. Liliane

    Le leadersheap de l’Afrique est-il à l’image de Jacob?
    Poor Zuma!

  4. eric

    mais commenet demander un dialogue de plus au milieu d’un dialogue accepter deja?
    president a deja accepter de dialogue avec les opposant externe et meme les pardonner mais les nyangomas semblent parler au nom d’ autre groups armeer. C’est bizarre .a mon avis ils devraient etre heureux.
    sinon si nkurunziza change et dit il veut parler aux groupes armees et non au groupes plitiques armees .vous pensez que les kagamist vont penseur aux nyagomas!! je ne le pense pas?!

  5. Karabadogomba

    Dommage, le Burundi s’achemine vers l’impasse.
    Qui d’autre va se hasarder à jouer la médiation après l’échec de l’ONU et de l’UA?
    Nous allons assister à une radicalisation des protagonistes. Malheureusement ce sont les citoyens paisibles qui en payent les frais, comme ces victimes des grenades.
    Cette situation va contaminer la toute la région. Qui vivra verra!

  6. Musemakweli

    le chemin est encore long évitons de mettre la charrue avant les boeufs, rien n’est encore fait, le dur est à venir. La guerre sera gagné par le plus endurant et non le plus fort

  7. Kagabo

    Moi, je ne dirais pas que tel ou telle à gagner, Mais en générale, le problème des Burundais est que nous n’arrivons à bien cerner le message de la population. Le moment présent qu’on le veille ou pas le monsieur Nkurunziza a gagné contre tout ces déctacteurs (opposition et les frondeurs) et j’ajouterais même les forces étrangères toutes confondues. Mais il faut bien le dire ce n’est pas le parti en tant tel qui a gagné, c’est juste la population burundaise toute confondue qui n’a pas voulu confués leurs avenir à un inconnu qui a gagné cette bataille et je dirais sans me trompe qu’elle a gagné aussi la guerre. à voir si réellement ce parti CNDD-FDD pourrait rénnaitre de ces cèdres??? Et l’opposition sans aucune crédibilité sur toute l’échiquier va-elle trouver sa place après cette têmpete??

    • Budomo

      Pour celebrer « la victoire de la population », on tue des jeunes (surtout les tutsis, tout en emprisonnant les hutus) alors pourquoi? Sacrifice populaire? Ni l’Onu, ni ces chefs d’etat diriges par Zuma (un homme corrompu et sans aucune morale) ne sont pas interesses a aider le Burundi pour le moment.

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