Lundi 12 avril 2021

Économie

La farine de maïs interdite à l’importation fait ses premières victimes

30/03/2021 jeremie Misago 1
La farine de maïs interdite à l’importation fait ses premières victimes
Marché dit ’’Kwa Siyoni’’ où plus de 10 boutiques vendant de la farine de maïs importée ont été fermé par le ministère chargé du Commerce

10 stands proposant de la farine de maïs importée dernièrement interdite ont été fermés par le ministère chargé du Commerce au marché dit ’’Kwa Siyoni’’. Leurs propriétaires dénoncent une mesure arbitraire et unilatérale.

Selon ces commerçants et les témoins, les agents du ministère chargé du Commerce débarquent vers ce marché à 14 heures, ce lundi 29 mars. Objectif de cette mission : fermer tous les stands où se vendent de la farine de maïs importée.
Une vérification systématique de tous les stands où se vend la farine de maïs a été faite. « Aucune explication sur le cause de cette fermeture n’a été donnée», déplorent la plupart des commerçants.

M.N est un commerçant dont la boutique a été fermée. Il n’en revient pas. Il dénonce une décision arbitraire. « Après quelques minutes de vérification, ils ont vu une dizaine de kilos de farine provenant de l’Ouganda. Du coup, ils ont fermé sans la moindre explication», se désole-t-il.

K.M se dit veuve avec 5 enfants à nourrir. Il ne vendait que de la farine de maïs. La grande quantité était importée de l’extérieur. « La vie devient un cauchemar. On ne sait plus à quel saint se vouer », raconte-t-elle en larmes.
Elle dit ne pas comprendre cette décision de fermeture car dit-elle, le ministère a interdit les importations pendant 6 mois mais n’a rien précisé sur l’écoulement des quantités en vente.

Même son de cloche chez Édouard Ndayisaba, aussi commerçant dans ce marché. Il invite le ministère à revenir sur sa décision. Pour lui, c’est une mesure qui vient remuer le couteau dans la plaie pour ces commerçants qui peinent à se relever suite à la pandémie de la Covid-19.

Le commissaire du marché ’’Bujumbura City Market’’ communément appelé ’’Kwa Siyoni’’, Joseph Dukundane s’est dit surpris par cette opération du ministère chargé du Commerce. Il fait savoir que plus de 10 stands ont été fermés. « Je ne connais pas la suite. Il appartient au ministère de donner plus de lumière ».

Contactée, la porte-parole du ministère chargé du Commerce, Gloriose Ntibarutaye n’a ni confirmé ni infirmé ces informations. « J’étais occupée par d’autres activités du ministère. Je ne peux en aucune manière donner des explications claires sans consulter le rapport de ceux qui se seraient rendus sur terrain ».

Pour rappel, le ministère chargé du Commerce a interdit toute importation de farine et de graine de maïs pendant une période de 6 mois. Dans son communiqué du 8 mars, il explique que ce maïs a une teneur élevée de mycotoxine. Or, les mycotoxines telles que les aflatoxines et les fumonisines sont connues pour être cancérigènes.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Michel Niyonzima

    Je trouve ça cavalière. Si le burundi ne veut pas qu on vende des produits provenant de la communauté Est Afrique qu il quitte cette organisation. Si ma mémoire est bonne, il ya le libre circulation des biens et services dans tous les pays de l Afrique de l est. Si on veut protéger l industrie de la farine de maïs burundais. Il ya d autres mécanismes qu on peut utiliser. Parce exemple subventionner cette industrie comme tous les pays du monde entier le font et c est permis et la farine burundaise va couter moins cher que la farine importe. Les industries burundaises peuvent aussi trouver du marché dans ses pays en offrant la farine de qualité.
    Je pense que les hommes d affaires burundais veulent la facilité et c est dommageable pour le gouvernement car il se met en état de vulnérabilité. Le monopole d
    une société dans un pays n est pas tjr bon. Les exemples sont nombreux au burundi. Je ne sais pas qui a eu cette idée folle. Si l Ouganda decide de porte plainte à l organisation de la communauté est afrique, il aura gaie de cause et ca pourrait être dommageable pour le burundi. Avant de prendre ce genre de décisions, il faut que les decideurs pleinent en considération que le burundi est adhéré dans plusieurs organisations de la région. J

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