Lundi 27 juin 2022

Économie

Pénurie des produits pétroliers : Embrouillamini

Pénurie des produits pétroliers : Embrouillamini
A la Gare du nord en zone Kamenge, on est frappé par une longue file de voitures stationnant sur le bas-côté de la route.

Des longues files devant les stations-service, hausse des prix des denrées de première nécessité, hausse des prix de transport, difficulté de se déplacer… C’est devenu le lot quotidien des Burundais. Depuis quelques semaines, une pénurie de carburant frappe tout le pays. Pour nombre d’observateurs, cela découle des causes externes, la guerre entre la Russie et l’Ukraine, mais il existe aussi des causes internes. Côté gouvernement, un silence assourdissant.

Par Fabrice Manirakiza, Hervé Mugisha, Guy-Arsène Izere et Rénovat Ndabashinze

Jeudi 14 avril 2022, il est 10h 40. A la station-service dite « Mogas » sur la Chausse-Prince Louis Rwagasore, les pompistes sont désœuvrés. Ils discutent entre eux. D’autres jeunes sont en train de laver des voitures. « Tu demandes de l’essence ? Hum ! ». Ils se retournent en souriant et ils continuent leurs discussions.

Sur tout le Boulvard Mwezi Gisabo (ex-Boulevard du 28 novembre), aucune station-service n’est en train de distribuer du carburant. La plupart sont d’ailleurs désertes. Aux stations-service Kobil et Yakeim oil Company, on remarque des files de voitures. « Nous avons entendu des rumeurs que le carburant sera probablement servi. On attend. » Jusqu’à quand ? Ils n’en savent rien.

11 h 00. A la Gare du Nord en zone Kamenge, on est frappé par une longue file de voitures stationnant sur le bas-côté de la route. A la Station-service « Interpetrol », une longue file, mais l’essence n’est pas distribuée. A Nyabagere oil, il y a quelques taxis qui, normalement, stationnent à cet endroit en attendant les clients.

A environ 300 m de là, à la station-service tout près de la route menant vers le quartier Gasenyi, des chauffeurs de bus, de camions et de camions-remorque discutent en petits groupes. On remarque une longue file de bus dit « Coasters » et des camions-remorques. Le désarroi et la fatigue se lisent sur tous les visages. « Certains d’entre nous sont ici depuis des jours. On ne sait pas si nous allons être servis », raconte avec lassitude le conducteur d’une remorque. Avant d’arriver au rond-point dit « Iwabo w’abantu, deux stations-service, Kobil et Top 7. Devant cette dernière, il y a une dizaine de voitures qui attende.

Partout, la même image

De longues files devant les stations- services s’observent partout en ville

A la station-service « Top one », tout près du marché dit « Cotebu », plusieurs voitures sont stationnées là. Leurs propriétaires espèrent être servies. Beaucoup de voitures du gouvernement et des ONG sont là. A la station-service Interpetrol sur le Boulevard du peuple Murundi, en face de l’Eglise Pentecôte, une longue file de plusieurs centaines de mètres de différents véhicules est visible. La scène chose au centre-ville, tout près de l’ex hôtel Novotel, plusieurs camions- remorques et des simples véhicules, stationnent sur le trottoir, gênent la circulation. C’est difficile pour les policiers de régler la circulation. D’ailleurs, un accident vient d’avoir lieu entre deux voitures. Chez Katikati, il n’y a pas de distribution de carburant aussi. Les conducteurs de bus de transport, de voitures des particuliers, camions, tous attendent patiemment. Ils indiquent qu’ils ont vu un message, dans leurs groupes WhatsApp, qu’il y aura une distribution. « Aujourd’hui, c’est ce qui se fait. On pose des questions dans des groupes. Celui qui a une information, il la partage avec les autres. Parfois, ce sont des canulars … », confie, en haussant les épaules, un conducteur de taxi. Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que dans la fin de l’après-midi, le carburant a été distribué chez Katikati.

Depuis deux semaines, cette pénurie des produits pétroliers perdure. Les habitants assistent à des scènes des gens avec des bidons ou des réservoirs de motos. Ils passent dans des quartiers à la recherche du carburant. « Au début, c’était marrant, mais ce n’est plus drôle du tout aujourd’hui », commente un habitant de la zone Ngagara. Pour les motards, c’est le désespoir. « Dans les quartiers où on nous a cantonné lorsque le gouvernement a pris la décision de délimiter les zones de travail des deux-roues et tricycles, il n’y a presque pas de stations-service. On est obligé d’aller en ville », raconte un motard de Kamenge. Des échauffourées éclataient entre ceux qui ont des voitures et ceux qui ont des bidons ou des réservoirs dans les mains. Parfois, les bidons sont plus nombreux que les voitures. « C’est ce qui alimente la fraude », déplore un chauffeur de taxi. Selon lui, ce sont ceux qui amènent des bidons qui vont, par après, le revendre sur le marché noir. « On se retrouve à acheter un litre à 10 ou à 12 mille de BIF. » Les accusés répliquent autres qu’ils ont eu « une panne sèche en cours de route. »

