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Viettel-Burundi : Les travailleurs ne comptent pas céder

13/09/2018 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur Viettel-Burundi : Les travailleurs ne comptent pas céder
Viettel-Burundi : Les travailleurs ne comptent pas céder
Le jour du déclenchement de la grève, la direction a été obligée de démolir les portes pour entrer.

En grève depuis le 6 septembre, les travailleurs de la société de télécommunication Viettel-Burundi sont résolus à défendre mordicus leurs droits. Ils dénoncent des menaces et des intimidations de la part de la direction de cette compagnie vietnamienne.

«Il y a des signes qui montrent que notre employeur ne se préoccupe pas de nos revendications», affirment les travailleurs de cette société de télécom d’origine vietnamienne. Les employés déplorent aussi l’arrestation de leur collègue Nestor Habonayo de la province Rutana. «Une panne est survenue et on a accusé notre collègue en grève d’en être responsable. Or, les équipements de Viettel Burundi tombe tout le temps en panne sur tout le territoire du pays.»

Ces travailleurs dénoncent aussi des intimidations à l’encontre de certains de leurs collègues de la part de certains chefs de service. «Certains sont menacés de voir leurs contrats résiliés s’ils ne se présentent pas au travail. Toutefois, nous sommes résolus à défendre bec et ongles nos droits.» Ils demandent à l’Etat burundais de les aider à défendre leurs acquis.            

Dans un communiqué sorti le 6 septembre dernier, la direction générale de Viettel-Burundi accuse un «groupe de travailleurs qui pense que leurs contrats de travail, qui vont bientôt expirer, ne seront pas renouvelés » de pousser les autres à la grève. Ce que réfutent les grévistes. «Cet argument n’est pas du tout fondé. Parmi nous, il y en a qui ont des contrats à durée indéterminée.»

La direction générale ajoute que ce mouvement de grève a violé les articles 208 et 215 du Code du Travail qui stipule que « sont interdits toute grève ou lock-out avant l’épuisement des procédures fixées par la présente réglementation, ou en violation d’un accord de conciliation ou d’un jugement ayant force exécutoire». Les employés s’étonnent de cette sortie. «Ils ont reçu un préavis de grève de 6 jours, mais aucune réaction. Ils ont été surpris par l’ampleur du mouvement de grève.»

Plus d’une quinzaine de griefs

Parmi les revendications importantes figure la question des contrats. «L’employeur est en train de licencier tous les anciens travailleurs qui ont une expérience de 3 ans ou 4 ans. Ils reviennent en tant que stagiaires ». Selon ces grévistes, ces « stagiaires» perçoivent 3000 Fbu par jour, alors qu’ils font le même travail qu’auparavant.

De plus, soulignent-ils, l’employeur a suspendu les contrats à durée indéterminée. Dans sa lettre du 29 mai 2018 au directeur général de Viettel-Burundi, l’Inspection générale du Travail écrit : «Le nombre élevé des contrats à durée déterminée (251) observé lors de notre visite est considéré comme un indice de l’instabilité des travailleurs dans l’emploi. Comme les postes occupés par ces derniers sont permanents, nous vous prions de changer, le cas échéant, en leur faisant signer des contrats à durée indéterminée pour qu’ils évoluent dans la carrière.» Viettel-Burundi compte environs 310 travailleurs.

L’Inspection générale du Travail soulève aussi dans cette lettre le problème de la non-déclaration de certains cas d’accident de travail. «Souvent, l’employeur chasse sans ménagement les accidentés.» Les travailleurs dénoncent aussi le mode de calcul de la prime d’ancienneté, le mode ambigu de calcul de l’IPR et de l’INSS, etc.

Iwacu a essayé de joindre le directeur général de Viettel-Burundi, sans succès. Signalons que la société et les travailleurs sont en négociations sous la houlette de l’Inspection générale du Travail.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

Lire le communiqué

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