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Vivre à Bujumbura, une danse sur la corde raide

Intimidations, coups, arrestations arbitraires, assassinats… la vie de certains jeunes de Bujumbura est devenue un calvaire depuis la fin des manifestations anti-troisième mandat.

car2« Depuis juillet, j’ai déjà été arrêté deux fois par des policiers, et chaque fois, ça a été les plus mauvais moments de toute ma vie», confie Landry, un jeune de Bwiza. À genoux, machettes sur le cou, canons pointés sur la tête, les interrogatoires subis à même le pavé, dans la pénombre des ruelles, ont parfois failli tourner à la tragédie. « Dans ces moments-là, un seul mot de travers peut te coûter la vie, et une phrase bien placée te la sauver », fait-t-il savoir. En voyant ses amis se faire passer à tabac, il ne sort plus désormais la nuit.
Innocent, lui, a passé quatre jours en prison. « Un jour, une personne a été tuée à Ngagara IV. Et très tôt le matin, des policiers ont arrêté les jeunes de cette localité. Moi y compris », raconte-t-il. A bord d’un pick-up, ils sont conduits au poste de police sis à la zone Ngagara. « Moi je pensais qu’on va y passer quelques minutes. Mais, à ma grande surprise, c’est après quatre jours que je reverrai ma famille », évoque-t-il. Durant ces quatre jours, Innocent n’oubliera jamais les intimidations et les menaces de mort subies.

La vie en mode furtif

« Un acte aussi banal que prendre le bus est devenu tout simplement irréalisable », confie Anaclet, habitant de Musaga. Cet étudiant à l’Université du Burundi sort aujourd’hui à peine pendant la journée et pour se déplacer, c’est toujours par taxi-moto ou voiture. Ancien manifestant, il a peur d’être arrêté comme ses anciens compagnons. « Après les manifestations, on a assisté à une chasse aux sorcières. Plusieurs d’entre nous ont été arrêtés et ne sont jamais revenus », signale-t-il. Maintenant, s’il lui arrive de sortir, ce n’est que pour aller au campus, « même si des fois, il lui arrive de sécher les cours, pendant une, voire deux semaines ». Le centre-ville n’est qu’un vieux souvenir pour lui.

Jean Marie, 30 ans, habite Kinanira I. Il affirme mener « une vie d’enfer », aujourd’hui. Contraint de rester enfermé entre quatre murs, ce jeune homme a abandonné son métier. Comme les autres, il a peur d’être victime des arrestations « abusives » de la police ou des agents du SNR. « Les jeunes, nous sommes beaucoup plus visés aujourd’hui. » C’est quand il commence à faire nuit qu’il sort, mais très rarement. Il évite de passer deux fois à un même endroit. Le chemin de départ n’est pas celui de retour.

Au moment où les uns jugent prudents de s’enfermer dans leurs maisons pour échapper aux arrestations, d’autres l’estiment dangereux. Emery, également habitant de Musaga, quitte, malgré lui, son domicile à 5h du matin pour rentrer vers 20h. Où passe-t-il la journée ? Sur cela, aucun détail. Tout ce qu’il peut dire, c’est qu’il ne peut pas être dans son quartier au moment des fouilles qui, la plupart,arrivent le lendemain des nuits troubles. « C’est le meilleur moment pour nous arrêter! », en faisant allusion à ses nombreux amis et voisins qui ont été embarqués de chez eux par la police pendant les fouilles.

La fin de la vie sociale

« Ce jour-là, on avait une rencontre promotionnaire, et on s’était convenu de se retrouver chez « Masuguru » au quartier IV, un bar réputé pour ses bonnes brochettes », relate Larissa. Après le premier coup de feu, cette jeune fille dit ne plus se rappeler de rien, à part des corps étendus par terre, des cris, et des crépitements d’armes qui lui reviennenten flashes. Elle retrouvera temporairement ses sens en se voyant embarquée manu militari par des policiers hargneux. « Plus tard, les filles ont été relâchées, mais certains de nos amis ne sont pas revenus»,rappelle-t-elle.

