Économie

Gitega : le chômage fait tache d’huile dans les campagnes

Des hommes et des femmes encore actifs viennent chaque matin dans la ville de Gitega pour chercher du travail. Nombreux sont ceux qui rentrent bredouille suite à la forte concurrence des chômeurs.

Une des places où les chômeurs attendent un éventuel travail chaque matin dans la ville de Gitega
Une des places où les chômeurs attendent un éventuel travail chaque matin dans la ville de Gitega

Dès 6h du matin, ils convergent vers les quartiers de la ville de Gitega, provenant des localités situées entre 10 à 20 km de la ville. A la première avenue de Magarama, sur la place appelée communément main d’œuvre, 20 à 50 hommes sont assis au bord de la route. Ils guettent un éventuel chercheur d’un maçon ou aide-maçon. Aux environs de 8h, ils commencent à s’agiter à la vue d’une voiture qui approche ou une personne bien habillée qui se dirige vers eux.

A 11h, le groupe commence à se disloquer, chacun commence à perdre espoir de dénicher un emploi. Seules 14 personnes ont trouvé l’employeur. Le reste doit attendre le lendemain. D’après leurs propos, personne d’entre eux ne vient de moins de 5km de la ville, tous sont ruraux qui ne trouvent pas de quoi faire chez eux. Patrice dit qu’il vient de Mugera commune Bugendana chaque matin pour chercher du travail d’aide maçon.

« C’est très difficile aujourd’hui. C’est le 3ème jour d’affilée que je rentre sans rien trouver. Il n’y a plus de travail, les chômeurs sont nombreux. »

L’agriculture ne nourrit plus la famille

Selon Margueritte, une jeune femme de la zone Mungwa, il n’y a plus rien à faire dans la campagne, plus de champs à cultiver comme avant. Les hommes et les jeunes doivent se débrouiller en pratiquant plusieurs métiers, selon leurs opportunités : ils sont à la fois, cuisinier, artisan, aide-maçon, petit commerçant.

« Avec ma voisine, nous venons chaque jour en ville pour chercher du travail sur des chantiers de construction. Parfois on nous embauche mais on nous paie moins que les hommes en nous indiquant que nous ne sommes pas aussi fortes qu’eux », souligne-t-elle. Pour Margueritte, seules les femmes mariées restent à la maison pour s’occuper des enfants, sinon les jeunes doivent se trouver de l’emploi dans la ville.

«La plupart des familles mange chaque soir après avoir passé chez le boutiquier du coin, personne ne vit plus de sa récolte toute une année.» Margueritte et sa voisine ne sont pas les seules à faire des longs trajets chaque jour pour chercher quelques billets pour nourrir la famille. Léoncie, mère de 4enfants habite à Higiro. Elle fait le travail de laveuse 10 mois sur 12 dans les différents quartiers. Elle affirme qu’elle gagne entre 2 mille et 4 mille Fbu. « Je rentre le soir avec un kilo de farine de manioc ou de riz pour manger avec les enfants », s’est-elle justifiée.
Nous avons cherché les autorités administratives pour dire ce qu’elles comptent faire pour lutter contre ce chômage qui gagne les campagnes à pas de géant, elles étaient injoignables.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Yves

    @Bakari : à ce rythme, des milliers de Burundais seront morts de faim avant les prochaines élections. C’est tout ce que vous avez à leur proposer : attendre les prochaines élections ? Quant à la bonne gouvernance, nul besoin d’un Yves pour comprendre que le passage en force du troisième mandat et l’opposition frontale systématique vis-à-vis des institutions internationales allait tarir l’aide internationale. Pas besoin d’un Yves pour savoir que cette aide comptait pour près de moitié du budget national et que s’en priver, c’était courir au désastre. Et pas besoin d’un Yves pour lire les indicateurs économiques et ceux sur la corruption qui tous, sans exception, accablent la gestion DD. Notez, je vous comprends : faute d’arguments, il ne vous reste plus que l’ironie.

  2. Bakari

    @Yves
    Nous attendons impatiemment les élections prochaines afin d’élire l’homme le plus compétent du pays de Ntare Rushatsi, en l’occurrence Yves.

  3. ndimurirwo

    Avoir une main dans les coffres de l’OBR est une chose. Avoir une vision pour les pays est une autre chose. SHIRIRIRA SHIRIRA : IMBERE NI HEZA !

  4. Yves

    Merci à Iwacu de rendre compte de la réalité de terrain vécue par la population burundaise qui s’appauvrit à vue d’oeil. Cela ne plaira pas aux iDDolâtres qui ne manqueront pas de trouver un coupable (la Belgique, l’ONU, ou qui sait, peut-être les extra-terrestres ?) mais voilà le désert économique où ont conduit douze années de règne sans partage des DD, marquée par l’incompétence, la corruption et l’arrêt de cette aide internationale qui fait cruellement défaut aujourd’hui.

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