Samedi 18 mai 2024

Politique

Revue de la presse régionale

22/07/2023 Commentaires fermés sur Revue de la presse régionale
Revue de la presse régionale
Alphaxard Kiugu : « La situation sécuritaire à l’Est de la RDC reste complexe avec des problèmes multidimensionnels qui doivent être traités »

L’actualité de la Communauté est-africaine (EAC) a été variée cette semaine :

  • Plus de victimes suite à la guerre à l’Est de la RDC,
  • Le président ougandais Museveni face aux plaintes de torture, la Cour régionale face aux problèmes financiers,
  • La Tanzanie qui continue d’attirer des investisseurs provenant du pays voisin « en feu », etc.

Iwacu fait le tour de la presse régionale.

 

RDC : Des dizaines de morts suite à la guerre au Nord-Kivu

Au moins neuf personnes ont été tuées et une dizaine blessée suite à l’explosion d’un engin ce mercredi 19 juillet à Lubwe sud dans le territoire de Rutshuru de la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo. L’explosif est tombé des mains d’un milicien dit « Mzalendo, patriote en français », écrit Actualité.CD.

« L’engin a explosé par imprudence d’un élément censé appartenir au groupe des Wazalendo. La population qui était aux environs a été victime. Il y a eu neuf morts et plus ou moins 17 blessés. Avec tous ces engins qui se trouvent un peu partout sur les lignes des fronts où les FARDC, les Wazalendo et le M23 se battent, la population se trouve dans une situation d’insécurité », a expliqué Isaac Kibira, fonctionnaire délégué adjoint du gouverneur dans la chefferie de Bwito.

Selon la société civile locale, au moins trente personnes ont trouvé la mort en l’espace d’une semaine dans le groupement de Tongo, territoire de Rutshuru dans un contexte d’insécurité caractérisé notamment par des affrontements entre les milices d’autodéfense et la rébellion du M23.

Selon Actualité.CD, au moins 11 personnes prises de force par les rebelles du M23 dans le village Bukombo, pour transporter les biens pillés dans différentes agglomérations ont été tuées, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, par les rebelles du M23 dans la chefferie de Bwito.

Ces attaques se poursuivent dans le Rutshuru alors qu’une réunion de haut niveau sur le pré cantonnement des rebelles du M23 a eu lieu la semaine dernière à Goma en présence d’Uhuru Kenyatta, facilitateur de l’EAC dans la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la RDC.

Selon The East African, la force régionale de l’Afrique de l’Est (EACRF) a déclaré avoir lancé davantage de patrouilles pour protéger les civils le long des routes d’approvisionnement Goma-Kibumba-Rutshuru-Kiwanja-Bunagana et Goma-Sake-Kilolorwe-Kitchanga dans la région orientale de la République démocratique du Congo.

Ces routes sont empruntées par des déplacées internes dans leur retour progressif dans leurs foyers suite à un cessez-le-feu entre le groupe rebelle M23 et les FARDC, l’armée congolaise.

« La situation reste complexe avec des problèmes multidimensionnels qui doivent être traités à différents niveaux », a expliqué Alphaxard Kiugu, commandant de la force régionale dans une réunion avec les commandants des contingents déployés à l’Est de la RDC dans le cadre de cette force régionale.

D’après lui, les patrouilles permettront la libre circulation des personnes et des biens, un soutien médical aux habitants et créeront des conditions favorables aux agences humanitaires pour offrir une aide à la population touchée.

Dans sa dernière déclaration, le M23 a accusé l’armée nationale les FARDC de les avoir provoqués à la guerre en envoyant des agents sur son territoire, mais a réitéré son attachement aux processus de paix et aux négociations directes avec le gouvernement de la RDC.

« Le M23 se défendra contre toute initiative belliciste du gouvernement de la RDC et continuera à garantir la protection de la population dans les zones sous son contrôle », a indiqué Lawrence Kanyuka, porte-parole politique du M23.

Ouganda : Museveni et son fils face à des plaintes de torture

Au cours de ce mois de juillet, Bruce Afran, un avocat basé à Princeton aux États-Unis, a déposé une requête auprès de la Cour pénale internationale (CPI) demandant à la Cour d’enquêter sur les allégations selon lesquelles des responsables ougandais, dont le président ougandais, Yoweri Museveni et son fils, le général Muhoozi Kainerugaba, sont impliqués dans la torture et d’autres abus infligés aux opposants au régime dans des lieux de détention secrets, écrit Daily Monitor.

Au total, 26 responsables sont citées dans la pétition, qui a été déposée, il y a environ une semaine, auprès de la CPI à La Haye, Pays-Bas. Parallèlement, des déclarations auraient été enregistrées par plus de 200 personnes qui prétendent toutes être victimes de ces crimes présumés.

Ce 21 juillet, le procureur général de l’Ouganda, Kiryowa Kiwanuka, a souligné que la décision de déposer un dossier auprès de la CPI n’était pas nécessaire : « La CPI, par nature, est une cour de dernier recours et elle ne fait que compléter le système judiciaire d’un Etat signataire dans les dossiers où elle ne peut pas rendre justice ».