Landry a aussi failli laisser sa peau dans un bar, en rentrant d’une levée de deuil. Avec un ami, ils décident de prendre une bière au bar ‘Whatsapp’ de Bwiza, avant de rentrer. « La première déflagration s’est fait entendre à la 7ème avenue, puis juste après, derrière nous», relate-t-il. Les oreilles bouchées, ils fuient l’endroit en titubant. Ils ne vont se rendre compte qu’ils sont blessés que plus loin. « Mais le plus ahurissant fut de se voir refuser des soins au Prince Régent, puis dans les dispensaires, où il nous a été signifié qu’on ne soignait pas des gens comme nous ! », s’exclame Landry.
Mis à part les bistrots, d’autres cérémonies, jugées avant incontournables, sont désormais boycottés par beaucoup de jeunes. Jean Marie indique qu’il assiste rarement aux cérémonies de mariage, et surtout pas aux funérailles. Triste, il se rappelle : « Je n’ai pas assisté aux obsèques funéraires de mon cousin, il y a une semaine. » Même cas pour Rémy, qui affirme avoir perdu trois amis dans cette « crise », et qu’il n’en a accompagné aucun. « L’autre jour à Buringa, on a vu tout un convoi funéraire se faire massacrer, et on s’est dit que bientôt, ça pourrait être notre tour », explique-t-il.

Un traumatisme ancré

« Je n’oublierai jamais le jour où un pick-up m’a filé. Et inconsciemment, je suis parti me cacher dans un des bâtiments bordant le Boulevard de l’Uprona», raconte un jeune de Bwiza. C’est en se retrouvant face à une dizaine de policiers, poursuit-il, que j’ai compris que je venais de pénétrer dans le bureau du secrétaire général du gouvernement. Contre toute attente, un policier s’approchera de lui et lui tendra un badge tout en murmurant : « Tu vas dire que travailles ici. » « Quelques minutes après, le pick-up arriva. Les policiers exigèrent que seuls ceux qui ont des badges sortent, ainsi je fus sauvé », relate-t-il. Depuis, un pick-up policier est devenu pour lui un cauchemar.

Cette « pickup phobie », comme certains l’appellent maintenant, plusieurs jeunes la partagent, mais pas pour les mêmes raisons. Rémy préfère désormais rebrousser chemin, au lieu de se retrouver à côté d’un véhicule bourré de policiers. « Ces derniers temps, ces mêmes flics sont devenus des cibles, et à chaque fois, je m’attends à ce qu’ils soient visés, et dans ces moments-là, vaut mieux ne pas être dans les parages », explique-t-il.

La peur qu’inspire le corps policier aux jeunes vire parfois au cocasse. « Une fois pendant les fouilles, j’ai essayé d’ouvrir en vain une porte pendant cinq minutes, sous le regard amusé des policiers », raconte Rémy. Et finalement, poursuit-il, ils durent l’enfoncer ! Ce qui n’a pas été du goût du jeune homme, qui avoue avoir une aversion prononcé envers tout porteur d’armes. Pour lui, s’il arrivait que la situation retourne à la normale, il faudra même changer les uniformes des policiers avant que tout le monde puisse avoir confiance en eux, une fois encore.


Les « identités » maudites


Durant les contrôles policiers, les ressortissants de certains quartiers semblent jouir d’une attention particulière, frisant parfois le harcèlement.

Car1« Il ne fait plus bon d’être un ressortissant de Ngagara, Cibitoke, Mutakura, Musaga, Nyakabiga, etc », s’exclame un jeune de Mutakura. Et cela, poursuit-il, on s’en rend compte à chaque fois qu’on se retrouve face un policier. « Si ce ne sont pas des menaces, ce sont des regards hargneux dont nous faisons l’objet ».

Ces derniers temps, les check points sont devenus légion dans la capitale, et pour Landry, c’est tout simplement un calvaire. « Chaque fois que j’exhibe ma carte d’identité dans un bus, on me fait descendre pour me questionner », lâche-t-il, indigné. « Une fois, j’étais assis à côté d’un autre jeune et on nous a fait descendre tous les deux. Moi je suis remonté, pas lui. Pendant ce temps, les autres n’étaient pas inquiétés, pourquoi ? », s’interroge-t-il.
Claude habite Ngagara. Depuis qu’il s’est fait arrêter et malmener la nuit par des policiers, il n’ose plus rentrer au-delà de 18h. « Il était 20h, et j’allais déposer trois amis à Nyakabiga», relate-t-il. « Arrivé à un check point de police, on m’a sommé d’arrêter et puis on m’a demandé d’où je venais et où j’allais. » Innocemment, Claude décline ce qu’on lui demande. Les policiers, auparavant décontractés, vocifèrent tout à coup : «Descendez, avec armes bien en vue ! » Les jeunes s’exécutent. La voiture est fouillée de fond en comble, sous des menaces à peine voilées. « C’était du genre : vous n’allez pas exterminer les policiers, c’est nous qui allons vous exterminer », se remémore Claude. Finalement, ils seront relâchés, mais morts de peur.

