Culture

Au coin du feu avec Denis Banshimiyubusa

26/10/2019 Arnaud Giriteka Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Denis Banshimiyubusa
Au coin du feu avec Denis Banshimiyubusa

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Denis Banshimiyubusa.

Votre qualité principale ?

Je trouve qu’il n’est pas aisé de parler de ses qualités. Mieux vaudrait laisser cette tâche aux autres qui t’observent. Mais je pense quand même que j’ai de la persévérance comme qualité motrice. Lorsque je me fixe un objectif que je juge primordial, j’essaie de le tenir dans le viseur jusqu’à l’atteindre, parfois contre vents et marées.

Votre principal défaut ?

Là je suis à l’aise. Je crois que je suis impatient et trop exigeant. Lorsque j’ai un rendez-vous avec quelqu’un et qu’il fait quelques minutes de retard, il risque de me trouver déjà reparti. De même, quand je demande que quelque chose soit fait, je veux qu’il soit fait de manière la plus correctement possible alors que tout le monde n’a pas peut-être les mêmes capacités d’y arriver.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

L’honnêteté. J’aime que mes amis soient honnêtes avec eux-mêmes d’abord, puis avec les autres ensuite. C’est rassurant.

Le défaut que vous avez du mal à supporter chez les autres ?

La malhonnêteté. Lorsque je découvre que quelqu’un est malhonnête, j’ai vraiment du mal à le supporter et, dans certains cas, cela peut conduire même à la rupture de nos relations.

La femme que vous admirez le plus?

C’est certainement ma très chère maman ; pour sa tendresse et son affection maternelle qu’elle n’a cessé de me manifester. Lorsque j’étais encore en internat pour mes études secondaires, à l’approche des vacances, elle avait hâte de me revoir et pouvait passer plus de deux jours sans bien manger, jusqu’à ce qu’elle me revoit, moi, son cadet qu’elle aime tant. Malheureusement, elle aussi vient de nous quitter. Elle est décédée le 5 octobre 2019. Que son âme repose en Paix auprès du Père !

L’homme qui vous a le plus marqué ?

C’est le président Nelson M. Mandela. Sa persévérance dans la lutte contre l’apartheid qui l’a obligé à rester en prison pendant près de trois décennies, sa grandeur d’esprit qui l’a poussé à prôner la réconciliation entre Blancs et Noirs lorsqu’il était devenu président de la République ainsi que l’élégance politique qu’il a montrée en ne briguant pas un autre mandat, tout cela (et bien d’autres qualités encore) provoquent en moi une admiration envers ce digne fils d’Afrique. C’est vraiment un modèle à suivre.

Qui aimeriez-vous être?

Je suis largement satisfait de qui je suis. Je suis le fruit de tout mon parcours que je ne regrette pas.

Votre plus beau souvenir?

Il n’est pas très lointain. C’est le 6 décembre 2018 lorsque, au terme de la soutenance de ma thèse, j’ai été élevé au grade de Docteur en Science Politique, à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour « UPPA » (en France) par un jury composé de sommités de renom en Science politique et d’autres disciplines qui lui sont proches. C’était pour moi le couronnement d’un projet, et pourquoi pas d’un rêve, qui m’a exigé une persévérance hors norme.

Le plus triste?

La disparition de mon très cher papa fin mars 2018. En mars 2018, j’étais à Bordeaux pour mon dernier séjour doctoral de six mois, je travaillais sous pression. J’étais informé aussi que mon père était hospitalisé dans un état critique depuis quelques quatre jours. Et, en cette nuit fatidique du 25 mars 2018, vers 3heures du matin, je reçois un coup de téléphone de la part de mon grand-frère m’apprenant la triste nouvelle. Je dus chercher un vol d’urgence avec les moyens de bord pour rentrer afin de participer aux obsèques de l’illustre disparu. C’était pour moi la disparition de l’un des êtres qui m’étaient très chers, l’homme dont je suis toujours fier de porter le nom et qui a considérablement participé à mon « façonnage » en m’inculquant les valeurs et les qualités humaines. Que son âme repose en Paix auprès du Père.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Perdre la dignité humaine. Les gens courent à gauche à droite derrière les biens, postes politiques ou autres objets matériels quelques fois ou souvent même au détriment de leur dignité, en passant par des voies déshonorantes, indignes. J’ai horreur de cela. Je ne voudrais pas que ce « malheur » m’arrive et, comme l’écrivait si pertinemment P. Corneille dans Le Cid, « Qui peut vivre infâme est indigne du jour » ! J’aimerais mourir étant encore « homme ».

