Vendredi 24 avril 2026

Editorial

Mort du ministre Bugaga : M. le Président, le Burundi attend

24/04/2026 0

Après la mort « inopinée » suite à un « accident » du ministre burundais de la Communication et des Médias — retrouvé sans vie dans son véhicule de service à Kivoga, au nord de Bujumbura, au milieu d’une plantation de palmiers à huile —, des voix se sont élevées pour réclamer justice et une enquête indépendante.

Des langues se sont déliées. Des hypothèses ont été avancées pour contester la version officielle — à la manière de l’émission américaine MythBusters. Il y a beaucoup de non-dits, en effet. Des zones d’ombre, des vérités tues, des larmes ravalées.

Et dans tout cela, une seule personnalité peut faire mentir la version officielle, rapidement servie par le porte-parole du gouvernement : le chef de l’Etat burundais. Ce ne serait pas une première.

N’est-ce pas lui qui a récemment révélé que les explosions en cascade survenues dans le dépôt de munitions du camp « Base » à Musaga n’étaient pas dues à un court-circuit, comme l’avait pourtant affirmé le porte-parole de l’armée, le Général de Brigade Gaspard Baratuza ? « Il ne peut pas y avoir d’installations électriques dans ces endroits-là, et je sais ce que je dis. » Parole de Général. Et de chef de l’État.

Y aura-t-il une nouvelle version sur la mort de ce fervent militant du CNDD-FDD ? Le président de la République pourrait, dans cette même logique, lever le voile sur bien d’autres dossiers engloutis dans ce flou pudiquement appelé « Secret d’État » : l’assassinat, le 13 juillet 2016, de la députée de l’EALA Hafsa Mossi ; l’enlèvement, le 17 avril 2017, de l’homme d’affaires et sénateur du CNDD-FDD Oscar Ntasano ; le meurtre d’Ernest Manirumva, vice-président de l’Olucome, tué dans la nuit du 8 au 9 avril 2009.

Les Burundais pourraient peut-être apprendre ce qui entoure l’assassinat de Zedi Feruzi, président du parti UPD-Zigamibanga, le 23 mai 2015 ; la disparition du journaliste Jean Bigirimana, porté disparu depuis le 22 juillet 2016 ; l’enlèvement et l’exécution, le 13 mai 2020, du célèbre cambiste Jackson Simbananiye, dit Kirahwata ; l’assassinat du ministre de l’Environnement Emmanuel Niyonkuru, le 1er janvier 2017 ; et l’enlèvement, le 10 décembre 2015, de Marie-Claudette Kwizera, trésorière de la Ligue Iteka — organisation de défense des droits de l’Homme aujourd’hui hors-la-loi.

La liste est longue. Les espoirs, immenses. Commençons par l’affaire la plus récente. Le Président, magistrat suprême, mettrait un peu de baume sur les cœurs meurtris. Souvent, les versions officielles n’apaisent pas. Il arrive qu’elles tournent les couteaux dans les plaies jamais refermées.

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