À situation radicale, solution radicale

Lors des fouilles-perquisitions, les quartiers visés sont normalement bouclés. Pour en sortir, on doit produire ses pièces d’identité. Ce qui a poussé Landry à utiliser une ancienne carte d’identité. De journaliste, il est redevenu étudiant. « Au moins comme ça, on me laisse passer », se félicite-t-il.

Rémy, quant à lui, souhaite procéder à la modification de certaines mentions de sa carte d’identité, à savoir le lieu de naissance et de résidence. « Il m’est déjà arrivé une fois de dire du mal de mes frères pour ne pas être inquiété », regrette-t-il. Pour lui, arriver au point de renier ses origines, traduit le malaise vécu par certains jeunes.

Si certains pensent à changer leur lieu de naissance et de résidence, d’autres l’ont déjà fait. Anaclet confie qu’il est allé jusqu’à changer son identité. Selon lui, les porteurs d’une identité de Musaga, Mutakura, bref les quartiers contestataires, sont victimes d’une chasse à l’homme par la police. Il y a quelques jours, se rappelle-t-il, la police a arrêté un bus dans lequel j’étais. Tous les passagers ont été sommés de montrer leurs identités. « J’ai été le seul à être fouillé sérieusement car j’avais l’identité de Musaga.» fulmine-t-il.
C’est cet usage de deux poids deux mesures qui, parfois, montent les jeunes les uns contre les autres.


Une « silencieuse » balkanisation

Depuis bientôt six mois, les jeunes de quartiers dits contestataires et ceux des quartiers restés neutres semblent vivre à couteaux tirés. Une situation qui pèse socio économiquement.

Pavé de démarcation Kamenge -Cibitoke, poste de surveillance des jeunes de Kamenge

Pavé de démarcation Kamenge -Cibitoke, poste de surveillance des jeunes de Kamenge

Route pavée séparant la zone Kamenge et Cibitoke, des jeunes en petits groupes sont assis le long de cette route, certains jouant aux cartes, d’autres causant comme si tout allait bien. Sauf qu’ils surveillent tout mouvement suspect en provenance de Cibitoke.

Le racket, nouveau fonds de commerce ?

Des cas d’extorsion sont signalés ici et là ces derniers temps. Des témoignages sur ce phénomène ont été recueillis.
Landry, ressortissant de Bwiza, dit qu’il s’est déjà fait voler deux fois son portable par des policiers. « C’est simple, on fait mine de te fouiller et on prend ton téléphone, tout cela accompagné d’un regard qui te cloue le bec. »

Diego, finaliste au lycée municipal Kamenge, nous apprend que même dans son quartier, les cas de racket sont légion. « Des inconnus patrouillent la nuit tombée et font le beau et le mauvais temps. Ils arrêtent les gens dès 20h, vérifient les cartes d’identité. Et à partir des heures avancées, ils rançonnent tout passant. Celui qui résiste est battu comme plâtre. »

Pour cela, Landry, de Ngagara, a opté pour une solution simple : garder chez lui tous ses objets de valeur à chaque fois qu’il sort.

En cause, la suspicion quasi maladive qui s’est installée depuis le début des manifestations anti-troisième mandat. « Cette surveillance est vitale car nous soupçonnons les jeunes de Cibitoke de vouloir nous attaquer à tout moment car nous avons refusé de participer à leur insurrection », lance Zéphirin, leur chef.
Mis à part cette surveillance, peu de jeunes de Kamenge osent poser les pieds dans les anciens quartiers manifestants. « Là-bas, on risque de nous taxer d’Imbonerakure, ou d’espions roulant pour le SNR et de nous tuer », estime Jackson.

