Mardi 16 juillet 2024

Culture

Au coin du feu avec André Ndabaneze, alias Andy Mwag

02/07/2024 1
Au coin du feu avec André Ndabaneze, alias Andy Mwag

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. Une occasion pour les anciens d’enseigner, avec l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais, au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient et contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, André Ndabaneze.

Votre qualité principale ?

J’aime la bonne qualité.

Pouvez-vous expliquer ?

J’aime la bonne qualité, par exemple, la bonne qualité d’une musique. J’aime la musique qui a une bonne sonorité.

Votre principal défaut ?

Je ne sais pas chanter sur CD.

Pouvez-vous expliquer ?

Il y a des chanteurs qui chantent avec de la musique pré-enregistrée sur CD, moi, je ne sais pas le faire. Moi, je préfère chanter avec de la guitare, live quoi.

Qu’elles sont vos préférences dans le métier d’artiste ?

Comme chaque guitariste, j’aime la guitare. J’aime aussi une bonne production audio.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

Une bonne composition de la musique.

Exemple ?

Il y a des chansons que quand tu les écoute, tu te dis, ah oui, ça, c’est vraiment bien fait.

Les défauts que vous ne supportez pas chez les artistes ?

Le non-respect du temps. C’est un grand défaut que je ne cautionne pas chez les artistes.

Très motivée et appliquée dans le métier, où trouvez-vous l’émulation ?

Quand je regarde derrière, depuis mes débuts et là maintenant, je me dis Andy, il faut continuer. Une autre chose, c’est ma famille. Je dois laisser quelque chose à mes enfants pour qu’un jour ils disent, notre papa avait travaillé. Mes fans aussi me motivent et m’encouragent du jour au jour.

Pouvez-vous expliquer ?

La chanson « tonight », ce sont mes fans qui m’ont dit, pourquoi tu ne nous donne pas de la bonne musique. Je m’y suis mis avec mon équipe et voilà la chanson a été produite. Ça vraiment, ça me motive.

Quel est votre point de vue par rapport aux artistes d’ici chez nous ?

En comparaison avec l’ancienne génération, franchement, nous avons fait un grand pas en avant. La nouvelle génération travaille beaucoup, et il y a aussi des gens derrière qui nous poussent. L’évolution de la musique est visible. Il y a la nouvelle technologie, you tube par exemple, qui rémunère les artistes qui ont bien fait leur travail ce qui ne se faisait pas avant.

Et en plus de cela, nous sommes reconnus mondialement. Mon plus grand regret est que la nouvelle génération ne s’intéresse pas vraiment aux instruments contrairement à l’ancienne. Tout le monde veut seulement chanter et c’est pour cette raison que Kuza music, ma maison de production, a un grand projet de formation des artistes musiciens pour y remédier.

Votre plus beau souvenir ?

J’étais encore très jeune lorsque j’ai rencontré feu Père Désiré, et je lui disais souvent que j’ai envie de jouer sur une grande scène, jouer avec Kidumu. Je faisais des répétitions sans relâche. Lors de la commémoration de la mort de Christophe Matata, par un heureux hasard, j’étais avec feu Memba, je vois Kidumu nous rejoindre sur scène et il a chanté la célèbre chanson de Matata « inyagasambu ». Quand j’ai joué le solo de cette chanson, il s’est retourné vers moi et m’a dit : « Petit, tu joues très bien, il faut que tu viennes avec moi au Kenya », cet instant-là est resté gravé dans ma mémoire. L’autre souvenir, surtout de la vie, c’est quand j’ai été appelé papa pour la première fois.

Quelle est la femme que vous admirez ?

C’est Espérance, ma femme, elle me donne de l’espérance (rire).

Le métier que vous auriez aimé exercer ?

Etre styliste ou peintre ou encore être basketteur.

Votre passe-temps préféré ?

Parler aux gens, aller voir mes amis et discuter de tout et de rien.

Votre lieu préféré

La scène et le studio.

Pouvez-vous expliquer ?

Sur scène, je parle au public, je vois le mouvement du public. Cet esprit, de communiquer avec le public me fait voyager.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

J’ai presque fait toute l’Afrique avec le prix découverte RFI, 15 pays et l’Europe aussi, mais voyager là où il y’a la musique, la scène. Là où je peux parler le même verbe qui est « musique ».

