Jeudi 06 octobre 2022

Économie

Le FIDA pour l’inclusion financière en faveur des femmes rurales

08/07/2022 1
Le FIDA pour l’inclusion financière en faveur des femmes rurales
Callixte Masabo (Au milieu) : « Lorsque les femmes sont bien éduquées sur la gestion des ressources, le développement est garanti dans les familles et dans le pays »

Lors d’une table ronde pour les femmes rurales organisée ce 30 juin par la microfinance WISE s.a., le projet d’appui à l’inclusion financière agricole et rurale du Burundi (PAIFAR-B) s’est dit toujours déterminé à appuyer l’inclusion financière des femmes rurales. Des bénéficiaires des produits financiers de WISE en partenariat avec le PAIFAR-B témoignent de l’amélioration des conditions de vie de leurs familles.

Selon Callixte Masabo, coordonnateur du PAIFAR-B, un projet financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA), l’apport du PAIFAR-B dans la promotion de l’inclusion financière des ménages ruraux ne se fait pas de façon isolée : « Le PAIFAR-B a mis en place deux outils de financement : un mécanisme de financement en garantie et un mécanisme de financement en crédit. Il collabore alors avec les institutions de microfinance avec comme objectif la réduction de la pauvreté dans les populations rurales ».

La stratégie adoptée, poursuit-il, est de signer des accords-cadres avec les microfinances partenaires qui, à leur tour, mobilisent les ressources financières via les mécanismes cités ci-haut, pour appuyer des microprojets des bénéficiaires. Et de préciser que les principaux bénéficiaires de ces appuis financiers sont les coopératives, les ménages et les jeunes micro-entrepreneurs, et bientôt les bénéficiaires du modèle de progression.

« Les autres canaux empruntés pour appuyer les familles rurales sont les groupes de caution solidaire. Ces groupes sont des voies permettant aux petits producteurs, surtout ceux qui n’ont pas de garanties à présenter, d’accéder aux crédits ».
Il rappelle que les institutions de microfinances doivent organiser des formations en éducation financière pour que leurs clients puissent gérer, en bon père de famille, les crédits mis à leur disposition.

Le coordonnateur du PAIFAR-B souligne que l’encadrement de proximité à travers des agents du projet est assuré pour professionnaliser les coopératives.

Selon lui, la professionnalisation des coopératives vise aussi l’éducation à la gouvernance : « Il faut que tous les organes de la coopérative soient choisis par les membres et que la gestion soit transparente. Il faut éviter que le président d’une coopérative cumule toutes les responsabilités de gestion. Les fonctions doivent être séparées ».
En outre, il martèle que toutes les procédures de gestion financière et comptable des coopératives soient acquises et mises en pratique par leurs membres.

Pourquoi cibler les femmes ?

Le coordonnateur du PAIFAR-B soutient que les femmes burundaises jouent un rôle prépondérant dans la gestion du foyer à travers les activités agricoles et commerciales visant à générer des revenus pour les familles.
Callixte Masabo note que les femmes sont plus nombreuses au niveau démographique : « Lorsque les femmes sont bien éduquées sur la gestion des ressources à travers l’éducation financière, le développement est garanti dans les familles et dans le pays ».

En ce qui est des résultats déjà atteints pour l’inclusion financière des femmes, il fait remarquer que certaines femmes rurales maîtrisent déjà les mécanismes de gestion des coopératives.
Cependant, il signale qu’il faut approfondir les connaissances dans la bonne gouvernance des coopératives et associations.
Selon lui, un autre élément à améliorer est la maîtrise de l’élaboration des plans d’affaires.
Il appelle les coopératives à intégrer davantage les microfinances et les circuits formels de financement pour profiter des crédits afin de mettre en œuvre leurs microprojets.
« Nous continuerons à appuyer les institutions de microfinance pour qu’elles puissent intervenir dans toutes les provinces du pays », promet le coordonnateur du PAIFAR-B.

De nouveaux produits financiers plus adaptés aux femmes rurales

La table ronde de ce 30 juin a été aussi l’occasion de lancer les nouveaux produits spécifiques aux femmes, développés par WISE s.a avec l’appui financier du PAIFAR-B. Ainsi, trois produits financiers ont été introduits aux femmes.

