Mercredi 30 novembre 2022

Politique

Le mandat de trop

Le mandat de trop
Les juges de la Cour de Justice de l’EAC. Au milieu, Me Nestor Kayobera.

La Chambre d’appel de la Cour de justice de l’East African community (EAC) vient d’invalider le 3e mandat de feu président Pierre Nkurunziza. Un mandat à la source de nombreuses tragédies : assassinats, disparitions forcées, exil, … Le jugement de la Cour, rendu le 25 novembre 2021, a été découvert presque une année après. Trop tard, regrettent plusieurs observateurs. C’est la réhabilitation de nombreuses victimes, tempèrent d’autres. Retour sur un jugement qui entrera dans l’histoire.

Par Fabrice Manirakiza et Alphonse Yikeze

Jeudi 15 septembre, c’était l’une des informations les plus remarquées sur la toile. La Cour de Justice de la Communauté Est Africaine a condamné en appel l’Etat burundais pour avoir violé la Constitution, l’Accord de Paix d’Arusha et les articles portant création de l’EAC en autorisant le 3e mandat de feu président Pierre Nkurunziza.

Ce qui est surprenant est que le jugement a été rendu public presque un an après. Interrogé, l’avocat Janvier Bigirimana, l’un des avocats qui ont plaidé dans cette affaire, accuse les autorités burundaises d’avoir tout fait pour dissimuler cette décision en éventuelle complicité avec l’actuel président de la même cour, Nestor Kayobera dont Me Bigirimana souligne qu’il était mandataire de l’Etat du Burundi dans le même dossier.

Me Nestor Kayobera : « En principe, il n’appartient pas au président de la Cour de rendre public le jugement.»

Contacté, Me Nestor Kayobera, se défend d’une quelconque dissimulation de la décision de la Cour dans cette affaire. « En principe, il n’appartient pas au président de la Cour de rendre public le jugement. C’est aux parties en conflit de partir à la quête de la copie du jugement »

Du côté du Gouvernement, Iwacu a contacté le ministère en charge des Affaires Etrangères qui nous a dirigés vers le ministère en charge des Affaires de l’EAC.

Jointe au téléphone, Rosette Irambona, porte-parole du ministère chargé des Affaires de l’EAC, nous a enjoints de lui envoyer nos questions via son numéro WhatsApp.. Iwacu n’a jamais eu de réponse.

Retour vers 2015

Le 25 avril 2015, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) annonce que feu le président Pierre Nkurunziza va briguer un « 3e mandat » en juin de la même année. Cette décision fait l’effet d’une bombe. Spontanément, des manifestations sont déclenchées essentiellement dans la mairie de Bujumbura.

Le Gouvernement suspend alors les émissions en dehors de la capitale des radios comme Radio publique africaine (RPA), Radio Isanganiro et Radio Bonesha FM qui diffusaient les manifestations en direct. Des manifestants sont tués. D’autres prennent le chemin de l’exil.

Le 5 mai, la Cour constitutionnelle du Burundi juge que la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat n’est pas contraire à la constitution du pays. Mais, entretemps, des menaces ont été lancées à l’encontre du Vice-président de cette cour, Sylvère Nimpagaritse. Sa fuite est digne d’un film. Iwacu l’a bien raconté.

Un coup d’Etat est tenté. Mais, les putschistes sont vite matés. Le lendemain de cette tentative de coup d’État, les bureaux de la RPA, de Radio Bonesha, de Radio Isanganiro et de Radio-Télévision Renaissance sont incendiés. Rema FM est aussi détruit. Une centaine de journalistes fuient le pays. Des activistes de la société civile aussi. Des mandats d’arrêts internationaux sont lancés en l’encontre de 34 personnes dont des journalistes et des défenseurs des droits humains. Six mois plus tard, en novembre, le fondateur du Groupe de Presse Iwacu est lui aussi rajouté dans le lot des putschistes. Il est contraint de fuir.


