Samedi 27 février 2021

Économie

Pénurie du sucre ou spéculation ?

26/01/2017 Martine Nzeyimana 2

Depuis l’annonce du ministère du Commerce de fixer à 2200Fbu un kilo de sucre, ce dernier est quasi introuvable dans différents quartiers ou vendu à un prix exorbitant.

Une amatrice de café recherchant désespérément   du sucre
Une amatrice de café recherchant désespérément du sucre

« Nous n’avons plus de sucre. » C’est la réponse suspendue aux lèvres de plus d’un boutiquier interrogé. Dans le quartier Bwiza, dans plus de trois boutiques sur trois différentes avenues, impossible d’y trouver ce produit.

«Cela fait trois semaines qu’il n’y a plus de sucre dans le quartier», se plaint un boutiquier sur la 1ère avenue. Selon ce dernier, du jour au lendemain, leurs fournisseurs ont cessé de les servir.

Un client rencontré sur place chuchote que pour avoir ne fût-ce qu’un kilo, il faut débourser 3 mille ou 3500Fbu voire 4 mille. « Si tu en trouves bien sûr », tient tout de même à préciser ce client.

Sur la 3ème avenue de ce même quartier, ce dérivé de la canne à sucre est devenu un produit rare. Il est vendu dans une seule boutique. Le tenancier se sert de papier pour emballer de petites quantités qu’il vend à 100Fbu. «J’essaie de faire un bénéfice sur la quantité qui me reste», reconnaît-il.

Une maman rencontrée dans cette boutique ne sait plus à quel saint se vouer : « J’ai six enfants, ce sucre de 100Fbu ne peut même pas en servir deux.» Comme solution, le matin, cette mère réchauffe la nourriture de la veille en guise de petit déjeuner.
Même son de cloche dans le quartier Nyakabiga. Sur le prolongement de l’avenue Muyinga, dans trois boutiques différentes, le sucre a déserté les étalages. À sa seule mention, les boutiquiers ricanent : « C’est une question qui ne se pose plus. Il est introuvable». Toutefois des clients affirment que dans certaines boutiques du quartier le sucre est disponible à condition d’acheter un autre article.

Des quantités de sucre réduites

Au marché dit Chez Siyoni, situation identique : pour avoir du sucre, il faudra au moins débourser 3 mille Fbu.
«Notre entreprise assure la production et la commercialisation du sucre. Et nous n’avons pas de problème particulier à ce niveau», assure Côme Manirakiza, le coordinateur du bureau de liaison de la Sosumo à Bujumbura.

Tout en admettant que les quantités données ont été réduites, suite à la fin de la campagne de production, M. Manirakiza affirme que le sucre est distribué aux quatre grandes catégories : les boulangeries et magasins (60 tonnes par mois), les zones de la mairie (228 tonnes par mois), les différentes provinces fournies par le dépôt de Bujumbura (207 tonnes par mois) et les listes diverses (1 tonne par individu).

«La mairie et les gouverneurs nous ont donné des listes de personnes à qui donner du sucre. C’est l’administration qui devrait surveiller si ces derniers vendent effectivement ce sucre», tranche M. Manirakiza.

Freddy Mbonimpa, le maire de la ville de Bujumbura, met en cause la Sosumo. «Auparavant, la commune Ntahangwa recevait à elle seule 228 tonnes. Aujourd’hui la même quantité est donnée aux trois communes. » Cette situation, continue-t-il, a fait que les grossistes reçoivent 1 tonne au lieu des cinq habituelles. «Outre que la demande est supérieure à l’offre, des grossistes cachent aussi ce produit.»

Le maire affirme qu’il planifie d’opérer un suivi rigoureux pour savoir si les grossistes servis écoulent le sucre. « Si ce n’est pas le cas, ils vont être remplacés.»

Alors qu’Aimable Nkunzumwami, assistant du ministre du Commerce, avait annoncé la mise en place d’inspecteurs chargés du suivi de la distribution du sucre de la SOSUMO par les grossistes, le problème de pénurie persiste. «Nous prévoyons une réunion conjointe entre l’administration et les grossistes pour dénouer cette situation », rassure-t-il.

M. Nkunzumwami affirme que le sucre est distribué, mais n’arrive pas au petit détaillant. Il fait savoir qu’une évaluation des stocks est en cours pour s’assurer si la quantité sera suffisante jusqu’à la prochaine production. « Si les provisions s’avèrent insuffisantes, les grossistes pourront importer. »

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. MIZA

    ….«Nous prévoyons une réunion conjointe entre l’administration et les grossistes pour dénouer cette situation », rassure-t-il.” Spéculation ? Umwera uva ibukuru ugakwira hose.

    • nunu nado

      Moins de sucre, Moins de diabetiques!!

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