http://www.iwacu-burundi.org/wp-content/uploads/2016/09/US-ADVERT-26-SEPT-O-7-OCT.pdf
Coup de chapeau à ...

Réné Baribonekeza : un as du bricolage à Gitega

Bricoleur hors pair, il peut fabriquer n’importe quoi. Du vélo à la moto en passant par des moulins ou des muveros. Prochainement, il prévoit de construire un barrage hydroélectrique en province Muramvya. Mais, il y a un hic : des moyens financiers lui font défaut pour développer une multitude de projets qui tourbillonnent dans sa tête.

Le bricoleur de Gitega dans son atelier ©Iwacu

Le bricoleur de Gitega dans son atelier ©Iwacu

Il existe des gens qui ont du talent mais non reconnu. Réné Baribonekeza alias Kita Kita en fait partie. Dans la ville de Gitega, on le connaît pour sa faculté à fabriquer un vélo ou une moto à partir de rien. «S’il a besoin d’une moto pour se déplacer, il assemble quelques pièces, bricole n’importe quel moteur et le tour est joué», confie Asmani, un voisin. En peu de temps, l’engin sans marque est dans la rue. Ce qui laisse bouche bée les passants. Dans ce qui peut s’apparenter à son bureau, on marche sur différents moteurs, des caisses remplies de boulons, des barres de fer, différentes tôles, … même sa chaise de bureau est de sa fabrication. «Tout ce matériel me permet d’expérimenter différentes choses», souligne le bricoleur.

Entre autres, les moulins. Pour en fabriquer, il n’y a pas deux comme lui à Gitega. «J’en ai déjà fabriqué plusieurs qui sont éparpillés dans tout le pays.» Même ceux qui en veulent des autres provinces viennent s’approvisionner chez lui. Leur fabrication, aaah!, un tour de magie. Des morceaux de tôles et autres matériaux en fer sont bons pour l’assemblage. Et le moteur? Une simple dynamo fait l’affaire. «On rembobine des dynamos usagées et ensuite ils font office de moteur.» Et les clients rentrent satisfaits. «J’ai commencé à fabriquer des moulins en Tanzanie depuis longtemps.»

Confectionner des muveros, un jeu d’enfant

Réné Baribonekeza est un as de la confection des muveros. Les écoles secondaires ne sont pas obligées de les importer de l’étranger. Elles font appel à cet électromécanicien. «J’en ai déjà vendu à Rutovu, Kiryama, Rusengo et partout ailleurs dans le pays.» D’après les utilisateurs de ces muveros, ils indiquent que ces derniers sont très résistants et peuvent durer plus de 5 ans.
Le bricoleur confie que fabriquer des muveros lui demande beaucoup de moyens car les tôles pour en faire coûtent très cher. Il fait remarquer qu’il peut vendre un muvero pour 800.000 Fbu ou plus. Ça dépend des dimensions. «Cet argent me permet de financer mes autres projets.»

Âgé de 38 ans, Réné Baribonekeza est marié et père de quatre enfants. L’aîné est en 6ème année primaire. Natif de la commune Gishubi sur la colline Nyarunazi, il a fait ses études primaires à l’Ecole primaire de Ntita. Il en profite pour se familiariser avec la mécanique dans le garage de la paroisse de cette localité. Il intègre la 7ème année au Lycée de Rubanga en commune Matana, province Bururi. Vint la crise de 1993, notre bricoleur est obligé de s’exiler en Tanzanie. Cette fois-ci, il fait des études d’Électromécanique dans le camp de réfugiés de Mutabila. Par après, il rallie le mouvement rebelle CNDD. Il est démobilisé en 2000. Commence alors sa carrière d’électromécanicien. Aujourd’hui, il a cinq employés à son service. Réné Baribonekeza souhaite que ses enfants héritent de son métier. Mais, il a envoyé étudier son fils aîné loin de la ville de Gitega. Selon lui, il veut qu’il acquière d’abord beaucoup de connaissances avant de commencer la mécanique. Réné Baribonekeza déplore son manque de moyens.

