Samedi 29 janvier 2022

Économie

« Il faut dire honnêtement les faiblesses et les potentialités du pays »

« Il faut dire honnêtement les faiblesses et les potentialités du pays »
Pr Léonce Ndikumana dans la conférence du 20 août 2021 à Bujumbura

Le doyen de la Faculté d’Economie à l’Université de Massachusetts, le Professeur Léonce Ndikumana en visite au Burundi appelle les dirigeants burundais à oser dire la vérité sur les faiblesses et les potentialités de leur pays.

Il a livré ce message ce vendredi 20 août au cours d’une conférence organisée à Bujumbura, à l’hôtel Club du Lac Tanganyika, sur la problématique du développement du Burundi.

Le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye a pris part à ce forum, selon lui, la négligence et la paresse sont à l’origine du manque de développement au Burundi.

Cette conférence a vu la participation de plusieurs acteurs économiques du Burundi. Elle a été animée par deux économistes de renom : Pr Léonce Ndikumana et Dr Janvier Désiré Nkurunziza.

D’après Pr Léonce Ndikumana, pour pouvoir guérir une maladie, il faut pouvoir la diagnostiquer honnêtement. Il reproche à certains dirigeants burundais d’avoir tendance à donner l’image auréolée de leur pays, que tout va bien. « Si quelqu’un souffre de la malaria et qu’il passe des jours à dire que ça marche, il peut, à coup sûr avoir des complications ».

Selon lui, si les Burundais dans leurs diversités sont incapables de s’asseoir ensemble et dire honnêtement les faiblesses et les potentialités, le pays n’avancera jamais. « Une fois les faiblesses et les potentialités identifiées, ce qui reste sera de résoudre les premières et de capitaliser les dernières », a-t-il suggéré.

« Pour certains, ça va ! Oui, je le sais. Mais pour la majorité des citoyens, je sais que ça ne va pas », a lancé cet économiste, sous forme de blague. Ce qui a suscité des rires et des commentaires de la plupart des participants.

D’après lui, après avoir identifié les contraintes et les potentialités, il faut tracer ou définir une bonne stratégie afin de jeter de bonnes bases pour le développement de ce pays.

Pour lui, des objectifs qui ne suivent pas une bonne stratégie deviennent des rêves. Car c’est dans la stratégie qu’on identifie les instruments de politiques ou d’interventions permettant d’atteindre les objectifs finaux.

La stratégie, insiste-t-il, permet d’identifier les objectifs intermédiaires et finaux et les outils appropriés. « Un maçon qui veut construire une maison doit avoir des outils. Si les outils ne sont pas appropriés, la maison ne sera pas bonne ».

Il reconnaît que le Burundi fait face à plusieurs défis pour accéder au développement économique. Pour les résoudre, il conseille au gouvernement de créer une structure animée par des gens ayant un regard sur tous les secteurs.

Forum des lecteurs d'Iwacu

16 réactions
  1. Bellum

    Nous sommes dans un cas d’école de la justice des vainqueurs. Seule une partie du génocide de 1972 compte et est condamnable. Pas l’autre. Les concepteurs et exécutants du génocide de1993 et des crimes contre l’humanité de 1993-2005 et 2015 sont eux toujours aux affaires. Mais la stratégie imparable est de focaliser la machine de l’Etat et la propagande tous azimuts des vainqueurs sur une partie du génocide 1972 pour se refaire une virginité et noyer le poisson.

  2. FREDERIC NZEYIMANA

    TOUT EN SACHANT QUE VOTRE JOURNAL IWACU, UNE FOIS ENCORE, NE LAISSERA PAS PASSER MON COMMENTAIRE, POUR LA SIMPLE RAISON QUE VOUS PRÉFEREZ LE MENSONGE A LA VERITE
    ( Commentaire laissé hier, mais que vous avez préféré effacer )

    LES DROITS ĖCONOMIQUES NE SUFFISENT PAS POUR RÉPONDRE Ā L’ASPIRATION A LA LIBERTĖ DES POPULATIONS

    Lundi 24 février 2020 à Genève, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un appel à l’action en faveur des droits de l’homme dans le monde, menacés selon lui de toutes parts alors que les Nations Unies fêtaient cette année leur 75e anniversaire.

