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Harry Verweij: « Un des grands défis pour le Burundi est le faible niveau du secteur privé. »

08/05/2017 Léandre Sikuyavuga 13

Le 28 avril, l’ambassade des Pays-Bas au Burundi a célébré la fête du Roi Willem-Alexander. Dans son discours, l’ambassadeur a insisté sur le secteur privé. Une occasion à Iwacu de lui demander les opportunités offertes par son pays pour promouvoir ce secteur au Burundi.

 

harry-verweij-ambassadeur-des-pays-basComment les Pays-Bas peuvent-ils inspirer le Burundi à développer le secteur privé ?

Les deux nations – néerlandaise et burundaise – sont comparables en plusieurs points. Avec une superficie plutôt modeste, des voisins immédiats qui sont plus grands et plus riches, l’un et l’autre pays font partie d’une importante organisation régionale. Ces trois éléments ont aidé les Pays-Bas à devenir un pays riche après la seconde guerre mondiale. Ce qui est crucial dans ce contexte, c’est d’être attentif à ce qui se passe à l’extérieur et de saisir les opportunités comme elles se présentent. Pour ce faire, la contribution du secteur privé est irremplaçable.

Que voulez-vous dire, concrètement ?

Le Burundi est frontalier ou proche de pays qui sont parmi les plus riches de l’Afrique, comme la Tanzanie et le Kenya. En termes d’axe de commerce et d’opportunité d’exportation, il revient au pays de prendre avantage de cette position et d’utiliser le talent entrepreneurial des Burundais pour le faire. La Communauté de l’Afrique de l’Est offre un espace économique qui ne peut que s’étendre. Sur ce plan, c’est une excellente chose que plusieurs écoles offrent des cours d’Anglais aux élèves, car une bonne maîtrise de l’Anglais rend la tâche de s’intégrer dans la Communauté de l’Afrique de l’Est plus facile.

Quel est votre apport dans le domaine du secteur privé au Burundi ?

Tout au long des années, notre fonds d’aide au développement a des ressources substantielles pour travailler avec le monde des affaires au Burundi, avec un focus sur le micro-crédit. Les Pays-Bas disposent de plusieurs programmes et instruments pour appuyer le secteur privé et le commerce. Ainsi, depuis 2006, en plus du programme sur le développement du secteur de sécurité, des programmes appuyant principalement le secteur privé et le commerce sont en cours. Il s’agit notamment du Fonds pour la Relance, les Conseils et les Echanges en micro finance (FORCE) – aujourd’hui en à sa troisième phase – avec un budget total 18.5 millions d’euros. Son financement des chaînes de valeurs contribue de manière importante à l’autonomisation des producteurs ruraux, surtout des femmes et des jeunes.

Le Programme ‘Private sector Investment’ a financé depuis 2009 des initiatives des entrepreneurs burundais pour 14,500 millions d’euros. Ce programme a pris fin en 2013 mais la mise en œuvre des projets continue dans l’agri-business, l’équipement, la production des matériaux de construction, et les services. Ce programme a été remplacé depuis 2015 par le ‘Dutch good grouth funds’ qui appuie les partenariats – notamment le transfert des connaissances – entre un investisseur néerlandais et un burundais. Mais, il est difficile de convaincre l’investisseur néerlandais d’amener son capital au Burundi eu égard à l’environnement actuel des affaires. Un autre programme, dit ‘ORIO’, appuie les infrastructures publiques comme la distribution de l’eau, la gestion des déchets solides, la santé, etc.

Selon vous, quels sont les obstacles à investir au Burundi ?

Le climat d’investissement est sous-développé, même sur des points très basiques comme, par exemple, le processus de visa. Actuellement, les entreprises ont des investissements et des filiales partout dans le monde : une réponse rapide à leurs besoins est cruciale pour une économie performante.

N’y a-t-il pas de projets gelés à cause de la situation actuelle ?

Le Burundi avait été éligible pour 3 projets pour un financement de 54 millions d’euros. Les projets, actuellement gelés, pourraient être réactivés en cas de la normalisation de la situation politico-sécuritaire. D’autres opportunités de financement sont possibles dans la gestion de l’eau (FDW), la promotion du développement et de la sécurité alimentaire (FDOV), la formation (NUFFIC), l’assistance technique (Experts PUM).

Quelle appréciation faites-vous des entrepreneurs burundais ?

Ils constituent un grand potentiel pour leur pays. Ce qui est encore plus admirable, ce sont les jeunes de ce pays. Ils s’ouvrent facilement aux idées nouvelles, et ils portent, à l’instar de M. Jean Bosco Nahimana, un jeune agriculteur innovateur dans la localité de Mparambo, une vision entrepreneuriale enthousiaste, appuyée par le programme Plan Intégré Paysan – en Kirundi, Mbona iyo ngana. Cela est une opportunité non négligeable pour le développement de ce pays. Alors, chaque jeune Burundais devrait être encouragé à contribuer à l’avancement de son pays, à poursuivre son rêve ! Et c’est le rôle des autorités de donner une chance à ces jeunes, en améliorant le climat des affaires.

