Économie

La pièce de 100 Fbu : «  Nécessaire mais pas essentielle »

Les activités des petits vendeurs sont un peu handicapées par le peu de billets de 100Fbu en circulation.

« Des lambeaux de billets de 100Fbu. »

« Des lambeaux de billets de 100Fbu. »

Des billets décolorés, écornés et raccommodés au papier collant voire des billets ou le recto colle au verso par l’ingéniosité des usagers. Voilà jusqu’à quel délabrement arrivent les coupures de 100 Fbu qui sont encore en circulation actuellement. Cela ne va pas sans conséquences.

Lundi 13 juin. Dans un bus en provenance de Cibitoke, un passager tient des bouts des doigts le bout de deux billets, la monnaie d’échange pour son déplacement vers le centre-ville. Désemparé, il braque les yeux sur ces coupons. « Sûrement que ces billets véhiculent des bactéries. Gare aux allergiques ! », lâche-t-il. Après lui, une femme qui venait de recevoir les vieilles coupures laisse échapper : « Aussitôt que j’arrive au service ou quand le soir je suis chez moi, je prendrai la précaution de me laver préalablement les mains, tant ces billets sont crasseux. »

Un préjudice pas très prononcé

Selon l’économiste Charles Nihangaza, la pénurie de petites coupures ne cause pas un grand préjudice à l’économie. Les grandes dépenses ne se font pas en monnaie. Bien plus, la tendance dans une économie avancée et de ne plus manipuler du cash au profit de l’électronique.
Mais il remarque que les petites coupures sont nécessaires notamment pour l’affichage des prix. C’est pour éviter d’arrondir les prix à l’excès et de les afficher à leur juste valeur.
Nous n’avons pas pu joindre la BRB pour expliquer quand la nouvelle pièce de 100 Fbu, annoncée depuis le 29 avril, sera enfin disponible.

A peine cents mètres de là, une rixe éclate entre un passager et le convoyeur. Ce dernier refuse de prendre trois billets raccommodés. « C’est un de tes confrères convoyeurs qui me les a donnés. Accepte-les donc », balbutie le passager. Le convoyeur hausse le ton : « Tu ne descendras pas tant que tu ne m’auras pas sorti des billets en bon état. » Eclate un brouhaha  dans le bus. Presqu’en chœur, les passagers prennent la défense du client: «  Où trouver des billets relativement neufs ?»

Toujours petits vendeurs, toujours petits pépins

Autre incident : un passager refuse carrément de vieux billets que lui tend le convoyeur. Il exige des pièces de 50Fbu, à défaut de billet en bon état. Sourire jaune du convoyeur : « Depuis que les billets de 100 Fbu sont devenus rares, les pièces de 50Fbu sont très sollicitées. Pour 1000Bu, les changeurs au parking ne donnent que 800 Fbu en pièces de 50Fbu. C’est nous autres qui perdons et chaque fois nous sommes en conflit avec les passagers pour un problème dont la BRB est responsable. »

Préjudices aussi chez les vendeuses de fruits et légumes. Au parking du centre-ville, une des vendeuses témoigne qu’elles sont obligées de demander aux acheteurs qui présentent de vieux billets de 100 Fbu, d’acheter pour 500 ou pour 1000Fbu.  «  Quand un client achète pour 700Fbu et qu’il me tend un billet de 1000Fbu, ça me prend trop de temps pour trouver des billets de 100 Fbu en bon état et des pièces de 50. » Conséquence : le volume de ses ventes s’amincit et ses recettes à la fin de la journée diminuent.

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