Le plus haut fait de l’Histoire burundaise?

Je ne le situe pas très loin. Pour moi, c’est la lutte pour l’indépendance. C’est un haut fait, en m’imaginant qu’à cette époque du début des années 1960 il n’y avait même pas beaucoup de Burundais qui avaient fait de longues études, qu’il n’y avait pas encore de routes modernes, et encore moins de moyens de communication tel que nous les avons aujourd’hui, c’est un exploit historique que le peuple burundais a réalisé en s’unissant pour se battre pour son intégrité ; sa souveraineté. Les Burundais furent un peuple magnanime autour du Prince Louis Rwagasore.

La plus belle date de l’Histoire du Burundi ?

C’est celle du 10 juillet 1993 avec la passation du pouvoir pacifique entre le Président sortant Pierre Buyoya et le nouveau Président Melchior Ndadaye au terme d’une première compétition électorale démocratique après près de trois décennies de monopartisme.

La date la plus terrible ?

C’est la terrible date du 21 octobre 1993. Pour deux raisons principales. La première qui est d’ordre général est qu’avec l’assassinat du président nouvellement investi, M. Ndadaye, tout le pays a basculé dans le chaos duquel personne n’a pu le sortir durant plusieurs années : pertes en vies humaines, exil, destructions de biens, dépravation, etc. Jusqu’à aujourd’hui, nous continuons à en payer les frais. Deuxièmement, le 21 octobre 1993 arrive au moment où je venais de prendre mon inscription pour entrer en 2ème année en Histoire à l’Université du Burundi. Néanmoins, il faudra fuir cette même université, attendre sept ans pour y retourner en 2001 et étudier avec mes anciens élèves au secondaire ainsi qu’avoir comme professeurs certains de mes anciens camarades de classe en 1992-1993. Très dur, mais bon…. ! Ainsi va la vie !

Le métier que vous auriez aimé faire?

Être enseignant d’université, ça me va très bien. C’est vrai qu’à la fin de mes Humanités Générales (section des Lettres Modernes) mon premier choix avait porté sur la Faculté de droit. Faute de cette dernière, on m’a donné mon deuxième choix qu’était l’Histoire. Discipline que j’ai embrassée et qui m’a permis de bifurquer vers la Science Politique. Je n’ai pas à me plaindre, je suis satisfait de mon métier actuel d’enseignant, activité que j’avais par ailleurs exercé pendant sept ans lorsque j’enseignai au Collège Communal de Gisuru de 1994 à 2001.

Votre passe-temps favori?

C’est vraiment lire. Lire des ouvrages d’Histoire, de Science Politique, un peu de Sociologie, lire des journaux, des revues, etc. De temps en temps, je regarde aussi les matches de football à la télé, la Ligue des Champions, notamment.

Votre lieu préféré au Burundi?

Non, franchement, je n’ai pas de lieu spécifique que je préfère plus que d’autres au Burundi. J’aimerais plutôt visiter tout le pays car je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire.

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Sans doute, le Burundi, ma patrie. J’ai déjà vécu en Europe et j’en sais quelque chose. Vivre dans un pays étranger, ce n’est pas toujours aisé.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Aller en Amérique par exemple ou en Chine pour découvrir ce que nous réservent ces autres cieux. Ça m’intéresserait en tout cas.

Votre rêve de Bonheur ?

Voir mon pays se doter d’institutions véritablement démocratiques qui impulseraient une véritable paix pour tous, un respect et une protection des droits et libertés pour tous les citoyens, une véritable justice pour tous, qui banniraient à jamais l’exil des filles et fils de ce pays, le Burundi. Là, où tous les Burundaises et Burundais nageraient dans le bonheur…..

Votre plat préféré?

Aucun. Pour avoir voyagé et habité dans des pays aux civilisations différentes de la nôtre, franchement, je n’ai plus de préférence alimentaire, plutôt je m’adapte là où j’arrive. N’est-ce pas qu’ « à Rome on fait comme font les Romains » !

