Vendredi 14 juin 2024

Politique

Remaniement, faire du neuf avec du vieux

Remaniement, faire du neuf avec du vieux
Les quatre ministres à l'Assemblée nationale lors de leur prestation de serment

Pour la 2e fois en trois ans au pouvoir, lundi 2 octobre, le président de la République, a remanié son gouvernement. Quatre ministres ont été remerciés. Mais le scepticisme reste : plusieurs observateurs interrogés, n’espèrent rien de ce remaniement.

Par Hervé Mugisha, Emery Kwizera & Fabrice Manirakiza

Quelques jours après les dernières mises en garde d’Emmanuel Sinzohagera, le président du Sénat, à l’endroit des ministres lors des questions orales, quelques têtes sont tombées. Autant dire qu’au fil des jours, la liste des ministres à essuyer ses foudres commençait à s’allonger. Face à cette situation, une seule question taraudait les esprits. Mis de côté la ministre de la Santé publique dont les dés semblaient déjà jetés après le recadrage du « Très Honorable » Ndabirabe président de l’Assemblée nationale, qui d’autres pour « l’accompagner » ? Un verdict qui n’aura pas mis du temps à tomber. A peine quelques heures après avoir rendu son rapport de mise en œuvre du plan d’action annuel du gouvernement pour le 2ème semestre, exercice 2022-2023, dans la soirée, Prosper Ntahorwamiye, secrétaire d’Etat a annoncé un remaniement ministériel. Sur les quinze ministres qui composent le gouvernement, quatre d’entre eux, à savoir Sanctus Niragira, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage, Sylvie Nzeyimana, de la Santé publique, Ezéchiel Nibigira, de la Jeunesse et Sport et Communauté de l’Afrique de l’Est ainsi que Déo Rusengwamihigo de la Fonction publique, ont été démis de leurs fonctions pour laisser la place, respectivement à Prosper Dodiko, Lyduine Baradahana, Gervais Abayeho et Venuste Muyabaga.

Dans l’opinion les nominations ont pris de court bon nombre d’observateurs politiques avisés. A leur surprise générale, ni le très mal côté par le Chef du gouvernement, Martin Niteretse, ministre de l’Intérieur ou la très décriée par la population Domine Banyankimbona, ministre de Gardes de Sceaux dont les manquements de son ministère de la Justice sont devenus monnaie courante ou encore François Havyarimana, ministre de l’Education, constamment indexé pour sa mauvaise gestion des enseignants à la retraite, n’ont été inquiétés.

Au contraire, ce sont les « bons élèves », à l’instar d’Ezéchiel Nibigira dont le ministère venait d’être côté excellent avec 100% de réalisations programmatique et 105,01% d’exécution budgétaire, qui ont été remerciés. De quoi laisser pantois plus d’un. « Est-ce un remaniement technique ou politique » ?

Bonne question.  En effet, compte tenu des résultats, le ministre Ezéchiel Nibigira devrait avoir été reconduit à son poste. Normalement. Pour certains observateurs, avec ce départ, il ne fait aucun doute que tous les ministres démis avaient démérité.

Des hommes qu’il faut à la place qu’il faut ?

Loin de s’épancher sur les raisons à l’origine de la destitution desdits ministres ou s’ils seront à la hauteur de leurs nouvelles tâches, sous anonymat un politologue contacté, ironise : « Il n’y a pas de sots soldats, plutôt de sots officiers ». Comme quoi malgré sa bonne volonté de bien faire, un ministre peut être pris en étau par le « système ». Il se retrouve ainsi limité pour accomplir efficacement son travail.

Selon lui, malheureusement, une attitude qui ne devrait plus prévaloir pour un président qui vient de passer plus de 3 ans au pouvoir. « Normalement après une telle échéance, avec tous les pleins pouvoirs que l’actuelle Constitution confère au numéro Un burundais, des interférences des ténors du parti qui n’ont plus raison d’être ». Et de lâcher : « Au vu du contexte politique dans lequel intervient, notamment, la lutte de positionnement pour les législatives de 2025 au sein du parti, il ne fait aucun doute que ce remaniement cache mal des velléités de parrainage au sein du Cndd-Fdd, comme quoi il y a des ministres dont la position s’affaiblit en fonction de la posture de son parrain au sein du parti ».