Réactions

Léonce Ngendakumana : « Cet arrêt va servir de leçon au parti Cndd-Fdd »

Le vice-président du parti Sahwanya Frodebu estime qu’il ne faut pas parler de condamnation de l’Etat burundais dans cette affaire, mais de condamnation du Gouvernement burundais, du parti Cndd-Fdd, de feu le président Pierre Nkurunziza et de la Cour constitutionnelle. « Ils sont les principaux artisans de cette violation de l’Accord d’Arusha et de la Constitution »

M. Ngendakumana juge qu’il faut placer cette violation dans le cadre d’un coup d’Etat constitutionnel opéré par l’ex-président Pierre Nkurunziza. « Sa volonté de briguer un troisième mandat avait soulevé tant du côté de l’opposition politique que de la société civile et même du côté du Parlement où l’Assemblée nationale d’alors avait rejeté sa requête d’être candidat à sa succession pour un troisième. Mais le parti Cndd-Fdd et leur candidat ont préféré utiliser la force parce qu’ils disposaient de l’armée, de la Police, de la Justice et d’autres services de l’Etat à leur botte. Ils se sont crus au-dessus des lois »

Et d’appuyer que cet arrêt va servir de leçon au parti Cndd-Fdd, pour les institutions en place et en particulier la Cour constitutionnelle, mais aussi pour le peuple burundais. « C’est ce qu’on appelle au Frodebu ‘’le plus jamais ça’’ pour que les institutions de l’Etat et le parti au pouvoir ne retombent plus dans les mêmes travers »

D’après M. Ngendakumana, les centaines de milliers dus à la crise de 2015 doivent être réhabilités et les prisonniers libérés. « Ceux qui sont en exil doivent rentrer et jouir de leurs biens. Et d’ailleurs ce n’est pas normal que l’Etat veuille à un moment donné s’accaparer de leurs biens. Les morts et les disparus doivent aussi être réhabilités via leurs ayants-droits »

Quant aux implications, Léonce Ngendakumana soutient que le Gouvernement devrait se réunir et procéder à l’évaluation de ce qui s’est passé. « Le Gouvernement doit analyser les décisions immédiates qu’il doit prendre pour assainir cette situation. Ça peut redonner confiance entre les Burundais et vis-à-vis de nos partenaires voisins et faire du Burundi un pays digne. Mais je doute que le Gouvernement agisse ainsi ».

Jean de Dieu Mutabazi : « La mise en application de cet arrêt est volontariste.»

Le président du RADEBU juge que la mise en application est volontariste : « Je doute de la force de cette Cour de justice de l’EAC par rapport aux Juridictions nationales des Etats membres de l’EAC, compte tenu de la souveraineté de chaque État »
Et d’estimer ensuite que le verdict de cette Cour de l’EAC tombe trop tard pour une éventuelle exécution, car, selon lui, le peuple burundais dispose d’une nouvelle Constitution, celle de juin 2018, et d’un nouveau chef de l’Etat élu selon cette dernière.

Pour les prisonniers de 2015 accusés de coup d’Etat, Jean de Dieu est Mutabazi est formel : « Ils ne doivent pas espérer que l’arrêt de la cour de l’EAC les blanchit, car ils ont recouru à des moyens illégaux pour combattre ce qu’ils ont appelé le 3e mandat.»

M. Mutabazi dit saisir cette occasion pour lancer un appel à tous les réfugiés et en particulier les leaders politiques de rentrer au pays et à ceux qui ont pris les armes, de les déposer et rentrer dans leur mère-patrie
Concernant les « implications », le président du Radebu estime que dans la Constitution de 2005, les dispositions en rapport avec les mandats présidentiels étaient mal rédigées et contradictoires. « Le législateur qui a proposé la Constitution de 2018 a tenu à corriger cela et bien clarifier que le président de la République ne peut faire que 2 mandats. Cette correction est une conséquence directe de la crise de 2015».

Simon Bizimungu : « La vérité est sortie de l’ombre.»

Le secrétaire du Cnl se réjouit de ce que le jugement de la Cour rejoigne la position du parti d’Agathon Rwasa. « Nous avons toujours été de ceux qui disaient haut et fort que ce mandat était illégal »

Le député se félicite que ‘’la vérité soit sortie de l’ombre’’, mais s’inquiète : cet arrêt n’aura aucun effet. Il se demande enfin si ce jugement est rétroactif pour réhabiliter tous ceux et toutes celles ‘’qui ont souffert à cause du troisième mandat’’.

