Environnement

Les usagers réclament la réhabilitation du pont Ntahangwa

12/02/2020 Felix Haburiyakira Commentaires fermés sur Les usagers réclament la réhabilitation du pont Ntahangwa
Les usagers réclament la réhabilitation du pont Ntahangwa
Le pont sur la rivière Ntahangwa reliant les communes de Kanyosha et d’Isare.

Le pont sur la rivière Ntahangwa reliant la commune Kanyosha à celle d’Isare, province Bujumbura, risque de s’écrouler. Ses usagers se plaignent du ralentissement des échanges commerciaux entre les deux communes. L’administration tranquillise.

Situé à mi-chemin entre les communes de Kanyosha et Isare, dans la province Bujumbura, ce pont est dans un état piteux. Il est sur la route baptisée « Astrida »  tracée pendant la colonisation allemande. Une route qui reliait jadis la capitale de Bujumbura à Bugarama, en province Muramvya.

Les rives de la rivière Ntahangwa ne cessent de s’élargir. Elles  deviennent fragiles et risquent de s’écrouler. Les madriers qui se trouvaient sur ce pont ont été emportés. Les véhicules n’empruntent plus cette route. Les piétons peinent à franchir ce pont, passant sur de petites planches installées par la population environnante. Le risque de tomber dans la rivière est grand.

Pourtant ce pont est un atout pour  la population de ces deux communes et même pour celle de la mairie de Bujumbura. Une voie qui constituait un raccourci pour accéder au marché de Rushubi. Un vaste marché qui dessert aussi  les communes de Mubimbi, Muramvya, Mugongomanga, Nyabiraba et la mairie de Bujumbura.

Il s’observe un impact négatif sur la vie des habitants de la commune Kanyosha et de la mairie de Bujumbura. Les échanges de biens et de personnes  s’amenuisent de plus en plus. Les habitants de la commune Kanyosha peinent à s’approvisionner sur le marché de Rushubi en commune Isare. Les passagers rencontrés à proximité de ce pont se lamentent.

Serges Ngendakumana, originaire de la colline Caranga, signale qu’il y a un bout de temps que les véhiculent ne franchissent plus ce pont. Les commerçants contournent et empruntent la voie de la mairie de Bujumbura. Un long trajet, dit-il. D’autres s’y rendent à pied. « Si le pont s’écroule, ils n’auront plus accès au marché ou bien ils passeront par la rivière avec un risque de noyade ».

Faute de véhicules, les commerçants transportent les marchandises sur la tête. « Transporter les marchandises sur la tête est un travail fatigant. Ils apportent peu de marchandises ». Il plaide pour la réhabilitation de ce pont.

Oscar Mukeshimana, de la colline Mbare, souligne que le pont est infranchissable par les véhicules. « Les denrées alimentaires en provenance de Rushubi se raréfient dans notre localité et le peu qu’on transporte sur la tête ou à vélo coûte cher ». Et de donner un exemple :

«Un régime de bananes qui coûtait trois milles BIF revient maintenant à cinq mille BIF ». Et de préciser que des promesses de réhabilitation ont été longtemps exprimées, mais elles n’ont pas été mises en pratique. Il estime que ce pont devrait être reconstruit. « Nous demandons aux autorités de réhabiliter cette route et ce pont pour que la circulation des biens et des personnes revienne à la normale entre les deux communes (Kanyosha et Isare) d’une part, et entre les deux communes et la mairie de Bujumbura, d’autre part ».

Des commerçantes de Kanyosha en provenance du marché de Rushubi.

Mêmes lamentations du côté de M. Ndimubandi,  un commerçant  de la colline Kirombwe. Il  s’approvisionne au marché de Rushubi à l’aide d’un vélo, faute de véhicule. « Le vélo ne peut pas transporter beaucoup de marchandises. Je travaille au ralenti ».

Jacqueline Bigirimana,  de la colline Kirombwe, cultive au bord de la rivière Ntahangwa, près du pont. Elle fait un constat amer : «  La pauvreté est à nos portes, suite à ce pont qui n’est plus praticable. Les denrées alimentaires se raréfient. Le peu qu’on peut avoir est transporté sur la tête. Cette voie était un raccourci pour les commerçants de Kanyosha et ceux de la mairie de Bujumbura. Ils sont obligés de contourner en empruntant la RN1. D’où la cherté des produits.»

Peur panique chez les écoliers et leurs parents

Désiré Mugisha est un écolier à l’école fondamentale de Shingamano. Il passe sur ce pont pour aller à l’école. L’état du pont lui fait peur. « Un jour nous risquons de tomber dans la rivière ». Et d’interpeller les autorités administratives de réhabiliter la route et le pont pour protéger les écoliers contre d’éventuels accidents.

Claude Hakizimana se rend à l’école fondamentale de Kirombwe. Il dit traverser le pont péniblement. « J’ai des frissons quand je passe sur ce pont. Quand il a plu abondamment, j’hésite à traverser. J’ai des vertiges ».

Céline Mpawenimana, de la colline Kirombwe, est en train de cultiver au bord de la rivière Ntahangwa, près du pont. Elle a peur quand elle voit les écoliers en train de traverser le pont en s’appuyant sur de petites planches. « Le pont est en état piteux, depuis belle lurette ».

Elle fait savoir que les planches qui étaient sur ce pont ont été emportées par de fortes pluies. Dès lors, elle signale que la population s’est organisée et a mis quelques planches sur ce pont pour que les enfants puissent avoir accès  aux écoles. Mais, prévient-elle, le risque de noyade est grand.

L’administration se dit préoccupée mais tranquillise

Gilbert Niyonkuru, administrateur de la commune Isare, reconnaît que le pont jouait un grand rôle dans les échanges commerciaux entre les communes de Kanyosha et d’Isare. « C’était un trait d’union entre ces communes donnant accès facile au centre de négoce de Rushubi ». Il informe qu’il y a un projet de réhabilitation du pont et de la route « Astrida ». Selon lui, des études ont été faites. La route sera reliée à la RN1 et la RN7. Mais en attendant, il indique qu’il s’est déjà concerté avec son homologue de la commune Kanyosha pour faire de petits travaux sur le pont  pour sécuriser ses usagers.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

Editorial de la semaine

Covid-19. Le Burundi retient son souffle

Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur Covid-19. Le Burundi retient son souffle

Les Burundais sont-ils capables de prévenir, gérer et éradiquer le coronavirus ? Quel plan de riposte dispose-t-on en cas du Covid-19 ? Des questions, des inquiétudes fusent de partout  sur les réseaux sociaux, les médias nationaux et internationaux. Des commentaires bourrés parfois (…)

Notre Web Radio sur What'App

1 Ajoutez le numéro suivant à votre liste de contacts de votre GSM : + 257 76 002 004

2 Ouvrez l'application WhatsApp et envoyez un message à ce numéro avec votre nom + la mention "abonnement".

3 Il n'y a rien d'autre à faire : nous nous occupons de l'activation de votre compte. Vous commencerez à recevoir nos émissions quotidiennes en direct sur votre smartphone.

Online Users

Total 528 users online