La police burundaise a lancé un assaut, ce samedi 8 mars, à la permanence du parti MSD pour appréhender les militants et le président de ce parti qui avaient pris en otage deux policiers en début d’après-midi. Bilan : une dizaine de blessés dont des jeunes militants du MSD et trois policiers.

Selon plusieurs jeunes rencontrés à la permanence du MSD, tout a commencé vers 6h30 du matin, lorsqu’une centaine de jeunes de ce parti, foulards aux couleurs du parti autour du cou et autres banderoles, faisaient du sport. Arrivés au centre ville de Bujumbura vers 10 heures, ils se sont butés sur un dispositif policier qui les a dispersés.
Une vingtaine d’entre eux sont capturés puis conduits au parquet et à la prison centrale de Mpimba. D’autres jeunes fuient vers la permanence nationale du MSD, située au sud de Bujumbura. Des policiers les pourchassent en leur lançant des gaz lacrymogènes tandis que les jeunes répliquent avec des jets des pierres.

Au cours de ces échauffourées, deux policiers sont capturés puis enfermés dans un des bureaux de la permanence. Pour Alexis Sinduhije, il ne s’agit que d’autodéfense : « Ils étaient venus nous tuer et nous nous sommes défendus. » Et d’ajouter que des arrestations arbitraires doivent cesser : « Monsieur Nkurunziza doit comprendre qu’il n’est pas au-dessus de la loi. On ne l’acceptera plus jamais. Je résisterai jusqu’au bout. Je sortirai de cette résistance libre ou mort ».

L’assaut

Après cette prise en otage, la tension est montée d’un cran. Alexis Sinduhije exigeant la mise en liberté des policiers contre la relaxation de ces militants, des prisonniers politiques comme Hussein Radjabu et Frédéric Bamvuginyumvira ainsi que tous ceux qui ont déjà purgé un quart de leur peine.

Pendant ce temps, plusieurs policiers étaient massés à une centaine de mètres munis de boucliers et d’armes. A l’intérieur, une centaine de jeunes entonnaient des chants de leur parti, alors qu’Alexis Sinduhije, président du MSD, galvanisait ses troupes.
Vers 16 h, plusieurs activistes de la société civile comme Pierre Claver Mbonimpa, président de l’APRODH, ont essayé de jouer les facilitateurs entre Alexis Sinduhije et les officiers de la police sans beaucoup de succès. Ils demandaient à M. Sinduhije de libérer les deux policiers pour éviter tout assaut. Une heure plus tard, les militants du MSD ont accepté de rendre deux armes AK 40 qu’ils avaient confisqués aux deux policiers, mais ont gardé leur motorolas.

A 17h53. La police a décidé de lancer l’assaut à coups de grenades lacrymogènes, de rafales de kalachnikovs et même de bombes, accusant les jeunes du MSD d’avoir tiré les premiers. Après une heure d’affrontements, elle a occupé la permanence mais Alexis Sinduhije et ses principaux collaborateurs avaient pris le large. Une dizaine de jeunes ont été arrêtés, les deux otages libérés.
Actuellement, la permanence du MSD est gardée par une armada de policiers.

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