Votre chanson préférée ?

Elle est rwandaise et porte comme titre « Gukiranuka » du célèbre chanteur Théogène Uwiringiyimana. Je la connais presque par cœur. « Kuko wakunze gukiranuka, nico nanje nzagukiriza. Kuko wanze ubugome bw’iyi si, nico nzaguhera icubahiro. R) Ibiguhiga ntibizabura, n’abakurwanya barakomeje, ariko Imana nyir’ijuru n’isi niyo ivuganye nawe nonaha… » (Puisque tu as opté de rester digne, je te récompenserai pour cela. Puisque tu as refusé la malhonnêteté de ce monde, je t’honorerai pour cela. R) Les menaces envers toi ne manqueront pas, même tes ennemis continuent leur combat, mais le Dieu garant du ciel et de la terre, c’est bien Lui qui fait alliance avec toi…). Je trouve qu’elle correspond en grande partie à ce que les gens traversent tous les jours, moi personnellement.

La radio que vous écoutez ?

De temps en temps, j’écoute la RFI (Afrique matin) ainsi que la Radio Isanganiro, la grande édition de 12h 25. Je suis devenu actuellement un adepte de la télé.

Avez-vous une devise ?

Oui, et elle est très simple. « Faire du bien quoi qu’il en coûte ».

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

C’est un bon souvenir mais mitigé. Alors que d’un côté, le camp des vainqueurs se réjouit, celui des perdants est rempli de doutes et de tristesse. Il fallait être naïf pour ne pas s’interroger sur la suite. En réalité, on ne bouscule jamais impunément un si vieux Parti-Etat ; le FRODEBU l’a appris à ses dépens.

Votre définition de l’indépendance ?

L’indépendance, c’est ce droit de tout peuple à disposer de lui-même, d’être souverain, de gérer la res publica en souverain sans qu’aucune autre force ou puissance extérieure ne lui dicte des injonctions à suivre. Bien entendu, il ne faut pas confondre les choses. Être indépendant ne signifie pas, pour un peuple donné, vivre en vase-clos en coupant ses relations bilatérales et/ou multilatérales avec ses partenaires ; au contraire. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’indépendance appelle l’interdépendance.

Votre définition de la démocratie ?

Je pars d’Athènes où ce concept prend racine mais pour parler comme l’Américain Abraham Lincoln. En effet, c’est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Actuellement, on ajouterait que c’est un gouvernement qui se soumet d’abord à son propre droit établi et qui, ensuite, garantit les droits et libertés, civils et politiques, de ses citoyens. C’est également un gouvernement dont les dirigeants permettent au peuple-électeur d’exercer son droit de surveillance sur eux-mêmes et sur la manière dont ils gèrent le bien commun. Mais la démocratie repose également sur les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité, de tolérance, etc. sans lesquelles elle n’est qu’un vain mot. En effet, ceux qui confondent « élections » et « démocratie » se trompent fort.

Votre définition de la justice ?

Si je me limite à l’aspect de la justice des cours et tribunaux, c’est dire le droit, c’est faire rentrer les choses dans l’ordre. Mais de manière plus large, je peux parler également de la justice dans le sens social ; une justice sociale axée sur l’équité, le partage juste du gâteau national, la garantie équitable des droits de chacun. Que ce soit la justice des cours et tribunaux ou celle dite sociale, dans mon entendement, les deux participent à la pacification de la société en ce sens qu’elles évitent ou limitent les cas d’injustices sources de conflits entre les êtres humains.

Denis Banshimiyubusa

Si vous deveniez ministre de l’Intérieur, quelles seraient vos deux premières mesures?

La première serait de faire sanctionner tous les auteurs des violences politiques (quelle qu’en soit leur couleur politique) que nous observons un peu partout dans le pays suite à l’intolérance entre les adhérents des différentes formations politiques.

La seconde serait de mettre de l’ordre au sein de ces mêmes partis politiques : tout parti agréé en violation de la loi serait supprimé (et croyez-moi ils sont nombreux), toutes les ailes « nyakuri » seraient supprimées ainsi que ces partis fantoches préfabriqués de toutes pièces.

Si vous deveniez ministre de l’Education, quelles seraient vos deux premières mesures ?

