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Quid de la déclaration des biens des dignitaires

24/09/2020 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur Quid de la déclaration des biens des dignitaires
Quid de la déclaration des biens des dignitaires
Le président de la République avait donné deux semaines aux membres du gouvernement pour déclarer leurs biens

«La déclaration des biens des mandataires publics et des hauts fonctionnaires de l’Etat doit être respectée», indique Gabriel Rufyiri. Le président de l’Olucome fait remarquer qu’en date du 23 août 2020, le président de la République, Evariste Ndayishimiye, avait appelé les membres du gouvernement et les hauts cadres de l’Etat à déclarer leur patrimoine. «Ils avaient deux semaines. Ce discours n’a pas été suivi par des actes concrets. Cette manière de faire inquiète très sérieusement l’Olucome qui avait placé son espoir dans ces discours politiques alléchants.» Il rappelle également que le président Ndayishimiye avait prononcé un discours au parlement, lors de prestation de serment des ministres le 30 juin 2020, dans lequel il avait insisté sur la lutte contre la corruption et les malversations économiques ainsi que l’obligation du gouvernement de rendre compte.

De plus, souligne-t-il, les institutions de lutte contre la corruption n’ont pas les capacités pour mener des investigations car la Constitution du Burundi prévoit les privilèges de juridiction. «Par exemple, la Brigade spéciale anticorruption et le Parquet Général près la Cour spéciale anticorruption ne peuvent pas mener d’enquêtes sur des personnes qui jouissent de ces privilèges à l’instar du président de la République, des présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat, du Vice-président de la République, des ministres, de ceux qui ont le rang des ministres, des Généraux ainsi que des personnes nommées par décret alors que ce sont ces derniers qui sont supposés détourner beaucoup de fonds de l’Etat.»

Pire encore, d’après Gabriel Rufyiri, le gouvernement et le parlement burundais ont refusé de mettre en place la Haute Cour de justice qui juge les plus hautes autorités. «Or, cette institution est prévue par la Constitution. Plus grave, en plus que l’enrichissement illicite n’est pas punissable au Burundi encore moins le blanchiment d’argent sale ne l’est pas.» Interrogé, le Secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Prosper Ntahorwamiye, n’a pas voulu s’exprimer.

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