De longues files s’observent sur les parkings des bus

Les longues files sur les différents parkings qui desservent la mairie de Bujumbura s’observent aussi. Il faut être fort pour pouvoir entrer dans un bus. Les passagers attendent des heures et des heures l’arrivée du bus. « Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? On attend. » Les habitants de la mairie de Bujumbura se lamentent qu’ils sont toujours en retard à leur travail. « Parfois, j’arrive au boulot à 8h 30 ou 9 h. Je risque de perdre mon travail », confie une maman du quartier Carama. « La décision de délimiter les zones de travail des deux-roues et tricycles n’arrange pas les choses. Qu’on laisse les motos, les Tuk-Tuk et surtout les vélos à cause de cette pénurie du carburant. Cela peut nous aider beaucoup », renchérit un habitant du quartier Mutakura.

Une mode est en vogue : rentrer à pied (Tuharye i reggae) en dansant le « reggae». C’est d’ailleurs devenu un sujet de divertissement sur les réseaux sociaux. « Il faut en rire qu’en pleurer », commente, désabusé, un habitant de la ville de Bujumbura. Au lieu d’attendre sur des files sur les parkings, les gens préfèrent rentrer à pied. En solo ou en petits groupes. Certains font même plus d’une dizaine de km.

Les prix des denrées alimentaires montent en flèche

Rentrer à pied est devenu le seul recours

Aux marchés dits « Cotebu », « chez Siyoni » et ailleurs, les prix des denrées alimentaires ont augmenté du simple au double et parfois au triple. Les commerçants indiquent que cela est dû à la pénurie du carburant et le manque de moyens de déplacement après l’interdiction des deux-roues et tricycles de circuler dans certaines zones de la mairie de Bujumbura.
« Le haricot dit « jaune » est passé de 2000 BIF à 3500 BIF. Le haricot Kinure s’achète 1700 BIF alors qu’il y a quelques jours il était à 1400 BIF. Quant au haricot Kirundo, il a augmenté de 500 BIF. Comment voulez-vous qu’on nourrisse nos familles », se lamente, les larmes dans les yeux, une maman rencontrée au marché « Chez Siyoni ». Quant au riz naguère à 2300 BIF le kilo, il se vend à 3000 BIF. Une bouteille de l’huile de palme d’un litre s’achète à 6000 BIF alors qu’elle se négociait à 3500 BIF. Un kilo de tomate qui était à 2500 BIF s’achète à 3500 BIF. Un kilo de banane vert vendu à 600 BIF est passé aujourd’hui à 800 BIF. « Et les prix continuent de monter. Le gouvernement doit faire quelque chose », confie un vendeur d’unité de téléphonie mobile au marché dit « Cotebu ».

Pour le charbon de bois, c’est une autre histoire. « Avant, j’achetais un sac de charbon à 40.000BIF. Je suis tombé des nues quand on m’a dit qu’il est à 70.000 BIF », raconte une maman de la zone Nyakabiga. Les familles vivent un calvaire. « Aujourd’hui, nous avons pris la décision de faire la cuisson une seule fois par jour. Il me serait très difficile d’avoir 7 mille BIF par jour pour le charbon de bois seulement », se lamente Thomas, un père de famille de Nyakabiga. D’habitude, il utilisait 3500 BIF pour l’achat de ce combustible. Ce père de quatre enfants est dépassé : « En tout cas, si la situation perdure, je ne vois pas comment je vais continuer à subvenir aux besoins de ma famille. Pire, les prix montent et le salaire reste le même. » Inès Sinzinkayo, de Kanyosha, au sud de Bujumbura, vit la même situation : « Le charbon de bois est devenu une denrée rare et chère. Aujourd’hui, pour une journée, je dois dépenser 5 mille BIF alors qu’avant, j’utilisais 2 mille BIF. »

Les grossistes qui approvisionnent Bujumbura en charbon s’expliquent : « C’est vraiment très difficile, ces derniers mois. Tu peux passer trois jours d’attente sur une station-service sans être servi. Pour ne pas arrêter le travail, tu es obligé de t’approvisionner en carburant sur le marché noir. Pour avoir un bidon de 20 litres, tu débourses entre 80 mille et 100 mille BIF. » D’où la hausse des prix.

Les prix des tickets de transport s’enflamment

Les gens qui voyagent à l’intérieur du pays ne savent plus à quel saint se vouer. Suite au manque de carburant, les prix des tickets ont augmenté du simple au double. « Actuellement prendre le bus est un casse-tête. Le prix a monté. Moi, j’habite à Nyamitanga, commune Buganda, province Cibitoke. Habituellement, je payais 2 mille BIF, mais maintenant, on vient de me dire que le ticket est revenu à 4 mille BIF et c’est non négociable », se lamente une passagère, enfant au dos et valise sur la tête. « Avant la pénurie du carburant, je payais 5 mille BIF pour arriver au marché de Nyeshenza. Aujourd’hui, le ticket varie entre 7 mille et 8 mille BIF. J’ai même payé 12 mille BIF jeudi passé », indique un autre passager.

