Vendredi 24 avril 2026

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L’IA au cœur de la Stratégie numérique au Burundi

24/04/2026 0
L’IA au cœur de la Stratégie numérique au Burundi
Le Représentant résident a.i. du PNUD au Burundi, Jonas Mfouatie, aux côtés du secrétaire permanent au ministère en charge des Finances, lors de son discours d’ouverture

Le Programme des Nations-unies pour le développement (Pnud), en partenariat avec le ministère des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, a organisé les 21 et 22 avril 2026 à Bujumbura, un atelier national de validation de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle au Burundi (SNIA), à l’ensemble des acteurs du secteur.

D’ici à 2030, le Burundi entend faire de l’intelligence artificielle (IA) un levier stratégique de transformation inclusive au service de la bonne gouvernance, de l’emploi des jeunes et du développement durable dans le respect de l’éthique et de la souveraineté des données.

Pour Jonas Mfouatie, représentant résident a.i. du Pnud au Burundi, l’atelier marque une étape importante dans la transformation numérique du pays.

Cette initiative reflète la vision et le leadership du gouvernement du Burundi pour faire du numérique un levier d’accélération du développement. Il a également souligné que la mobilisation des acteurs publics, privés, académiques et de la société civile traduit une volonté commune de placer l’innovation au service du développement durable, de la compétitivité et de l’inclusion.

Il estime que l’élaboration de la stratégie constitue une avancée majeure dans l’ambition du Burundi de s’inscrire dans la dynamique mondiale de l’innovation. « L’intelligence artificielle transforme en profondeur les économies et les systèmes de gouvernance et offre des opportunités pour améliorer les services publics et stimuler la transformation économique », a-t-il déclaré.

L’IA comporte aussi des risques

M. Mfouatie a mis en garde contre les risques liés à l’IA, notamment les atteintes à la vie privée et l’aggravation des inégalités si l’accès aux compétences et aux infrastructures n’est pas assuré. « Il est nécessaire de mettre en place un cadre stratégique fondé sur l’éthique, les droits humains et la souveraineté numérique ».

Par ailleurs, il a souligné que l’IA n’est pas un luxe réservé aux économies avancées mais une solution adaptable aux défis des pays en développement, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la santé et de l’éducation, malgré les contraintes liées aux infrastructures, à l’énergie et à la connectivité.

Il a ainsi réitéré l’engagement de son institution à accompagner le Burundi vers un avenir numérique inclusif et souverain tout en soulignant que cette stratégie constitue le point de départ d’un processus collectif visant à bâtir un écosystème d’innovation dynamique.

D’importantes réformes pour la stabilisation macroéconomique

Pour sa part, Francine Inarukundo, secrétaire permanente au ministère en charge des finances, a souligné que le pays a entrepris d’importantes réformes ces dernières années, notamment dans le cadre de la stabilisation macroéconomique afin de renforcer la gestion publique et poser les bases d’une transformation économique durable. « La réflexion autour de l’IA vise avant tout à améliorer la gouvernance, la production et les services rendus à la population ».

Selon elle, cette démarche s’aligne sur les ambitions nationales de faire du Burundi un pays émergent à l’horizon 2040 et développé à l’horizon 2060. Ce qui nécessite des choix stratégiques cohérents.

Mme Inarukundo a également relevé que les technologies avancées offrent des opportunités concrètes dans des secteurs clés comme l’agriculture, la santé et l’administration publique.

Cependant, elle a reconnu que des défis liés à l’énergie, aux infrastructures numériques et aux compétences persistent. « Ils doivent être considérés comme des points de départ », a-t-elle martelé.
Enfin, la secrétaire permanente a salué l’appui constant du Pnud avant de réaffirmer l’ouverture du gouvernement à des partenariats alignés sur les priorités nationales.

Six axes prioritaires pour structurer l’écosystème de l’IA

Au cours de l’atelier, Mahamadou Ilboudo, consultant international en gouvernance et stratégie de l’intelligence artificielle, a présenté la Stratégie nationale en six axes prioritaires pour bâtir un écosystème numérique robuste et durable.

Il s’agit notamment de la gouvernance et du leadership public avec la mise en place d’un cadre institutionnel renforcé incluant la création d’une commission nationale de l’IA et d’un comité intersectoriel de suivi ainsi que l’élaboration d’une charte d’éthique et l’adaptation réglementaire.

La stratégie met également l’accent sur les infrastructures numériques et les données à travers la modernisation du data center du Secrétariat exécutif des technologies de l’information et de la communication (Setic), la création des pôles de données ainsi que le développement d’un cloud souverain et l’extension des réseaux de télécommunications.

L’IA appliquée à l’éducation constitue un autre pilier stratégique. Des réformes des programmes universitaires sont prévues. Le renforcement des compétences ainsi que la mise en place d’un centre de recherche en IA sont, entre autres, des actions prioritaires citées.

L’innovation et l’écosystème sont également mis en avant avec la création d’un fonds national ; l’installation d’incubateurs dans les villes de Bujumbura, Ngozi et Gitega, ainsi que des mesures de soutien aux startups.
Le consultant a indiqué également que le document prévoit des solutions de l’IA à fort impact, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’agriculture et de l’administration publique tout en accordant une attention particulière à l’éthique, à l’inclusion et à la durabilité.

Cependant, M. Ilboudo estime que des défis persistent pour faire de l’IA un outil stratégique, notamment le faible niveau de couverture Internet 4G et le faible taux d’électrification en milieu rural.

Plusieurs recommandations majeures

Les participants à cet atelier demandent la création d’un fonds de garantie destiné à accompagner la mise à l’échelle des solutions d’intelligence artificielle, ainsi que le renforcement du réseau électrique en milieu rural

Les échanges se sont poursuivis à travers des groupes de réflexion thématiques. Les discussions ont fait émerger plusieurs recommandations majeures, parmi lesquelles figure la nécessité d’une volonté politique forte pour soutenir l’adoption et la mise en œuvre effective de la stratégie.

Les participants ont également préconisé la création d’un fonds de garantie destiné à accompagner la mise à l’échelle des solutions de l’intelligence artificielle ainsi que le renforcement du réseau électrique en milieu rural, condition essentielle à leur déploiement. Bien plus, ils ont souligné l’importance de consolider la recherche en IA, en mobilisant l’ensemble des acteurs clés de l’écosystème, notamment les universités, la société civile et les partenaires au développement.

Enfin, il a été unanimement reconnu que le secteur privé constitue un acteur majeur de cet écosystème appelé à jouer un rôle central dans l’innovation, l’investissement et la diffusion des solutions.

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