Politique

«La campagne ’’Teshwa ute’’ n’aboutira à rien»

09/01/2018 Chanelle Irabaruta 12

Réagissant à cette campagne récemment lancée par la société civile en exil contre la révision de la Constitution, Térence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur parle d’une désinformation.

Térence Ntahiraja : «Les organisations signataires ne sont pas reconnues au ministère»

Il l’a dit ce lundi 8 janvier lors d’un point de presse : «Ils désinforment l’opinion nationale et internationale quand ils parlent d’une révision constitutionnelle qui viole la constitution».

Les organisations qui en sont à l’origine, dit-il, ne sont pas reconnues au Burundi : «Parmi les 23 associations signataires, 13 n’ont pas été agréées par le ministère de l’intérieur, 6 ont été radiées définitivement et les 4 restantes ont été suspendues». Et d’indiquer que leur déclaration s’inspire de faux rapports, des mensonges et des montages.

D’après lui, ces associations exagèrent. Elles soutiennent, à tort, que le projet de référendum vient saboter toute possibilité de dialogue : «Elles laissent entendre que le projet de révision de la Constitution vient consacrer la violation de l’Accord d’Arusha et de la Constitution». Avant de glisser aussitôt : «Ce ne sont que des mensonges».

Il invoque avec insistance l’article 299 de loi Fondamentale : «Aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à l’unité nationale, à la cohésion du peuple burundais, à la laïcité de l’Etat, à la réconciliation, à la démocratie, à l’intégrité du territoire de la République». Il martèle que celui-ci a été observé scrupuleusement avant d’enclencher le processus.

En plus, M. Ntahiraja s’offusque que ces associations s’appuient sur une décision des chefs d’Etats de la communauté de Est-africaine qui interdit la révision de la constitution sans le consentement des parties en conflit. A ce sujet, il tient à souligner que le Burundi est un pays souverain et indépendant : «La révision de la constitution est l’affaire du Burundi lui-même et de son peuple».

L’Aprodh, la ligue Iteka, le Focode, le Forsc et l’Acat-Burundi, entre autres organisations qui ont lancé la campagne «Teshwa ute» le 5 janvier dernier.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Balance Capri

    Mesdames, messieurs, j’ai découvert ce documentaire en surfant sur le web.
    Je vous le partage (si on le laisse en ligne! sinon tant pis!)
    Vous serez mieux outillés pour parler des réfugiés, un sujet émotif pour les pouvoirs et les populations africains et burundais en particulier.

    http://www.telequebec.tv/documentaire/refugies-un-marche-sous-influence/

  2. Banza

    @Jean Habonimana
    Dommage pour vous que ce n’est pas avec des personnes n’ayant aucune empathie envers ses concitoyens que l’on pourra avoir la sacralité de la vie humaine.

  3. Jean Habonimana

    @ Senyamwiza
    Merci pour cette brillante illustration. Hélas c’est un dialogue de sourds. Vous ne pouvez en rien convaincre les tenants du génocide. La seule politique, croyance religieuse et plan de développement est la haine et la destruction de la mauvaise ethnie. Autant détruire l’édifice dans lequel on se trouve tant que cela emporte l’ethnie honnie. Nos alliés Interahamwe ont préféré tout perdre plutôt que d’accepter le droit à la vie de la mauvaise ethnie. Rwasa d’après son porte-parole Pasteur Habimana, a fait massacrer les tutsis congolais de Gatumba alors qu’il n’avait jamais vu de tutsi congolais. Un officier supérieur DD s’est réjoui des souffrances atroces des enfants mutilés, castrés, paralysés et gravement blessés que je lui rapportais alors qu’ils ne les a jamais vus. Et pourtant ils sont des deux ethnies. La nation a besoin de psychanalyse et conversion à la sacralité de la vie humaine. Une vie humaine est sacrée personne n’a le droit d’y attenter. Même pas un régime d’origine divine. La culture de la mort et des atrocités sur des innocents est tellement ancrée dans le système que je la compare à l’horreur des mutilations génitales féminines que pratiquent de nombreux peuples africains. C’est horrible mais vous n’y pouvez rien c’est comme cela.

  4. Gacece

    Quand vous parlez de 4% de la population qui a fui, parlez-vous également de ceux parmi ce 4% sont retourné au pays, ceux qui ont juste traversé la frontière pour s’inscrire comme réfugiés, ceux à qui on a miroité moult récompenses en argent sonnant s’ils allaient s’inscrire, ceux qui voulaient avoir une chance d’être sélectionnés pour immigrer en occident, etc, etc… et QUI, EUX, N’AVAIENT AUCUNE PEUR DE RESTER AU BURUNDI?