Autre piste, et non des moindres avec ces nominations, notre source se demande : « A-t-il voulu contenter les deux chambres du Parlement, qui depuis quelques jours, n’hésitent pas de vilipender les ministres qui ne donnent pas satisfaction ? Ou tout simplement, c’est un message à l’endroit de certains ténors du parti dits « intouchables « . Ne fut-ce que pour leur dire : attention, je vous ai en ligne de mire ? »

Une certitude : peu importe comment les nouveaux ministres ont été nommés, ce politologue salue la richesse des débats dans les deux Chambres du Parlement lors des questions orales à l’endroit des dirigeants. « Pourvu qu’ils continuent sur cette lancée », conclut-il. Les

 

Réactions

Olivier Nkurunziza : « Un ministre exécute un programme du gouvernement »

Pour le président du parti Uprona, les ministres nommés vont exécuter le programme du gouvernement. « Ce que nous souhaitons, c’est qu’ils suivent la vision du chef de l’État, pays émergeant en 2040 et développé en 2040 », réagit-il. D’après lui, cet objectif ne peut pas être atteint si son gouvernement n’est fait par des membres capables et expérimentés pour faire face aux défis qui hantent le pays. Mais, avertit-il, les changer trop souvent n’est pas productif. « Cela fait que les ministres travaillent avec la peur au ventre. » Avant de nommer, les ministres, il propose au président de bien les observer et voir s’ils ont les compétences techniques pour accomplir leurs missions. Pour lui, le gouvernement ne devrait pas aussi être fait par les membres d’un seul parti. « Il faut que les partis politiques sur terrain soient associés. Nous avons des personnes qui peuvent nous aider. »

Agathon Rwasa : « Un remaniement monocolore »

« Le remaniement ministériel, c’est quelque chose de normal », indique Agathon Rwasa, président du parti CNL à nos confrères de la radio Bonesha FM. Cependant, M. Rwasa constate qu’il faut corriger le fait de nommer chaque fois les membres du parti au pouvoir, CNDD-FDD comme si en dehors de ce parti, il n’y a pas de compétences. Ce député semble douter de l’utilité du récent remaniement ministériel. D’après lui, au regard de la situation, le remaniement ministériel devrait concerner en premier le ministère du Commerce.

Keffa Nibizi : « Ce qui est important, ce sont les résultats »

« Pour nous, c’est la conduite générale dans le sens de résoudre les questions de pauvreté, de chômage, de la cohabitation pacifique et de l’unité nationale du nouveau gouvernement qui nous importe », fait savoir le président du Parti Codebu. A cet effet, il rappelle que le gouvernement doit travailler main dans la main avec tous ses partenaires, y compris tous les acteurs politiques. Sinon, avertit-il, changer tel ministre par tel autre et rester dans la même situation n’a pas de valeur ajoutée.

Estimant que le remaniement ministériel rentre dans les pouvoirs du Chef de l’État, M. Keffa s’est gardé de tout commentaire. Néanmoins, il constate qu’au moins deux ministres qui ont été changés viennent de passer à peine une année au gouvernement. Un temps peu suffisant pour trouver des réponses afférentes aux questions qui hantent leurs ministères respectifs. Pour lui, cela risque de créer une certaine déstabilisation des activités.

Abdul Kassim : « Une année à la tête d’un ministère, c’est trop peu »

Le président du parti UPD-Zigamibanga pense que l’instabilité des dirigeants peut être une cause des comportements qui mènent à la corruption et à l’inaction, voire à l’incompétence. Car, explique-t-il, à peine de comprendre les dossiers et on est remercié ! Allusion faite aux ministres remerciés après une année environ à la tête de leurs ministères. « Une année à la tête d’un ministère, c’est trop peu. »

 

Faustin Ndikumana : « Avant tout, un gouvernement de technocrates »

D’après le directeur exécutif de l’ONG locale, Parcem, les remaniements ministériels se sont toujours opérés. « On a toujours vu des ministres qui entrent et qui sortent au gouvernement, c’est un programme de réformes profondes, de révision du cadre légal au niveau de la gouvernance ». Selon lui, le Burundi a plutôt besoin d’un nouvel ordre de gouvernance. Pour cet activiste, il fallait nommer un gouvernement technocrate avec une mission bien déterminée et des objectifs connus pour que le gouvernement soit évalué régulièrement. Il propose la cohérence, un d’un gouvernement où tout est planifié, sans aucune improvisation.

 

Portraits

Nos nouveaux ministres, qui sont-ils ?

Certains sont connus du grand public plus que d’autres, mais tous les quatre ministres nommés partagent un dénominateur commun : par le passé, avoir servi ou collaboré avec l’administration de feu Pierre Nkurunziza.  

