Mardi 31 janvier 2023

Économie

Inflation à 26,6%, les prix des denrées alimentaires toujours en hausse exponentielle

24/01/2023 10
Inflation à 26,6%, les prix des denrées alimentaires toujours en hausse exponentielle
Le taux d’inflation pour le mois de décembre 2022 fourni par la BRB

La Banque de la République du Burundi (BRB) a publié, ce 23 janvier, les points phares de l’inflation au Burundi pour le mois de décembre 2022. Certains consommateurs déplorent une flambée continue des prix des denrées alimentaires. L’Olucome appelle la population à adopter des stratégies de résilience.

Selon le rapport de la BRB, l’inflation pour le mois de décembre 2022 est à 26, 6 %. Ce taux est presque le même que celui du mois précédent de novembre, 26,8 %. L’inflation s’élève à 39,4 % pour les denrées alimentaires, à 12, 2 % pour l’énergie, carburants et combustibles ainsi qu’à 20,4 % pour le reste des produits.

Au mois de janvier 2022, le taux d’inflation était de 12,3 % alors qu’en 2021, l’inflation annuelle globale s’élevait à 8,3 %.
« Nous sentons cette inflation galopante dans les familles. Imagine qu’avec 10 mille BIF, on ne peut plus nourrir la famille pour un seul repas de midi. C’est la première fois que je fais face à un tel niveau d’inflation », indique Salvator, habitant de la zone Kanyosha au sud de la ville de Bujumbura.

Il fustige que les prix des denrées alimentaires continuent de grimper alors que les revenus restent les mêmes. « Au mois d’octobre et novembre, on achetait un kilo de haricot sec à 2500 BIF, mais aujourd’hui le prix varie entre 3200 et 3500 BIF. Avec les revenus qui ne sont pas conséquents, on risque de ne plus pouvoir nourrir la famille au moins deux fois par jour ». Et d’appeler le gouvernement du Burundi à prendre des mesures adéquates pour juguler cette inflation.

Jacqueline, une autre résidente de la ville de Bujumbura, ne décolère pas contre des spéculations sur les prix : « Comment se fait-il qu’un kilo de riz s’achète 4000 BIF dans un quartier alors qu’il est à 4500 voire 5000 BIF dans un autre quartier ? C’est déplorable que depuis ces derniers mois, les commerçants haussent les prix comme ils le veulent ». Elle appelle le ministère du Commerce à assurer la régulation des prix des denrées alimentaires surtout le riz, le maïs et le haricot sec pour contrer les spéculations.

Que faire ?

Dans une note de plaidoyer adressée aux autorités burundaises ce 16 janvier, l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) déplore aussi une flambée généralisée des prix sur les produits de première nécessité notamment le haricot, le riz, l’huile, la farine et autres produits alimentaires.

Le président de l’Olucome, Gabriel Rufyiri, regrette que le gouvernement du Burundi n’ait pas encore pris des mesures tangibles pour réguler les prix des produits malgré l’autorisation de l’importation du maïs, du sucre et du ciment.

Il appelle la population à adopter toutes les stratégies possibles pour développer la résilience en diminuant notamment les dépenses non-essentielles particulièrement les fêtes et les voyages : « Les membres du gouvernement doivent être un modèle ».
Gabriel Rufyiri demande aux partis politiques et aux confessions religieuses de s’abstenir de la demande intempestive des contributions à la population qui se trouve dans la pauvreté extrême.

Il suggère au gouvernement l’exonération des produits de première nécessité surtout les denrées alimentaires. Pour lui, il faut mettre en place une commission indépendante de suivi de cette mesure d’exonération pour que ses fruits soient bénéfiques pour toute la population.

BRB

Forum des lecteurs d'Iwacu

10 réactions
  1. Nkurunziza Jessie

    Les burundais soufrent vraiment.26% c’est trop.Cela rappèlle le Zimbabwe de Mugabe.