Idem pour les jeunes des quartiers dits contestataires, mais pour des raisons diverses. Rémy révèle qu’il vient de passer six mois sans mettre les pieds à Kamenge. « Je sais que tout le monde là-bas ne roule pas pour le pouvoir, mais les Imbonerakure en ont fait leur bastion, y aller serait suicidaire», tranche-t-il.

Rupture du tissu social ?

Gilbert a de la famille à Kinama, mais, pour lui, la sécurité prime sur tout le reste, pas question de s’exposer. Il ne fait même plus confiance à sa famille. « Là-bas, soit tu es un sympathisant, soit un collabo », estime-t-il.

Cette situation semble avoir des conséquences sur ces jeunes. Salvator, 29 ans, réparateur de frigo, habitant le quartier Songa, dit ne plus savoir comment joindre les deux bouts du mois : « J’avais plusieurs contrats à Ngagara et Cibitoke et je gagnais bien ma vie avant ces manifestations, mais depuis le mois de mai je ne peux plus me rendre dans certaines zones à cause de l’insécurité. »

Cet avis est partagé par un jeune mécanicien rencontré au quartier Heha. Selon lui, certains « patrons » n’osent plus amener leurs véhicules à Kamenge pour réparation, car ils craignent pour leur sécurité. D’autres leur demandent de se déplacer jusque-là où la panne a eu lieu. « Si c’est à Ngagara ou Cibitoke, personne n’y va par peur d’être tué. »

Paranoïa ou inquiétudes justifiées, cette jeunesse s’accordent pour dénoncer une rupture de la solidarité, naguère une des caractéristiques des jeunes de Bujumbura. Aujourd’hui, la méfiance a gagné tous les cœurs. Même à l’intérieur des quartiers, les gens se promènent en jetant des regards derrière le dos. Chacun, dans son camp, soupçonne l’autre d’être un vendu, un traître.

  24   Vos commentaires
  1. Mbasha

    En tuant, les militaires, les Imbonerakure et policers accusaient les jeunes qu’ils ligotaient avant de les executer de vouloir refuser le 4 em mandat car selon eux, il n y a plus de doute sur le 3e mandat. Ils sont combien de vrais DD pour le 4,….10 em mandat?

  2. Ndayambaje Fidèle

    Mieux vaut prévenir que guérrir. La communauté internationale a pris plus de temps pour comprendre le danger qui sévit sur le Burundi et la sous-région.

    Certains ventriotes ne savent plus quoi dire pour soutenir un régime sanguinaire; un régime qui a organisé le génocide sur sa propre population au su et au vu de tout le monde.
     Voici un exemple très simple:

    L’Ambassadeur du Burundi en Allemagne a écrit en date du 11.12.2015 sur sa page Twitter que la situation est normale à Bujumbura! Ce qui contredit totalement ce que vous avez écris! En connaissant la vérité et en étant informé du génocide en cours, surtout de la préparation de ce génocide, que veut-il au juste? Qui veut-il convaincre? Une partie des burundais ou bien la communauté internationale? Qui informe-t-il puisque tout le monde est au courant de la situation sur le terrain? Il ne se trouve pas ridicule ?

    Quand il écrit de tels mensonges, pense-t-il aux conséquences de ses écrits?  Quelle est la crédibilité  peut-on donner à sa parole dans l’avenir? Se rend-il compte qu’il est entrain de détruire définitivement sa carrière professionnelle? Pense-t-il à sa progéniture qui a sûrement besoin de vivre dans un pays paisible?

    A-t-il juste peur de perdre son gagne- pain? Est-il vraiment convaincu de ce qu’il écrit ou bien est-il obligé de mentir pour se faire remarquer comme étant le meilleur défendeur du gouvernement illégal de Bujumbura?

    L’avenir proche nous le dira.

    Il y a juste quelques mois qu’un internaute de Bujumbura.be nous avait dévoilé le double visage d’un certain Daniel KABUTO , chargé de la communication au Ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale.

    Cet internaute nous avait informé d’un probable basculement de Mr Daniel KABUTO malgré tout ce qu’il écrivait pour défendre Nkurunziza et son mandat. Je vous informe que je n’y croyais pas à ce moment-là, mais maintenant, c’est chose faite. Mr KABUTO DANIEL, je vous félicite d’avoir montré vos vrais sentiments, ce que vous pensez réellement, je suis certain que vos problèmes de tension artérielle qui vous empêchait de retourner au Burundi en cette période de crise vont s’atténuer ou disparaître tout simplement et je vous le souhaite. Je ne vous accuse pas de vous être mis ensemble avec les Sindumuja comme vous les appeliez, mais vous avez montré que vous avez retrouvé votre bon sens. Nous devrins tous savoir qu’il n’est jamais trop tard pour prendre une bonne décision. Pierre Nkurunziza devrait faire de même.