Nadine Mutabaruka apprécie l’appui du FIDA dans la promotion de l’inclusion financière

Le premier produit est le crédit trois femmes. Selon la directrice générale de Women’s Inititive for Self-Empowerment (WISE), Nadine Mutabaruka, le crédit trois femmes est destiné aux femmes commerçantes ayant des stands dans les marchés : « Ce crédit va les permettre de développer leurs business, mais avec une légère amélioration en termes d’exigence de garantie. Ainsi, les trois femmes vont se cautionner mutuellement ». Et de souligner que ce crédit va aussi améliorer la cohésion sociale au niveau de ces petits groupes de femmes.
Le crédit automatique est destiné aux commerçantes ambulantes, qui ne disposent pas d’endroits fixes dans lesquels elles exercent leurs activités.

« Il va permettre à la femme d’avoir accès aux financements à moindre coût. Ce crédit va aider les femmes à ne plus prendre des prêts fournis par des usuriers à des taux d’intérêt très élevés de la part des usuriers », explique la directrice générale de WISE s.a.

Concernant le crédit énergie renouvelable, il sera accordé aux femmes et aux hommes en milieu rural et leur permettra d’améliorer les conditions de vie de ménages : « Ce crédit sera associé à d’autres crédits existants dont le crédit agricole ».

Nadine Mutabaruka apprécie l’appui du FIDA à travers le PAIFAR-B dans la promotion de l’inclusion financière et surtout l’organisation de la table ronde pour les femmes rurales.

Des bénéficiaires jubilent

Les femmes bénéficiaires des crédits apprécient l’appui financier du PAIFAR-B à travers la microfinance WISE s.a.
Pour Marie Goreth Ndagijimana, rizicultrice et membre de la coopérative Tuve Hasi Dukore, les crédits bénéficiés lui ont permis de réduire la pauvreté dans sa famille. : « Les crédits sont bénéfiques et rentables lorsqu’on fait une bonne élaboration du projet et assure une bonne gestion. Ainsi, le développement est une réalité dans la famille ».
Cette mère de trois enfants appelle les autres femmes à appliquer le crédit pour le microprojet présenté : « Si on construit une maison dans un crédit destiné à l’exécution d’un projet agricole, il sera difficile d’honorer les accords signés avec la microfinance, d’où l’échec de remboursement ».

Des femmes témoignent leur satisfaction face aux crédits leur octroyés par WISA s.a avec l’appui du PAIFAR-B

Pour les projets agricoles, elle déplore que les femmes rurales fassent face à des risques liés aux aléas climatiques. Et de se réjouir d’avoir eu des formations sur l’élaboration des plans d’affaires, l’éducation financière et la gouvernance.
Cette quadragénaire appelle les autres femmes à intégrer les coopératives appuyées par WISE s.a et PAIFAR-B : « L’union fait la force ». Elle les exhorte à profiter des produits financiers mis à leur disposition par les microfinances notamment WISE s.a pour s’assurer du développement dans leurs familles.

Marie-Goreth Ndagijimana demande à la microfinance WISE s.a de revoir la durée de remboursement des crédits pour les agriculteurs : « Que la durée de remboursement soit d’une année plutôt que six mois. Et pour les commerçants, il faut une durée de remboursement de plus d’une année, en fonction du commerce qu’on exerce ».
Elle implore la possibilité d’accéder à plus d’un produit financier : « Parmi nous, il y en a qui sont en même temps agricultrices et commerçantes. Il faut que la microfinance accepte d’octroyer au bénéficiaire un crédit agricole et un autre pour le commerce ».

Pour une autre femme présente à la table ronde, les crédits offerts par la microfinance WISE s.a ont une importance capitale dans le développement des femmes rurales. Elle appelle les autres femmes à honorer les contrats signés avec la microfinance, surtout en remboursant les crédits à temps.

D’autres femmes déplorent le gaspillage des crédits : « Certaines femmes cherchent à utiliser les crédits pour subvenir à d’autres besoins familiaux alors qu’ils sont destinés à l’exécution d’un projet précis ». Pour elles, cela est la cause majeure de l’échec de remboursement.

Le PAIFAR-B est un projet financé par le FIDA, avec un financement global de 38.6 millions USD. Il vise à augmenter les revenus des familles rurales pour une réduction durable de la pauvreté et à renforcer l’inclusion financière des populations rurales, en comblant les écarts entre la demande et l’offre de services financiers et non-financiers.
Ce projet touchera directement un total de 99.200 ménages ruraux dans 14 provinces du Burundi sur une durée de 7 ans : Ngozi, Muramvya, Cibitoke, Bubanza, Kayanza, Gitega, Karuzi, Bujumbura Rural, Rumonge, Makamba, Rutana, Ruyigi, Cankuzo et Muyinga (commune Mwakiro). L’appui du projet sera, par la suite, élargi aux autres provinces du pays.

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1 réaction
  1. Terimbere

    Biriko biraza nukwo nyene. Nta mwana avuka ngo ace yuzura ingovyi.

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