La première serait de mettre en place une commission de spécialistes qui analyserait les voies et moyens de redresser la qualité de notre enseignement et le niveau de nos lauréats qui laissent à désirer.

La seconde serait de fermer tous les universités et établissements d’enseignement supérieur tant publics que privés qui ne sont que des « boutiques de diplômes ».

Croyez-vous à la bonté naturelle de l’homme ?

Oui, mais l’homme est en même temps bon et méchant. En lui, le combat entre les deux est sans fin.

Pensez-vous à la mort ?

Bien sûr que j’y pense surtout lorsque j’accompagne un proche disparu vers sa dernière demeure. Mais j’essaie d’éviter d’être esclave de la peur qu’elle imprime sur nous les mortels. Je m’efforce de vivre comme si cette terrible visiteuse indésirable viendra me voir le plus tardivement possible, même si je sais qu’elle peut frapper à tout moment et à n’importe quelle porte. Au moins sur ce point, la mort est juste !

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Très humblement, je lui dirais : « Père très miséricordieux, tu vois et tu le sais très bien plus que quiconque, je suis pécheur, mais je ne mérite tout de même pas l’enfer. Je me suis efforcé de vivre en harmonie avec tes commandements même si je n’y suis pas parvenu…. ». Et probablement qu’après une longue réflexion le Bon Dieu miséricordieux me dira très tendrement : « Ego mwananje wari wagerageje, injira mw’ijuru… » !

Propos recueillis par Arnaud Igor Giriteka

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Bio-express

Actuellement enseignant de Science Politique à l’Université du Burundi et dans d’autres universités et établissements d’enseignement supérieur publics et privés burundais, Denis Banshimiyubusa est né le 22 août 1969, à la colline Gisuru en commune Gisuru, province de Ruyigi, à l’Est du Burundi. Entré à l’Université du Burundi à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Département d’Histoire, au cours de l’Année Académique 1992-1993, la crise d’octobre 1993 le contraint d’interrompre ses études après avoir réussi sa première année. De 1994 à 2001, il enseigne au Collège Communal de Gisuru, période après laquelle il réintègre l’UB où, en octobre 2004, il obtient une Licence en Histoire, option Science politique. De 2005 à 2006, il travaille comme journaliste correspondant de la Radio Isanganiro dans la région Est du pays. De mars 2007 à mai 2009, il est conseiller au cabinet du ministre de la Bonne Gouvernance, avant de s’envoler à Rome en Italie en septembre 2009 où il venait d’être affecté comme Ambassadeur de la République du Burundi près le Quirinal et Représentant Permanent du Burundi auprès de la FAO, du FIDA et du PAM. Il y restera jusqu’en janvier 2011. Entretemps, avant de partir pour Rome, M. Banshimiyubusa avait décroché un Diplôme des Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en droits de l’homme et résolution pacifique des conflits à l’Université du Burundi en collaboration avec la Chaire UNESCO (2009). Les moments de bonheur s’alternant avec ceux de dures épreuves, après Rome, cet ancien diplomate a connu un dur exil politique en France de 2011 à 2014 qu’il a su néanmoins transformer en moment de conquête des titres académiques. En juillet 2013 il obtient un Master 2 en Science politique à l’Université de Lorraine, Spécialité : Métiers du Politique et de l’Administration (parcours Recherche), tandis qu’en janvier 2014, il décroche son Diplôme d’Université (D.U.) « Administrateur d’Elections » à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne en collaboration avec le Centre d’Etudes Permanentes. Enfin, le 6 décembre 2018, son parcours académique a été couronné par un Doctorat en Science politique obtenu à l’Ecole Doctorale de Université de Pau et des Pays de l’Adour  (ED – UPPA). Sa thèse de Doctorat intitulé : Les enjeux et défis de la démocratisation au Burundi. Essai d’analyse et d’interprétation à partir des partis politiques est actuellement sous presse aux Editions L’Harmattan. Elle sera publiée début décembre 2019. Par ailleurs, le champ de recherche privilégié du jeune Dr. Denis Banshimiyubusa couvre principalement les domaines de processus de démocratisation en Afrique, d’Etat de droit et de (bonne) gouvernance ; avec une spécialisation sur les questions intéressant les partis politiques et les élections.

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