Il rappelle que l’Ouganda a un système judiciaire transformé : « Je n’ai pas vraiment vu la plainte/requête. Je ne peux pas dire qu’elle contient suffisamment de matière pour la CPI ».

Selon Daily Monitor, en 2016 et 2017, le bureau du procureur de la CPI a reçu plusieurs requêtes concernant les meurtres de Kasese, dans l’ouest de l’Ouganda, qui, selon les requérants, constituaient un génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Cependant, le rapport de la CPI a conclu que les meurtres de Kasese par la police et les soldats ougandais n’étaient pas justifiables, mais ne constituaient pas des crimes de guerre.

Kenya : L’Etat étend sa capacité de stockage de carburant pour desservir la région

Le Kenya veut devancer la Tanzanie dans l’approvisionnement des produits pétroliers de la région après que le Conseil des ministres ait approuvé cette semaine le rachat des actifs de l’entreprise Raffineries de pétrole du Kenya (KPRL) par la Société publique d’oléoducs (KPC), écrit The East African.

KPC reprend, donc, 45 réservoirs de stockage de KPRL d’une capacité de 487 millions de litres, dont 254 millions de litres réservés aux produits raffinés tandis que les 233 millions de litres restants seront utilisés pour le pétrole brut. L’acquisition signifie que le Kenya disposera d’un espace illimité pour stocker des produits pétroliers.

Selon The East African, le Kenya cherche à doubler la capacité de contrôle des produits pétroliers pour inciter l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi à considérer Mombasa comme leur source de produits pétroliers, comme cette voie sera moins chère que Dar Es Salaam.

« Ce stockage supplémentaire débloquera la chaîne d’approvisionnement à Mombasa et assurera un approvisionnement régulier du carburant et du gaz dans les pays voisins dont l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo », a indiqué Davies Chirchir, ministre kényan de l’Energie.

Pour le moment, l’Ouganda reçoit plus de 185 millions de litres de produits pétroliers, principalement acheminés par le port de Kisumu et le dépôt d’Eldoret au Kenya. Ce mois de juillet, le Kenya a expédié environ 27 millions de litres de carburant vers l’Ouganda depuis le stock pétrolier de Kisumu.

EAC : La Cour régionale face aux défis financiers

Le manque de moyens financiers hante toujours la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), frappant cette fois-ci davantage son organe judiciaire. La Cour régionale (EACJ) a été contrainte de suspendre ses sessions en raison d’un manque de fonds pour amener les juges à Arusha, où de nombreux dossiers sont entendus, confie The Citizen.

Une session qui devait se tenir à Arusha le mois dernier a été reportée, tandis que la session prévue en août risque de subir le même sort.

Le président de la Cour de justice de l’EAC (EACJ), Nestor Kayobera, a fait savoir aux dirigeants africains à la retraite qui ont visité cet organe à la fin de leur forum sur la démocratie que cette Cour de l’EAC a actuellement un arriéré de plus de 200 dossiers : « Ces dossiers provenant de tous les États membres ne peuvent pas être entendues en raison des difficultés financières ».

Selon lui, au total 244 dossiers restent pendants, certains remontant à 2020. Il a imputé la crise financière du fait que les États membres de l’EAC n’ont pas versé à temps leurs contributions budgétaires obligatoires pour faciliter les dépenses des organes de cette Communauté.

L’EACJ a reçu l’allocation la plus faible par rapport à deux autres organes de la Communauté pour le budget de 103 millions de dollars pour 2023/24 déposé et approuvé le mois dernier. Le budget pour ses dépenses annuelles est de 4,4 millions de dollars, contre 50,9 millions de dollars pour le Secrétariat général et 17,6 millions de dollars pour l’Assemblée législative (EALA).

Tanzanie : Quand le pays profite d’un voisin « en feu »

Samia Suluhu Hassan : « La Tanzanie a reçu ces derniers mois plusieurs investisseurs fuyant un voisin en feu »

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a une fois de plus porté un coup à l’économie d’un pays voisin anonyme qui, selon elle, perd des investisseurs au profit de la Tanzanie en raison de l’instabilité. Dans une vidéo qui a suscité des réactions mitigées de la part des Kényans, elle a affirmé que ce pays en question était « en feu », forçant un certain nombre d’investisseurs à fuir, écrit The East African.

La présidente tanzanienne a fait savoir que son pays avait reçu un nombre sans précédent d’investisseurs et que leurs entreprises transformeront l’économie du pays. Pour elle, des investisseurs ne peuvent pas rester dans un environnement instable qui menace leurs entreprises : « Entre mai et juin, nous avons reçu de nombreux investisseurs. Comme vous pouvez le voir, la raison est que la maison du voisin est en feu ».

S’adressant aux femmes musulmanes au Zanzibar, elle a appelé la population à maintenir la paix et la stabilité, qui, selon elle, sont le seul moyen d’attirer les investisseurs et de stimuler les affaires.

En début de cette année, le président Samia Suluhu a déclaré que la Tanzanie se portait mieux sur le plan économique que les autres pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) : « En ce moment, de nombreux pays se plaignent d’un manque de devises étrangères, mais pour nous, nous avons un stock qui peut durer quatre ans. Si vous allez chez nos voisins, ils n’ont pas assez pour durer une semaine ».

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