Le prix du ticket Bujumbura-Gitega varie entre 15.000 BIF et 20.000 BIF alors qu’il était de 8000 BIF. Bujumbura- Kayanza, le ticket est devenu 12000 BIF. D’ailleurs, il faut jouer les coudes pour pouvoir avoir une place, car les voitures sont peu nombreuses. « C’est normal que le prix du ticket monte parce que le carburant est introuvable. Hier j’ai acheté un bidon d’essence de 20l à 120 mille BIF », se justifient certains chauffeurs. Ils dénoncent le désordre et la spéculation qui s’observent sur les stations-service. « Pour être servi, il faut donner quelque chose aux pompistes et policiers. » Ces chauffeurs demandent au gouvernement de revoir à la hausse le prix du carburant et de rendre disponible ce produit.


L’intérieur du pays n’est pas épargné

Sur une des plages de pêche à Rumonge, les séchoirs sont vides suite au manque du carburant.

La même situation s’observe dans les provinces de Rumonge et Gitega. Et les conséquences sont presque les mêmes.
A Rumonge, certaines activités marchent déjà au ralenti suite au manque du carburant. A l’une des plages de pêche, plusieurs bateaux sont à l’arrêt. « Nous avons arrêté la pêche prématurément, parce qu’il n’y a plus de carburant. Pour arriver en plein lac, nos bateaux ont besoin du carburant. Et plusieurs jours viennent de se passer sans aucune goutte ici à Rumonge », lâche un pêcheur interrogé. Il indique qu’avant, il pouvait utiliser seulement 50 mille BIF pour le carburant, mais actuellement, sur le marché noir, le prix a presque quintuplé. Et les pertes sont énormes. « Avant on pouvait avoir du carburant à 48 mille ou 50 mille BIF. Ce qui nous permettrait d’aller loin dans le lac. Mais, avec le manque et la cherté du carburant, difficile de s’y aventurer, on se contente de pêcher sur les côtes, on attrape peu de poissions ce qui cause des pertes. »

Des pêcheurs venus d’ailleurs souffrent doublement. « Voilà, on ne pêche plus. On devrait fermer le lac samedi, mais depuis ce lundi, nous n’avons aucune goutte de carburant pour notre bateau. C’est l’arrêt », raconte Edmond, un pêcheur natif de Nyanza-Lac, province Makamba. Et là, il doit rentrer chez lui. Mais, le prix du ticket a monté : « C’est vraiment très difficile. Aujourd’hui, de Rumonge à chez nous, on m’a demandé 20 mille BIF alors que je n’ai pas travaillé. Je suis condamné de rester ici, désœuvré. »

Et sur cette plage, les séchoirs sont vides. « Il n’y a pas de poissons, parce que pour les attraper, il faut faire des km dans le lac. Mais, on n’a pas de carburant pour y aller », témoigne Delachance Hassan, un pêcheur. Il précise que même leur patron a décidé de mettre au repos ses bateaux pour ne pas continuer à enregistrer des pertes. « Et là, on n’a plus du travail. »

Ceux qui vivent des petits métiers à cette plage sont aussi touchés comme ces jeunes qui réparent les moteurs des bateaux. « Aujourd’hui, il n’y a plus de bateaux à réparer. Parce qu’ils ne travaillent presque plus. Ce sont quelques rares bateaux qui exercent encore. Par jour, nous pouvions avoir au moins 20 mille BIF, mais, actuellement, nous n’avons presque pas de travail », explique un de ses techniciens.
En pleine ville Rumonge, les motards, les chauffeurs des bus, les propriétaires des véhicules ne décolèrent pas. « Il y a beaucoup des familles qui vivent du métier de motard, mais aujourd’hui c’est difficile d’avoir de l’argent quand on est chômage », dit Claude Bukuru, un motard. Il vient de passer quatre jours sans travailler. « Depuis mardi, ma moto se trouve sur cette station attendant désespérément du carburant. » Là, il n’est pas le seul : des véhicules, des motos, des petits bidons … font la queue sur cette station-service qui, malheureusement, est à sec.

Les propriétaires des huileries sont aussi affectés. « Pour faire tourner nos machines, on doit utiliser du carburant, malheureusement, il n’est pas trouvable aujourd’hui. Et voilà, notre travail est à l’arrêt », confie un propriétaire d’une unité d’extraction d’huile de palme. Il ne doute pas que cela va faire monter le prix d’un bidon d’huile de palme.