  2. Kibinakanwa

    A Stany et autres amis qui postons nos commentaires sur notre journal chéri (Our beloved Iwacu newspaper);
    Il n’y a pas de miracles à faire. La situation est catastrophique, mais ce n’est pas une tragedie (Dans les années 70/80, partout en Afrique tout le mondemangeait à sa faim. Sauf la Sécheresse au Sahel et la famine en Ethiopie. La famine se trouvait Inde, Sud Est asiatique. Maintenant ces pays asiatiques sont des dragons économiques. Why. 😭😭😭🤯🤯🤯🤯)
    Moi ce que je trouve comme tragédie, c’est que à des degrés divers, ces problèmes se trouvent partout en Afrique. Cela eat dû au fait que les pays africains sont dirigés souvent par des voleurs qui pensent seulement à piller leurs pays.
    They are not accountable and can steal elections as long as they wish.

    Terribles défis pour le Burundi.
    1) La surpopulation du Burundi. C’est tout simplement une bombe. Il est impossible de nourrir 8 enfants quand on dispose de moins d un ha. ET POURTANT NOS DIRIGEANTS SEMBLENT AVEUGLES. Pourquoi n’ y a t IL aucune politique bizarre barasigura mu misa, muri birya bikorane?
    2) Le Burundi possède les sols les plus acides au monde. Demandez aux Agronomes. De toute façon, le 1er besoin avant même s’habiller n ugufungura The country is at the brink of hunger.
    3) Enfin une corruption à l’échelle de Haiti , République Centraficaine et Zaïre. A ce Stade, les dirigeants pensent à. détourner et non trouver des solutions de Bonne gouvernance. Maintenant un ministre, Directeur général ou Général ont des étages à Bujumbura valant plus d’un million de $. Ayo mahera ava hehe? IL N Y A PAS DE GENERATION SPONTANEE D ARGENT. Ce sont des sommes détournées qui devraient servir à combattre la misère. Les dirigeants des régimes précédents n’étaient pas aussi honteusement riches. Je ne défend pas les régimes précédents. Juste une comparaison sur un seul point.
    Pour vous répondre Stany, IL n y a qu’une solution très difficile à appliquer. Et en plus ça prendra du temps.
    1) Avoir un Etat de droit
    2) Promouvoir la gouvernance
    3) Lutter avec la derbiere énergie contre la corruption.
    4) Arreter de faire la promotion de la médiocrité.

    Mon humble point de vue.

  3. Kaziri

    Tous les gens qui postent leurs commentaires sommes des intellectuels privileges.
    Fepuis que j’aifini mes études, je passe au moins 3 jours à me promener là où j’ai gardé chèvres et vaches.
    Je peux vous garantir, maintenant la misère touche presque 80% de la population.
    Demandez aux jeunes la difference entre igitiba n ikigega. Nobody knows now.
    Igihugu cose kirakenye. Plus personne ne mange à sa faim.
    Cessons de nous mentir

    • Stan Siyomana

      @Kaziri
      None ko abarundi twese bivugwa ko twamutse kuri Homo Sapiens (= homme intelligent, sage, raisonable, prudent), none wewe ubona hari hakwiye gukorwa iki kugira ivyo bibazo bihanze Uburundi bishobore gutoregwa inyishu?
      Ibintu ntibishobora kubandanya uko bimeze ubu!!!.

  4. Jereve

    C’est l’occasion propice à l’Etat de faire un geste pour subventionner au moins un produit le plus consommé, par exemple plafonner le prix du riz à 2’500.- Fr. Ce ne serait pas la première fois: pendant la crise Covid, l’état a subventionné le prix du savon pour que le plus grand nombre de personnes puisse se laver les mains. La propagation du virus a été ainsi maîtrisée. On a entendu que le Président a ouvert un compte pour récupérer les sommes détournés par certaines personnes et agents de l’état. Ce ne serait que justice d’utiliser cet argent pour subventionner certains produits et les mettre à la disposition de la majorité de la population, surtout la plus nécessiteuse.