    Le chef de l’ONU trouvait que les droits économiques, sociaux et culturels « ne suffisent pas » pour répondre à l’aspiration à la liberté des populations. Que « Les droits humains – qu’ils soient civils, culturels, économiques, politiques ou sociaux – sont à la fois le but et le chemin ». Parce que les droits de l’homme sont un droit naturel pour chaque individu et dans l’intérêt de chaque pays. Ainsi le sont les survivants et les victimes de la barbarie du Gouvernement de Michel Micombero en 1972 qu’on retrouve sur toutes les collines du Burundi.
    49 ANS APRÈS, VENU LE MOMENT HISTORIQUE POUR L’ETAT BURUNDAIS DE RECONNAITRE LE GÉNOCIDE DE 1972

    Avec la quantité de documents disponibles aujourd’hui, d’archives, de témoignages écrits et oraux de survivants et victimes, d’ossements sortis des fosses communes, le gouvernement du Burundi dispose désormais de toutes les éléments nécessaires requis pour déclarer qu’il y a eu génocide au Burundi

    Les génocides, partout où ils ont été commis, sont connus comme des crimes les plus meurtriers contre l’humanité, et sont devenus un symbole de deuil et de douleur contre la cruauté déchaînée et le mépris de la vie humaine. Ces crimes ne sont pas et ne devront jamais être ni graciés ni oubliés. Ils ne peuvent être ni pardonnés, ni oubliés. Toutes les tentatives pour faire taire ces événements, les déformer ou réécrire l’Histoire sont inacceptables et immorales.

    • OK

      @ FREDERIC NZEYIMANA.
      Le sujet parle de l’identification des faiblesses et forces du pays pour sortir du marasme économique. L’interprétation tendancieuse de l’histoire du pays chacun selon sa vérité ainsi que la fixation de certaines personnes sur  » les survivants et les victimes de la barbarie du Gouvernement de Michel Micombero en 1972″ , comme si 1972 est la seule période sombre qu’a connu le pays, fait probablement partie des faiblesses qui font qu’au lieu de progresser, on se complait dans l’amertume. C’est le genre d’attitude qui fait partie des faiblesses et fait obstacle à la construction d’une société juste, prospère, inclusive. Ça sape des énergies et des vies.

  3. Bellum

    Fariala résume parfaitement la problématique burundaise : Incapable d’apporter une vie décente aux masses misérables burundaises, la seule solution proposée est de trouver une minorité bouc-émissaire sur laquelle charger toute l’incompétence économique, sociale et sanitaire des gouvernants. Dans son fameux discours du Caire, Obama a demandé aux Arabes de prouver leur valeur par ce qu’ils construisent et non ce qu’ils détruisent. Au Burundi, ne pouvant pas apporter la prospérité, la chose facile est de détruire les vies et les biens. Exactement comme Haïti , la première république noire du monde et toujours misérable 200 ans après l’indépendance car comme le Burundi la seule chose dont elle est capable est la destruction des vies et des biens.

    • SAKUBU

      Quelle est la nature et/ou le qualificatif de cette « minorité bouc-émissaire »?: juste une « obsession » et des « stéréotypes » sans aucun fondement scientifique pour manipuler et intoxiquer les non avisés.

  4. Jambo

    Mon commentaire s’adresse au Journal Iwacu.
    Que vient faire le commentaire de Fariala?
    Hors sujet

  5. fariala

    prof? mais ce titre c’est du bluff. Tous ces gens qui se disent prof, docteur… des clowns. Pour se dire la verite il faut d’abord la connaitre et la definir. le burundi a u serieux probleme et, economiquement les burundais resteront pauvres et miserables. Pour les miserables hutus, ils sont la majorite et tout ira bien quand ils finiront avec les tutsis, expropriation et tueries. Ce seul discours suffit, on applaudit et on attend Jesus

    • Stan Siyomana

      @fariala
      « prof? mais ce titre c’est du bluff. Tous ces gens qui se disent prof, docteur… des clowns… »
      1. Pourquoi alors tant de dignitaires de l’Etat burundais et tant d’hommes d’affaires sont allés écouter ces économistes burundais?
      2. Pourquoi alors des gouvernements et des compagnies privées paient ces docteurs en économie comme consultants?