 

Vénuste Muyabaga, le très zélé activiste de la société civile  

Plus d’un n’a pas oublié ses déclarations à la RTNB en 2015 pour s’insurger contre l’envoi de la force étrangère, Maprobu. Juriste de formation, la nomination de ce natif de Bururi est tombée comme un couperet. « Une nouvelle qui nous a pris de court, surtout que depuis 2015, il semblait perdu des radars », glisse un activiste de la société civile comme lui. De quoi se demander comment il aurait tapé dans l’œil de son cabinet quitte à le nommer ministre après tant d’années à galérer.  En héritant du ministère de la Fonction publique, avec l’épineuse question en rapport avec le décaissement des pensions des retraités, beaucoup d’observateurs soutiennent que s’il n’a pas la lucidité de choisir une équipe technique taillée sur mesure, il ne tardera pas à rendre le tablier.

Gervais Abayeho, un polyglotte diplomate 

Après plus de cinq ans en tant qu’ambassadeur extraordinaire plénipotentiaire du Burundi en Tanzanie, l’ancien journaliste (fondation Hirondelles et RTNB), puis porte-parole de feu président Nkurunziza, M Abayaho entre par la grande porte. Mordu de football, durant son exil à Nairobi, il était encadreur d’une équipe de jeunes nommée Isake F.C. Ses proches amis le décrivent comme quelqu’un de très jovial, accessible, à l’écoute de l’autre. Toutefois, malgré ses talents d’encadreur, il hérite d’un vaste portefeuille qui comprend en son sein le ministère de l’EAC dont le Burundi peine à profiter.  Il est critiqué pour son manque d’implication pour résorber les problèmes auxquels font face les exilés burundais en Tanzanie. Désormais, il aura la lourde responsabilité de faire briller le pays entier sur le devant de la scène régionale. Polyglotte, il parle parfaitement l’anglais, le français et le swahili.

Lyduine Baradahana, consultante en suivi -évaluation

Médecin également de formation, celle qui remplace Dr Sylvie Nzeyimana au poste de ministre de la Santé publique est attendue au tournant. Avec la pertinente question de l’exode des médecins et personnel de santé suite aux salaires peu décents, la native de Bujumbura doit d’urgence arrêter cette hémorragie à l’origine des dysfonctionnements de certaines structures de santé suite au manque du personnel. Ancienne directrice des soins et directrice adjointe au sein du PNLIP (Programme National Intégré de Lutte contre le Paludisme), devra faire preuve de la transparence et d’une gestion de fonds alloués aux nombreux programmes qui composent ce ministère. D’ores et déjà, un chantier qui n’est pas des moindres eu égard aux nombreuses interférences de certaines hautes autorités.

Prosper Dodiko, expert en fertilisation des sols

Lauréat de l’université du Burundi, dans la faculté des Sciences Agronomiques, M. Prosper Dodiko termine ses études universitaires en 2005-2006. Tout de suite, il est recruté au ministère chargé de l’Agriculture et de l’élevage. Très appliqué, témoigne un de ses anciens camarades de classe. Responsable du département en charge de la fertilisation des sols, son camarade se souvient de nombreux démêlés que le nouveau ministre a eus avec ses supérieurs hiérarchiques, parce que les engrais utilisés ne remplissaient pas les qualités requises pour la fertilisation des sols burundais. Jusqu’ici, le natif de Bugendana assurait les fonctions de Secrétaire permanent au ministère de l’Environnement de l’Agriculture et de l’Elevage. Une certitude : les sources contactées s’accordent pour dire qu’il maîtrise parfaitement le ministère.  Quant aux professionnels des médias, ils le décrivent comme quelqu’un de très accessible. « C’est un cadre poli. Il répond facilement aux sollicitations des journalistes ». De quoi déjà entrevoir une bonne et franche collaboration avec eux.

Remplacer un ministre, un non-évènement pour le Burundais lambda 

« Substituer quelques ministres du Gouvernement ou changer quelques cadres supérieurs de l’administration ou de l’armée, qu’est-ce que cela change pour la vie du citoyen lambda ? Rien ! C’est un non-événement », juge André Nikwigize, économiste. Pour lui, le plus important, c’est ce que peut apporter un tel remaniement à une population appauvrie et affamée, ce sont de vraies réformes, tant politiques que socio-économiques, idem pour le renforcement des institutions de gouvernance. Entre autres, M. Nikwigize cite : (a) la création d’un climat de paix et de stabilité pour la population et leurs biens, (b) l’ouverture de l’espace politique aux acteurs politiques de l’opposition, des organisations de la société civile et des médias, et le rapatriement  des réfugiés,  (c) soulager la misère de la population avec de vraies réformes qui permettront d’augmenter la production agricole, investir dans les infrastructures (routes, énergie, communication), promouvoir le secteur privé, et attirer les touristes, (d) renforcer les institutions de gouvernance en restaurant l’autorité du chef de l’Etat, en combattant, de manière exemplaire, la corruption, en adoptant un discours rassembleur et non divisionniste. « Ce sont ce genre d’annonces que les Burundais attendent. Le reste, c’est de la poudre aux yeux », conclut-il.