Frère  Sylvère Nimirijimana, actuel directeur du Lycée Rutovu, affirme avoir acheté les muveros de Réné Baribonekeza : «Ce sont des muveros très résistants qui durent plusieurs années. Nous les utilisons même aujourd’hui.» Il ajoute que quand il était directeur du Lycée Rusengo, ils utilisaient aussi deux muveros fabriqués par notre bricoleur.

Des projets, il en a des tonnes. Il bricole des raboteuses, des groupes électrogènes, etc. Pierre Claver, un autre mécanicien, indique qu’il peut transformer un moteur pouvant servir sur plusieurs engins. Il y a quelques années, il a construit une machine, qu’il a vendue à une usine, aidant dans le déparchage du café. «Prochainement, nous allons construire un tracteur afin d’aider nos agriculteurs.» Selon lui, il va débourser plusieurs millions pour conduire à bon port cette initiative. Cet électromécanicien assure que ce n’est pas la première fois qu’il s’adonne à ce genre d’entreprise. «Je le faisais en Tanzanie mais ici je manque de moyens.» Bientôt, un barrage hydroélectrique verra le jour sur la rivière Mpira en commune Rutegama, province Muramvya. L’objectif principal, éclairer un centre de santé qui se trouve dans les environs. Mais aussi, il espère illuminer 200 maisons de cette localité.

  19   Vos commentaires
  1. Mushikiwabo

    Il semble que les photos de ses realisations ne peuvent pas apparaitre dans ce journal. Quand il aura realise ce barrage, j’en ai besoin aussi pour eclairer mon projet d’elevage en essaie. Attention au pays, laisser les descendants de KABUSHEMEYE aller loin. Courage

  2. Jean

    Gitega une province (ville) regorgeant des gens doués en technologie. Radio GASAPE, tentative pour un Hélicoptère, et René avec les Vélos, Motos et Barrages électriques ! Peut être un départ pour le réveil industriel pour les Burundais!!

  3. Jean Pierre

    Merci et bravo Baribonekeza. Puisse les gens laisser de côté l’idée de penser toujours à l’aide de l’Etat parce que’on aura peu ou rien avec lui. Le bricoleur a besoin de quelqu’un pour l’aider à monter un plan d’affaire qui peut intéresser les investisseurs et les banques. Autrement, il va se fatiguer et vieillir sans profiter de son talent. Ceux qui sont à l’extérieur qui peuvent aider ne communiquent plus avec le pays au téléphone parce que le pouvoir de Bujumbura en a décidé ainsi en surtaxant les appels entrants. Domage parce qu’on pourrait l’aider mais sans communication, ce n’est pas possible.

  4. Bonjour chers lecteurs,
    Le numéro de Réné Baribonekeza est le 79599374
    Fabrice Manirakiza

  5. Patos Mirimo

    Bravo à ce talentueux de monsieur et tous les autres que regorge Gitega et tout le Burundi entier. Mais s’il vous plaît Iwacu, il faut également publier les contacts de nos cher  »bricoleurs » . On peut leur prodiguer des conseils en ce qui concerne la levée des fonds pour financer leurs projets.

    Merci.

  6. Baobab

    Ce gars est bien parti! Rien qu’à voir le nombre de ses pièces vendues ci-dessus, on voit bien qu’il a déjà quelque chose en poche! Son souhait le plus hardant, j’imagine, pour le moment est de voir le pays rester stable afin qu’il continue son bricolage génial tranquillement et qu’il ne se retrouve encore une une fois de plus à Mtabila! Courage mon gars!!!

    • Wise

      Baribonekeza i ‘am proude of you

  7. Abantu nkabo nukubashigikira

  8. Björn

    Voilà le potentiel qu’il faut Exploiter . Il faut le financer pour automatiser ces projets c’est comme ca que les usines naissent. Il faut que le gouvernement cree un fond pour financer les gens ce monsieur.

