Samedi 02 juillet 2022

Politique

Levée des sanctions de l’UE contre le Burundi : Gitega jubile

09/02/2022 9
Levée des sanctions de l’UE contre le Burundi : Gitega jubile
L’ambassadeur de l’UE au Burundi, Claude Bochu et le président Evariste Ndayishimiye, une nouvelle page

Après l’annonce du Conseil de l’UE de sa décision de lever ses restrictions au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou de partenariat ACP-UE, en vigeur depuis mars 2016, le gouvernement burundais salue cette abrogation.

« Le Conseil a décidé aujourd’hui d’abroger la décision qu’il avait prise en 2016, par laquelle il imposait la suspension de l’aide financière directe à l’administration ou aux institutions burundaises », a annoncé le Conseil de l’Union Européenne dans un communiqué sorti mardi 8 février.

« L’abrogation de la décision permettra donc à l’UE de reprendre ce type de coopération avec l’administration burundaise », poursuit ce même communiqué.

De quoi susciter des réactions positives de la part des autorité burundaises, à commencer par le président de la République Evariste Ndayishimiye : « Je salue la décision sage de l’Union Européenne et ses Etats membres pour avoir pris la mesure de lever avec effet immédiat les sanctions économiques contre mon pays. Le Burundi est disposé à coopérer avec tous les partenaires. Ensemble, tout est possible », peut-on lire sur son compte Twitter. Et c’est également le même sur le compte Twitter de la présidence, ’’Ntare House’’.

L’autre réaction, c’est celle du chef de la diplomatie burundaise, Albert Shingiro : « Je félicite l’Union Européenne et ses Etats membres pour avoir pris ce soir la décision de lever avec effet immédiat les sanctions économiques contre le Burundi dans le cadre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. Un ingrédient pour le réchauffement de nos liens bilatéraux ».

D’après l’UE, cette décision est ’’l’aboutissement du processus politique pacifique entamé lors des élections générales de mai 2020, qui apporte une lueur d’espoir à la population du Burundi’’.
L’UE a également fait savoir qu’elle avait pris acte des progrès accomplis par le gouvernement burundais, depuis les élections de 2020. C’est notamment en ce qui concerne les droits de l’Homme, la bonne gouvernance et l’Etat de droit, ainsi que des engagements pris dans sa feuille de route en vue de nouvelles améliorations dans ces domaines.

Bémol

Plusieurs ONG internationales de défense des droits de l’Homme dont Human Rights Watch ne partagent pas cet avis. Pour HRW, le gouvernement burundais « n’a pas rompu avec le passé. Il a intimidé les critiques, détenu et torturé les opposants présumés. Les agents de l’État et les membres de la ligue de jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure ont continué à faire disparaître et tuer dans une impunité quasi-totale », peut-on lire sur le compte Twitter de Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale de HRW.

Pour de nombreux Burundais, poursuit cette ONG, ’’la levée des mesures de l’article 96 sans progrès tangibles dans la situation des droits humains sur le terrain envoie le message que l’UE ne donne pas la priorité à leurs droits. Peut-être pire, cela pourrait enhardir les auteurs de violations’’.

En mars 2016, au moment où la répression des manifestants et la contestation de ce que l’opposition et certaines associations de la société civile qualifiaient de ’’3ème mandat du président Pierre Nkurunziza’’, battaient leur plein, l’UE a décidé au titre de l’article 96 de l’Accord de Cotonou de partenariat ACP-UE de suspendre ses appuis financiers directs à l’administration burundaise.

Ces restrictions concernaient également les appuis budgétaires, mais l’UE avait maintenu intégralement son soutien financier à la population et son aide humanitaire.

L’aide globale de l’UE a atteint les quelques 430 millions d’euros pour la période 2015-2020, ce qui la plaçait au premier rang des donateurs du Burundi.

Au lendemain des élections de 2020, remportées par Evariste Ndayishimiye et son parti, le Cndd-Fdd, d’autres partenaires notamment certains pays membres de l’UE ont timidement repris la coopération avec Gitega.

Forum des lecteurs d'Iwacu

9 réactions
  1. Bellum

    Ceux qui se préoccupent des coûteuses et inutiles croisades religieuses étatiques, des Mpanda Papers, des Panama Papers, des chaussures en or et des véhicules de luxe offerts en cadeaux aux membres de famille par les en-haut-d-en-haut devraient tous voir la bouleversante vidéo du YouTubeur Ruhi Cenet, sur le Pays le plus pauvre et le plus malheureux du monde (sic) : https://youtu.be/n0gFsHf9cIw
    Postée le 5 février, elle a déjà été vue par presque 1 400 000 de personnes et de nombreux commentateurs disent qu’ils sont en pleurs après avoir visionné cette horreur burundaise. Je suis convaincu que les princes qui nous gouvernent et les bourgeois de la ville ne connaissent pas, par indifférence ou inconscience, le degré de misère que vit la population burundaise. Toute la classe moyenne burundaise doit voir cette vidéo. L’Eglise catholique burundaise à qui le pape François dit : Je veux une Eglise pauvre et pour les pauvres, doit voir cette vidéo pour réorienter son œuvre d’évangélisation et privilégier le développement humain avant tout comme le faisaient les missionnaires. Ils construisaient écoles et dispensaires avant les Eglises.

