Vendredi 30 septembre 2022

Politique

Religion et Politique, un mariage nocif

20/01/2022 9
Religion et Politique, un mariage nocif
Pour Dismas Ndayikengurukiye, utiliser les ‘’Saintes Écritures’’ pour des intérêts égoïstes met en cause la cohésion sociale.

La transposition de la parole religieuse en combat politique ne peut que semer la division. Le chercheur en consolidation de la paix, Dismas Ndayikengurukiye, explique que les ‘’Saintes Écritures’’ devraient être vecteur de la réconciliation. Il invite les prédicateurs à ne pas dérouter les fidèles.

Partout, dans le monde, il se remarque la multiplication des discours de haine, des manifestations d’intolérance, et même des actes de violence physique. Selon Dismas Ndayikengurukiye, chercheur en consolidation de la paix, la transposition de la parole religieuse en combat politique peut inciter à l’utilisation de messages haineux. « Parfois, les prédicateurs ou toute personne à qui est donnée la parole pour s’exprimer devant l’assemblée, dans les églises ou les mosquées ont l’intention de s’adresser à leurs adversaires. Mais, pour ne pas paraître aussi cruels, ils choisissent d’utiliser les ‘’Saintes Ecritures’’, donc des versets tronqués dans le but de dénigrer les autres », fait-il savoir. D’après lui, des individus ou groupes sont pris à partie en raison de leurs convictions religieuses et politiques ou appartenance ethnique.

M. Ndayikengurukiye explique que les ‘’Saintes Ecritures’’ ont vocation à forger la réconciliation dans des sociétés où le tissu social a été déchiré afin de bâtir la paix. Au contraire, dit-il, des gens ont tendance à utiliser le sacré avec l’intention d’atteindre leurs intérêts égoïstes et c’est la société qui en pâtit. « L’intimidation devient leur message essentiel. Certains sont considérés comme des marginaux, des ennemis de la nation qui vont être consumés par la fureur de Dieu », assure le chercheur.

Souvent, explique Dismas Ndayikengurukiye, les docteurs et les orateurs qui opèrent dans les congrégations religieuses choisissent d’utiliser la parole de Dieu pour habiller leurs messages de haine en sermons avisés. «Ils incitent leurs adeptes, soit à la haine à l’encontre de leurs adversaires, soit à les considérer comme étant les seuls amis de Dieu et les autres comme des ennemis. Tous les adeptes n’ont pas la capacité de distinguer les intentions du prédicateur et la parole inspirée de Dieu. Du coup, ils n’hésitent pas à des actes de violence contre ceux qu’ils qualifient d’ennemis ».

Ce chercheur ne se dit pas étonné du fait que les ‘’Saintes Écritures’’ soient exploitées politiquement par des gens. Il cite notamment l’écrivain Scott dans son livre intitulé « L’ambivalence du sacré ». Il a montré et démontré comment les croyances et les ‘’Saintes Écritures’’ sont utilisées soit pour réconcilier soit pour diviser.

Il interpelle les prédicateurs à ne pas dérouter les fidèles. Les leaders religieux et politiques appelés à s’exprimer dans des assemblées, insiste-t-il, doivent profiter de cette opportunité pour prodiguer des messages de réconciliation et de paix à leurs adeptes.

« Utiliser les écritures saintes à des fins purement égoïstes ou politiques, c’est à décourager, car cela sème la confusion chez les adeptes. Il faut prêcher la collaboration dans la paix, la sérénité et la cohabitation pacifique », conclut-il.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Mukarabe