     Cela veut dire que quand on dit des choses parfois extrêmes ou mensongères( sans ětre convaincu) juste pour faire plaisir à ses supérieurs; ça se sent.   Il suffit d’avoir un bon esprit d’analyse.

    La liste des prochains frondeurs du CNDD-FDD est longue! Ceux que vous  n’avez jamais suspçonné, ceux qui ont été obligé de se taire juste pour continuer à survivre, ceux qui n’ont jamais porté dans leurs coeurs Pierre NKURUNZIZA, ceux qui ont toujours fait semblant d’être avec lui alors que ce sont des jaloux qui convoitent la place qu’il s’est donné par force,  ceux qui l’ont toujours critiqué dans les coulisses et pas à haute voix pour ne pas perdre leurs avantages.

    Vous serez vraiment tous surpriiiiiiiiiiis!
    La vérité finit toujours par se savoir.

    Ah Pierre NKURUNZIZA, si tu savais les surprises qui t’attendent…

    Wait and see.

    • Nadia kub.

      Vous avez totalement raison Fidèle. Mieux vaut plutard que jamais. Aha na Nkurunziza yohindura yozokuramwo nadikeyi ahandi naho azoba ari umwihevyi niyahitamwo kubandanya ingendo yafashe.

      Hanyuma uwo mu ambassadeur nawe, ari mubataye Nkurunziza mu kumusuka ngo nagende ntakibazo kizoba mu nzira.

      Abantu nkabo nibo bataye igihugu mu makuba. Uwavuze ko Pierre Nkurunziza akikijwe n’abasavyi bashinzwe n’inyungu zabo atari iz’abanyagihugu ntiyabeshe n’ukuri. Kwubahuka kwandika ko i Bujumbura umutekano ari wose, ahubwo nukuraba nimba akwije neza mumuttwe wiwe. Nakamaramaza.

      • Mariya Budangwa

        @ Nadia kub.

        Reka nkwibarize,urashobora kuduha urutonde rwabaharaniye inyungu z’abanyagihugu kuva Uburundi bwikukiye ndibaza ko baharurigwa ku rushi, iyo haba hari benshi nbaharanira izo nyungu ntituba tugeze aho turi ubu.

    • MUGISHA

      Wangu, oya ntubeshe kweri. Jewe nararyohewe mbonye uwo muntu yitwa kabuto Daniel yafashe umurongo naciye ngira icizere ko na Pierre Nkurunziza bishoboka ko ahindura. Ariko amenye ko c’est maintenant ou jamais sinon, ce sera trop tard.
      KABUTO yarabaye umugabo pe, ndamukuriye inkofero. Ndabahamagariye kuraba son compte twitter(dabiel kabuto on twitter).

      Murabe ivyo yandika avant nivyo agezeko ubu. KABUTO URI UMUGABO.

  3. Jean-Pierre Ayuhu

    Le constat est clair que des jeunes des quartiers dits contestataires sont souvent pointés du doigt par les agents de l’ordre. Pourquoi les quartiers contestataires? Dans sa déclaration du 4.11. 2015, l’ambassadeur Mbonimpa confirme tout ce que tout le monde sait que…..« Ceux qui se battent dans les quartiers ont des armes, et des personnes qui les leur fournissent. Pour qu’il y ait la sécurité et la paix, il faut approcher ceux qui détiennent les armes, sinon la violence va continuer, quel que soit le désarmement opéré par la police, il y aura toujours d’autres armes ».

    Que peut-on en déduire? Le problème est souvent mal posé et par là, difficile de trouver des solutions à la crise et à la méfiance des uns envers les autres. Peut-on s’autoriser à émettre des hypothèses?
    Qui arment ces jeunes? Ceux qui les ont appelé à manifester. Qui sont-ils? Et là, nous entrons dans le non dits qui caractérisent les Burundais, politicien en particulier. Des hommes et femmes revendiquent leur appartenance aux mouvements armés contre Nkurunziza mais quand on connait les réalités, ils ne sont que des marionnettes, les vrais commanditaires sont ailleurs et tant qu’ils n’oseront pas sortir de l’ombre, le problème subsistera!