Dans la ville de Gitega, c’est le même scénario. De longues files se remarquent sur toutes les stations-service. « Mercredi, une seule station-service était en train de distribuer le carburant. Les voitures s’alignaient sans savoir s’ils allaient avoir de l’essence. Nombre de conducteurs ont laissé leurs voitures devant les stations-service plusieurs jours », indique un habitant de la ville de Gitega. D’après les chauffeurs de voitures de transport en commun, le prix d’une bouteille de 1,5 litre d’essence varie entre 10.000 BIF et 12.000 BIF sur le marché noir. « Les fraudeurs ne le donnent pas à tout le monde de peur d’être attrapés. On ne sait pas où ils trouvent ce carburant », confie un transporteur qui fait Gitega-Bujumbura.

Du coup, le prix pour ce trajet a monté. Le matin, le ticket est à 20.000 BIF alors qu’avant cette pénurie il était à 8000 BIF. Plusieurs transporteurs ont arrêté le travail. « Il s’observe une forte spéculation sur les agences de transport qui étaient les derniers recours. Ils te disent qu’il n’y a plus de place, mais, à côté, il y a quelqu’un qui te le vend à 20.000 BIF en prétextant qu’il ne descend plus sur Bujumbura. Comme tu ne peux pas faire autrement, tu acceptes. Je suis sûr que ce trafic est fait par les employés de ces agences », témoigne un passager en colère.
Les prix des produits alimentaires ont également monté. « Normalement, les produits qu’on vend à Gitega comme le riz, le manioc, etc. proviennent des provinces Ruyigi, Rutana ou Cankuzo. Et on les déplace avec des camions. Depuis la pénurie, les affaires sont au ralenti », indique une vendeuse du marché de Gitega. « Le prix de la dernière qualité de haricot est monté de 300 BIF. Le riz s’achète à 3000 BIF. Tous les prix ont été revus à la hausse. » Selon les habitants de la ville Gitega, les prix de transport à moto ont aussi doublé.


Un casse-tête

Les propriétaires des stations-service grognent, les importateurs « désemparés », la population trinque et le ministère de l’Energie dit chercher des solutions.

Freddy Ipoma : « La situation est préoccupante suite à la crise russo-ukrainienne. »

Dans une déclaration du 27 janvier dernier, le ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines, Ibrahim Uwizeye, a annoncé la mesure de hausser les prix de l’essence, du mazout et du pétrole. « A Bujumbura, les prix de l’essence sur les pompes sont passés de 2.400 à 2.700 BIF par litre, celui du mazout est passé de 2.350 à 2.650 BIF par litre et 2.100 à 2.450 BIF par litre pour le pétrole. » Le ministre Uwizeye a expliqué que cette mesure est prise après la hausse des prix du carburant sur le marché international. « Le ministère fera tout son possible pour assurer la disponibilité du carburant. »

Le 8 avril dernier, le ministre de l’Intérieur, Gervais Ndirakobuca, a déclaré en province Kayanza lors d’une rencontre avec les gouverneurs de province : « Comme le Burundi n’est pas un îlot, nous devons nous ajuster par rapport à la situation actuelle. Le prix du carburant doit être revu à la hausse. » Et de se poser une question : « Si le prix est augmenté aujourd’hui, est-ce que le carburant va être disponible ? C’est un autre problème. » Selon lui, le carburant qui manque aujourd’hui, c’est celui qui avait été commandé lorsque le prix a été revu à la hausse. « Demain où après demain, le prix va monter. Il faut se préparer. Si tu regardes ce qui se passe en Tanzanie, le litre coûte 3000 shillings tanzaniens. Si tu convertis cela en BIF, je pense que c’est 5000 BIF par litre. »

Grogne des propriétaires des stations-service

« J’ai fait la commande et je viens de passer une semaine à attendre le carburant. Nous travaillons à perte et si cela continue ainsi, je serai dans l’obligation de réduire le nombre des l employés », raconte, très remonté, l’un des propriétaires rencontrés.
Il assure qu’il doit payer certaines dépenses comme le salaire pour les employés, le loyer, les frais de gardiennage sans rien vendre. « Si la situation persiste, je serais obligé de migrer vers d’autres affaires, car ce n’est plus rentable. »
Un autre propriétaire d’une station-service dans la zone Kanyosha indique qu’il a déjà mis la clé sous le paillasson, car s’approvisionner en carburant est devenu un parcours du combattant.

Selon eux, même ceux qui parviennent à avoir du carburant, ils ne reçoivent que des gouttes. « Par exemple, si je veux 10.000 litres, on ne me donne que 3.000 litres. Et là, tu dois attendre la livraison entre trois à cinq jours », explique J. N., propriétaire d’une station-service.

Les importateurs « désemparés »

Didace Itangishaka : « Le gouvernement devrait augmenter le prix à la pompe ou réduire les taxes. »

La plupart des sociétés qui importent le carburant font savoir qu’actuellement, ils travaillent à perte. Cela pousse certains à garder le carburant tout en espérant que le prix à la pompe sera bientôt revu à la hausse.

