Vendredi 02 décembre 2022

International

Kenya : des élections les plus coûteuses d’Afrique

10/05/2022 6

En tout et pour tout, la Commission électorale kényane, IEBC (Independant electoral and boundaries commission) compte dépenser 390 millions de dollars américains pour les élections générales de cette année.
Les Kenyans se rendront aux urnes au mois d’août pour élire leurs représentants. Au moment où l’économie se détériore avec le coût de la vie qui devient de plus en plus cher, la Commission électorale compte débourser pour chaque électeur environ 17,41 dollars. Ils ont au nombre de 22,15 millions inscrits au rôle.

La plupart des Kenyans ne croient pas en leur démocratie, mais une chose est sûre, ces élections comptent parmi les plus chères d’Afrique. Au Rwanda, c’est presque 1 dollar par électeur.
Dans les données comparatives du budget électoral, le Ghana, une des démocraties réussies en Afrique, a dépensé environ 12 dollars pour chaque électeur lors de ses dernières élections.

Au Burundi, le gouvernement a pris l’initiative de financer les élections par ses propres moyens. Pour les dernières élections générales de 2020, avec 5,1 millions d’électeurs enregistrés, la Ceni a reçu une somme de 97 milliards, soit 47 178 988 dollars américains, c’est plus de 9 dollars par électeur. Pour ces élections de 2020, il y a même eu un reliquat de plus de 29 milliards de francs burundais.

Certains Kényans interrogés craignent que le gouvernement ne soit contraint d’ignorer certains domaines prioritaires et d’allouer des ressources au financement des élections.
En 2017, le Trésor l’a fait notamment lorsque le pays a connu une élection partielle après que la Cour suprême ait annulé les résultats de l’élection présidentielle.

Au cours de cette année-là, l’allocation budgétaire était de 499 millions de dollars. Il y a eu 333 millions de dollars pour l’IEBC et 166 millions de dollars pour les dépenses liées à la sécurité dans plus de 40 000 bureaux de vote avec 19,6 millions d’électeurs inscrits sans oublier d’autres dépenses pour mener à bon port ces élections. Cela a fait de l’élection du Kenya la deuxième élection au monde la plus chère, après la Nouvelle-Guinée.

Au Kenya, le coût a augmenté à chaque tour des élections. Les autorités attribuent cette augmentation dans une certaine mesure à un manque d’infrastructures, à un mauvais réseau d’accès à Internet pour un quart des 53 300 bureaux de vote annoncés dans le journal officiel, des routes en mauvais état et des électeurs nomades, en particulier dans la région du nord.

Mais le circuit d’approvisionnement ainsi que la méfiance peuvent y contribuer. La commission électorale kenyane a été contraint d’acheter la plupart du matériel à l’étranger pour chaque année électorale.

Forum des lecteurs d'Iwacu

6 réactions
  1. Salvator

    @ Yan

    Essayons de nous décoloniser mentalement s’il vous plaît! Qui vous a menti qu’être élu à 97% signifie nécessairement qu’on a été élu de force? Ceci est le résultat d’une conception de la démocratie à l’occidentale et qui a, par ailleurs, montré ses limites, notamment avec les dernières élections américaines.

    Pour revenir au cas du Rwanda, le coût moins élévé peut s’expliquer par la superficie limitée du pays, les routes en très bon état, la connection internet qui marche bien et le risque faible de détournement des fonds alloués aux élections.

    • Yan

      @Salvator
      « Qui vous a menti qu’être élu à 97% signifie nécessairement qu’on a été élu de force? »

      Difficile de me faire avaler que plusieurs millions d’électeurs puissent converger vers une seule personne à ce point. Il me semble que seuls la Corée du nord et l’URSS de Staline y arrivent.
      Entre nous, tu peux raconter cela aux autres, mais pas aux habitants des Pays des Grands-Lacs.

    • Kira

      @Salvator,
      Merci pour cette invitation à une décolonisation mentale collective mais je voudrais à mon tour vous inviter à revenir dans la réalité. Essayer d’accréditer la crédibilité d’un scrutin gagné à 97%(au nom d’un improbable particularisme africain) c’est être dans le déni le plus total. Seules les votes au comité central du parti communiste chinois, du parti communiste d’Union soviétique ou du parti des travailleurs de Corée du Nord nous ont habitués à ce qui s’apparente à un plébiscite, sous le couvert de ce qu’on appelle pudiquement là-bas le  »centralisme démocratique ». Pour ceux qui n’ont pas une mémoire courte, on se souviendra que sous l’inspiration idéologique des  »partis frères » que je viens de citer, les votes au congrès du parti Uprona allaient allégrement au-delà des 97%, qui auraient pu rendre furieux, en son temps, le colonel Jean-Baptiste Bagaza (pour cause d’insuffisance). Les votes au comité central du Mouvement populaire de la révolution du maréchal Mobutu Sese Seko, n’en parlons même pas! Si  »la conception de la démocratie à l’européenne a montré ses limites », je me demande quoi penser des systèmes démocratiques africains mais je vais les autres continuer à s’exprimer à ce sujet.
      Quant au coût des élections, les raisons invoquées pour essayer d’expliquer leur faible niveau, au Rwanda notamment, laissent pantois. Lorsqu’on sait que l’élection présidentielle qui vient de se tenir en France aura coûté à chaque citoyen français 4,72 euros pour un total de 250 millions d’euros, et qu’aux ÉTats-Unis (pays ou les dépenses électorales ne sont pas plafonnées par la loi) Joe Biden a dû dépenser 1,3 milliards de dollars pour être élu président des États-Unis, on se retrouve acculé (du moins si on suit votre raisonnement) à faire le constat que du point de vue des infrastructures aux États-Unis et en France (Le réseau routier, internet) et des moeurs politiques (détournement des fonds publics), les États-Unis et la France c’est le Moyen-Âge par rapport au Rwanda, et encore….. Facile à dire, difficile à penser.

  2. Murisho

    Le jeu en vaudrait la chandelle si la concurrence était garantie, loyale.

  3. Nshimirimana

    Le souci n’est pas en soi les sommes engagés mais la finalité de ces élections qui parfois, reconduisent les mêmes hommes indéfiniment, les mêmes présidents, les mêmes parlementaires etc..Tenez , chers amis:
    – Rwanda, 22 ans ( Kagame est au pouvoir depuis 2000)
    – Djibouti, 27 ans ( Ismael Omar au pouvoir depuis 1999)
    -Erythrée, 31 ans ( Issayas au pouvoir depuis 1991)
    -Ouganda, 36 ans ( Museveni au pouvoir depuis 1986)
    -Congo, 38 ans
    -Cameroun, 40 ans
    -Guinée equ,. 43 ans
    Du coup, il faudrait reconduire automatiquement ces accrocs au pouvoir et comme ça, le peuple aura de quoi se soigner, construire des écoles, acheter des ambulances et pourqoui pas des avions dans certains cas

    • Yan

      @Nshimirimana
      Bien vu!

      « Au Rwanda, c’est presque 1 dollar par électeur. »

      C’est un peu normal de se vanter que l’élection a coûté 1 dollar/électeur lorsqu’on se fait élire par force à 97% des votes. Staline aussi le faisait si bien!

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

Vaciller mais avancer

Pour un journaliste, savoir que son travail est accessible à ses auditeurs, ses lecteurs ou téléspectateurs est très important. Pendant plus de cinq ans, on nous lisait comme par effraction. Pour rappel, depuis le 10 octobre 2017, les lecteurs d’Iwacu (…)

Online Users

Total 1 639 users online