Mardi 28 juin 2022

Santé

Professionnels de santé non-médecins – Un seul vœu : plus de reconnaissance professionnelle

16/11/2021 1
Professionnels de santé non-médecins – Un seul vœu : plus de reconnaissance professionnelle
Les professionnels de santé non-médecins demandent qu’ils soient impliqués dans l’élaboration des normes sanitaires.

Dans une correspondance du 22 octobre, adressée au ministre de tutelle, les associations de ce personnel demandent leur implication dans l’élaboration du cadre réglementaire du secteur de la santé. Et la prise en compte de leurs diplômes dans la nomination aux différents postes de responsabilité.

« Représentant plus de 90% du personnel de santé, il est aberrant que nous ne soyons pas associés dans l’élaboration des normes sanitaires et code réglementaire des services de santé et des prestataires de soins alors que nous sommes les plus directement sollicités dans leur application », s’indignent les professionnels de santé non-médecins. De surcroît, ils soutiennent être victimes de discrimination professionnelle : « Vu que l’énoncé de tous les postes à responsabilité commence par «  Médecin » (médecin directeur, médecin-provincial, etc), cela fait que les autres cadres ne peuvent pas prétendre à de telles fonctions quand bien même ils remplissent les critères exigés.» Et d’enfoncer le clou : « D’autant plus qu’avec le système BMD, le diplôme de médecine générale est académiquement équivalent au diplôme de licence ou au baccalauréat en sciences de la santé.»

Ils mettent en garde contre une possible pénurie de médecins au cas où le comité en charge de l’élaboration des normes sanitaires ne tiendrait pas compte de leurs doléances : «  Il est clair que le peu de médecins traitants se trouvant dans les hôpitaux accuseront une surcharge de travail alors que nombre de leurs collègues se trouvent concentrés dans des postes de pyramide sanitaire au niveau central.» Au vu de ce qui précède, poursuit la correspondance, ils proposent au ministre de tutelle d’enlever l’énoncé « Médecin » d’autant que les fonctions assurées par les médecins peuvent être assumées sans difficulté par les cadres de direction de niveau baccalauréat, licence ou master en sciences de la santé. « Après tout, comme ils le jurent dans le serment d’Hippocrate qu’ils prêtent à la fin de leurs études, la place des médecins est auprès des malades et non dans les bureaux climatisés des différents programmes du ministère de tutelle», glisse H.N., membre de cette association.

Besoin de refonte du système

Autour de 313, le nombre de médecins généralistes affectés dans des différentes directions et programmes du ministère en charge de la Santé publique, à en croire un récent rapport de cette association. Cette « médicalisation » des postes commence à prendre essor dans les ONG. « Une honte lorsque l’on sait que sur 3000 prestataires de soins exerçant dans un district sanitaire, il n’y a que quatre voire cinq médecins traitants».

Autre bémol : le risque que cela affecte la qualité des services et autres soins de santé. « Certes, dans leur cursus universitaire, les médecins généralistes étudient les notions de laboratoire, d’assainissement, d’hygiène hospitalière, etc. Mais ceci ne doit pas signifier qu’ils sont plus expérimentés qu’une personne qui a un master dans ce domaine », se désole N.K., un autre membre de cette association.

Avec plus de 16 spécialisations, un grand nombre de personnes qualifiées, et en vertu du principe d’efficacité tant recherchée dans le management des entreprises, ce cadre en santé publique estime que le crédo d’une bonne personne à la place qu’il faut doit être de règle.

Un avis partagé par Dr Sylvain Pierre Nzeyimana, président de l’ordre des médecins : « S’ils sont qualifiés, techniquement capables, c’est mieux qu’ils soient traités à leur juste valeur. » Et de nuancer aussitôt : « Malgré cette propension à vouloir d’autres fonctions, ils ne doivent pas oublier que leur place est également près des malades.»

Contacté Dr Thaddée Ndikumana, ministre de la Santé Publique, sans plus de détails, fait savoir qu’à sa connaissance aucune association du personnel de santé non-médecins des centres de santé au niveau central en passant par les districts sanitaires, jusqu’à présent ne lui a encore adressé de correspondance officiellement. Et de conclure : « Quant à la correspondance des associations circulant sur les réseaux sociaux, leurs membres ne sont pas connus par notre ministère. Néanmoins, nous nous renseignons si réellement leurs associations sont dûment agréées. Une fois l’authenticité de leurs agréments vérifiée, nous vous tiendrons au courant».

A ces associations de s’interroger : «Si nous n’étions pas reconnues par la loi, aurions-nous commencé par nous adresser à la Primature ? »

Forum des lecteurs d'Iwacu

1 réaction
  1. NINEZEREZA Jean Bosco

    Je prend cette occasion de remercier vivement le journal Iwacu de clarifier les défis existant dans le domaine de santé sur la prise en compte de la santé de la population,nous l’encourageons de faire ainsi dans les autres domaines du pays.C’est honteux et déshonoré pour certaines autorités au lieu de résoudre des problèmes existant dans leurs structures ,elles ont tentés à échanger la question en partant sur les lois régissant les associations oeuvrant dans le domaine de la santé alors qu’il y a un ministère en charge ,nous sollicitatons les associations de continuer à toquer dans les différentes échelons afin qu’ils puissent comprendre qu’il y a un ça ne va pas.Merci de prendre part à ma contribution

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