Pour Didace Itangishaka, directeur général de Mogas Burundi, la pénurie actuelle du carburant est due à 3 facteurs principaux : les allocations en devise insuffisantes, la hausse du prix à l’international et certains importateurs qui spéculent.
« Les devises qu’on recevait pour l’importation sont devenues insuffisantes à cause du prix du baril qui a presque doublé. Pourtant, les allocations en devise n’ont pas suivi la même cadence », souligne M. Itangishaka.

De surcroît, ajoute-t-il, certains importateurs gardent le carburant dans les stocks pour spéculer et la demande en carburant n’a cessé d’augmenter.
M. Itangishaka demande au gouvernement d’augmenter le prix à la pompe ou de réduire les taxes sur le carburant et revoir à la hausse les allocations en devises afin de pallier ce fléau.

Quant à Freddy Ipoma, directeur général adjoint d’Interpetrol Burundi, la situation est préoccupante suite à la crise Russo-Ukrainienne. « Le prix du baril a été revu à la hausse. De plus, cette crise a déstabilisé l’offre et la demande en produits pétroliers au niveau internationale. Cela a affecté tous les pays de la sous-région, dont le Burundi », précise-t-il.
Il confie qu’ils sont en train de travailler avec le ministère de tutelle pour résorber cette situation: « Interpetrol a mis en œuvre tous les efforts tant matériel que financier pour atténuer le choc. »

Selon lui, les discussions sont en cours avec le ministère en charge de l’hydraulique pour trouver une solution aux différentes inadéquations qui existent sur le marché en ce moment, notamment la structure des prix et d’autres paramètres qui pourraient aider dans l’approvisionnement en produits pétroliers.
M. Ipoma rassure qu’ils sont à l’œuvre pour limiter l’impact et demande aux autres importateurs de faire de même.

Le ministère de l’Hydraulique tranquillise

« Nous sommes au courant du problème actuel d’approvisionnement en carburant et ses conséquences. Le ministère est à l’œuvre pour trouver une solution adéquate », rassure Martin Ndayizeye, directeur général d’Energie au sein du ministère de l’Hydraulique, de l’Energie et des Mines.

Selon lui, des discussions avec les importateurs sont en cours et toutes les cartes sont sur table. « Bientôt des mesures d’atténuation seront prises et nous espérons que ces dernières pourront amortir le choc. »
Il indique qu’ils venaient de passer 5 mois à constituer un stock stratégique, qui, malheureusement, est en train d’être consommé pour combler le déficit qui se manifeste ces derniers temps.
« Il y a eu des rumeurs que certains importateurs ne livrent pas du carburant en attendant une éventuelle hausse. Après vérification, on a constaté que ce n’est pas vrai », ajoute M. Ndayizeye.

« Prioriser les bus et les camions. »

Noël Nkurunziza : « La hausse du ticket n’a pas d’explication, car le prix du carburant à la pompe n’a pas encore augmenté. »

« C’est une évidence. Ces derniers jours, il s’observe une pénurie du carburant. Le ticket de transport et les prix des denrées alimentaires ont aussi augmenté », constate Noël Nkurunziza, secrétaire général de l’Association des consommateurs du Burundi (ABUCO).
Il trouve que cette hausse n’a pas d’explication, car le prix du carburant à la pompe n’a pas encore augmenté.
A ceux qui disent qu’ils haussent le ticket et les prix de certains produits, car ils doivent passer beaucoup de temps à faire la queue pour s’approvisionner en carburant, il indique que cela ne peut justifier une hausse du ticket jusqu’au double.
Selon lui, le gouvernement devrait rétablir l’ordre dans la distribution du carburant, éviter des spéculations et distribuer du carburant en priorisant les bus qui font le transport en commun et les camions, pour le transport des marchandises.

« Il faut un fonds spécial pour constituer un stock stratégique. »

Jean Prosper Niyoboke, économiste et professeur d’université, estime qu’il doit y avoir un choc de l’offre à l’échelle mondiale. « Certains pays auront besoin de constituer des réserves afin de se protéger contre d’éventuelles hausses spectaculaires et les pays qui s’approvisionnaient en Russie feront recours aux autres pays producteurs. Cette situation entraîne souvent l’inflation de la demande », précise-t-il.

De plus, ajoute M. Niyoboke, au niveau local, il peut y avoir une hausse exponentielle des produits, surtout alimentaires suite aux spéculations, notamment les personnes qui achètent le carburant à la pompe et le revendent à un prix exorbitant. « D’où la nécessité des instruments de contrôle et de régulation de commercialisation. »

Selon lui, le gouvernement devrait mettre en place un fonds spécial qui permettra de constituer un stock stratégique, une plateforme tripartite (Etat, importateurs et usagers) pour se concerter continuellement afin de fixer des prix consensuels.
Il tient à préciser que le gouvernement devra diminuer, en cas de besoin, les impôts sur le carburant, ce qui réduira le fardeau aux importateurs.


