Lancée le mercredi 22 avril 2026 au Stade Ingoma de Gitega, sous le haut patronage du chef de l’Etat, la campagne nationale d’éducation électorale marque le coup d’envoi d’un processus pour la présidentielle 2027 que la Ceni veut inclusif et transparent. Entre rappel des principes démocratiques et mise en garde contre les ingérences , le Président de la République a réaffirmé que le pouvoir émane du seul peuple.
Le Stade Ingoma de Gitega a vibré, ce mercredi, au rythme de la citoyenneté. En présence des plus hautes autorités du pays, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a officiellement lancé une campagne d’éducation civique pour l’élection présidentielle de 2027. Pour le président de la Ceni, Prosper Ntahorwamiye, cet événement n’est pas un acte isolé, mais l’aboutissement d’un cycle rigoureux de renforcement des capacités du personnel électoral.
L’objectif affiché est clair : garantir des élections libres et transparentes grâce à un électorat averti. « Cette activité est une lampe qui va éclairer la population dans tout le processus électoral », a-t-il souligné. S’appuyant sur les leçons des scrutins passés, il a insisté sur le fait que « la sagesse et la clairvoyance des électeurs sont les meilleurs remparts contre les crises. » Cette éducation républicaine vise alors à partager les connaissances avec toutes les parties prenantes pour que 2027 soit « un succès technique et moral. »
Une responsabilité partagée
Prenant la parole, le président Evariste Ndayishimiye a d’emblée rappelé le socle constitutionnel du pays : le pouvoir émane du peuple. Face aux rumeurs et au scepticisme ambiant suggérant que la partie serait déjà jouée , le chef de l’État a opposé une fin de non-recevoir catégorique. « Ceux qui disent que l’élection de 2027 n’est pas nécessaire se trompent. En démocratie, les élections sont indispensables car c’est le peuple qui donne le pouvoir, et non l’inverse. » Le président Ndayishimiye a dénoncé la mauvaise foi de certains acteurs avant de rappeler que « la responsabilité pour la bonne marche du scrutin n’incombe pas à la seule Ceni » mais à chaque citoyen. « Celui qui perturbe ou fausse les élections est coupable devant la nation toute entière », a-t-il martelé, plaçant la surveillance citoyenne au-dessus de la simple gestion administrative.
Vers la simplification des procédures ?

Le chef de l’Etat a abordé la question sensible du budget électoral avec réalisme. Tout en confirmant que les moyens seront mobilisés, il a invité à une réflexion profonde sur le coût de la démocratie au Burundi .
Selon le président Ndayishimiye, les ressources colossales englouties dans les cycles électoraux budgétivores pourraient être mieux investies par exemple dans la construction d’écoles à régime d’internat dans chaque commune. Il a fustigé une certaine classe politique qui voit dans les élections un moyen d’ascension sociale et de gain financier si bien qu’ils n’hésitent pas à user de la démagogie ou de la division. Il estime que la simplification des procédures et la réduction des dépenses matérielles inutiles sont des pistes pour l’avenir et la vision 2040-2060 afin que le développement ne soit pas sacrifié sur l’autel de la logistique électorale.
Souveraineté nationale et refus des ingérences
L’un des points forts de l’intervention présidentielle a concerné la place des observateurs internationaux et le respect de la souveraineté burundaise. Avec une pointe d’ironie, le chef de l’Etat a souligné l’asymétrie des relations diplomatiques. « Je n’ai jamais entendu qu’un Burundais a été observateur des élections en Occident. Mais, chez nous, les ingérences sont légion. »
Il a rappelé que l’ONU est composée de nations aux modèles de gestion variés et que le Burundi n’a pas de leçons de légitimité à recevoir de l’extérieur. Pour lui, le respect de la loi électorale nationale doit primer. Le chef de l’État a conclu avec une métaphore sportive pour indiquer le rôle de chacun. « La Ceni est l’arbitre central garant des règles. Les médias, les observateurs et les mandataires sont les arbitres de touche et les politiciens sont des joueurs quoi doivent accepter les résultats du match »










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