Tatien Sibomana : « La Cour de Justice de l’EAC a dit le droit.»

Celui qui se réclame de l’Uprona de l’Opposition juge que la Cour de Justice de l’EAC a dit le droit. Tatien Sibomana précise ensuite que la Cour a estimé que l’Etat burundais en autorisant le troisième de feu Pierre Nkurunziza, a violé la Constitution du Burundi, l’Accord de Paix d’Arusha et les articles 5, 6, 7 et 8 portant création de la Communauté Est africaine. « Tout cela ne pouvait que me satisfaire en tant que juriste et homme politique».

Quant aux implications politiques, Tatien Sibomana dit en voir quatre tout en rappelant le principe qui prescrit qu’en de tels cas, la chose attaquée en justice devient nulle et de nul effet. Le juriste cite d’abord la Constitution de 2018 dont il met en cause la validité, car s’inscrivant dans le cadre du troisième mandat. Il parle en deuxième lieu des personnes arrêtées et emprisonnées à cause des manifestations à l’encontre du troisième mandat et demande leur libération.

En troisième lieu, il évoque le sort des morts et des disparus. « N’y aura-t-il aucune réparation pour les ayants-droits des personnes décédées et des disparus puisque le mandat présidentiel dans le cadre duquel leurs proches sont morts a été déclaré nul et de nul effet ? »

L’autre aspect politique qu’il évoque concerne les exilés. « Les personnes qui ont fui le pays et Dieu sait qu’elles sont nombreuses vont-elles retrouver le chemin du bercail puisque le mandat à cause duquel elles se sont exilées a été déclaré nul et de nul effet ? »

Hamza Venant Burikukiye : « On prend cette information pour une rumeur.»

Le représentant du collectif des associations des personnes infectées et affectées par le VIH/SIDA (CAPES+) part du principe que le juge est souverain pour prononcer le verdict comme il l’entend, mais que pour le cas d’espèce, des doutes ne pourraient pas manquer. « Jusqu’à présent on prend cette information comme rumeur donc sans légitimité étant donné qu’aucune institution tant nationale que régionale de l’EAC n’a pas encore rendu officiel ce jugement à travers les canaux habilités », estime cet activiste de la société civile.

Me Janvier Bigirimana : « Les dispositions régissant la cour précisent clairement que les arrêts rendus sont exécutoires.»

Pour l’avocat-plaignant, la décision qui vient d’être rendue par la chambre d’appel de cette juridiction régionale sur le contentieux du troisième mandat de feu Pierre Nkurunziza est par principe définitive et susceptible d’exécution. « Ainsi, toute décision judiciaire qu’elle soit rendue par une juridiction nationale, régionale ou internationale doit être assortie d’une force exécutoire en l’absence de laquelle elle ne saurait pas produire ses effets »

Plus concrètement, précise-t-il, les juridictions internationales ou régionales ne disposent pas généralement de forces coercitives (Police, parquet, etc.) pour la mise en œuvre des décisions qu’elles rendent à l’instar des juridictions nationales. « Elles doivent essentiellement compter sur la coopération et la bonne foi des Etats qui sont en principe liés par les dispositions des traités internationaux qui créent ce genre d’instances supranationales. L’EACJ étant un des organes de la Communauté Est Africaine, les Etats membres sont légalement obligés de mettre en œuvre les décisions rendues par la juridiction même dans le cas où c’est l’Etat lui-même qui a été défaillant et condamné. »

D’après Me Bigirimana, dans le cas où l’Etat rechigne de mettre en œuvre une décision de l’EACJ, le Secrétaire Général de l’EAC, agissant en qualité de garant du bon fonctionnement des organes de l’EAC, peut requérir des sanctions politiques et/ou judiciaires à l’égard de l’Etat défaillant.
Ce juriste souligne également que du point de vue diplomatique et politique, il existe d’autres leviers de pression sur lesquels les parties intéressées peuvent embrayer. « Ainsi, pour le cas de l’EACJ, les dispositions régissant la cour précisent clairement que les arrêts rendus sont exécutoires ».

