Jeudi 20 janvier 2022

Santé

Rétro Santé/ Covid-19, le mal rôde encore…

05/01/2022 0
Rétro Santé/ Covid-19, le mal rôde encore…
La flambée de nouveaux cas positifs inquiète.

Après une année 2020 à avancer à tâtons, les autorités ont semblé prendre à bras le corps la question en 2021. En témoigne, l’actuelle campagne de vaccination volontaire. De quoi, à certains égards, rassurer la population.

Dépister systématiquement, vacciner rapidement pour atteindre un maximum de gens. Le désormais maître-mot de l’unité Centre des opérations d’urgence (Coups) du ministère de la Santé publique. Au début, quelque peu réticent à emboîter le pas aux autres pays ayant entrepris de vacciner leurs populations, au mois d’août, le gouvernement du Burundi entre dans la danse. «Le vaccin n’a aucun caractère obligatoire. Celle ou celui qui voudra se faire vacciner qu’il/elle le fasse savoir à temps. Toutefois, s’il lui advient quoique ce soit qu’il ne tienne pas le gouvernement responsable », tiendra à préciser Gervais Ndirakobuca, ministre de l’Intérieur. C’était le 27 juillet au cours d’une réunion avec tous les gouverneurs et administrateurs communaux.

Dans l’opinion, une pilule dure à avaler d’autant que les premières doses étaient attendues incessamment. Et les gens contactés avoueront être craintifs : « Si le gouvernement commence à se dédouaner. C’est que quelque part, il y a anguille sous roche. Peut-être des non-dits qu’il doit éclaircir. » Pour eux, en vertu du principe de la redevabilité, le gouvernement a le devoir de rendre compte si des manquements viennent à surgir. De vaines doléances…

Au cours d’une sortie médiatique du 12 octobre, Dr Thaddée Ndikumana, alors ministre de la Santé publique, annonce : « Avec 500.000 doses de vaccins Sinopharm déjà sur le sol burundais en attente d’être réceptionnées, tout est en ordre pour que la vaccination se déroule sans encombre.» C’est le programme national de vaccination (PEV), précise-t-il, qui assurera l’essentiel de l’opération ».
En première ligne dans la lutte contre la pandémie, ce sont les professionnels de santé qui seront les premiers à être vaccinés.

Des paroles jointes aux actes

Lundi 18 octobre, le ministère de tutelle lance le début de la vaccination contre la Covid-19. Certes, des débuts timides, mais qui montreront combien certains Burundais sont soulagés à l’idée d’être à leur tour vaccinés. Et durant ce premier jour, hormis quelques prestataires des services de santé, peu de gens ont répondu au rendez-vous. Faute de sensibilisation ou pas? Un cadre du PEV sous couvert d’anonymat tranquillise : « Une crainte qui n’a pas raison d’être. »

Selon lui, la seconde vague de contaminations leur a permis de prendre conscience de la dangerosité de la maladie. Et comme l’inscription se fait en ligne ((https://cousp-minisante.gov.bi/Rendez_vous_vaccination), suite aux problèmes de connexion internet, le travail du personnel de Mediabox (la société en charge de coordonner les enregistrements) n’a pas été de tout repos. Son personnel devait constamment expliquer que ce n’est pas un problème du portail internet mis en place par le ministère de la Santé publique. Au regard des désagréments survenus ce jour, une stratégie a été mise à disposition des gens désireux d’être vaccinés. « Après une inscription en ligne, la personne vient se faire dépister. Si son test revient négatif, alors elle peut être vaccinée ».
Alors que le taux de vaccination reste encore faible (moins de 2%), la récente recrudescence des cas positifs à la Covid-19 en mairie de Bujumbura inquiète.

Une situation qui met encore en lumière les contradictions dans les déclarations des autorités.

Des autorités qui avancent à tâtons

Le cas de l’administrateur de Gitega est l’exemple le plus illustratif. En déclarant avoir pris la mesure d’empêcher de façon temporaire les grands rassemblements, tels que les croisades, les karaokés, les boîtes de nuit, les sports collectifs afin de limiter les contacts étroits entre les personnes en vue de limiter la propagation de cette pandémie sur les ondes d’une radio communautaire, Jacques Nduwimana sera, le lendemain, recadré par le gouverneur de la province Gitega, Venant Manirambona.

C’était le 7 septembre. Alors qu’il alertait sur la hausse des cas positifs au nouveau coronavirus dans la commune Gitega « en tenant compte du nombre de cas d’hospitalisation qui s’observent dans les différents centres d’accueil», le gouverneur s’est empressé de rassurer qu’aucune mesure allant dans ce sens n’a été prise. Il s’est contenté de demander à ses administrés de respecter les gestes barrières, alors que l’administration municipale, le ministère de la Santé publique et la police nationale alertent sur une montée en flèche des cas positifs à la Covid-19 en mairie de Bujumbura.
« Les récentes mesures de fermer les bains de sauna et l’augmentation des sites (de 4 à 10) ne suffisent pas », ne cessent de clamer les citadins. Pour eux, les autorités habilitées, durant ces fêtes de fin d’année, devaient, sans dérogation aucune interdire les rassemblements publics.

Seule bonne nouvelle : le peu de formes graves. Cependant, Pr Théodore Niyongabo, infectiologue, met en garde : « Certes, le pourcentage des formes graves est un peu plus faible, mais si le nombre de cas de malades augmente, au total, il y aura quand même beaucoup de malades graves en termes de nombre.»

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