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Droits Humains

Ruyigi, commune Butezi : les réfugiés actifs dans le trafic des mineurs

Ce commerce est ourdi par quelques réfugiés Banyamulenge en complicité avec certains Burundais. Les parents demandent aux autorités de prendre des mesures drastiques.

Jérémie Mbayahaga et son fils : « Il est revenu le corps mutilé, la peau écorchée, il ne pouvait pas aller à la selle. Aujourd’hui, c’est un handicapé » ©Iwacu

Jérémie Mbayahaga et son fils : « Il est revenu le corps mutilé, la peau écorchée, il ne pouvait pas aller à la selle. Aujourd’hui, c’est un handicapé » ©Iwacu

« Mon fils a vécu l’horreur là-bas au Congo », indique Jérémie Mbayahaga, père de Prosper Nijimbere, de la colline Senga âgé aujourd’hui de 18 ans. «Il est revenu le corps mutilé, la peau écorchée, il ne pouvait pas aller à la selle. Aujourd’hui, c’est un handicapé.» Assis devant la maison familiale, la victime raconte ses mésaventures.
C’était en 2012 quand il a été approché par Kigambi Ngendahayo, un Munyamulenge. Le deal : Prosper Nijimbere garde les vaches et en échange son patron lui paie une vache après une année. Les parents donnent leur accord. La première année, tout est normal. «Ngendahayo m’a acheté un bœuf de 220 mille Fbu», reconnaît son père.

Les choses commencent à se détériorer la deuxième année. Son patron décide de le marier par force : «Je ne voulais pas car j’avais peur de devenir leur esclave pour toujours. De plus, je n’avais jamais rencontré la fille.» Commence alors une période de bastonnade et de torture. Selon Prosper Nijimbere, il a passé toute une semaine ligoté dans une sorte d’église où son patron l’avait amené pour prier : «J’étais battu tous les jours. Des morceaux de chair m’ont été arrachés à la poitrine, aux bras et à la jambe droite. Il me faisait aussi manger de la bouse de vache.»

Après une semaine de galère, Ngendahayo le fait rentrer au mois de janvier 2014. Il le dépose chez lui, mal en point, et il disparaît dans la nature. Un psychologue qui l’a consulté indique que Prosper est traumatisé. Iwacu a essayé de joindre Ngendahayo sans succès.

Pourtant, ils continuent de partir

Sur la colline Nombe, Deus Havyarimana ne décolère pas. Son fils de 16 ans, Jimmy Irishura, est lui aussi parti au mois de juin 2013. Même cas qu’Istarique Igirukwigomba alias Mbeba (14 ans) de Kamagera. Sans que ses parents le sachent, il a disparu avec un Munyamulenge de passage au camp de Bwagiriza un matin de septembre 2013.

Sur la colline Buruhukiro, Zénon Nduwimana (15 ans), Elysé Dusabe (15 ans) et Janvier Ndayisaba (18 ans) se sont aussi envolés le 13 janvier 2014. Selon le père du premier, Jérémie Nyanzira, des Banyamulenge lui ont fait signer un document attestant que c’est lui qui envoie les trois enfants. «Ils m’ont forcé. Je ne voulais pas que mon fils parte en RDC. Même à Bujumbura, je n’aurais pas accepté.» On signale aussi le départ, au milieu du mois de février, de quelques garçons de la sous-colline Karaba dont Jean Bertrand Arakaza, âgé de 15 ans.

Fiacre Nkunzimana, chef d’antenne de l’ONPRA (office chargé de gérer le camp de Bwagiriza) à Ruyigi reconnaît être au courant de cette situation : «Nous allons renforcer le contrôle des véhicules qui sortent du camp.» Et d’ajouter que désormais, ils vont être très stricts sur les mouvements d’entrée et de sortie des réfugiés.

Le procureur de la République à Ruyigi, Isaac Sabuwanka, fait savoir qu’il va convoquer les parents pour s’enquérir des conditions dans lesquelles ces enfants sont partis. Quant à Cyriaque Nshimirimana, gouverneur, une réunion est prévue avec les réfugiés et la population avoisinante. En même temps, souligne-t-il, les investigations continuent pour établir les responsabilités individuelles : «Les coupables seront renvoyés chez eux car on ne peut pas tolérer cette situation.»