  4. JP-K

    Il y a quelque chose de bizarre. Pourquoi est-ce que 102 personnes contre 38 (au moment où j’écris) désapprouvent ce reportage? Est-ce que l’équipe « d’en haut » se mobilise contre IWACU?

    • kan76

      JP-K n’oublie pas que la quantite ne fait pas la qualité. T’inquiete.

    • roger crettol

      Je n’y avais pas pensé – mais peut-être que ce sont eux qui « plombent » les commentaires sur cet article.

      Ce n’est pas bien grave. Ils ont évidemment droit à leur opinion, même manifestée de cette façon qui pourrait sentir l’embrigadement et le travail à la chaîne. S’ils persistent, on saura quels commentaires leur déplaisent, ce qui donnera peut-être un plus grand poids à ces commentaires plombés …

      J’imagine que personne ne va leur interdire de publier leurs propres commentaires, selon les règles en vigueur sur ce site. Il y a dans les sphères gouvernementales au moins une personnalité connue pour rédiger des textes courts et incisifs …
      😉

    • Kabirigi

      Après l’apogée, c’est le déclin! Ne vous en faites pas la majorité n’a pas toujours raison. L’important est qu’ils comprennent le message et ils sont surs qu’ils ne parviendront pas à réaliser leurs plans macabres.

    • PCE

      Bizarre en effet cette désapprobation ! Mais ca ne m’ étonne , l’obscurantisme pousse son dernier avant de s’éteindre. Définitivement.

  5. Magum

    Rester terres a la maison ou quitter tres tot sa residence comme solutions pour combien temps? A ceux qui peuvent, il faut quitter le pays ou bujumbura au moins. Cela suppose un plan muri. De l’argent et apprendre comment se deguiser par exemple. Par exemple, comment est-ce que les juifs ont pu se deguiser pendant la seconde guerre mondaile, chercher sur internet.
    Vu ce qui s’est passe vendredi passe, il est plus important de comprendre la signification de « travailler » comme enonce des semaines avant. La celebration qui a suivi a tout confirme.

    • Dieudonné Nsengankora

      Ce qu’on vient de vivre est un avertissement. En fait, la police n’a pas encore “travaillé”. Quand elle se mettra au “travail” il y aura des signes indiscutables. La police va “raser”, “écraser” (les anti-troisième mandat ou supposés tels), et les DD vont distribuer les parcelles restées vides (à leurs sympathisants). Il y a lieu de croire que le plus dur est à venir.

      • Kabirigi

        Ils planifient mais l’exécution est toute autre. Chacun a sa destinée. C’est vrai que la mort des nôtres nous plonge dans la douleur mais comme c’est le chemin de tout le monde, celui qui tue finit par mourir peu importe la façon de mourir.

  6. Kiyota

    Attristes, les parents observent impuissants! Je pense que pour ceux qui le peuvent, ils ont le devoir de faire quitter leurs jeunes du pays ou les deplacer en dehors de Bujumbura (avec precaution, mais vers quels coins…. remarquez que a l’interieur, certaines localites ne sont pas encore fouillees). Ce n’est pas facile c’est vrai, mais c’est possible moyennant un plan bien muri et de l’argent s’il le faut. Il est temps d’apprendre comment se faire deguiser par exemple, et savoir a quelle heure la police est moins efficace par exemple. « Izija guhona zihera mu ruhongore » disent les Burundais. Celui qui cible les jeunes a un objectif bien prepare depuis longtemps et precis. Des solutions telles que rester terre a sa maison, ou quitter sa maison des 5h ne sont pas de vraies solutions par ailleurs. Il faut quitter ce pays, ou la capitale au moins.
    Vu ce qui s’est passe vendredi passe (ou une simulacre d’attaque a ete montee pour tuer des centaines de jeunes innocents), il est plus qu’urgent de comprendre ce qui se fait. Si l’armee, la police et les Imbonerakure ont tous collabore…cela signifie quoi…
    La communaute internationale n’a pas sauve le Rwanda, et j’ai peur qu’elle ne sauvera pas le Burundi non plus.