Votre rêve de bonheur ?

Une grande maison musicale. Une grande maison qui rassemblerait les artistes.

Votre plat préféré ?

Le fufu de maïs et le mukeke (rire).

Votre chanson préférée ?

Parmi mes chansons, j’aime la chanson « mvugisha », ça me parle beaucoup. Pour ce qui est des autres, j’aime « inyagasambu » de Christophe Matata, « yaramenje » de Kidumu et « they don’t care about us » de Michael Jackson.

Et votre chanteur ?

Bob Marley. Ses messages sont profonds.

Votre devise ?

Ensemble, nous pouvons.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Là où je suis maintenant, c’est quelqu’un qui m’a pris la main. Feu Père Désiré Ilunga m’a acheté ma première guitare. Un autre qui était venu à mon concert m’a dit, je vais t’aider et après quand on s’est vu après le concert, il m’a demandé ce que je voulais et il a sorti l’argent, comme ça.

Pensez-vous à la mort ?

Ah oui. C’est pourquoi je dis souvent qu’il faut avoir des enfants.

Pourquoi des enfants ?

Tout d’abord, je n’ai pas peur de mourir parce que c’est la destination finale pour nous tous. Je sais aussi que je ne disparaîtrais pas complètement, il y’a mes enfants qui me représenteront. Mes enfants sont un monument de ma personne.

Si vous comparaissiez devant Dieu, que lui demanderiez-vous ?

Retourner le temps. Je crois que si je pouvais retourner à l’époque de mon enfance avec tout ce que j’ai dans ma tête, j’accomplirais beaucoup de choses.

Propos recueillis par Stanislas Kaburungu

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1 réaction
  1. J’ai eu un immense plaisir de croiser Yvan Buravan au cours de ma mission à N’Djamena. J’aimais Trop Buravan. La mort est vraiment injuste. karambabaje Pe! Et dans l’orchestre se trouvait Andy Mwag qui m’a donné le courage de croire et aimer mon pays. Sa musique, la bonté inestimable des enfants issus des quartiers populaires. Nous! Buravan me manque et Go Andy Mwag. Tu sais que tu as électrisé les Burundais moribonds dans une fierté rwandaise évidente. Remember the Time!

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Bio-express

Né en 1990, marié et père de 3 enfants, André Ndabaneze, connu sous le pseudonyme de Andy Mwag, est né à Cibitoke et a grandi à Kamenge dans la municipalité de Bujumbura. Il commencera à chanter dans une église à Bukavu en 2007, ce qui a fait naître en lui une envie forte de donner un message au monde par la musique. De retour au Burundi, il chantera dans le groupe Sikiliza band avec feu Memba. Après, il crée avec Francis Muhire Umudiho groupe au centre jeune Kamenge. Il sort sa première chanson « ndagukunda » en 2010 à Menya media. Il fonde sa famille en 2013 avant de partir pour le Kenya pour travailler avec Jean Pierre Nimbona alias Kidumu pendant 1 année. En 2014, après le Kenya, il part à Kigali au Rwanda et y passe 5 bonnes années et reviendra travailler au Burundi en 2020. De retour au Burundi, il rencontre une femme formidable Yvette Ihorimbere qui est jusqu’à maintenant son manager. Avec le financement de l’ambassade, il ouvre un studio « Kuza music » et c’est son manager Yvette Ihorimbere qui se chargera de toutes les démarches dans le renforcement de capacité. Le projet qui porte le nom du studio « Kuza music » vient de passer 3ans. Actuellement, André Ndabaneze est en train de produire des compilations de musique qui constitueront un album complet.

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  1. J’ai eu un immense plaisir de croiser Yvan Buravan au cours de ma mission à N’Djamena. J’aimais Trop Buravan. La mort est vraiment injuste. karambabaje Pe! Et dans l’orchestre se trouvait Andy Mwag qui m’a donné le courage de croire et aimer mon pays. Sa musique, la bonté inestimable des enfants issus des quartiers populaires. Nous! Buravan me manque et Go Andy Mwag. Tu sais que tu as électrisé les Burundais moribonds dans une fierté rwandaise évidente. Remember the Time!

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