Les six solutions de l’Olucome

Pour le président de l’Olucome, Gabriel Rufyiri, cette pénurie des produits pétroliers est le résultat des causes externes, en l’occurrence la guerre entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi des causes internes. Il donne six pistes de solutions qui peuvent aider le pays à faire face à cette crise actuelle et même ultérieure.

Gabriel Rufyiri : « Cette pénurie s’observe parce que le Burundi n’a pas pris des mesures pour protéger le citoyen. »

« Nous sommes en train d’observer, ces derniers jours, un phénomène un peu étrange de pénurie, mais pas seulement pétroliers comme le gasoil et l’essence du carburant, mais aussi de beaucoup des produits sensibles à savoir le sucre, les produits Brarudi, l’engrais chimique et actuellement la pénurie du charbon. C’est un problème qui est difficile à comprendre », indique Gabriel Rufyiri. De cela, poursuit-il, résulte l’inflation. « Tous les produits de première nécessité sont devenus très chers et même introuvables. »

M. Rufyiri parle aussi de la pénurie des devises. Selon lui, le constat est qu’il y a deux marchés parallèles. « Il y a le taux de change du gouvernement qui de 2000 BIF pour un dollar américain, mais c’est plus de 3000 BIF sur le marché noir. Au niveau économique, il y a un grand problème. »

Quid des produits pétroliers ?

« Certes, il y a des causes externes, mais il y a aussi des causes internes. Cette guerre entre la Russie et l’Ukraine a des répercussions au niveau mondial. Ce que nous observons dans le monde, ce n’est pas la pénurie, mais plutôt la hausse des prix des produits pétroliers. Certains ont dû subventionner ces produits et on n’observe pas de pénurie sauf chez nous. » Selon Gabriel Rufyiri, cette pénurie s’observe parce que le Burundi n’a pas pris des mesures pour protéger le citoyen.

Le président de l’Olucome répertorie 6 problèmes et partant 6 solutions. D’abord, les devises. Pour lui, le gouvernement devait tout faire pour qu’il y ait des devises. « Il doit varier les sources de devises en intéressant les investisseurs étrangers, exportations des produits industriels (café, coton, thé), les produits miniers, le tourisme, la diaspora, … Toutefois, il y a des préalables pour que ces sources de financement puissent être disponibles. »

Le deuxième défi est le monopole dans ce secteur. M. Rufyiri trouve que c’est un problème et que ce n’est pas normal pour un pays comme le Burundi. « Il faut démolir à tout prix ce monopole et intéresser beaucoup d’investisseurs dans ce secteur. »
Un autre défi, c’est la constitution du stock stratégique. « C’est incompréhensible pour un pays comme le Burundi qui est enclavé et qui n’est producteur du pétrole. Imaginons si Interpetrol décidait de quitter le pays, nous allons devenir quoi ? Il faut un stock d’au moins entre 3 mois et 6 mois. » Donc, poursuit-il, il faut plusieurs sociétés comme ça se fait dans d’autres pays et leur donner des avantages.
Le quatrième défi est la voie utilisée pour importer. « En principe, c’est la voie maritime qui est moins chère. Mais, toujours à cause des intérêts des individus, c’est la voie routière qui est toujours utilisée alors qu’elle est plus chère. »

Un autre défi, ce sont les taxes. « Le gouvernement taxe beaucoup ces produits. Les droits d’assises, les droits de douane, la TVA … C’est autour de 700 BIF sur chaque litre vendu. » Et de poser une question : « Enfin de subventionner ce secteur, pourquoi pas abandonner les taxes ou en injectant de l’argent. Les produits pétroliers sont sensibles. Il influence d’autres produits. »

La dernière proposition de l’Olucome, il faut la mise sur pied d’une commission d’experts qui vont analyser et proposer des solutions sur cette question. « Pourquoi c’est le corridor Nord qui est utilisé au lieu de la voie maritime. C’est parce que la plupart de ces sociétés qui importent le carburant ont des camions et ce sont ces intérêts qui sont mis en avant. »

Et de rappeler qu’au moment de l’embargo en 1996, le gouvernement de l’époque avait mis en place une commission multisectorielle et que la société civile était dedans. « Le Burundi n’a jamais eu de pénurie alors qu’on était en plein embargo. Souvent, ce sont des gens qui ont des intérêts personnels qui proposent des solutions. »

Quant au silence du gouvernement sur ce dossier, M. Rufyiri trouve que c’est aussi une réponse. « Peut-être que le gouvernement ne voit pas la communication qu’il peut faire. Pour nous, ce que nous avons besoin c’est la disponibilité de ces produits. Certes, il faut communiquer, mais avec des solutions. Peut-être qu’il est en train de les chercher. »


Réactions

Agathon Rwasa : « Il y a des gens qui confondent la gestion du parti au pouvoir avec celle du pays »

En tant que garant de la stabilité et parce qu’il est redevable envers son peuple, le leader de l’opposition rappelle que le rôle du gouvernement, c’est de trouver des solutions, de répondre aux soucis des uns et des autres. « Le carburant ne manque pas à cause de la crise russo-ukrainienne. Il manque parce qu’il n’y a pas de devises pour l’importer. Et la banque centrale qui est censée détenir ces devises en manque alors que sur le marché noir, on en trouve ». Pour le président du parti CNL, un tas de preuves qui montre à suffisance que combien la spéculation, l’indiscipline au niveau de la gestion de la chose publique est devenue rampante. « C’est comme s’il y a des gens qui édictent leur fausse loi pour servir leurs propres intérêts. Avant toute chose, c’est à quoi le gouvernement doit s’attaquer ».

