Mercredi 22 septembre 2021

Environnement

Gatumba : le calvaire des victimes des inondations

29/05/2021 6
Gatumba : le calvaire des victimes des  inondations
Quelques familles essaient de réparer leurs maisons

Manque d’aide en vivres et en matériel, manque d’eau potable, une hygiène précaire, tels sont quelques problèmes auxquels font face le peu des victimes des récentes inondations ayant regagné leurs domiciles.

Il est 11h. Nous sommes à la 2e avenue, colline Kinyinya I, en zone Gatumba, commune Mutimbuzi, province Bujumbura. Il s’observe encore des flaques d’eau entre les maisons, et dans les avenues. Certaines maisons n’ont pas résisté aux inondations, elles se sont écroulées, d’autres ne tiennent qu’à peu de chose, elles sont sur le point de s’effondrer d’autres encre sont en ruine. Elles ont été inondées et détruites par les eaux de la rivière Rusizi qui est sortie de son lit.

Les mouches pullulent et grouillent un peu partout. Il se dégage une odeur nauséabonde. L’hygiène est précaire. Un spectacle désolant. Malgré cette situation déplorable, certaines victimes des inondations regagnent une à une leurs domiciles. D’autres s’attèlent à réhabiliter leurs maisons malgré leurs maigres moyens.

La vie est dure comme l’atteste une sexagénaire assise devant sa maisonnette construite en bois. Elle ne cache son amertume. « Je suis ici il y a de cela deux jours. Je peine à avoir de quoi mettre sous la dent ». Elle réclame une aide en vivres et en matériel. « Les ustensiles de cuisine ont été emportées par les eaux », regrette-t-elle.

Non loin de là, un homme affirme qu’l vient lui aussi de rentrer du site de Maramvya mais qu’il a laissé sa femme et ses enfants au camp. « Je viens pour veiller pour qu’on ne me vole pas mes tôles ». Des flaques d’eau s’observent encore devant sa maison. Il craint pour les maladies des mains sales. « Nous demandons aux services d’hygiène et d’assainissement d’intervenir avant que le choléra ou la dysenterie n’apparaissent et n’empirent pas la situation déjà catastrophique».

L’heure est à la réhabilitation

Pascal Niyonkuru est une victime des récentes inondations. Il se prépare à regagner son domicile. « Il me sera pas facile de vivre ici parce que je n’ai rien récupéré dans ma maison. Il me faudra acheter d’autres ustensiles de cuisine et d’autres biens ».

Perché sur une échelle, il est en train de réhabiliter sa maison avec des murs en pisé. Il craint pour sa santé parce les lieux d’aisance et les tuyaux d’eau ont été endommagés. Il réclame la protection des berges de la rivière Rusizi par la construction d’une digue le long de celle-ci.

Manassé Ndikubwayo est en train de réhabiliter sa maison construite en briques adobes avec le peu de moyens dont il dispose. Il réclame une aide en matériel. Même cri lancé par Juma Rukundo de la colline Kinyinya I, il essaie, tant bien que mal, de renforcer la fondation de sa maison qui a été fragilisée par les eaux. « Je n’ai pas assez d’argent pour m’acheter du ciment », déplore-t-il.

Nous avons essayé de joindre le chef de zone Gatumba à propos de ces cris d’alarme de ces victimes des inondations dues aux crues de la rivière Rusizi et à la montée des eaux du lac Tanganyika, sans succès.

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Stan Siyomana

    Le président de la républque Evariste Ndayishimiye vient de poser quelques questions primordiales lors de sa visite aux sinistrés des inondations de Gatumba:
    “Lorsque vous serez pris en tenaille entre la montée des eaux du lac Tanganyika et les crues de la Rusizi à Gatumba, allez-vous continuer à y résider ? Excusez-moi, ce n’est pas mon souhait. Mais il va falloir faire face aux aléas climatiques et s’adapter »…
    Il faut apprendre à résister à ces eaux. Si vous insistez d’y rester, construisez alors des maisons qui résistent à ces crues. Allons-nous déménager chaque année ? »…
    https://www.iwacu-burundi.org/inondations-de-gatumba-visite-du-president-aux-sinistres-la-delocalisation-nest-pas-exclue/comment-page-1/?unapproved=228089&moderation-hash=dc94ec0f3a5d946bb14ad9b689d00b44#comment-228089

  2. Mbazumutima

    Les voies pour assurer les logements, et les autres bâtiments privés devraient être explorées par le gouvernement et proposer des lois en conséquence. L’Etat étant son propre assureur.
    En effet, l’Etat ne peut pas non plus tout assurer donc il doit être imaginatif et créatif au niveau réglementaire.

  3. Stan Siyomana

    Qu’est-ce qui est en train de se passer au juste?
    1. D’un côté, certains essaient de réparer leurs domiciles endommagés.
    “… tels sont quelques problèmes auxquels font face le peu des victimes des récentes inondations ayant regagné leurs domiciles…”
    2. De l’autre côté, l’on nous disait qu’un déménagement pourrait être envisagé.
    Le ministre de l’Intérieur ” a rappelé que selon les experts ces zones inondées ont connu des catastrophes similaires dans les années antérieures. Et de préciser : « Quand le gouvernement décidera de vous placer dans un autre lieu, c’est-à-dire qu’il aura vu que c’est la solution durable ».
    https://www.iwacu-burundi.org/inondations-dans-mutimbuzi-le-gouvernement-entrevoit-un-demenagement/

  4. Stan Siyomana

    Nous devrions apprendre comment les autres sociétés s’adaptent et parviennent à survivre en zones susceptibles à l’inondation.
    Par exemple:
    1. La construction sur pilotis.
    “… comme en témoignent de nombreux exemples de maisons de pêcheurs à travers le monde, depuis Ine au Japon, Trondheim en Norvège, Ganvié au Bénin ou encore depuis le lac Inlé en Birmanie…”
    https://www.construction21.org/luxembourg/articles/h/la-construction%20sur-pilotis.html
    2. Aux Etats-Unis, la Federal Emergency Management Agency (FEMA) a publié un manuel:
    “IS-0280: Engineering Principles and Practices for Retrofitting Flood-Prone Residential Structures”
    https://emilms.fema.gov/is_0280/curriculum/1.html

    • Ntampaka

      Les pays ci haut cités sont soit beaucoup plus riches ou beaucoup plus organisés

      • Stan Siyomana

        @Ntampaka
        “…Il est communément admis que le peuple Tofinu s’est installé ici au 16ème ou 17ème siècle et a construit son village sur le lac pour échapper aux négriers qui venaient de la tribu Fon et qui n’étaient pas autorisés à entrer dans l’eau pour des raisons religieuses. Cela a fait du lac un territoire sûr pour d’autres tribus. Le peuple Tofinu a construit ses maisons sur l’eau et pendant les 500 années qui ont passé ensuite, Ganvié a développé une culture complexe et prospère dans les contraintes de la vie sur le lac…”
        https://maison-monde.com/ganvie-village-pilotis/

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Covid-19, faut-il en rire ou en pleurer ?

”Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés’’… La Covid-19 (puisqu’il faut l’appeler par son nom) continue de peupler nos hôpitaux-mouroirs, ces lieux de transit pour Mpanda et autres Ruziba, nos dernières demeures. Et nous continuons d’y accompagner, en (…)

Online Users

Total 1 141 users online