  7. Rugamba

    La mefiance est realite. Mais les jeunes doivent etre solidaires toutes ethnies et quartiers confondus. Ne laissez pas ces vieilles generations vous transmettre leur haine pour rester au pouvoir. Leur outil est diviser pour regner un 3eme et xeme mandat. Kanura!

    • roger crettol

      Etonné de voir à quelle majorité les visiteurs du site « n’approuvent pas » cet appel à la solidarité des jeunes.

      C’est la pire des victoires concédées au cercles du gouvernement et de la répression – ce retour au cloisonnement par quartier, pour ne pas dire ethnique. Quelle désolation, vraiment.

      • Ntahotuzoja Gérard

        Mr Crettol, ces votes sont payés par le système CNDD-FDD. Il y a des gens qui passent toute la journée à inventer des adresses électroniques pour voter un même article plusieurs fois et ça fait croire que ce sont réellement des visites différentes. Nous connaissons toutes les stratégies du cercle gouvernemental!

    • james Mahoro

      Vos propagandist pour troper le monde se trompent…laisse lui le pouvoir…car il a ete elu et preparer votre jeunesse a contributer au development…c.est la seulement sortie possible pour tout le pays…il faut aimer notre pays le BurundI. ..c.est pas le gars du nord qui apportera la paix…lui il cherche a annexer notre burundi. ..mais il se trompre cette fois ci….tout les complices Ne viennent que pour leurs interests ….donc arreter de vous mettre les fingers dans le bump. ..vous avez compris …peace is the only solution let’s build le Burundi together…God bless

  8. KABURA ANDRE

    Un magnifique travail de réconciliation du CNDD-FDD et de son Chef Suprême, Président fondateur ! Bravo..! Mon Dieu, mais quelle horreur…? On croyait cette période révolue et voilà qu’on y replonge, forcé par des discours haineux qui l’y appellent régulièrement..! Quand on n’a plus d’arguments pour convaincre ceux qu’on est sensé diriger, on s’accroche à tout y compris le divisionnisme tribalo-ethnique..! Non seulement ces gens nous ont fait reculer de plusieurs décennies sur le plan économique mais voilà qu’ils nous font retourner dans les affres du tribalisme du début des années quatre-vingt-dix..! Avec le CNDD-FDD, on aura tout vu, on aura tout vécu, on aura tout enduré…! J’ose espérer que la roue de l’histoire finira par tourner même s’il sera difficile, très difficile même de réparer les âmes brisées et de reconsrtuire ce qu’ils auront détruit..!

  9. JP-K

    Tout est dit dans ce reportage. Bravo Iwacu.
    En complément, je suggère au lecteur cette opinion que je trouve prémonitoire.
    http://www.iwacu-burundi.org/i-opinion-i-la-pathogenicite-de-la-violence-organisee-au-burundi/

    Cordialement
    JP-K

  10. Ragiryabohambere

    Impera yicaha ni urupfu. Ntaco mwahaye imana ngo mube jeunes muri ibihe bibi bunyamanswa. Imana ibategurire ibibanza vyiza mu bwami ,iburyo bwayo.Muri inzirakarenganyo, ntamaraso yikiremwa Muntu mwanyoye. Courage, mugume mwizera imana yabaremye. Ivyo ni ibigeragezo vyashetani biri murivyo bunyamanswa vyibinyeshamba birya abantu. Imana izosenda izo dayimoni au pouvoir Hama igihugu gikire. Je vous jure.

  11. Jereve

    La peur n’est pas seulement dans le camp des jeunes, elle est aussi dans l’autre. On entend que le président n’a plus de résidence fixe (mais ce n’est pas un SDF), qu’il ne joue plus au football (il doit en souffrir beaucoup), qu’il ne peut plus se balader à vélo (la dernière fois c’était aux votes à sens unique), que la ville et les environs doivent être paralysés quand il doit circuler en voitures. Que celles-ci roulent à tombeau ouvert (c’est dangereux pour lui ; pour les opposants les tombeaux sont déjà ouverts)… Bref, pour tous, l’espérance de vie est de 24h00 renouvelable. Avec cela, le bon sens voudrait qu’on pousse sur le bouton stop, réinitialiser et restart. Mais qui a encore le bons sens ?

    • kan76

      Dommage que Le burundi aie perdu le sens d’une nation, il est devenu une population bref une jungle.

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