Forum des lecteurs d'Iwacu

13 réactions
  1. Kabila

    Le Burundi est un pays qui n’a pas sa littérature écrite.. Alors comment peut-il se développer?? Il faudrait investir dans le domaine de l’Education pour mieux sortir dans cette situation!

  2. NIYOYANDEMYE Isaac

    Tout fond externe grandiose ou minime qu,il soit a un but lucratif ou politique dans ces pays des NEGRES.que les pays-bas,la belgique,ou en gros l,U.E tracent une rigne rouge a leur partenaires pour pouvoir debloquer leur euros ce n,est pas pour tatonner,c,est mesurer la force ou la faiblesse du gouvernement en place afin de mieux savoir quel genre de contrat iront ils conclure dans les prochaines date.la ils jouent souvent sur les mines,le carburant,..je pens que nul ne peut ignorer l,enjeux du cas de la libye:visitez youtube:les vraies raisons de la mort de khadaffi.ce n,est pour l,amour que la boulangerie fabrique du pain mes freres.

  3. Congo

    Mr l ambassadeur, le Burundi est un pays qui soit est en guerre ouverte ou alors en accalmie sans guerre mais sans véritable paix. Tout développement devra passer par un recouvrement de la paix. Si vous pouvez oeuvrer pour la paix, la vraie réconciliation nationale le reste viendra comme dividende. La justice avant, la paix ensuite, le développement économique après ou concomitament si possible. Exemple : Nyerere a gagné l UJama sans gagner sur le plan économique, la Tanzanie est aussi stable que l occident.

  4. Stan Siyomana

    @Bakari
    Tout simplement je cherche un modele de developement qui pourrait s’appliquer au cas du Burundi.
    Je ne suis meme pas protestant et au Burundi j’ai fait l’ecole primaire et secondaire dans des etablissements catholiques.
    On peut bien adopter l’ethique protestante du travail, sans devenir protestant;
    On peut bien adopter l’ethique japonaise du travail (keizen?) sans pour autant devenir japonais;
    On pourrait s’interesser au systeme bancaire islamique/Islamic banking (qui ne demande pas de payer des interets pour un pret) sans pour autant devenir musulman.
    J’ai bien indique que la source de mon commentaire est Wikipedia.org et la il y a la liste de la litterature (references). Si vous voulez, vous pouvez y lire “Basis in Protestant theology” et comparer avec le point de vue catholique ou musulman.

  5. Bakari

    @Stan Siyomana
    “…mais je crois qu’en general l’ethique protestante du travail…”
    Là vous êtes en train de nous entraîner sur un terrain glissant: la guerre des religions.
    Elle a déjà fait (et continue) tellement de dégâts.
    Vous voulez nous dire que ceux qui ont adopté comme religion le protestantisme sont mieux que les autres? Donnez-nous des preuves. Et surtout pas sentimentales. Et valables dans le temps et l’espace.

  6. Stan Siyomana

    @Novat Nintuze
    Je ne m’interesse pas beaucoup aux details d’organisation du travail (comme le yoga et les salles ou l’on peut se reposer pour quelques minutes comme dans les companies high tech/New Age) mais je crois qu’en general l’ethique protestante du travail, l’ethique du confucianisme par rapport au travail, la discipline au travail comme le prechait le president Cyprien Ntaryamira pourraient aider a avancer le Burundi.

  7. Stan Siyomana

    1. Jusqu’a present, j’avais vu quelques photos des techniques d’irrigation goutte a goutte (techniques importees d’Israel) et qu’on essayait d’appliquer dans des pays africains comme le Rwanda et l’Ouganda.
    Mais je croyais que ces techniques exigeaient des tuyaux (et peut-etre des pompes?) qui sont trop chers pour le petit cultivateur.
    2. Dernierement, j’ai visite par hazard la page Twitter du president ougandais Yoweri Kaguta Museveni et J’ETAIS AGREABLEMENT SURPRIS:
    – de lire: “Je me suis implique DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETE DEPUIS 1967, et je sais qu’il y a moyen de venir a bout de cette pauvrete avec l’agriculture moderne, MEME SUR UN PETIT LOPIN DE TERRE/even on a small piece of land.” (www.twitter.com/KagutaMuseveni…, 20 March 2017).
    – de voir une belle photo du president Museveni portant in fagot d’herbes sur son epaule (pour utiliser comme paillis dans la lutte contre l’erosion).
    “Mulching helps soil retain water, stops soil erosion and the materials work as manure once they decompose.” (www.twitter.com/KagutaMuseveni…20 March 2017).
    – et surtout de voir plusieurs photos du president Museveni a une ferme pilote/new presidential demonstration farm at Kityerera in Mayuge ET EN TRAIN DE DEMONTRER COMMENT FONCTIONNE UN SIMPLE “SYSTEME D’IRRIGATION GOUTTE A GOUTTE”, EN UTILISANT UNE SIMPLE BOUTEILLE EN PLASTIQUE D’ENVIRON 2 LITRES. (www.twitter.com/KagutaMuseveni…12 April 2017).
    Museveni doit etre tres fier de ce projet puisqu’il a meme invite le Premier Vice-President du Soudan du Sud (le general Taban Deng Gai) a visiter cette ferme.
    “South Sudan 1 st Vice President, Gen Taban Deng Gai, visited me today at the newly-established Kityerera Farm in Mayuge District.” (www.twitter.com/KagutaMuseveni…11 April 2017).
    (Voir aussi Abubakar Kirunda: “President calls for drip irrigation as a solution to drought.”, http://www.monitor.co.ug, 14 April 2017).

