Mardi 18 juin 2024

Société

Rivière Nyabagere : Riverains et extracteurs de moellon sont de nouveau à couteaux tirés

02/05/2024 1
Rivière Nyabagere : Riverains et extracteurs de moellon sont de nouveau à couteaux tirés
Les berges de la rivières Nyabagere menacées de glissement.

Certains riverains de la rivière Nyabagere en zone urbaine de Gihosha, commune urbaine de Ntahangwa accusent les extracteurs de matériaux de construction d’être à l’origine des fissures sur leurs maisons. Si l’administration n’intercède pas, certains riverains jurent de se faire justice.

Les lamentations des riverains de cette rivière fusent de partout. Ces riverains s’insurgent contre l’exploitation anarchique de la rivière. Les extracteurs du sable, du moellon, et du gravier sont pointés du doigt comme quoi ils fragilisent les berges de ce cours d’eau. C’est la partie se trouvant en amont du pont sur la route Bujumbura-Gitega qui est la plus menacée.

« En plus des crues répétitives de cette rivière qui fragilisent davantage ses berges, les personnes qui y extraient des matériaux de construction ajoutent le drame au drame. Ma maison est menacée d’effondrement », se lamente Gaspard, un habitant du quartier Muyaga vivant près de la rivière. Il dit avoir construit sa maison à dix mètres de la rivière mais que suite aux éboulements sa maison se retrouve à un mettre des berges.

La situation est plus alarmante dans le quartier Taba. Les riverains et les extracteurs se regardent en chiens de faïence. Si l’administration locale n’intervient pas, ils risquent d’en venir aux mains.

La tension monte d’un cran

« Voyant que ma maison est menacée d’effondrement, j’ai essayé de la protéger en fixant des gabions dans la rivière. J’y ai mis cinq bennes de moellons. Tout cela m’a coûté trois millions. Mais à ma grande surprise, les extracteurs ont détruit ses gabions et ont emporté déjà au moins deux bennes de ces moellons pour les revendre », s’indigne Léonard du quartier.

Il s’interroge pourquoi les extracteurs venus du quartier Nyabagere exploitent les matériaux du côté du quartier Taba en laissant intacte la partie se trouvant du côté de leur quartier.
« J’ai monté la garde pendant la journée et même la nuit pour empêcher ces extracteurs, mais à chaque fois, j’ai essuyé des jets de pierre », raconte-t-il.

Léonard indexe un certain Paul qui a une équipe qui exploite d’une façon abusive la rivière. « J’ai déjà alerté l’administration locale des deux quartiers sur cette situation. Mais, jusqu’à présent, aucune décision n’a été prise pour sécuriser ma maison. Le danger est imminent. D’un moment à l’autre, ma maison peut s’écrouler. Je suis dépassé par les événements », confie-t-il en colère, avant de jurer : « Je ne pourrai, en aucun cas, tolérer que tous les efforts consentis pour protéger ma maison tombent à l’eau »

Selon lui, certains extracteurs profitent de la nuit pour extraire du moellon même au-delà du périmètre qui leur est permis. A y regarder de près, le bras de fer continue. Il y a risque d’embrasement du conflit.

Contacté à propos de ces accusations, le prénommé Paul n’a pas répondu à nos questions.
De leur côté, certains extracteurs n’entendent pas abandonner l’extraction de ces matériaux. Pour eux, cette activité est et restera la seule source de leur revenu. « Si nous cessons d’exploiter cette rivière, nous allons mourir de faim », affirment-ils.

Les passagers se lamentent.

Ce ne sont pas seulement les riverains qui se lamentent mais aussi les passagers qui traversent cette rivière alertent sur les ravins qui continuent de se creuser.

A certains endroits, a-t-on constaté, le lit de la rivière s’est agrandi. Les eaux de ruissellement ont débordé et les berges de la rivière se sont écroulées suite à cette extraction anarchique des matériaux de construction.

Les petits ponts reliant le quartier Nyabagere aux quartiers Muyaga et Taba continuent de s’écrouler. Cela donne du fil à retordre aux passagers qui se rendent dans ces quartiers.
Les passagers sont en effet obligés de payer une somme d’argent variant entre 200 et 300 BIF à une personne qui les porte sur le dos, ou retrousser les habits pour pouvoir passer.

Ils indexent eux aussi les extracteurs comme étant à l’origine de cette situation. « Nous interpellons les autorités habilitées d’intervenir dans les meilleurs délais pour mettre fin à l’exploitation anarchique de cette rivière, ou à tout le moins la stabiliser ».

Du côté de l’administration, Floribert Sibomana, chef de zone Gihosha, dit avoir déjà effectué une descente sur la rivière Nyabagere pour constater le danger qui guette ces riverains.
Il informe qu’il va réunir les parties au conflit pour trouver une solution à leur différend.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:« Il dit avoir construit sa maison à dix mètres de la rivière mais que suite aux éboulements sa maison se retrouve à un mettre des berges… »
    2. Mon commentaire
    Je ne suis pas expert en construction et je n’ai pas pu trouver le code de l’environnement, mais je crois que c’est quand meme RISQUE DE CONSTRUIRE A SEULEMENT 10 METRES D’UNE RIVIERE.
    Et puis, il y a quelques semaines, on nous montrait un engin (de l’OBUHA?) en train de faire le curage de l’une des rivieres traversant la ville de Bujumbura, je ne vois pas en quoi le travail de ces extracteurs de sable differe de celui de l’engin (du moment ou ces extracteurs respectent certaines regles de l’environnement?).

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