  12   Vos commentaires
  1. Magambo

    La vision d’enrichissement à tout prix de nos dirigeants, au lieu d retravailler pour le bien-être du peuple, produira toujours des esclaves. Qui peut me dire ce que deviendront les jeunes qui se voient exclus d’université parce que pauvres? On est en train de tuer à petit feu le Burundi. Les esclaves, il faut s’y attendre encore et encore. Intwaro mbi ni ishano ribi. Ndarivuze ndagiye.

    • Prosper

      @Magambo, tanga umusanzu ureke gupingishwa n’urwanko rudafise ishingiro …. Hakorwe iki ? uzinanye n’abatera nkunga bangahe bofasha abo banyeshure uvuga ?

  2. Manirakiza

    La misère est donc productrice d’esclaves. En fait, le Burundi est à la fois surpeuplé, pauvre ef fragile. Comme cela se passe pour toute eau enfermée dans un récipient troué, la tendance est de chercher de l’espace. Chaque matin, quand je vois cette file d’étudiants, élèves et écoliers qui vont à l’école, je d m’imagine mal où ils vont trouver de l’emploi après les études. Bien plus, je vois se gonfler à l’infini la file des désœuvrés qui vivotent en comptant sur le portage des bagages ou autres articles…même des personnes quand par chance les pluies diluviennes produisent leurs effets dans la cité. Il faut planifier, tout prévoir…pour la jeunesse surtout. Aujourd’hui, cette forme d’esclavage pratiqué par les réfugiés de Bwagiriza s’explique par le désespoir qui a déjà gagné bien d’âmes. Et demain ce sera trop tard car le mouvement des populations vers le Congo voisin prendra la forme d’une « déportation volontaire ». Mais le pouvoir n’y peut rien, lui qui risque de tout vendre: ressources naturelles en premier, puis ses propres citoyens.

    • Prosper

      @Manirakiza.
      Nta leta nimwe yo ku isi ifise ububasha bwo guha akazi abene gihugu bayo bose. Haba hakwiriye kwigisha no gufasha abarundi kwihesha akazi no kugaha abandi. Ni kwigisha abantu kuvyaza ubumenyi bwabo umusaruro. Nico gihambaye. Niba waragiye mu ishure kubera ngo uronke akazi gusa, kumbure kwari ukwihenda cane. Kera kubera ko abize bari bake , vyari vyoroshe abantubose biga ico gihe ko bibaza ko bigira kuronka akazi. Ariko muri rusange ivyo bigomba kuja mumitwe y’abantu ko ari impitagihe bitakijanye na kino gihe turimo.
      Komera.

    • JMV NZOBANDORA

      Salut JMV, j’ai été au Congo durant mes années de recherches. J’ai été dans le fiefs des Banyamulenge et j’ai vécu avec eux. Il y a beaucoup de Burundais qui gardent les vaches des Banyamulenge, pour une vache après une année. Beaucoup d’entre eux sont devenus congolais et se sont mariés avec leur filles. Si vous savez le système des BAGERERWA d’avant BAGAZA c’est le même système de vivre des burundais ayant choisi de rester dans cette communauté.
      Durant mon séjour, j’ai vu aucun burundais maltraité pour être Burundais, j’avais plutôt pensé que les Burundais pouvais émigrer vers nos voisins à cause des problèmes que tu as évoqué ça c’est de un, de deux, les filles Banyamulenge manquent cruellement de mari. Tu te souviendra que les guerres successives ont emporté pas mal de jeunes mâle. De trois, le Congo c’est un terrain vierge, il est encore fertile pas besoin de fertilisant. Avez vous entendu à la radio des gens de la localité de Rumonge des gens qui ont plutot demandé au gouvernement d’amorcer des négociations avec la RDC l’émigration en bon et du forme?
      Le chômage, la pauvreté, la mauvaise gouvernance et la surpopulation nous feront voir de toutes les couleurs…………..

  3. Burundi

    C’est dommage, ils partent à cause de la misère. La pauvreté fait rage et les jeunes désespérés recourent à tous les moyens.