D’après lui, le pouvoir doit cesser d’amadouer ces gens qui tiennent en otage la vie du citoyen burundais. Et de se demander : « Si jamais la crise russo-ukrainienne se pérennise, qu’est-ce que le gouvernement expliquera au citoyen burundais qui manque de médicaments ou de denrées alimentaires ? ». Au vu des grognes de la population, M. Rwasa estime que le gouvernement n’aucun intérêt à se murer dans le silence. « La classe politique à commencer par celle qui dirige le pays devrait comprendre que l’heure est grave. Il importe des actions concrètes ». Et pour résoudre, cette situation idem que les autres problèmes liés à la mauvaise gouvernance, ce membre de l’opposition estime que le parti au pouvoir devrait s’asseoir ensemble avec toutes les parties prenantes, ainsi définir de nouvelles perspectives. « Sans cela, nul doute qu’il y aura toujours des gens qui confondent la gestion du parti au pouvoir avec celle du pays. Sous le seul prétexte qu’on en détient les rênes ».

Parmi les préalables requis pour prévenir que cette crise du carburant se pérennise, ce député revient sur la transparence qui doit caractériser l’octroi des marchés publics. « Si sur 10 sociétés, une ou deux monopolisent tout le marché, quelles seront les alternatives si jamais ces sociétés font face à de problèmes d’approvisionnement ? » Avant de conclure en rappelant : « Si la concurrence est un principe consacré par la loi. Pourquoi n’est pas la permettre. Encore une fois, nos dirigeants doivent comprendre que l’intérêt général de la population doit toujours primer sur les intérêts personnels ».

Venant Hamza Burikukiye : « Le gouvernement fait de son mieux pour garder la tête hors de l’eau »

Contrairement à ce qu’une partie de l’opinion appelle « mutisme gouvernement », le représentant légal de Capes+, trouve que le gouvernement a déjà pris à bras le corps la question. « Il suffit de voir les comment les mesures par certains administratifs pour que certaines stations-service servent en priorité les bus de transport et la disponibilité des agents de sécurité pour mettre de l’ordre dans la distribution du carburant ». Par rapport à la pénurie du carburant, M. Burikukiye rappelle que le Burundi n’est pas le seul pays à subir les conséquences de la crise russo-ukrainienne.

Evariste Ngayimpenda : « Le gouvernement doit mettre sur pied une stratégie bien claire »

En pareilles circonstances, cet acteur politique estime que le gouvernement devrait s’asseoir avec toutes les parties prenantes dans cette crise et mettre sur pied une stratégie bien précise. « Ne fût-ce que pour éviter que la situation s’envenime ». Au risque que certains coins du pays ne soient plus approvisionnés en produits de première nécessité, tels que les denrées alimentaires. Pour lui, la part belle doit être accordée aux véhicules qui font le transport des marchandises. Idem pour ceux qui font le transport en commun. Si besoin il y a, poursuit-t-il, il faudrait voir dans quelle mesure les subventionner. « Car, avant toute chose, ce sont les intérêts du Burundais « moyen » qui doivent primer ». Partant du principe la gestion du pays ressemble à la gestion d’une famille, en pareilles crises, M. Ngayimpenda trouve que le gouvernement devrait réduire son train de vie (déplacements, dépenses à tout-va, etc).

Quant à la situation de monopole de marchés publics que ne cesse de décrier l’opinion, l’ancien président de l’Uprona de l’aile de l’opposition, conseille au gouvernement de revoir la façon dont sont octroyés les marchés publics. « Dans de tels cas, s’il y a cette situation de monopole surtout pour des produits stratégiques, c’est tout un peuple qui est à la merci d’un petit groupe de gens sans scrupules ».

Kefa Nibizi : « La moindre des choses, c’est de rassurer les usagers dans le désarroi »

Kefa Nibizi

Comme cette pénurie du carburant ne date pas d’hier, le président du parti Codebu Iragi rya Ndadaye trouve que les organes de l’Etat en charge de cette question devraient préalablement avoir pris des mesures afin d’éviter cette kyrielle de conséquences. Mais plus que tout, M. Nibizi se demande pourquoi, après bientôt deux semaines, le gouvernement ne donne pas de lumière sur les probables causes. « La moindre des choses, c’est de rassurer tous les usagers qui sont de plus en plus dans le désarroi ». Cet acteur politique rappelle qu’en pareilles circonstances, l’absence d’une information officielle laisse libre cours à des opinions de tous bords.  M. Nibizi conseille au gouvernement d’anticiper. « Outre leur flambée, le gouvernement doit prendre des mesures pour que ces produits sensibles soient disponibles ».

