Vendredi 30 septembre 2022

Environnement

Commune Muha Aimé-Emmanuel Nibigira en colère contre l’autorité municipale

17/01/2022 9
Commune Muha Aimé-Emmanuel Nibigira en colère contre l’autorité municipale
Policiers, militaires, administratifs et habitants en train de planter des arbres.

Dans le cadre du jeudi dédié à l’environnement, les habitants et les administratifs de la commune urbaine de Muha ont planté des arbres dans le ravin de Gasekebuye. Les riverains s’en réjouissent. Mais M. Nibigira, qui se dit propriétaire de cet espace, crie à l’injustice.

Le 13 janvier. Il est 9h 30. Nous sommes dans une vallée située dans le quartier Gasekebuye, à l’endroit communément appelé Kumasasu, commune urbaine de Muha, en mairie de Bujumbura. Les traces montrent que c’est un terrain qui a été terrassé. Mais pour le moment, l’endroit ressemble à un ravin. De part et d’autres de ce terrain, l’on voit des traces des bulldozers. Des travaux de terrassements y ont été effectués.

Dans le même terrain, du côté du quartier Gasekebuye, l’on voit une fondation d’une maison. Les travaux semblent avoir été suspendus. De part et d’autre du terrain, les caniveaux ont été détruits par les eaux de ruissellement. Les habitations riveraines de ce terrain sont menacées d’effondrement.

La journée est très ensoleillée. Une armada de policiers assurent la sécurité. Un bon nombre de militaires et policiers, des habitants et des administratifs de la commune Muha sont en train de planter des arbres dans le ravin. Le maire de la ville a été représenté par Ramadhan Nkurikiye, conseiller chargé du développement.

Un ravin, qui selon les riverains, menace les habitations environnantes et les constructions qui sont en aval du ravin. Les riverains poussent un ouf de soulagement : «Nous maisons seront protégées.»

Quant à Aimé-Emmanuel Nibigira, qui se dit propriétaire dudit terrain, il est très remonté. Il s’agite dans tous les sens. Il brandit beaucoup de documents. Il crie à l’injustice : « Je suis victime d’une injustice. La parcelle m’appartient depuis belle lurette. Le dossier est pendant devant les juridictions. J’ai même écrit au président de la République. Qu’on attende l’issue du procès.» Malgré ces lamentations, les activités continuent. M. Nibigira semble être dépassé par les événements.

Une activité saluée

Aimé-Emmanuel Nibigira : « Je suis victime d’une injustice. La parcelle m’appartient depuis belle lurette.»

Les riverains de ce terrain litigieux ont répondu nombreux au rendez-vous. « Nous remercions les autorités municipales qui ont organisé cette activité de protéger ce ravin. Nos maisons sont menacées d’écroulement », confient-ils. Ils font savoir qu’ils avaient alerté l’autorité municipale depuis longtemps. Ils s’étonnent du comportement de M. Nibigira. «Mais qui est cet homme qui ne respecte pas une décision de l’autorité gouvernementale ? », s’interrogent-ils.

De son côté, Ramadhan Nkurikiye, conseiller du maire de la ville de Bujumbura chargé du développement, tranquillise : « Comme vous le savez, chaque jeudi est dédié à l’environnement où tous les administratifs sont mobilisés pour faire les activités en rapport avec la protection de l’environnement.» Et de préciser qu’il est venu soutenir les habitants et l’administration de la commune Muha dans la plantation des arbres.

« On a pu planter plus 1500 plants de bambous et greveriats dans le souci de la protection de ce ravin qui menace énormément le quartier de Gasekebuye, mais aussi en aval le camp militaire de Muha et d’autres constructions. Ce sont des actions pour empêcher l’agrandissement de ce ravin ».

Par ailleurs, explique-t-il, dans ces derniers jours, l’administration territoriale avait mis en application la recommandation du gouvernement de démolir toutes les constructions anarchiques érigées dans les espaces publics ou verts. Et de renchérir : « C’est dans la continuité de ces activités, car les gens se lamentaient comme quoi on a érigé ces constructions au vu et au su de l’administration.»

« Il faut protéger la population et leurs infrastructures »

M. Nkurikiye déplore les dégâts déjà causés par ce ravin. Il fait savoir que l’administration s’est levée pour arrêter les travaux qui menacent les habitations environnantes : «Il faut protéger la population en corrigeant ces erreurs parce qu’on nous accuse chaque fois qu’il y a des constructions anarchiques qui sont toujours érigées sous les yeux des administratifs.»

Le chef de cabinet à la présidence de la République chargé des questions de la police, qui était sur les lieux, a tranquillisé la population et celui qui se dit propriétaire du terrain où on a planté les arbres : « M. Nibigira, votre dossier est sous analyse à la présidence de la République. Si les services techniques constatent que vous êtes dans la légalité, vous serez rétablis dans vos droits tout en respectant l’environnement. Si par contre, on remarque que le terrain appartient à l’Etat, ce dernier prendra ses responsabilités.»

Des travaux suspendus plusieurs fois

Pour rappel, sur alerte de la population, le 6 juillet 2021, en compagnie du directeur général de la Police de la protection civile, de l’administrateur communale de Muha… CP Jimmy Hatungimana, maire de la ville de Bujumbura, a effectué une descente sur ce terrain. Des ouvriers de M.Nibigira ont reçu l’ordre d’arrêter les travaux.