    Avec les affaire de Dieu, ce n’est jamais ce que le prédicateur dit, c’est plutôt les fruits.Celui qui sème la haine et la division, ses récoltes l’exposent: haine, misère, une culture de la mort.
    Et comment peut-on demander ou attendre de bons fruits à partir d’un cœur-esprit rempli de haine, de division?
    Par ailleurs Dieu, dans les écrits saints, Il n’est pas ambigu! Il dit que l’Etat/ le gouvernement s’occupe des affaires de l’Etat: la protection des citoyens contre un enemi du peuple; contre les épidémies et les Péndemies. Dieu a refusé que King David, l’homme dont le cœur bat au même rhythm que Dieu, David qui voulait bâtir le temple de son Dieu. Dieu refusa. Dieu dit à David, tes mains sont souillées du sang; UN homme de guerre, un criminel ne peut pas entrer dans mon sanctuaire.
    Le sang des innocents crient jour et nuit devant l’Eternel. Dieu à David, comme Il dit à tous ces politiciens dont les mains ont versé le sang des innocents, tu peux danser comme tu veux, tu peux prêcher comme tu veux, mais tu n’entrera pas dans mon Sanctuaire.
    Mais comme Imana est un Dieu de compassion, UN Dieu de restoration, Il pardonna au roi David tous ses actes criminelles, et Dieu veut pardonner. Mais ce n’est jamais un chèque blanc, il y’a des conditions:
    Renier et se repentir. Ensuite demander pardon et rendre justice à tous ceux que justice fut refusée.

    Conseil:
    À tous les politico-prédicateurs: examinez vos cœurs, rendez justice; humiliez-vous devant le Dieu Clément; nourrissez les Burundais qui meurent de fin pendant que vous conduisez les derniers marque de voiture, et construisez des villas que vous laisserez ici sur terre. Soyez comme les gens de Niniveh: écoutez les prophètes qui vous exhortent au repentance: vous êtes aimés par le Dieu de bonté, Imana-Mwami w’Amahoro veut vous pardonnez. Soyez humble et soyez sans crainte. La fondation du trône de Dieu est justice, droiture et Il vous établira.

    Que Imana y’Amahoro yakira amasengesho yabasaba n’umutima ukunda Imana bibonekera mugukunda abarundi bose.

  2. Jereve

    C’est connu, les hommes politiques sont prêts à tout pour défendre leur bifteck. Pas étonnant que certains, du moins les plus sournois, trichent avec le sacré. Et ça marche, parce que certaines populations sont assez naïves pour penser que quiconque a une bonne parole dans la bouche et la bible dans la main est un agneau tout doux et pacifique. La bible nous met en garde : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs » (Matthieu).

  3. Nshimirimana

    Religion et politique, un mariage nocif. Ce titre questionne car il globalise. Si ici et là, des hommes et femmes ont travesti la parole divine pour en faire autre chose, cela reste marginal et non une norme comme semble l’affirmer « le chercheur » qui nous énonce des principes ou plutôt des évidences et en fait des théories. Tout discours haineux, religieux ou pas, ne peut que produire des drames.
    Prenons le cas du Burundi où finalement la religion occupe une grande place au quotidien de tous, y compris chez les politiciens. Je lance un défi à ce « chercheur » de visiter les différentes interventions de nos hommes et femmes politiques et nous dire un propos tenu devant une assemblée de prieurs et qui auraient heurté les consciences !

  4. Kamina

    On se sert de la religion pour dominer souvent ! Lavage des cerveaux !

  5. Barekebavuge

    Souvenez vous des croisades, des guerres de religion.
    On trouve un extrait, (dans ces livres écrits il y a des centaines d’année) qui justifie tout et son contraire.
    Et le peuple applaudit les yeux fermés en disant Amen.

  6. Mbavu

    Qui disait la religion est l’opium du peuple.
    On fait dire à toutes les religions, ce qu’on veut.
    Et le peuple a tendance à suivre ou croire les paroles tronquées, retirées souvent de leur contente.
    Et cela depuis la nuit des temps

    • Yan

      Sans oublier de rendre à Dieu et à César ce qui leur revient respectivement.

      • ndambi

        Comprenez vous le sens de ces croisades de priere sans fin depuis 2005?
        Cela n’a jamais empeché le classement indigne de notre pays comparé aux autres nations.
        Ni plus , ni moins l’un des pays les plus pauvres et les plus corrompus au monde.
        Presque dernier en matiere de respect des droits de l homme.

      • Kibinakanwa Médard

        Mais la question existentielle que personne ne pose est celle-çi:
        A quoi servent ces croisades si nous restons un des pays les plus pauvres et les plus corrompus?

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