    • Yan

      @fariala

      « Pour les miserables hutus, ils sont la majorite et tout ira bien quand ils finiront avec les tutsis, expropriation et tueries. »

      Je suis d’accord avec votre affirmation; sauf que tu oublies que c’est réciproque et que ça l’a été durant des décennies.
      Au fait tous ces profs et docteurs et autres éminences resteront un bluff comme tu dis, aussi longtemps qu’on n’en aura pas un qui pourra nous sortir du cercle infernal de la pauvreté et du tribalisme.

    • SAKUBU

      « Pour les misérables hutu, ils sont la majorité et tout ira bien quand ils finiront avec les tutsi, expropriation et tueries »: et les misérables tutsi? même les pseudo-leaders « tutsi » n’ont pas pu exterminer, exproprier pour de bon les soi-disant  » misérables hutu »! Quitter ce manichéisme qui vous hante!

  6. Monsieur Ndikumana resume à merveille le problème du Burundi et de l’Afrique en général. Une connaissance m’a dit dit un jour une phrase qui a changé ma vie à savoir que ce qui lui faisait peur était pas le fait que depuis les indépendances l’Afrique ne se développe pas mais plutôt que dans 50ans tout indique que rien n’aura changé. C’est choquant de voir les dirigeants burundais dire que le Burundi progresse jusqu’à ce que des européens viennent vivre au Burundi grâce à sa bonne gouvernance.

  7. nkundwa

    Un Grand Monsieur!

  8. Kibinakanwa

    Nos faiblesses peuvent se résumer en ceci: le pays le plus pauvre et le plus corrompu au monde.
    Nous avons des outils juridiques pour éradiquer la corruption. Mais on ne les aplique pas.
    Il y a une loi qui exige que toute autorité doive déclarer ses biens au début et à la fin de son mandat.
    Est ce appliqué?Non?
    Pourquoi?
    Mettons les vrais noms à nos problèmes. Si nous voulons guérir.
    Une video récente, virale sur les réseaux sociaux montre un ancien dignitaire fêtant son anniversaire, dans un palace de mille et une nuit au fonds de la campagne, servant seulement du Champagne à tous ses invités.
    En matière de vision et gouvernance , imitez le Botwana, Ghana , Iles Maurice

    • Stan Siyomana

      @Kibinakanwa
      « En matière de vision et gouvernance , imitez le Botwana, Ghana , Iles Maurice. »
      Et pourtant, lors de son indépendance du Royaume-Uni le 30 septembre 1966, le Botswana:
      1. était le deuxième pays le plus pauvre du monde;
      2. n’avait aucun hôpital;
      3. n’avait que 12 kilomètres de routes goudronnées sur tout son territoire;
      4. n’avait que 100 batswana avec un diplôme d’école secondaire;
      5. et n’avait que 22 batswana avec un diplôme universitaire.
      https://www.youtube.com/watch?v=fRsFT11CxSk

  9. Alexis

    Il apparaît que Pr Léonce NDIKUMANA a osé dire publiquement ce que les gens au pouvoir au Burundi en particulier et en Afrique en général
    n’aiment entendre .

    Ceux qui sont au pouvoir donnent toujours une fausse image de ce qui se passe et les exemples sont nombreux .

    On entend souvent des dirigeants dire que le pays est très riche tandis-que la pauvreté sévit dans tout le pays.

    Pour le moment au Burundi le cas le plus typique est et reste la gestion de la pandémie du Covid-19 .
    On nie son ampleur comme si c’était la meilleure dose pour l’éradiquer

  10. Mateso

    Bien dit Mr le prof. : « Pour certains ça va  » ce sont eux qui n’accepteront jamais que Le Burundi est le pays le plus pauvre du monde !!!

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