Samedi 20 juillet 2024

Environnement

Région Ouest/Cibitoke : Des orpailleurs en danger de mort lancent un cri de détresse

01/07/2024 3
Région Ouest/Cibitoke : Des orpailleurs en danger de mort lancent un cri de détresse
Les orpailleurs peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Des accidents de travail graves sur les sites d’extraction des mines d’or emportent des vies humaines en province de Cibitoke. Sans protection et non soumis au régime de sécurité sociale, les orpailleurs implorent l’intervention des pouvoirs publics. L’administration semble prendre en considération leurs doléances.

Dans les différents sites d’extraction de l’or établis dans la province de Cibitoke, des cas de mort sont régulièrement répertoriés à la suite notamment des glissements de terrain. La plupart des fois, ce sont de simples ouvriers dans les chantiers qui sont victimes. Ces dernières travaillent pour le compte d’autres propriétaires qui détiennent le gros des sites miniers.

D’après une source sur place, personne ne pense à la protection des orpailleurs qui ne disposent pas de matériel adéquat lié à leur métier très difficile et exigeant. « Les orpailleurs peuvent se retrouver à plusieurs centaines de mètres de profondeur et sont souvent surpris par la boue et les eaux de ruissèlement. Ils sont ensevelis à l’intérieur des trous à la suite des glissements de terrain », témoigne avec peur un rescapé. Aujourd’hui, les orpailleurs demandent du matériel de protection adéquat comme les gilets, les gants ainsi que des chaussures adaptés à leur travail.

Il faut une assurance

D’après certains orpailleurs rencontrés au site de Gisaba situé dans la commune Murwi, une assurance maladie est indispensable pour tous les orpailleurs. « Nous voulons aussi des textes juridiques relatifs à la sécurité sociale règlementant notre métier », insiste le responsable de l’une des associations en instance d’être mise en place. Ils espèrent par ailleurs qu’avec ce genre d’association, les orpailleurs pourront ainsi réclamer leurs droits et être entendus.
Un autre orpailleur rencontré sur le site de Kabere dans la commune Mabayi précise que, malheureusement, la caution demandée pour être assuré est estimée à plusieurs millions de francs burundais. Partant, il devient difficile de rassembler le montant.

Un officier de la Police de protection civile indique que c’est cette caution exorbitante qui pousse certains orpailleurs à œuvrer dans la clandestinité et surtout pendant la nuit. « La plupart des victimes sont des orpailleurs qui travaillent en dehors de tout cadre légal », insiste cette source.

Une hécatombe

Les propriétaires des sites miniers pointés du doigt pour leur passivité et leur manque de volonté afin d’assurer les bonnes conditions de travail aux orpailleurs, rejettent toutes ces accusations. L’un d’entre eux affirme par exemple avoir entamé la procédure pour permettre à tous ses travailleurs orpailleurs d’avoir accès aux soins de santé en cas d’accident ou de survenance d’autres maladies.

Toutefois, sur la question du matériel de protection et des salaires modiques touchés par les orpailleurs, notre interlocuteur s’est refusé de tout commentaire.
L’administration territoriale locale semble être préoccupée par cette situation. L’une des autorités provinciales compare en effet ce qui se passe régulièrement dans les sites miniers à une hécatombe surtout pendant la saison pluvieuse.

Cet administratif compte organiser des réunions pour se rassurer que les engagements pris par les patrons des sites en termes de production des orpailleurs sont respectés. Dans le cas contraire, conclut-il, des sanctions conformément à la loi vont être appliquées sans distinction aucune

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:« « Les orpailleurs peuvent se retrouver à plusieurs centaines de mètres de profondeur… »
    Normalement les mines qui atteignent des profondeurs de plusieurs centaines de metres ont au moins des systemes de ventillation car il y fait tres chaud et il faut des outils solides pour casser les roches dures qui n’ont pas subi l’alteration/rock weathering.
    J’ai lu quelque part que le code minier de la Cote d’Ivoire n’autorise pas les orpailleurs de creuser au-dela de 15 metres de profondeur.

    • Stan Siyomana

      « UArizona graduate student Mohit Butani is exploring ways to protect workers and reduce costs by making heat management in mines about prevention rather than mitigation. “The basic problem in deep underground mines is as you go deep into the ground, you basically end up having a lot of geothermal heat and that causes the air temperature and the ground temperature to rise,” Butani says.

      Temperatures underground increase by 72-87 degrees Fahrenheit per mile of depth, mostly due to that geothermal heat. Other factors, like machinery, mechanical processes and the metabolic heat created by people moving around, make it so the average temperature in some mines reaches 125-130 degrees.

      When workers are exposed to such high temperatures for long periods of time, they may begin to experience heat stress, rashes, cramps, and heat exhaustion or stroke. Some may even develop heart and lung diseases. Needless to say, there are good reasons why ventilation and cooling comprise nearly a third of operational costs in the mining industry… »
      https://minerals.arizona.edu/research/heat#:~:text=Temperatures%20underground%20increase%20by%2072-87%20degrees%20Fahrenheit%20per,average%20temperature%20in%20some%20mines%20reaches%20125-130%20degrees.

    • Stan Siyomana

      « The deepest gold mine in the world is Mponeng, a 2.5-mile hole in the ground in South Africa. A whole underground city—lightless and lawless—lives inside the mine…
      The rock is so hot underground that ice has to be pumped down to cool the tunnels.
      Because temperatures increase the closer we get to the earth’s core, the rock faces in the mine can get as hot as 140º F. « You can imagine what it’s like to crawl into a cavity there, » Hart said to NPR. « It’s like crawling into a pizza oven. »…
      To keep those super-temperatures from becoming deadly, an ice-slurry mixed with salt is pumped down from the surface; huge fans then blow air over the ice, forming a controlled cold-air system within the mine—its own internal weather system. The above-ground ice-making plant goes through 6,000 tons of ice a day. Ultimately, this means that many tunnels can be kept at an almost bearable 85 degrees… »
      https://gizmodo.com/terrifying-facts-about-the-worlds-deepest-gold-mine-1484301368

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissances de nos règles d'usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la présente charte, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier. Par ailleurs, tout commentaire écrit en lettres capitales sera supprimé d’office.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

L’interdiction de Sapor fait débat

Le chef est une figure singulière dans notre société. Son autorité est principalement exercée par la parole – Ijambo. Dans notre tradition, la parole est respectée, et celle du chef, en particulier celle du Chef de l’Etat, est presque sacrée. (…)

Online Users

Total 2 341 users online