Mardi 18 janvier 2022

Société

Violences sexuelles : la fin du cauchemar ?

26/11/2021 1
Violences sexuelles : la fin du cauchemar ?
Roel Van Der Kamp (à gauche) et Clément Nkubizi (à droite) en train de présenter le bracelet Inwi.

Ce jeudi 25 novembre, à l’occasion de la journée internationale d’élimination de toutes les violences exercées contre les femmes, Help a Child, un organisme investi dans la lutte contre les violences basées sur le genre, a présenté Inwi, un bracelet permettant aux éventuelles victimes de viols de se défendre contre leurs agresseurs.

Pour Roel Van der Kamp, le fondateur d’Invi (Qui veut dire ‘’Sois forte’’), l’idée de créer le bracelet Invi est venu d’une prise de conscience des violences sexuelles exercées contre les femmes. « C’est en discutant avec des filles et femmes de mon entourage que j’ai constaté l’ampleur des agressions sexuelles commises contre les femmes. Celles à qui j’ai parlé se disaient constamment soumises au harcèlement sexuel, notamment dans la rue. Je me suis assez vite rendu compte qu’elles n’ont donc pas la même liberté que nous les hommes ! »

Du côté du jeune homme, c’est une révélation. « J’ai tout de suite pensé à créer un produit qui permet aux femmes de se défendre contre leurs agresseurs. Une sorte de dernier recours en tout cas pour celles en proie à une situation dont elles craignent qu’elle n’aboutisse à un viol ! ».

Invi venait de naître. Il fallait donc trouver les composants chimiques nécessaires à la création de ce bracelet. Là-dessus, Roel Van Der Kamp, dit préférer ne pas en dire plus. « Ce sont des composants couramment employés par l’armée hollandaise pour sécuriser un périmètre donné et auprès de laquelle je me suis renseigné pendant un long moment pour avoir accès à leurs données d’emploi. C’est classé secret défense ! »

D’après M. Van Der Kamp, la femme porte ledit bracelet sur le poignet. « Une fois qu’elle se sent en présence d’un agresseur, elle active les composants chimiques en tirant assez fort sur le bracelet pour qu’il se coupe. A ce moment-là, le bracelet va dégager une odeur tellement infecte et nauséabonde qui provoquera du dégoût chez son agresseur, l’éloignant ainsi de sa victime. C’est un procédé utilisé par certains animaux face à des prédateurs ».

Selon Roel, les relents dégagés dans l’air par le bracelet équivalent à de l’odeur de poisson pourri et sont perceptibles jusqu’à 100 m du lieu où se trouve la victime. Clément Nkubizi, directeur de programme au sein de Help a Child, témoigne de l’utilité d’un tel produit auprès de certaines catégories de femmes particulièrement vulnérables. « Le bracelet a été testé auprès de femmes vivant dans des camps de réfugiés, notamment dans la province Ruyigi et en RDC. Des viols qui pouvaient notamment viser des femmes handicapées ont été évités grâce à Invi », se félicite-il.

Selon lui, ce produit permet aux éventuelles victimes de prendre de l’ascendant sur leurs agresseurs et se dit confiant quant à son succès, notamment dans les milieux scolaires où, soutient-il, les viols et agressions sexuelles sont courants.

En marge de cette activité, les participants à cette rencontre ont visionné une vidéo tournée par Help a Child où des artistes et comédiens assez connus (le chanteur Big Fizzo, l’humoriste Kigingi, …) ont demandé « pardon » à la gent féminine pour les violences basées sur le genre régulièrement perpétrées à son encontre et appelé la société burundaise à s’ériger contre les VBG. Un moment émouvant pour les femmes présentes dans l’assistance qui ont poussé des cris de joie.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Benit

    Merci monsieur Roel Van Der Kamp pour penser a la defense des ses femmes victimes de harselement sexuel, seulement je voudrai vous demander ou on peut se procurer de ses bracelet afin quón puisse les donner a nos enfants et a nos soeurs. Merci

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