  9. Sururu Constantin

    Merci à Iwacu pour cet article si important. Mr Réné Baribonekeza mérite d’être encouragé. Serait-il possoble de me mettre en contact avec lui? Ce type de talent doit être soutenu. Réné Baribonekeza manque de moyens matériels et financiers pour avancer plus rapidement. N’étant pas actuellement au Burundi, je souhaite faire partie de ceux qui pourraient contribuer pour le développement de son activité. Merci d’avance et bravo à Réné Baribonekeza pour toute sa contribution pour le développement de notre pays.

  10. Manirakiza

    Bravo cher compatriote. Il faut absolument que le gouvernement soutienne de telles initiatives, faute de développer des industries en bonne et due forme. Cette option doit aller de pair avec la protection des cerveaux, c’est-à-dire ne plus laisser les talents à eux-mêmes, réserver aux dignes filles et fils du pays un traitement humain et surtout, renoncer à la planification du « coupage de têtes ». Réfléchissez un peu sur le sort qui a été réservé à NIKIZA David (une chanson censurée pendant plus de 20 ans), Chanjo Hamissi (virtuose rompue à la musique , mort dans un dénuement honteux), MUKOSAMARI (assassiné à Gitega pendant la crise de 1993); MUSUMARI (une étoile montante exploitée seulement à des fins de propagande); et bien d’autres qui sont découragés par des décideurs en ma,que d’idées!

  11. JEAN

    Finalement, il faudra prendre au serieux la province de Gitega et ses gens , ils ont du talents: souvenez-vous de Radio GAPAPE, l’helicoptere, et aujourd’hui Baribonekeza!

  12. Gitega, ce pays du Tambour ( lequel fait aujourd’hui office d’ambassadeur itinérant et pléni-potentiaire ) ne finira jamais de surprendre. Mon problème est que, peut-être par manque de suivis et de soutient, toutes les inventions de nos gens comment tambour battant et disparaissent en catimini, sans vu ni connu, leurs auteurs oubliés. Exemple : où est passé le jeune de Mungwa qui avait inveté un poste-radio-émeteur,  » Insamirizi » pour le dire dans ma langue? Et les « constructeurs » de l’avion-là? Où en sont-ils? Etait-ce un canular ? En tout état de cause, Gitega mérite une attention soutenu; il y a du talent!

  13. Tonton

    Nous voulons son N° de Téléphone SVP!!!!
    Je vais faire une commande sérieusement!

  14. uwamungu

    l’État devrait aider les jeunes ayant de telles initiatives et surtout il peut créer un centre de bricolage où chaque personne qui a une idée d’entreprise peut aller la nourrir. nos dirigeants ne voient pas loin ! les talents on en a assez hein.
    félicitation les gars

  15. BUTOYI Jean

    voila la personne a qui on peut soutenir financierement, courage Mr BARIBONEKEZA est tues digne de ton non il faut que l’etat te soutienne avec tant d’energie parce que tu as d’autres qualites speciales d’inover

    courage courage…………………………….

  16. Mahoro

    Bravo à Baribonekeza!
    Il lui faut des moyens financiers sinon il aide le pays au lieu de piller les gens qui passent comme ces Imbonerakure de Gihanga!

    • rwenyuza

      Ceci montre que les banques burundaises ne jouent pas leur rôle et/ou le cadre pour encourager ce genre de personnes n’est pas adéquat.

      • James Mahoro

        Cette entreprise merite des investisseurs pour que le project soit rentable et meme il pourrait former des autres . et operer au niveau national et pourquoi pas niveau Est Africa… l’Etat ne doit pas tout faire pour chaque fois que quelqu.un a une bonne idee …mais c;est plutot les personnes qui ont des moyens..qui voient loin pour l.avenir … qui doivent s,impliquer et faire fonctionner une bonne production… soutenue avec une bonne equipe ….marketing…comptabilite…vente… c;est la base d;une entreprise

        James Mahoro

Publicité