  4. Nzobandora

    Pour de tels cas je souhaite par contre que la police utilise toute sa force pour régler une fois pour toute cette situation ituma abavyeyi bagurisha abana babo kugira baje kubona ibintu nkivyo;Et dire que nk’iyo ari un cas sur 1000 zoba zihari c’est vraiment éffrayant.
    J’encourage les forces de l’ordre à stopper ce trafic quant il est encore temps parce que bibandanije ca pourrait devenir très difficile à maitriser kuko batanguye gutyo bimenyereye ejo bazokwiba abana mu mazu mumashure et ceux qui ne se sentent pas concernés pour le moment pouurait vitec déchanter.Au lieu de constater les dégats essayons yo kubirwanya hakiri kare et c’est faisable vu que abaza gutwara abana bazwi.

    • Prosper

      @Nzobandora.
      Uko ni ukuri kabisa . Aho tubona ibintu kimwe.
      Nivyiza kubihagarika hakiri kare, bigishoboka …. bikozwe kare vyotwara uburyo buke, hanakononekara bike, kandi vyotuma n’abana bari iyo bagaruka bitagoranye ….
      Leta igerageze igire compaign abanyagihugu bose bafise abana bagiye iyo biyandikishe bamenyekane, ariko nabwo Leta ntagire uwo ihana canke iturubika kugira ntihagire ugira ubwoba bwo gutangaza ko hari umwana yabuze.

  5. moi

    Il faut voir si ces jeunes ne servent pas à aller gonfler les rangs du M23

  6. Prosper

    Ibi bintu biteye ubwoba … ni kubigarurira hafi cane gose. Utuntu bene utu dutanguza amagume. Ejo wokumva hadutsemo ivy’amoko , ugasanga bigeze kure. Ariko se ubundi impunzi ija mugihugu yahunze mubuhe buryo ? Mu ma tegeko mpuza makungu iyo impunzi isubiye iwabu iba yishe ifatiro ry’ubuhungiro bwayo. bisobanura ko igomba guca yirukanwa burundu mugihugu ikaja gushaka ubuhungiro ahandi.

    Hanyuma ibi ni bimwe nkunze kuvuga vy’umwidegemvyo usanga ababa muburundi bafise bagashaka kurenza urugero kugeza aho bonona umwidegemvyo w’abandi.
    Impunzi mubindi bihugu iba munkambi gusa. Iba ifise urugendo itagomba kurenga uvuye munkambi. Ariko iburundi bazunguruka uburundi bwose, bafise umwidegemvyo urenze uw’izindi mpunzi kw’isi none raba ugushima kwabo uko kumeze.
    Hanyuma ikindi , abarundi bagomba kwigishwa ka bari mu bantu bafise agaciro kw’isi. Abarundi bakunze kwibwira ko umuntu atava muburundi wese abaruta ashobora kubakoresha ico ashatse… bagomba kwigishwa kwiha agateka muburyo ubwo aribwo bwose …. bakamenya ko umuntu agusanze iwawe aho yoba avuye hose , n’ubwo yoba afise ama miliyoni ariko uba umuruta cane.

  7. Burundi

    Oh c’est vraiment dramatique, les enfants qui se sont font enrôles dans les montagnes du Congo pour être des esclaves. C’est clair qu’ils fuient une misère sans nom. Il faut qu’il y ait un gouvernement qui puisse créer des emplois dans les communes. Je vois toujours les jeeps de ISTEBU toujours dans les montagnes, mais je sais pas si vraiment on a des données sur le chômages au niveau des collines, zones, communes, les niveaux, les possibilités d’embauche, les sources de financement, les défis et les solutions pour surmonter ces défis. Le seul Politicien éclaire qui avait un programme bien écrit de création d’emploi(Au moins 1000 jeunes par commune), de la vraie justice(indépendance totale), de la solidarité, de la fraternité de l’amour, de la compassion, de l’humilité, et qui en avait preuve, voilà qu’il est recherché comme un criminel..Il était le seul capable de proposer des vraies solutions parce que c’est le seul qui est incapable de mentir…. Où allons-nous?

    • Prosper

      @Burundi.
      Vyiza woterera iciyumviro c’ivyakorwa ngo uburundi butere imbere . Kwicara upinga ntaco vyongera na gato. Ni ibihe bintu wahanuye Leta ko yokora ngo uguhugu gitere imbere ubundi ntibakumve….. Wosanga ugiye kunyishura ko icoteza imbere uburundi ari uko bokugira perezida …!!!
      Zana Arguments kucokorwa twumve !!

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