Et de considérer que la décision de la Cour régionale vient tendre une perche aux autorités actuelles du Burundi pour entamer des réformes politiques, en matière de droits humains, les pourparlers avec les opposants et bien d’autres initiatives qui permettraient à remettre le Burundi sur les rails de la stabilité, la concorde nationale et d’un avenir partagé entre tous les fils et filles du pays. « Le président Ndayishimiye qui assure actuellement la présidence du sommet des chefs d’Etat de l’EAC est interpellé de manière particulière sans oublier les autres instances de l’EAC dont le Secrétaire Général de la Communauté et les chefs d’Etats membres».

H.N., un juriste : « Cette question est très embarrassante pour la Cour de Justice de l’EAC. »

Généralement, d’après ce juriste qui a plaidé à maintes reprises dans cette Cour, le prononcé public de la décision dont le résumé est généralement publié sur le site internet de la Cour ainsi que sur sa page Facebook, la copie de l’arrêt rendu est notifiée à toutes les parties sans tarder par les soins du greffier attaché à cette Cour.
« Curieusement, après avoir prononcé la décision dans l’affaire N°1 de 2020 en date du 25 novembre 2021, l’avocat de la partie appelante qui a eu gain de cause sur l’aspect principal du dossier n’a pas été notifié de la décision. »
Curieusement, ajoute-t-il, même la publication en ligne n’a pas eu lieu dans la fraîcheur des faits comme peut le prouver la page Facebook de la Cour qui a omis cette décision. « Comme l’a révélé un membre de la Cour sous couvert d’anonymat à la Radio Voix d’Amérique, il se pourrait que la nomination en 2021 de l’avocat de l’Etat du Burundi au rang de Président de la Cour a eu une influence sur cette tentative de cacher la décision au peuple burundais. »

Pour lui, la nomination d’un avocat comme président de la Cour au moment où les dossiers dans lesquels il a été impliqué sont devant cette même cour devrait, dans l’avenir, interpeller les auteurs des nominations et des approbations. « Quant à la façon dont on eut vent de la décision, ce sont des recherches en lignes qui nous ont permis de débusquer la décision qui a fini par être publiée sur le site de la Cour. Il n’était pas possible de la cacher définitivement même si cela était le souhait du gouvernement du Burundi et de son ancien avocat. »

D’après H.N., l’ancien avocat du Burundi dans cette affaire s’était permis de faire des sorties médiatiques annonçant prématurément que le Burundi a gagné le procès, ce qui avait nourri de faux espoirs. « L’ancien président Nkurunziza revenait aussi souvent sur ce dossier en proclamant que le dossier a été clôturé en faveur du gouvernement du Burundi. Une façon de se faire une conscience tranquille surtout que lui-même savait pertinemment que son mandat de la discorde était illégal». Bref, souligne-t-il, il était difficile pour le pouvoir qui contrôle les informations accessibles aux citoyens burundais d’accepter que le peuple sache la vérité sur les vrais auteurs du chaos que vit le Burundi depuis 2015.

« Cette décision historique de la Chambre d’appel de la Cour de l’EAC est venue clôturer définitivement le débat relatif à l’illégalité du 3e mandat. L’histoire retiendra que le peuple burundais qui a protesté contre ce mandat illégal défendait une cause juste et légitime au regard du droit national et international».

A travers son paragraphe 97 de cet Arrêt, indique le juriste, la Cour a souligné qu’après avoir considéré tous les éléments fournis par les parties en cause, elle conclut que la décision de la Cour Constitutionnelle du 5 mai 2015 était contraire à la Constitution du Burundi, l’Accord d’Arusha et le Traité établissant la Communauté Est Africaine, qui, en ses articles 6 et 7 oblige aux Etats membres de respecter l’Etat de droit, les principes démocratiques et les droits de l’homme. « Cette décision est très importante et ouvre la voie vers de nouvelles perspectives. Elle vient nous rappeler l’adage Rundi qui nous enseigne depuis longtemps que «  Ukuri guca muziko ntigushe » et que le mensonge ne saurait durer longtemps. »