    • Samandari

      Le gouvernement est il capable de subventionner les produits agfricoles? Bien sur que non

  5. Stan Siyomana

    Jewe ndiyumvira k’umugabo wese w’umurundi afise umuryango yipfunze kunywa inzoga mukiringo c’ukwezi kumwe gusa, yoshobora gukiza amafaranga yoguramwo ibiharage bizotunga umuryango wiwe nko mu kwezi kumwe canke abiri (mugihe yabiguze bikizimbutse mugihe c’ugusarura).
    Abarundi dukwiye kwidoga gake kuko ingorane izi na ziriya ntizizobura mubuzima. Ahubwoho twisuzume turabe ko twakoze ibishoboka vyose kugira ngo dutore inyishu y’ingorane zose duhwananazo.
    Iyo umuntu CANKE IGIHUGU baretse ngo ingorane zigume zirundikana, harashika aho bananirwa kabisa, bakaba nka bantahonikora.

  6. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:« « Au mois d’octobre et novembre, on achetait un kilo de haricot sec à 2500 BIF, mais aujourd’hui le prix varie entre 3200 et 3500 BIF… »
    2. A ce que je sache, le haricot ne se consomme pas que quand il est sec seulement.
    a) L’haricot frais: Dans les familles des cultivateurs burundais, on consomme du haricot frais tout au debut des recoltes et je m’imagine qu’il y a une certaine quantite de ce genre de haricot qui est disponible sur le marche.
    Ca prend au moins quelques semaines pour que le haricot suspendus sur les enclos/ingo puisse secher (avant d’etre vendu?).
    b). Certains pays de la sous-region, comme le Kenya, Rwanda et OUganda, exportent en Europe plusieurs tonnes d’haricot vert/imiteza qui contient les memes elements nutritifs que l’haricot sec. Est-ce que ce genre d’haricot est introuvable dans les marches des villes comme Bujumbura, Gitega, Ngozi…? (en attendant la mise du haricot sec sur le marche?).
    3. Je m’imagine qu’en general cette « crise du haricot sec » dure pendant une periode d’environment deux mois entre les recoltes. Il y a quand memes plusieurs familles burundaises qui peuvent acheter un ou deux sacs de haricot sec au moment de la recolte (quand les prix sont tres bas) et les garder en stock.

    • Yan

      Pour avoir une réponse à ce type de questions, je te suggérerais de faire un retour à la source et passer une petite année sur ta colline natale ou dans ton quartier où tu es né. Sûrement que après cela tout sera clair. Moi je reste convaincu que les gens sont en général rationnels dans leurs actions. Ils ne peuvent pas tous être suicidaires.

      • Stan Siyomana

        @Yan
        1. Vous ecrivez:« Moi je reste convaincu que les gens sont en général rationnels dans leurs actions. Ils ne peuvent pas tous être suicidaires… »
        2. Mon commentaire
        A voir l’histoire du Burundi d’apres l’independance de 1962, et la situation socio-economique actuelle du pays (MALGRE SON IMMENSE POTENTIEL) moi je suis de l’avis contraire.
        Quand le president Evariste Ndayishimiye dit que les burundais ne savent pas profiter du beau pays que Dieu leur a donne (terre arable, plusieurs saisons de pluie, plusieurs rivieres, plusieurs lacs, sous-sol riche en minerais,…), ca veut dire que les gens NE SONT PAS en general rationnels dans leurs actions.
        Les burundais ne sont pas rationnels quand ils n’essaient pas de travailler 24 heures par jour comme dans les autres pays de l’EAC.
        Par exemple on peut dire qu’on est suicidaire au Burundi quand on est en face de la surpopulation/bombe a retardement et qu’on ne prend pas les mesures necessaires.

        RÉPONDRE

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