Le lendemain, une forte délégation des administratifs sous la houlette du maire de la ville de Bujumbura y est retournée. Ils ont réalisé que les travaux se sont poursuivis. Scandalisé, le maire de la ville de Bujumbura a été clair : « Les travaux doivent s’arrêter. Les administratifs à la base doivent veiller à cela. Personne n’est au-dessus de la loi.»
Le 24 novembre 2021, Gervais Ndirakobuca, Domine Banyankimbona, Déogratias Nsanganiyumwami, respectivement ministre chargé de l’Intérieur, de la Justice et des Infrastructures, ont effectué une descente conjointe sur le terrain ci-haut mentionné pour faire le constat des faits.

Ils ont eux aussi ordonné que les travaux soient définitivement suspendus. Ensuite, ils ont exigé la réouverture du passage des eaux de ruissellement bloquées et la démolition de toutes les constructions déjà effectuées sur cet espace.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Gacece

    Quand est-ce que ce monsieur a acheté ce terrain? Avant ou qu’il devienne un ravin ou après? À qui incombe la responsabilité de veiller à ce que le ravin ne devienne pas un danger pour le public ou pour le monsieur lui-même? Est-ce recommandable d’y construire alors que l’endroit peut redevenir dangereux dans l’avenir?

    Si le monsieur a acheté le terrain avant qu ‘il devienne un ravin, pourquoi a-t-il attendu que la situation s’aggrave avant de réagir? Quelle solution préconise-t-il pour garantir que si on lui redonne le terrain il n’y aura plus de danger ou qu’il a les moyens de réparer définitivement le problème?

    Et s’il a acheté le terrain pendant qu’il devenait un ravin ou après l’être devenu, quelles étaient ses intentions? Exploiter la situation à son avantage (indemnisation ou autres négociations) ou laisser pourrir la situation? Y’a-t-il un ou des voisins qui aurait eu un conflit avec le monsieur dans le passé?

    Beaucoup de questions qui ont besoin de réponses.

  2. Maragarita

    La question devrait être simple.
    Le président ne devrait pas intervenir.
    Oui ou non?
    Le pauvre citoyen a t il été préalablement propriétaire du terrain?
    That’s the question.
    Period.

  3. Maningo Jean claude

    Ce monsieur Aimé use de faux papiers. Il a pu donner quelques sous à de simples citoyens des environs pour qu’ils disent que c’étaient eux qui ont vendu ces parcelles. C’est un usurpateur.

  4. Uwakera

    C’est incroyable que vous m’ayez censuré. Et c’est triste que des gens fuient la vérité, la seule qui peut nous rendre libres. Muri charte yanyu mwonyereka ico narenzeko?

    « Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source. »
    NOTE DU MODERATEUR

    Aucune censure. Juste un petit retard dans la mise en ligne de votre réaction. Mille excuses

  5. Benit

    Moi je pense que si l’etat burundais trouve que cet endroit est inhabitable et que c’est un ravin, dans d’autres cieux ce monsieur devrait etre indamnise par l’etat, ce n’est pas son ereur de construire sa maison en cet endroit puisqu’il a tous les papiers de son terrain . J’espere qu’il aura gain de cause devant notre chef de l’etat qui est se Barundi, ceux qui le critiquent devraient se mettre a sa place pour mieux le comprendre .

  6. Uwakera

    Iwacu. Vous semblez être partial dans cette affaire. Vous auriez dû au moins vérifier les allégations selon lesquelles M. Aimé Emmanuel Nibigira affirme que le terrain lui appartient. Avez-vous vérifiez si il détient un titre de propriété valide pour ledit terrain? S’il s’avère qu’il est le propriétaire légitime du terrain, vous ne trouvez pas bizarre que la même administration qui lui a délivré un titre de propriété revienne s’accaparer du terrain et y planter des arbres, sans indemniser le propriétaire? Vous ne trouvez rien de louche dans cette affaire-là?

    • Benit

      Merci monsieur Wakera, j’avais bien suivi cet affaire des le debut, dans les premiers numeros de cet affaire iwacu avait montre les copies des papiers du terrain y compris l’ autorisation de battir , moi j’ai bien suivi ce dossier et ca m’a trop touche, parceque il possede tous les papiers admnistratifs lui permettant de construire sur cet endroit , ca me fait mal quand je vois l’injustice qu’il subit , bien que beaucoup de gens semble ne pas le comprendre y compris les administratifs . Pour mieux le comprendre il faut se mettre a sa place, si c’etait moi ? Pour moi si cet endroit est inhabitable qu’il soit au moins indamnise afin qu’il puisse acheter un autre endroit.

      • Nshimirimana

        « .. Pour mieux le comprendre il faut se mettre a sa place, si c’etait moi ?.. »
        Merci Benit. Vous posez une question importante : ..si c’était moi ? En effet, nous agissons instinctivement sans se soucier des autres. Avant de réagir, d’agir,…posons-nous cette question : si c’était moi. Quand nous y arriverons, du plus petit au plus grand dans nos rangs sociaux, nous aurons fait un grand pas.

  7. Ntagondwa

    None uyo mugabo Nibigira agomba yubake mumwonga?? Ni intagondwa pe!!

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