Dans les prochains jours, fait savoir H.N., nous espérons qu’il y aura un autre dossier devant la Cour allant dans le sens de demander à la Cour de mettre en application sa décision en réhabilitant l’accord d’Arusha et les personnes qui ont défendu la légalité constitutionnelle à travers notamment des indemnisations, l’annulation des actes qui découlent de la décision déclarée illégale par cette même cour. « Les Burundais victimes du 3e mandat désormais reconnu comme illégal ont le droit d’exiger des comptes aux responsables des exactions qui sont par ailleurs désignés par les rapports de la Commission internationale d’enquêtes sur le Burundi. »

H.N. assure que le droit international est une force en soi. « Lorsqu’il y a une décision judiciaire rendu contre un pays, ce n’est pas parce que la Cour n’a pas une police ou une armée régionale que la décision ne peut pas être appliquée. » D’après ce juriste, la première force de la Cour réside dans le fait que le Burundi a coopéré dès le début. « Si la Cour n’avait pas de force, le Burundi n’aurait pas accepté de comparaître dans toutes les audiences, de répondre aux conclusions des parties requérantes et d’essayer de cacher la décision dont il redoute les effets. » Et d’ajouter : « Les arrêts des juridictions régionales et internationales ont un « soft power » dont les effets sont presque similaires à ceux d’un jugement rendu par une cour interne qui s’appuie sur une force coercitive. Le Burundi ne pouvant pas vivre en autarcie, il a besoin de ses voisins et de l’EAC. » Pour bénéficier des avantages découlants de sa qualité de membre, confie-t-il, chaque pays doit respecter les valeurs véhiculées par la communauté faute de quoi il risque de faire face aux sanctions.

« Cette décision est donc un tremplin pour le peuple burundais qui veut reconquérir sa liberté et sa dignité. Le président de la République qui prononce souvent des discours allant dans le sens de prôner la réconciliation devrait saisir la balle au bond pour recoudre le tissu social et politique burundais qui a été fortement endommagé par le 3e mandat illégal». Face au marasme actuel, fait savoir le juriste, j’estime que cet arrêt est une grande opportunité pour les Burundais d’exiger l’arrêt de l’hypocrisie et de cette fuite en avant qui ne cesse de précipiter le pays dans une descente aux enfers inouïe. « Cet arrêt devrait servir de référence ou de ligne de conduite des négociations incontournables dont le but sera de rétablir un climat de confiance indispensable pour que les centaines de milliers de réfugiés puissent regagner le bercail».

EAC

Forum des lecteurs d'Iwacu

14 réactions
  1. arsène

    Selon Me Kayobera, « [e]n principe, il n’appartient pas au président de la Cour de rendre public le jugement. C’est aux parties en conflit de partir à la quête de la copie du jugement ».

    Je ne suis pas juriste et j’ignore comment fonctionne la Cour de justice de l’EAC. Cependant, sauf à imaginer que cette dernière ait copié les absurdités de la justice burundaise, il lui revient de publier les arrêts comme cela se fait ailleurs. Par ailleurs, les parties ne doivent pas partir à la quête des copie de jugement. Il revient aussi à la Cour de notifier les parties. C’est encore une fois les aberrations burundaises où les justiciables se voient chargés de faire le travail des juridictions. Je prends l’exemple de celui qui assigne quelqu’un en justice et qui se voit chargé de lui transmettre la convocation.

  2. Bellum

    @ Nshimirimana
    Le forum proposé par Nshimirimana serait fort intéressant. J’ai toujours pensé que ce commentateur brillant qui avance toujours des arguments bien ficelés était un consultant de service, doté de dossiers tout prêts qu’il sort du tiroir à la moindre dénonciation des mensonges d’Etat, des crimes contre des innocents, de la kleptomanie généralisée et de la faillite économique. Pour Nshimirimana, tout va bien dans les meilleurs des mondes. A son avis, les seuls mécontents sont de la mauvaise ethnie alors que la misère dans laquelle le pays est plongé depuis 17 ans n’a pas d’ethnie. Si vous écoutez les propos des gens de la rue, vous serez étonné de l’opinion qu’ils ont du régime qui prétend les représenter ethniquement. Les populations ne s’y trompent pas et c’est pour cela qu’ils avaient élu en 2020 d’autres autorités hutues dans l’espoir de sortir de la faillite. Hélas, le hold-up électoral de 2020 a empêché leur libération.