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. James

    @Arsene,

    Quand est ce que les burundais se reveilleront? Quand est ce que les Burundais se rendront compte un jour que cela fait presque 15 ans qu’ils ont les mêmes guignols comme dirigeant ?

    Il n’y a pas longtemps, on lisait que des milliards d’aide au Burundi allait être retournés aux bailleurs faute d’absence de projets bien présenté. J’ai l’impression que dernièrement, ils s’y ont mis: Des projections hyper optimists. Seulement il y un problem: Les bailleurs des fonds ne sont pas dupes!

  2. arsène

    Olivier NKURUNZIZA
    « Ce que nous souhaitons, c’est qu’ils suivent la vision du chef de l’État, pays émergeant en 2040 et développé en 2040 » [sic].
    Ce que souhaite l’Uprona est une chimère. On peut certes partager une vision mais il faudrait qu’elle soit réaliste. La vision du chef de l’État n’est malheureusement qu’un rêve. Je pense que même ses conseillers n’y croient pas mais, comme dans le conte du Roi nu, personne n’ose lui faire un clin d’œil.
    Il y a eu d’autres visions du chef de l’État. Prenons le cas de la pension de retraite qui, selon la vision du Chef de l’État, devrait être égal à au moins le dernier salaire du retraité. Je me rappelle de mon commentaire à l’article qu’Iwacu avait consacré à cette problématique (le 10.02.2022) où je disais que c’était un discours de campagne. Ça me rappelle cet adage burundais « Akarimi kakuresha siko kakurongora ». « Le Burundi pays émergent en 2040 et développé en 2060 » : c’est un slogan comme ce qui nous est toujours rappellé : « Reta mvyeyi, Reta nkozi » ou « « chaque bouche doit avoir à manger et chaque poche doit avoir de l’argent ».
    Je pourrais également citer la vision de Nkurunziza qui a abouti à l’école fondamentale. L’objectif était que chaque écolier burundais puisse quitter l’enseignement primaire avec un niveau lui permettant de créer une entreprise. Point n’est besoin de commenter les résultats atteint. Ça se passe de commentaire.
    En février 2023, le ministre Dukundane a promis de débuter les chantiers de construction de logements sociaux (5 000 logement sauf erreur). Ceci est aussi la vision de permettre à chaque fonctionnaire d’accéder à son propre logement.
    Avec le souhait de Monsieur Nkurunziza (Olivier) – qui parle au nom de son parti – nous pouvons continuer à rêver comme le ministre de l’énergie qui nous dit que « Le gouvernement burundais se donne l’objectif d’atteindre d’ici à 2030 un taux d’électrification nationale de 70 %. » et de 100% en 2040.

    Abdul KASSIM
    « Une année à la tête d’un ministère, c’est trop peu. »
    On peut être d’accord avec vous mais dans le contexte burundais, passer une année ou cinq à la tête d’un ministère ne change rien à la réalité. Si je raisonne par analogie, nous avons des dirigeants qui ont été à la tête du pays pendant 10 ou 15 ans, largement suffisants pour afficher un résultat réjouissant. Pourtant, on voit où l’on en est. Nkurunziza (le président cette fois-ci) avait une vision 2040 de la ville de Bujumbura qui est morte avant d’avoir vu le jour. Elle avait pourtant été vendue aux Burundais comme celles qui le sont avec les nouveaux dirigeants. Le problème n’est pas la durée passée à la tête d’un ministère ; il faudrait le chercher ailleurs. Je nuance mon propos : changer la tête d’un ministère très souvent n’est pas bénéfique parce que le temps de maîtriser les dossiers est trop court. Par ailleurs, on voit que chaque ministre cherche à se distinguer de son prédécesseur en s’éloignant des projets déjà en cours de sorte que nous sommes en éternel recommencement.
    Selon le président du Parcem, le Burundi a plutôt besoin d’un nouvel ordre de gouvernance.
    Je suis entièrement d’accord avec ce principe. Seulement, j’irais plus loin en disant que c’est tout le système qui devrait être repensé. Si les membres du gouvernement étaient élus, ils resteraient plus longtemps à la tête de leurs ministères respectifs. Si les prérogatives du président pouvaient être réduites de sorte qu’il ne lui soit pas permis de faire tout ce qu’il veut sans s’inquiéter et, mieux, si le mandat du président était réduit à un ou deux ans, en permettant aux différentes forces politiques à à accéder à la fonction présidentielle sans devoir se rendre aux urnes à chaque fois, plusieurs de nos problèmes seraient résolus.

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