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Circoncision : certains Burundais en ignorent les bienfaits

Au Burundi, la circoncision chez les enfants n’est pas perçue de la même façon par les parents. Certains la jugent nécessaire au moment où d’autres n’en voient aucune importance. Le docteur Gabriel Ndayisaba explique les bienfaits de cette opération.

« La circoncision n’est pas seulement une pratique musulmane. Elle permet plutôt aux enfants de se protéger contre les infections », indique Jacqueline Ntunzwenayo de Gatunguru, en commune Mutimbuzi. Elle précise cependant que ses enfants sont circoncis à partir de 12 ans : « Quand l’enfant est en bas âge, je suis obligée de rester avec lui pendant une semaine parce qu’il éprouve de la douleur. » Cependant, poursuit-elle, à 12 ans il est capable de tout supporter et la présence de la mère n’est pas indispensable. Selon Jacqueline Ntunzwenayo la population de Gatunguru fait circoncire les enfants dans les différents centres de santé de la localité.

L.B de Kinindo, au sud de Bujumbura, par contre, ne voit aucune importance de la circoncision ; parce qu’elle n’est pas conforme à la culture burundaise. Pour lui, son enfant ne subira jamais la circoncision : « Certains disent qu’un garçon circoncis est propre. Mais moi j’apprendrai à mon fils comment faire la propreté sans nécessairement recourir à la circoncision. » En outre, indique-t-il, à partir de 50 ans, il paraît que la capacité sexuelle diminue sensiblement chez les hommes circoncis. L.B n’est pas non plus d’accord avec l’opinion selon laquelle la circoncision diminue les risques d’attraper le sida.
D.N de Ngagara, au Nord de Bujumbura, est pour la circoncision de ses enfants : « Mes deux garçons ont été circoncis dès le bas âge pour éviter les infections ; mais aussi pour une raison de propreté. » Mais difficile pour elle d’affirmer que la circoncision diminue les risques de VIH/sida.

Quelques chiffres…

Une étude d’acceptabilité et de faisabilité de la circoncision au Burundi a abouti à une analyse quantitative. Il en ressort que 48,25% des hommes donnent une bonne définition contre 40,53% des femmes. Cependant 42,99% des femmes avouent n’avoir aucune idée sur la circoncision masculine contre 19,93% des hommes. Chez les musulmans, 96,77% donnent une définition correcte contre 63,8% chez les catholiques et 63,29 chez les protestants. Le milieu semi-urbain semble être le mieux informé, de même que les jeunes scolarisés du palier secondaire. Dans les catégories professionnelles, les cadres viennent en dernière position (41,51%) ; alors que les agents d’exécution semblent les mieux informés (94,55%).

Contrairement à certaines femmes et jeunes femmes issues des milieux traditionnels, les femmes musulmanes sont bien au courant de la circoncision masculine et de ses avantages ; car les hommes circoncis sont très propres et prévenus contre les infections: même s’il leur arrive d’être contaminés par leurs partenaires, cela est moins fréquent qu’en cas d’incirconcision.

Le Docteur Gabriel Ndayisaba donne des précisions

A partir de quel âge faut-il circoncire l’enfant ?

Il faut le faire le plutôt possible, c’est-à-dire au plus tard un mois après la naissance. Quand l’enfant est encore petit, la circoncision présente des avantages parce que la cicatrisation est rapide. La douleur n’est pas très perceptible chez l’enfant et il oublie vite ce qui lui est arrivé.

Est-ce que la circoncision diminue réellement les risques de VIH/Sida ?

Des études déjà menées ont prouvé que les hommes circoncis sont peu infectés par le VIH/Sida. Cependant, ils ne doivent pas profiter de cette circoncision pour ne pas se protéger parce qu’elle ne garantit pas la protection à 100% ; d’où il faut prendre toutes les précautions nécessaires.

Certains disent que l’activité sexuelle chez un homme circoncis diminue à partir de 50 ans. Qu’en dites-vous ?

Ceux qui propagent ces rumeurs se trompent parce qu’ils n’ont mené aucune étude pour le prouver. C’est une appréhension sans fondement parce qu’il n’y a pas de relation de cause à effet entre la circoncision et les rapports sexuels. Si nous prenons l’exemple de l’Afrique du Nord où la circoncision est fréquente, ils n’ont jamais évoqué ce problème. Ce sont des croyances obscures.

Que diriez-vous aux parents qui ne font pas circoncire leurs enfants croyant que ce sont des pratiques musulmanes ?

Ces parents doivent le faire pour l’intérêt de leurs enfants. Évidemment il faut qu’ils soient d’abord informés sur les bienfaits de la circoncision ; parce qu’au cours de l’étude menée, on s’est rendu compte que la plupart des personnes ne le savent pas encore.

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