  3. Jereve

    Maintenant que le verdict est tombé, peut-on vraiment dormir tranquille et penser que les victimes du 3ème mandat, du moins celles qui sont encore en vie, vont passer par pertes et profits? On peut se rappeler que lorsque la CPI a ouvert un dossier à charge de l’ancien président, le Burundi a trouvé une parade: se retirer de la CPI. Quelques pays dont l’Afrique du Sud et la Gambie ont voulu suivre cet exemple, mais ont par la suite changé d’avis. Les journaux de l’époque ont glosé sur la décision « d’un petit état paria ». Maintenant que le Président Neva assume la présidence de l’EAC, quelle parade va-t-on trouver pour ne pas exécuter un arrêt d’une juridiction qui fait partie de cette communauté?

  4. Jean

    Certains Burundais Sont emotionels ne peuvent pas de defaire de leur sentiments Pour voir avec objectivite . La cours de l’EAC a rendu verdict en se basant sur le droit . Mukirundi bavuga ngo ukuri guca muziko ntigusha . Seul les imbecils ne changent pas . Ne vouloir voir la verite en face ne signifie pas qu’elle n’existe pas .

  5. Nshimirimana

    Je rajoute ceci à mon commentaire. Le récent jugement est un non événement dans le contexte socio-politique du moment . Le président en cause n’est plus de ce monde. Le mandat dont il est question a pris fin un mois après le décès de celui qui l’a vaut incarné . Une constitution remaniée a vu le jour . Etc…A moins d’abolir le peuple qui a voté ,il n y a plus rien a faire que l’archivage dudit procès . Il reste alors à visiter et à nommer les non-dit autour des motivations des uns et des autres, les conséquences de celles-ci sur le plan de la cohésion sociale et de la solidité de nos institutions qui rappelons-le, ont pris un coup et ont démontré les limites de ce que les accords d’Arusha nous ont produit notamment en terme de quota éthique dans les institutions . Très rapidement des failles se sont manifestées au sein de la cour constitutionnelle, de la commission électorale et ailleurs . Il a fallu colmater les brèches pour remettre les institutions en route . Rappelez-vous ceci: le vice président de la cour constitutionnelle a jeté les gangs pour se retrouver le lendemain matin à Bruxelles. Ce n’est pas anodin. Deux membres de la commission électorale ont démissionné laissant ainsi le vide au sein de cette institution !! Ce n’est pas non plus anodin.
    A ceux qui disent que mon propos relève de la diversion , ils se trompent . Le contentieux de 2015 dépassait de loin le seul aspect de la violation d’une constitution !
    Rwasa et ses troupes ont vite quitté les manifestations. Ce n’est pas non plus anodin. Les frondeurs regagnent le pays un à un et les autres ont choisi de se taire . Voyez-vous!

    Et si Iwacu organisait un forum sur ce sujet !
    Note de la Rédaction
    Nous sommes prêts à publier votre réflexion dans ce sens et lancer un forum sur le sujet.
    Nous pouvons même garantir votre anonymat si vous le souhaitez.
    Merci d’entrer en contact avec nous

  6. Shavu

    L’analyse de Shimirimana est biaisée à dessein.
    Il cherche à amener des arguments tribalistes qui n’ont rien à voir, strictement rien à voir içi .
    La personne qui a braqué ce mandat de trop était responsable d’un bilan indigne pour son pays : »Le pays le plus pauvre et le plus corrompu « .
    Cher Nshimirimana, ce sont des facts tetus.
    La cour de Justice de l EAC a dit le Droit et a qualifié le 3ème mandat de Nkurunziza d’illégal.
    Les manifestants avaient raison. Full stop

