Mercredi 22 mai 2024

Économie

Région Sud/Rumonge : Le commerce des balais fait vivre des femmes vulnérables

02/10/2023 1
Région Sud/Rumonge : Le commerce des balais fait vivre des femmes vulnérables
Béatrice Cimpaye: “Je ne vis que de la commercialisation des balais”

Elles sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans la commercialisation des balais fabriqués à base des feuilles du palmier à huile qui sont exportés vers les pays limitrophes. Ces femmes demandent d’être encadrées.

Béatrice Cimpaye, une octogénaire de la colline Gatete, commune Rumonge, indique qu’elle ne vit que de la commercialisation des balais depuis plus de sept ans.

Elle se lève à 5 heures du matin et se dirige vers la réserve naturelle de Rumonge pour chercher des feuilles sèches de palmiers à huile à base desquelles elle fabrique des balais. « C’est très fatigant avec mon âge, mais je suis obligée de le faire au lieu d’aller mendier. Je suis respectée dans la société car je parviens à manger, à m’acheter des habits et quelques fois à avoir de quoi boire ».

Beaucoup de femmes vulnérables se sont lancées dans ce travail pour faire vivre leurs familles. Cette activité ne demande pas de capital mais beaucoup d’énergie, de courage et de détermination.

N.F., une mère-célibataire de deux enfants de la colline Mutambara, indique qu’avec la commercialisation de balais, elle parvient à nourrir ses deux enfants, à payer les frais scolaires et à les faire soigner.

Elle affirme qu’elle est aujourd’hui mieux considérée dans la communauté car elle a un travail qui la fait vivre. Elle lance un appel aux autres mères-célibataires de ne pas verser dans la prostitution mais de s’adonner au travail de balais surtout aujourd’hui où ce produit est très recherché par des commerçants qui l’exportent dans les pays voisins.

Elle précise qu’elle vend un balai à 500 BIF et en deux jours elle peut vendre 10 balais et pouvoir trouver de quoi mettre sous la dent et ce, dans la dignité.

Les défis ne manquent pas

B.A., une veuve de la colline Gitwe qui vit du travail des balais, précise que certaines femmes sont violées par des délinquants dans les forêts où elles vont chercher des feuilles de palmiers à huile. Les agents chargés de la protection des forêts et des réserves naturelles les chassent en leur taxant de détruire l’environnement. Certaines ont été déjà été mordues par des serpents.

Elle demande de les appuyer surtout en les organisant en association pour faire entendre leur voix et avoir accès aux micro-crédits afin d’exporter leur produit.

Elle demande à l’Office burundais pour la protection de l’environnement (OBPE) de considérer ces femmes qui sont toute la journée dans les réserves naturelles comme leurs partenaires afin qu’elles participent à la conservation et à la protection des réserves naturelles et les aires protégées.

Elle souligne que les vols dans les champs ont sensiblement diminué car leurs auteurs étaient des femmes vulnérables qui, aujourd’hui, parviennent à avoir de quoi manger grâce à ce travail de commercialisation de balais.

Pascal Manirakiza, chef de colline Gatete, affirme que ces femmes sont devenues des modèles et la référence pour d’autres femmes. Il indique que des commerçants venus des 4 coins du pays viennent acheter des balais fabriqués par ces femmes vulnérables. Il demande aux associations qui travaillent dans le domaine de l’autonomisation de la femme rurale de les encadrer afin qu’elles aient accès aux micro-crédits.

Le vœu de beaucoup de ces femmes est qu’il y ait une usine de transformation des balais en d’autres produits comme par exemple les cure-dents afin que le balai ait plus de valeur sur le marché.

Soulignons qu’aujourd’hui des balais burundais sont exportés vers le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo.

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:« Elle précise qu’elle vend un balai à 500 BIF et en deux jours elle peut vendre 10 balais et pouvoir trouver de quoi mettre sous la dent et ce, dans la dignité… »
    2. Mon commentaire
    Une telle personne gaspillerait moins d’energie (pour ne gagner que 5000 BIF ou a peu pres 1,25 dollars en deux jours) s’il y avait une vraie politique d’industrialisation du Burundi (comme l’etablissement de zones economiques speciales-ZES).
    Et l’on s’etonne que notre produit interieur brut (PIB) par habitant soit l’un des plus bas du monde.

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