  8. Don't worry

    @Yohani
    Ca sera quand? En l’an 3000??

  9. SENYAMWIZA Jean Claude

    Qui dit secteur privé dit aussi investissements directs étrangers (foreign direct investment), qui, comme nous le savons tous boostent les économies tant des pays développés et moins développés. Ce sont les investissements directs étrangers par exemple qui ont boosté depuis ces dernières décennies l’économie chinoise. Un pays comme l’Ethiopie est entrain d’en profite au maximum car certains investisseurs étrangers sont entrain de délocaliser de la Chine à l’Ethiopie car les salaires en Chine deviennent de plus en plus importants et les gains des investisseurs étrangers moindres. Plus près de nous au Rwanda, ce petit pays qui nous ressemble géographiquement a pu mobiliser près de 1 milliard de USD en termes d’investissements directs étrangers en 2016. Ce secteur ne fait que s’améliorer chaque année au Rwanda. Des pays comme le Ghana, la Tanzanie la Côte d’Ivoire et j’en passe font même mieux. Mais tout ceci a un prix en termes de gouvernance : respect strict de la propriété privée ce qui n’est pas le cas par exemple pour le Burundi où des gens sont expropriés, spoliés voir enlevés pour disparaitre complètement à cause de leurs biens. Personne ne cherchera à investir dans un pays troublé où des gens sont enlevés, persécutés ou pire exécutés sans aucune autre forme de procès, un pays ou une milice opère au grand jour avec des slogans appelant au viol massif d’une partie de la population du pays, un pays où les discours de la haine se prononcent régulièrement sans poursuite aucune, au contraire, un pays où la justice est paralysée ou en ordre commandé. Le 3è mandat présidentiel ne nous aura pas aidé à nous améliorer pour que le secteur privé puisse opérer, créer des emplois et s’épanouir, au contraire. Ses dividendes, en termes de développement socio-économique sont toujours attendues par toute la population burundaise, je pense.

  10. Novat Nintunze

    D,autres études montrent que la sieste augmente la productivité. Aussi, la Belgique, le Luxembourg, Monaco, la Suisse, etc. sont des pays pas majoritairement protestants mais au moins aussi riches que les Pays-Bas. Donc, ce n’est pas une question de religion, et encore moins l’heure que prend la sieste et qu’on peut compenser autrement. La réponse est plus compliquée que ça.

  11. Augustin NDAYISABA

    Je vous recommande de rire Max WEBER dans l’Ethique protestante et esprit du capitalisme.

  12. Stan Siyomana

    Ces jeunes burundais qui “s’ouvrent facilement aux idees nouvelles” pourraient profiter de l’ETHIQUE PROTESTANTE DU TRAVAIL qui caracterise les Pays-Bas, les Etats-Unis et certains autres pays.
    1. En general, dans les pays ou l’on suit l’ethique protestante du travail, on prend un grand dejeuner le matin, MAIS ON SE PASSE DU REPAS DE MIDI OU L’ON SE CONTENTE DE MANGER SON REPAS DE MIDI TOUT EN TRAVAILLANT.
    Par contre dans les pays ou il y a l’influence catholique, la siesta de midi peut etre de rigeur.
    (Voir Protestant work ethic, http://www.wikipedia.org).
    2. L’americaine Sheryl Sandberg (= Chief Operating Officer de la compagnie Facebook qui est la 6 eme compagnie la plus grande aux Etats-Unis et qui represente une valeur en bourse d’environ 435 milliards de dollars) a reconnu recemment qu’elle a toujours pris son repas de midi assise a son bureau de travail pour les derniers neuf ans.
    “In fact, she tells me, I am the first person TO TEMPT HER AWAY FROM LUNCH AT HER DESK IN HER NINE YEARS AT FACEBOOK…”
    (Voir Hannah Kuchler: “Sheryl Sandberg: fighting fake news and Facebook’s future”, http://www.ft.com, date?).

  13. Yohani

    Attendez qu’ il y’ ait respect de La loi et des libertés, et moins de clientelisme et moins de corruption.

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