    • BAKAME

      Oser imvoquer des arguments tribalistes lorsqu’on parle de 3ème mandat illégal est non seulement insultant, pire injurieux pour tout burundais.
      Nous sommes des millions de burundais, fiers de notre pays qui ne veulent pas êtres taxés de ni de h
      utu ou tutsi . Nous sommes des barundi.
      Une mauvaise gouvernance/ faute faite par Micombero ne devrait engager que Micombero, et non un MUHIMA ou Tutsi quelconque.
      IL en VA de même de Nkurunziza.
      Si Nkurunziza a braqué le 3ème mandat, alors que son mandat était catastrophique. Gloire à ceux qui se sont levés au risque de leurs vies. Ceux qui le justifient ne devraient pas regarder leurs enfants droit dans les yeux.
      Merci a Iwacu pour publier mon article.
      Pour être honnête, les insinuations de Nshimirimana font sortir beaucoup de leurs gongs. Quelle mauvaise foi!!!!

  7. Kaminuza
  8. Hakizimana

    Comme vous avez dit ukuri guca muziko ntigushe. Abari muri cours constitutionnelle ico gihe baciye bavamwo barahunga, nibafate claviers za ordinateurs zabo bandike batubwire ingene mu murwi barimwo ingene vyagenze. Guhora nt-akamaro. Abarundi tumenye ukuri.

  9. Nshimirimana

    De ce procès et les autres actes posés en amont, il y a lieu de retenir une chose: la bonne santé démocratique de notre pays car en effet des hommes et femmes s’expriment, s’opposent quand c’est nécessaire! Je me souviens que bien avant que feu Nkurunziza se déclare candidat, des hommes et femmes de la société civile ont eu à s’exprimer et à a mettre à la place publique leurs opinions. Mieux encore, notre pays a beaucoup toléré les divergences d’opinion au point que cela a failli se traduire en une forme d’anarchie avec le risque de mettre l’intégrité de notre société en danger avec la crise de 2015 où effectivement les limites du fair play politique et du vivre ensemble collectif ont été atteint avec les contestations de 2015.
    En effet et indépendamment de la volonté de feu Nkurunziza de briguer un mandat de trop, les faits auront démontré que les contestations en apparence légitime, cachait en réalité d’autres agendas car très rapidement, cette contestation a vite tourné vers des affrontements non pas politiques mais plutôt ethniques.
    Pour dire que ce jugement qui porte sur des considérations en apparence légitimes, occulte des réalités socio-politiques peu enviables pour un peuple qui aspire vivre ensemble. Et c’est à ce point que le bas blesse. Après tout, s’il fallait saisir systématiquement les juridictions extra-nationales, il faudra alors bien s’armer car le Burundi n’aura pas le monopole de ceux qui auront violé les règles. A ma connaissance, Nkurunziza aura été le petit joeur à coté de Kagama avec 27 ans au pouvoir, Museveni avec ses 35 ans, Denis Sasou Nguesso qui en a autant si pas plus ..pour ne parler que de notre région.
    Mes compatriotes n’aiment pas forcément que la vérité soit dite et que les faits soient nommés. Certainement que le modérateur va me censurer mais je le dis…Au Burundi, ce n’était pas le mandat qui était le problème mais plutôt des dirigeants qu’il ne fallait,surtout pas! La contestation de 2015, au départ politique en apparence et représentative des composantes de notre société, s’est vite révélée être plutôt autre chose avec des velléités autres: le retour en arrière avec la mise en avant des considérations ethniques. Cela se perpétue aujourd’hui, hélas avec une société civile qui, après avoir échoué au Burundi, a délocalisé le combat ailleurs, en Occident en particulier, avec cette volonté de réussir de l’exterieur ce qu’elle n’as réalisé à l’intérieur. Elle crie toujours à l’attention du monde que rien ne va au Burundi et qu’il faut le tenir corde dans le coup pour l’amener l’on ne sait pas où. Vers l’abolition de son peuple peut-être . Pour illustrer mon propos et vous démontrer la gravité de la situation , je vous laisse apprécier par exemple le nombre d’association exclusivement mono-ethnique qui interpellent à longueur de journée la communauté internationale à maintenir les sanctions contre le Burundi:

    – Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture au Burundi (ACAT Burundi)
    – Association des Amis de la Nature
    – Association des Journalistes Burundais en Exil (AJBE)
    – Association pour la Coopération et l’Auto-Développement (ACAD)
    – Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits Humains (CBDDH)
    – Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB CPI)
    – Collectif des Avocats pour la défense des Victimes de crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB)
    – Ensemble pour le Soutien des Défenseurs des Droits Humains en Danger (ESDDH)
    – Forum pour la Conscience et de Développement (FOCODE)
    – Forum pour le Renforcement de la société civile au Burundi (FORSC)
    – Ligue ITEKA
    – Mouvement INAMAHORO
    – Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS)
    – Réseau des Citoyens Probes (RCP)
    – SOS TORTURE BURUNDI
    – Tournons la Page Burundi
    – Union Burundaise des Journalistes (UBJ)
    – APPRODEH
    A cela s’ajoute les radios et télévisions en ligne (RPA, RENNAISSANCE, INZAMBA, UMURISHO)

    A chacun d’apprécier l’appartenance ethnique de leurs membres. Les leaders à la tete de toutes ces associations sont tutsi sauf APPRODEH comme si ils étaient les seuls à avoir la compassion pour le peuple burundais.
    Des jugements peuvent avoir lieu mais tant qu’il n’y aura pas la prise de conscience que nous sommes frères et sœurs, fils et filles d’une nation, rien n’ira!

    • Ngomirakiza

      @Nshimirimana
      Belle analyse. Cependant, Dans notre histoire c’est la composante sociale lésée qui a toujours alerté l’opinion nationale et internationale. De plus comme comparaison n’est pas raison, les exemples que vous citez ne doivent pas nous servir d’exemple. Nous sommes sur le bon chemin, nta mwana avuka ngo ace yuzura ingovyi. Continuons à corriger notre système politique pour la bonne gouvernance et tout ira au mieux.

    • Jules

      @ Nshimirimana

      Nshimirimana.

      Votre commentaire est l’exemple même de ce qu’on pourrait appeler de la diversion.

      Non , seulement vous mentez de manière éhontée.En attestant que seules les tutsis et les organisations tutsis étaient contre ce 3e mandat illégal et inconstitutionnel du feu Pierre Nkurunziza.

      Que faites-vous de Rwasa et de ses milliers de partisans qui ont manifesté contre ce mandat?

      Que dites-vous de plusieurs frondeurs du CNDD FDD et anciens combattants de ce même parti qui ont été nombreux à s’opposer à ce mandat , jusqu’à même à être à la tête d’un coup d’état,comme le général Niyombare?Seraient -ils tous devenus tutsis ?

      Votre commentaire cache mal la haine aveugle que vous éprouvez à l’égard des tutsis.

      Disons même que votre mensonge aurait été vrai qu’il n y a eu que les tutsis seulement qui se sont opposés à ce 3e mandat illégal et inconstitutionnel.

      Est ce que cela signifierait que votre moral et sens de la justice seraient à géométrie variable,et influencés par l’ethnie du criminel ?

      C’est à dire que vous seriez prêt à fermer les yeux ,à tolérer,à défendre même un délit pour la seule et unique raison que vous êtes du même groupe ethnique avec le malfaiteur en question?

      Alors,je dois admettre que le Burundi est mal barré, si vous partagez ce même sentiment avec un grand nombre de burundais

    • arsène

      @Nshimirimana

      Vous dites: « il y a lieu de retenir une chose: la bonne santé démocratique de notre pays car en effet des hommes et femmes s’expriment, s’opposent quand c’est nécessaire! »

      On a l’impression de lire un texte des discours lénifiants de M. Ndayishimiye et ceux qui l’ont précédé.

      Est-ce que vous croyez vraiment ce que vous écrivez? J’en doute.

  10. Kirabika

    Que valent alors les mots indpendance de la justice burundaise?
    Qui ne savait pas compter de 1 à 3? D ailleurs , si les lectio ns n’étaient pas une parodie, Quelqu’un ayant conduit au rang infame de pays le plus pauvre et le plus corrompu au monde, pourrait il etre réelu?
    Malgré le retard pris pour prononcer ce jugement, c est une bonne chose pour le Burundi et la sous région.
    Notez que seul le Kenya et la Tanzanie respectent les 2 mandats dans la sous rgionn

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