L’urgence, selon lui, serait la suppression de certaines taxes imposées. « Une stratégie qui pourrait éviter à la population qui vit déjà dans la pauvreté extrême d’être totalement dépouillée ». Ainsi, pour éviter le monopole dans l’importation de ce produit très sensible, cet acteur politique soutient l’idée selon laquelle le gouvernement doit libéraliser davantage l’importation de ce produit. « A défaut de personnes à mesure de remplir les conditions requises, le gouvernement pourrait l’importer lui-même via une société à participation publique ou mixte ». Et de conclure : « Dans le cas contraire, si la situation de monopole perdure, c’est tout le pays entier qui risque d’être pris en otage ».

Explications du ministre devant le Sénat sur les pénuries répétitives

28 octobre 2021 : Lors des questions orales avec débat au Sénat adressées au ministre en charge de l’Energie, Ibrahim Uwizeye, les sénateurs ont demandé les causes profondes qui sont à l’origine de la problématique répétitive de manque de carburant. Le ministre a répondu que cela est lié au manque de devises en suffisance d’autant plus que la monnaie burundaise dévalue du jour le jour. Une autre raison, selon lui, est que le Burundi ne produit pas le carburant et qu’il arrive que le baril monte de prix, sans oublier la covid 19 qui a perturbé l’économie mondiale. Il a promis que le gouvernement assure un suivi rapproché afin de bannir la spéculation des importateurs et commerçants du carburant pour servir les stations possibles.
Concernant le monopole de la société Interpetrol qui constitue, d’après les sénateurs, une entorse par rapport au principe de compétitivité, le ministre a indiqué qu’il n’y a pas de monopole de vente de carburant d’autant plus qu’il y a eu un moment où le Burundi avait quinze importateurs et qu’actuellement il y en a six. Et d’ajouter que les portes sont ouvertes pour tout importateur du carburant à condition que celui-ci soit à la hauteur et adhère aux principes d’importation, un domaine étant hautement stratégique.
Quant aux projets du ministère de l’Hydraulique compte faire pour stabiliser les prix du carburant et d’autres denrées alimentaires, le ministre a répondu que comparativement au prix du carburant des pays voisins, le prix du carburant au Burundi n’est pas exorbitant, mais que le gouvernement ne ménage aucun effort pour le stabiliser ainsi éviter la montée d’autres denrées.S’agissant de savoir s’il existe toujours des réserves de carburant qui pourraient être utilisées en cas de pénurie de longue durée, le ministre a répondu par la négative, mais a précisé que le gouvernement est en train de voir la mise en place d’un stock stratégique en prévoyant des réservoirs dans différents coins du pays notamment à Bujumbura, Ngozi, Rumonge et Gitega.

Structure de l’essence super, du gasoil et du petrol importés via Eldoret et Dar-es-salaam

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Stan Siyomana

    1. Vous écrivez:« Le prix du baril a été revu à la hausse. De plus, cette crise a déstabilisé l’offre et la demande en produits pétroliers au niveau internationale… »
    2. Mon commentaire
    En effet:
    « Russia supplies Europe with about 40 per cent of its gas. It is also the world’s third-largest oil producer, behind the US and Saudi Arabia, pumping roughly 10mn barrels a day last year, approximately 10 per cent of global output… »
    https://www.ft.com/content/a486c114-6bb0-47a9-b015-21acdaeecb73

    • Stan Siyomana

      « The OPEC+ crude production in March fell further behind the target levels after February output was more than 1 million bpd below the collective quota…
      Russian oil supply is expected to fall by 1.5 million bpd in April, with shut-ins projected to accelerate to around 3 million bpd from May, the International Energy Agency (IEA) said in its monthly report last week… »
      https://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/OPEC-Missed-Its-March-Output-Quota-By-145-Million-Bpd.html

  2. Vuguregeya

    Dire la vérité aux citoyens facilite leur acceptation des problèmes. Ce n’est pas honteux de dire qu’il n’ y a pas de devises suffisants pour importer les produits pétroliers puisque les pays voisins arrivent à les importer. Ne pas se voiler la face sur différents problèmes nous aiderait à émerger.

  3. arsène

    « Concernant le monopole de la société Interpetrol qui constitue, d’après les sénateurs, une entorse par rapport au principe de compétitivité, le ministre a indiqué qu’il n’y a pas de monopole de vente de carburant d’autant plus qu’il y a eu un moment où le Burundi avait quinze importateurs et qu’actuellement il y en a six. »

    Soit les sénateurs ne connaissent pas la réalité, soit le ministre n’a pas compris la question. Un constat tout de même, M. le ministre est un grand spécialiste de la langue de bois.

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