Samedi 20 juillet 2024

Archives

Gitega : le «malade mental» qui a détruit le buste de Rwagasore toujours emprisonné

03/08/2014 8

Après avoir détruit le buste du héros de l’indépendance se trouvant dans la ville de Gitega, sa famille assure que c’est un malade mental et qu’elle n’a pas les moyens pour le faire soigner.

Le buste de Rwagasore détruit ©Iwacu
Le buste de Rwagasore détruit ©Iwacu

«Cet homme est un lourd fardeau qu’on nous a assigné», se lamente le policier de garde au commissariat de police de Gitega. «Il faut qu’on l’emmène ailleurs», renchérit son collègue. Depuis son arrivée, c’est un problème pour les autres détenus. «Ils tabassent ses co-détenus et leur jettent ses excréments.» Même les policiers ne sont pas en reste. Aujourd’hui, il est isolé dans sa petite cellule où il fait du bruit qui empêche les autres de fermer l’œil. «Sa place est dans une structure spécialisée», confient les autres détenus.

Aux environs de 16 heures, le 24 juillet 2014, Pascal Bizoza arrive devant le monument du Prince Louis Rwagasore. Les gerbes de fleurs sont jetées aux quatre vents. Il ramasse un gros caillou qu’il jette sur le buste du prince. Ce dernier se brise en mille morceaux. Les passants sont saisis d’émoi. Ils n’en croient pas leurs yeux. C’est la deuxième fois qu’on s’en prend au fils de Mwambutsa Bangiricenge. Le présumé coupable est vite appréhendé. Interrogé, il indique qu’il l’a fait pour devenir indépendant. La deuxième fois, il fait savoir qu’à cause de sa ressemblance avec Rwagasore, il a voulu renaître une nouvelle fois. Depuis ces « révélations », silence radio.

«Le mois passé, nous l’avions emmené au Centre neuropsychiatrique de Kamenge», confie Jean Marie Niyongabire, petit-frère du présumé coupable. Mais, son frère n’a pas pu être soigné car on leur a demandé 150.000 Fbu. Une somme qu’ils sont loin de posséder. Ce qui est le cas même aujourd’hui. Il demande aux bienfaiteurs de les aider car son frère alterne des moments de crise et de lucidité. «On n’a pas les moyens pour le faire soigner. Sinon, il va rester en prison», souligne-t-il.

Quid de l’article 44 du Code de procédure pénale

L’article 44 du Code de procédure pénale signé le 03 avril 2013 par le président de la République stipule que : «L’Officier de police judiciaire ou du ministère public peut procéder à l’arrestation d’une personne dont l’état mental constitue un danger immédiat pour elle-même ou pour autrui. Il doit, soit la conduire immédiatement dans l’établissement le plus proche possédant un service médical de psychiatrie, soit la conduire vers un centre de soins approprié, soit en dernier recours la mettre en rétention dans un lieu sûr à charge pour lui de le transférer dans les vingt-quatre heures vers un centre approprié aux frais du Trésor public.»

Avec un petit sourire au coin des lèvres, certains policiers n’y vont pas par quatre chemins. «Les textes sont clairs et bien écrits mais la réalité est toute autre.» Selon Vincent Havyarimana, sous commissaire provincial de la police judiciaire de Gitega, toutes les procédures ont été respectées. «Nous l’avions emmené au Centre neuropsychiatrique de Gitega mais ils ont refusé de le soigner à cause de l’argent. Et la police n’a pas ces moyens.» Toutefois, il reconnaît que Pascal Bizoza est un élément gênant pour les autres détenus : «Nous sommes en train de chercher les membres de sa famille pour qu’ils paient l’argent. De toutes les façons, il ne peut pas rester en prison.» Pour certains observateurs, il faut des mesures d’accompagnement quand on vote des lois.

Forum des lecteurs d'Iwacu

8 réactions
  1. leopold NZORIJANA

    je pense que la famille doit payer, elle est civilement responsable.

  2. Nzobandora

    Ils disent que la police n’a pas d’argent alors que dans cette ville de Gitega on a récemment arrêté un grand nombre de taxi motos pour infraction et chaque motard devait payer une amende avoisinant ou qui dépasse les 150 000f pour faire soigner ce malade mental.
    Mais au faite, quelle est la destination finale des amendes vu que cette rubrique n’est préalablement pas budgétisée par le Ministère des finances?

    SUIVEZ MON REGARD………….

  3. Bizos

     » C’est la deuxième fois qu’on s’en prend au fils de Mwambutsa Bangiricenge. » Faut pas exagérer Mr le journaliste, On s’en est pris à lui le 13/10/61 une bonne fois pour toutes.

    • igihe

      Bien dit!

  4. Clean PP

    Ce cas est tres triste. La maladie mentale ne devrait pas etre prise pour un crime. A bas les textes vides, qui ne sont ne signifient rien. Et le president qui les signe? L’escargot a rabaisse ses antennes. Tant pis a nous pauvres citoyens.

  5. Ntihebuza Gilbert

    Emprisonner quelqu’un a cause d’un statue en argile est vraiement ridicule,meme ceux qui l’on assassine n’ont ete traite de la sorte.Giheta est tjrs la,il faut en fabriquer en reserve et le laisser rentrer.

  6. Karirekinyana

    Concilie Nibigira alias D’EBOLA ou COCO avec l’aide de Dwarudo et Gasito un Mushi de la RDC détruisent le parti du prince et se la coulent douce. Un malade mental heurte le Buste du Prince il est vite emprisonée. Quelle justice, rekura iyo ntama itahe!!!!

    • Leïla

      toi, tu dis vraiment n’importe quoi! quel est le lien avec l’article?

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

L’interdiction de Sapor fait débat

Le chef est une figure singulière dans notre société. Son autorité est principalement exercée par la parole – Ijambo. Dans notre tradition, la parole est respectée, et celle du chef, en particulier celle du Chef de l’Etat, est presque sacrée. (…)

Online Users

Total 2 277 users online