    • Nshimirimana

      Du n’importe qoui cher Bellum! Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest , il y aurait lieu de reproduire des images plus atroces que ça ! Comme vous/nous les Burundais nous avons cet art d’auto-dénigrement , cela ne me surprend pas que vous vous réjouissez en produisant ce « scoop » à deux balles , comme dirait notre jeunesse.
      Allez! Sans rancune

    • Stan Siyomana

      @Bellum
      Je me demande pouquoi le guide burundais de ce monsieur Ruhi Cenet n’a pas voulu se montrer dans cette vidéo.
      Uwo muzungu azunguruka Uburundi afata amafoto y’abantu bigorewe SIWE AZOZA KUMARA UBUKENE MU GIHUGU.
      Jewe narimenyereye amasanamu y’abagiraneza baja kuraba ba ntahonikora KANDI BABASHIRIYE AGAFASHANYO.
      Jewe simbona ingene nokubahuka ngo nje gufata amasanamu y’umunyamerika (par exemple) yigorewe yinjiye ndani mu gipobelle kinini arimwo araronderamwo des canettes de bière vides en aluminium kugira ngo aje kubigurisha.
      « j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi. 37Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire?… »
      https://saintebible.com/matthew/25-36.htm

  2. Kibinakanwa Médard

    Oui c’est vrai.
    Le Burundi n’est pas la seule république bananière en Afrique ou dans la sous région qui interprète la constitution comme elle veut.
    Il y a les Biya, M7, etc

    Tout le monde sait compter jusqu’à trois. 15 = 3 fois 5.
    Alors pourquoi a t on puni le pauvre Burundi seulement.
    That is the question.
    Surtout qu’entre temps nous sommes devenu le pays le plus pauvre et le plus corrompu.
    Tout cela est faute y abakoloni

  3. Nshimirimana

    Décision qui laisse derrière elle un goût amer!
    Parce qu’elle était injustice semble-t-il, se fondant sur des considérations savamment orchestrées par des hommes et des femmes dont les visées semblaient être autre choses que leurs revendications apparentes. Au commencement, un « 3ème mandat ». En apparence, un mandat de trop, anticonstitutionnel! Le hic : deux dispositions de la constitution qui, de toute évidence et quelque soit le maitre du moment, aurait été interprété! Mais voilà. Autour de cette histoire, une cascade d’autres choses que personne n’avait vu venir ( les naïfs). C’est le début de la thèse d’un génocide qui, très rapidement, prend de l’ampleur au point d’atterrir sur les bureaux du secrétaire général des Nations unies. Tout est allé vite avec les révélations sur la prétendue présence des Imbonerakura à Kiriba ondes, la correspondance du président du Frodebu-Ikibiri aux NU, le fameux cable diplomatique…Ailleurs, des organisations, naissent, se coalisent, des relais se mettent en place -et pas des moindres- et la commission des droits l’homme de s’en saisir sous la pression de certains pays. Des rapports commencent à inonder la planète sur un génocide tantôt en cour, tantôt imminent, tantôt en préparation….
    Le monde se rendra compte finalement que ce génocide n’a pas eu lieu, qu’il n’aura pas lieu.
    Tout ça pour ça finalement? C’est triste.

  4. Mugisha

    yewe mama we ! Abakoloni baragarutse kuduteza imbere kandi ari twe tubarondeye

  5. Pablo moses

    Les devises zirabonetse ikibazo c’igitoro n’iciment kigiye gukemuka

  6. Mutima le comédien

    Abo bazungu nibaduhe ayo mafaranga kabisa abana bacu bareke kwiga bacumbana bicaye hasi, amabarabara nayo yatubanye ndanse n’ibindi n’ibindi

  7. Kimeneke

    Turashima iyo décision

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

L’indépendance du Burundi. A luta continua

Le 1er juillet 2022, le Burundi célèbre ses 60 ans d’indépendance. Des préparatifs vont bon train à Bujumbura comme dans le reste du pays pour commémorer cet événement heureux qui, malheureusement, a tendance de se réduire à un simple moment (…)

Online Users

Total 1 139 users online