    Quand quelqu’un, qui ne connaît pas le Burundi, me pose la question sur comment interpréter les dires des Burundais, je lui répond de ne jamais interpréter ce qu’ils disent, mais de « faire l’effort de trouver ce qu’ils ne disent ». Et cela a son importance dans la recherche de la vérité… et du mensonge!

  5. Steve

    @ Senyamwiza J Claude. Rimwe rimwe ukuri kurababaza.

  6. Björn

    Il faut etre miope pour refuser de voir la realite en face. Aho none abeshe muki?

  7. SENYAMWIZA Jean-Claude

    @GACECE,
    J’aimerais bien mentir dans mes écrits, cher GACECE. Malheureusement, mon texte ne résume qu’en petite partie seulement la dramatique situation des Burundais, dont, je le rappelle, plus de 4% a fui les violences sans nom dont ils sont victime à cause des Imbonerakure ainsi que ceux qui les soutiennent. Honnêtement parlant, GACECE, quelle vision ce Gouvernement a-t-il pour le Burundi ? Certainement le changement de la constitution… ! Il est très difficile de s’imaginer qu’après tant d’années de souffrance, le Burundi allait encore être plongé dans une instabilité politique dramatique avec des milliers d’assassinats, d’enelèvements et de disparitions forcées pour une histoire de 3è mandat inutile pour la quasi-totalité des Burundais qui n’en attendent rien du tout en termes de développement socio-politique qui les intéressent…. ! Triste, non ?

  8. Gacece

    @SENYAMWIZA Jean-Claude
    « Let us wait and see »!

    Déjà, ce que vous venez de décrire signifie que le Burundi a atteint le fond! Quel est le pire qui pourrait arriver « à attendre et à voir? »! Quand on a atteind le fond, les deux seulent choses à faire sont de se relever et à en sortir, ou d’y rester… On ne peut donc pas s’enfoncer plus que le fond.

    Mais… heureusement que vous mentez, même si vous le faites si bien

  9. Rurihose

    Unfortunately Senyamwiza is saying sad truths

  10. Senderi

    Je crois que Senyamwiza a dit la verite qui fait mal…

  11. Jesus

    Qui a dit mieux?

  12. SENYAMWIZA Jean-Claude

    Cher Mr NTAHIRAJA,
    Vous avez totalement raison. Tant que le gouvernement n’acceptera pas un débat contradictoire et respectera les opinions des uns et des autres, tant que sa seule force est la brutalité et non le débat démocratique, cette campagne comme toutes les autres n’aboutira évidement à rien. Même s’elle aboutissait à quelque chose, cette dernière ne serait jamais acceptée par le Gouvernement auquel vous appartenez.
    Je rappelle que nous sommes dans cette impasse dramatique depuis avril 2015 à cause justement des mensonges et de la manipulation des institutions pour rester infiniment au pouvoir.
    Rappelez-vous ce qui s’est passé en mars 2014 quand l’homme que vous défendez bec et ongles a échoué d’une seule petite voix au Parlement pour changer la Constitution et rempiler légalement pour le 3è mandat. Rappelez-vous de la suite : manipulations de la CENI, de la Cours Constitutionnelle (http://www.iwacu-burundi.org/journal-dun-juge-constitutionnel/) et j’en passe.
    Regardez maintenant où nous en sommes : un pays qui n’a pratiquement plus de représentation internationale là où c’est nécessaire étant donné que l’homme que vous défendez bec et ongles n’ose plus mettre pieds dehors ; un pays en déliquescence totale qui n’a plus aucun projet de développement pour sa population et qui est d’ailleurs classé parmi les derniers les plus pauvres du monde en 2016 (le pire est à venir), dominé par la brutalité et la violence tous azimuts des Imbonerakure, du Service National de Renseignement, de certains éléments de la police et de l’armée ; un Gouvernement sous investigation et enquêtes internationales par la CPI avec les conséquences dramatiques auxquelles il faut s’attendre quand les mandats d’arrêts internationaux vont pleuvoir.
    Vous pouvez le nier toujours et comme d’habitude mais franchement parlant l’avenir proche ne nous réserve rien de bon avec la situation actuelle et à venir. Votre projet ne nous mène que droit dans le mur. Cette magnifique nation dominée par des hommes et des femmes qui n’ont aucune vision pour leurs compatriotes à part se maintenir infiniment, et coute que coute, au pouvoir sans évidemment rien y faire à part jouir de ce dernier eux, leurs amis ainsi que leurs familles laissant les Burundais dans la misère de plus en plus dramatique.
    Let us wait and see

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